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 La campagne des huit éclipses V1.5

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Arax, Inquisiteur
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MessageSujet: La campagne des huit éclipses V1.5   Mar 24 Aoû 2010 - 16:19

J'en ai beaucoup parlé, j'y ai encore plus réfléchit et il semble que le temps soit enfin venu pour elle.
Beaucoup sur ce forum ont entendu parler de ma fic, beaucoup moins l'ont lu, cependant je peux affirmer que je suis fier de ce que j'ai écrit un an durant, des personnages qui sont nés de mon imagination et qui sont parfois devenus beaucoup plus et je me suis décidé à leur rendre hommage en reprenant leur histoire, en la réécrivant, en l'améliorant et en priant pour trouver quelques nouveaux lecteurs fidèles.

Alors voici venir la version 1.5 de La campagne de Huit Eclipses.
Vous allez me dire pourquoi 1.5? Et bien parce que si la première moitié de ma fic a été écrite et postée il en reste une part non moins négligeable à écrire et avant de m'y mettre il me fallait perfectionner ce qui a déjà été fait.

Dans ces lignes vous découvrirez (peut être) les destins de personnages que vous connaissez peut être déjà comme Fiora Alsin ou Arax Sybile mais aussi d'autres tels que Karl Drar, Lerec Ignis ou le bio guerrier Aryun. Ce récit se veux très ambitieux car il va relater une campagne militaire au 41eme millénaire sous tous ses aspects, de la bataille rangée au combats de titans en passant par les interventions de l'inquisition et les affrontements spatiaux.

Tout commentaire, encouragement, invitation à me pendre, demande d'explication, analyse géopolitique des enjeux de la fic et autre est bien-entendu bienvenue et même souhaitée.

I hope you'll enjoy

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"Ceux qui se vautrent dans le péché ne méritent pas la miséricorde du bûcher"

L'Inquisiteur Arax, réveillé un peu trop tôt un matin...


Le chapitre 6 de ma fic La Campagne des Huit Eclipses est en ligne.
Le chapitre 3 de ma fic Inqusition Impériale a été mis à jour.
Le chapitre 8 de ma nouvelle fic Intérêts Croisés est en ligne.
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Arax, Inquisiteur
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Mar 24 Aoû 2010 - 16:20

La Campagne des Huit Eclipses, Version 1.5




Prologue




Un Jour

Il ne savait plus depuis combien de temps il était sur ce monde, il ne savait plus depuis combien de mois il se battait. Il avait perdu le décompte de ceux qu’il avait tué, de ceux qu’il avait vu mourir et de ceux qui avaient appelé leur fin de leurs vœux.

Il était prit au milieu d’un maelstrom de destruction, d’une guerre qui depuis le début n’était pas à l’échelle d’un homme ni d’une armée. Il était enfermé dans un monde où la mort de dix mille hommes n’était que simple statistique et ou les soldats n’étaient que des numéros anonymes annotés au bas des pages de milliers de rapports. Il était prisonnier d’un univers de boue et de mort, de cris et de détonations, une profonde tranchée parmi des centaines d’autres où la vie se réduisait à d’interminables périodes d’attente et à d’intenses mais salvatrice périodes de combats acharnés.

Autrefois il était un homme, grand et fier. Il avait été un capitaine, un gradé respecté de ses hommes et bien vu de ses supérieurs. La guerre lui avait tout prit, sa dévotion ne lui avait rien rendu. Une seule chose lui avait été offerte, une chose merveilleuse mais terrifiante, un don pour lequel il avait abandonné le peu qu’il lui restait de son passé dans l’espoir des promesses d’un avenir. Même aujourd’hui il ne se battait que pour une cause qui n’était pas la sienne, pour protéger la vie d’une autre qui était devenue la seule vérité dans son monde brisé.

Mais son avenir avait depuis longtemps cessé de dépendre de lui.

Une gigantesque détonation retentit alors qu’un obus trembleterre frappait de plein fouet le réseau défensif de son peloton. L’homme vit trois soldats, trois êtres qu’il aurait pu considérer comme des amis mais qui n’étaient rien de plus que de nouvelles ombres, se trouver projetés dans les airs, leurs corps réduits en charpie. Une nouvelle explosion survint, faisant vibrer le sol et en levant les yeux il put voir la trajectoire en cloche des nombreuses frappes d’artillerie qui traversaient le ciel pour venir frapper les lignes impériales.

Fut un temps il aurait prié l’Empereur pour qu’il le protège de la fureur des cieux. Par le passé il aurait hurlé des ordres à ses hommes pour qu’ils prennent les meilleures positions à couvert et se préparent à l’assaut qui n’allait sans nul doute tarder à venir. En ce jour cependant son esprit était concentré sur une seule pensée.
Il se mit à courir dans la tranchée, bousculant hommes et femmes, ignorant les blessés ou les regards perdus de ses subordonnés. Il trouva le mince boyau qui menait à son poste de commandement enterré et s’y précipita comme si tous les démons du Warp et les anges vengeurs de l’Empereur étaient à ses trousses. Au milieu du tunnel soutenu par des étais de plastek il vit son radio personnel et l’entendit lui demander des ordres. Il l’ignora totalement, continuant sa course jusqu’à la salle qui servait de QG à sa compagnie. Là se trouvaient une dizaine de personnes qui s’affairaient à tenter d’organiser plusieurs centaines d’hommes sur un demi kilomètre de positions, criant à travers leurs vox comm dans l’espoir d’être entendu malgré l’enfer. Il vit son premier lieutenant déplacer sur une carte de leur position des pions représentant les diverses escouades afin d’organiser les lignes de tir et de préparer déjà les couloirs de retraite.

Lorsqu’il apparut, tous les regards se tournèrent vers lui emplis de l’espoir que leur capitaine était enfin prêt à reprendre le commandement mais en voyant l’éclat fou de ses yeux, tous surent qu’une nouvelle fois il n’y avait rien à attendre de lui.

-Où est elle ? demanda il avec une voix privée de toute trace de raison.
-Mon capitaine ? Nous essuyons une attaque et…
-Dites moi où elle est et je renverserais cet assaut comme si il n’était rien de plus qu’un château de cartes mais dites moi où !
-Elle est sortie mon capitaine, elle semblait ailleurs peu avant que ne commence le bombardement et elle a marché droit vers…

Avant que le garde n’ait eut le temps de finir sa phrase, son officier était reparti vers la surface au pas de course. Tous soupirèrent un moment, navrés de voir ce qu’était devenu celui qui un temps leur avait redonné espoir puis reprirent leurs activités de leur mieux.

Le capitaine retrouva la surface et le chaos, l’odeur cuivrée du sang et le goût acre de la terre. Tel un dément il interrogea chaque être qu’il vit pour découvrir où elle se trouvait avant de la voir.

Elle était sortie de la tranchée, se plaçant totalement à découvert, écartant les bras comme si elle savourait la fraîcheur de l’air ou les promesses du jour. Ignorant les mises en garde, le capitaine sorti lui aussi et vit le monde exploser tout autour de lui alors que des obus de plus petit calibre se mettaient à pleuvoir partout. Il s’approcha aussi vite qu’il le put de l’objet de toute son attention et de tous ses désirs mais il ne put échapper à la déflagration qui retentit à quelques mètres de lui. Il se sentit décoller puis atterrir violement contre le sol.

Puis il ne ressentit plus rien.



Il lui paraissait s’être écoulé une éternité lorsqu’il rouvrit les yeux mais il se rendit compte que seuls quelques instants avaient passé.

Elle était là, magnifique, d’une beauté dépassant la conception que peut en avoir l’être humain, son divin visage illuminé d’un sourire révélant des dents étrangement pointues. Il s’approcha d’elle en rampant et lui baisa le pied sans pour autant lui faire baisser les yeux. Elle murmurait dans une langue que le capitaine ne comprenait pas, qu’aucun être sain n’aurait voulu comprendre mais que dans son adoration il trouvait délicieuse. Le monde se détruisait autour d’eux mais rien ne semblait pouvoir les toucher comme si une étrange magie protégeait leurs retrouvailles, comme si rien ne pouvait la toucher dans sa perfection, comme si un obscur pouvoir la préservait du feu et qu’en s’en approchant il se trouvait lui aussi hors d’atteinte.

Voyant qu’elle ne réagissait pas, le capitaine finit lui aussi par lever les yeux au ciel et l’effroi le saisit. La lumière du soleil sembla s’obscurcir alors que d’étranges ténèbres le masquait à la vue de tous. Les explosions se firent plus rare avant de totalement s’arrêter comme si le monde retenait sa respiration tandis qu’une nouvelle horreur se présentait.

Rhyos V était connue pour ses sept éclipses annuelles. Chacune des précédentes avait été marquée de grands événements et l’aube qui avait suivit avait toujours été entachée de sang. Mais en ce jour, pour la huitième fois, le jour cédait le pas à la nuit, prémisse à une horreur plus grande encore que toutes celles qui avaient précédé.
Tous les sons se turent alors que plusieurs millions de soldats, impériaux comme Lincians s’interrogeaient sur les surprises que leur réservait l’avenir. Une seule voix, suave et profonde, porteuse de la sagesse et de la malice d’un être plus vieux que le temps lui-même s’éleva :

« Au fond de l’infini attend le néant. Rien ne survivra à son passage. Les ténèbres et la lumière devront s’unir ou toute deux périront. A la huitième éclipse se décidera le sort d’un monde et des choix de peu dépendront les destins de tous. »








548787M41, deux ans avant le début de la campagne.


Le ciel au dessus de Levia IV avait toujours eut une grande beauté.

Bien qu’assez fortement peuplé, ce monde avait toujours eut à cœur de protéger son environnement et de garder son air pur de la pollutions qui régnait sur nombre de mondes impériaux. Du temps de son ancienne allégeance, des nobles venaient de tout le secteur Elonis afin d’y passer quelques semaines de repos à contempler sa longue nuit et à profiter de ses douces journées. La guerre qui avait éclaté 20 ans plus tôt avait ravi ce monde aux griffes de l’Impérium mais loin de dépérir, Levia IV n’en était devenue que plus paradisiaque, lieu de villégiature pour les innombrables artistes et philosophe du règne de Lincia. En ce jour une centaine de nouvelles étoiles étaient venues égayer encore plus son magnifique ciel nocturne, traversant majestueusement le firmament en un ballet à la beauté féerique. Cependant rares étaient ceux à pouvoir s’émerveiller de cette gloire éphémère.

La cinquième flotte Aldérane était assemblée au grand complet en orbite pour une opération de reconquête éclair. Le Haut Maréchal Tibérius Alonus avait entamé sa première campagne depuis l’obtention de son titre et il pouvait déjà se targuer d’avoir reprit deux mondes habitables à l’ennemi, le chassant du système de Kerenda en seulement deux ans pour la plus grande gloire du Domaine.

Le domaine Aldéran, autre nom du Secteur Elonis avait depuis sa création jouit d’un sort particulier dans l’Impérium. Ne demandant jamais aucune aide de la part des autres institutions impériales, le secteur s’était bâti une flotte et une armée qui bien qu’affilée à la cause impériale en répondait directement au conseil aldéran, autorité suprême du secteur. De fait en tant que Haut Maréchal, Tibérius était en droit de mener ses propres campagnes pour la gloire de sa propre patrie et ses victoires rejailliraient sur sa personne et sur sa famille. Depuis trois siècles le domaine était en guerre avec le domaine hérétique de Lincia, un empire se complaisant dans la vénération du Prince du Chaos et s’étant formé autour de deux mondes forge renégats. Durant des décennies, Aldéran avait reculé, refusant toujours d’en appeler à l’aide de l’Impérium, quelques victoires étaient apparues mais elles s’étaient toujours retrouvées contrebalancées par les défaites qui devaient suivre systématiquement. Des millions d’hommes et de femmes étaient morts et tout autant avaient abandonné leur loyauté au Domaine pour rejoindre l’Empire naissant.

Cet âge de stagnation était cependant finit, Tibérius en avait décidé ainsi et rien ne pourrais l’empêcher d’accomplir sa volonté et par là même celle de l’Empereur. En ce jour il allait déchaîner l’enfer sur un monde et il continuerait ainsi jusqu’à sa mort ou celle de ses ennemis.

A ses ordres, la flotte se remit en mouvement, plaçant ses canons en position de tir, prêts à libérer un déluge d’acier sur un nouveau monde et à faire payer en sang le prix de la trahison et de l’adoration des sombres puissances. Les cuirassés aux flancs de basiliques évoluaient entourés d’escortes de croiseurs rapides et mortels et d’agiles frégates, capable de prendre n’importe quelle position spatiale en quelques instants. Tous progressaient comme un tout uni, mu par une seule et même volonté. Un seul vaisseau garda ses distances. Un antique croiseur super lourd à la coque noire, presque invisible dans l’espace sur laquelle ne se distinguaient que de rares points de lumière. Ses larges flancs n’étaient pas porteur des innombrables décorations qu’exhibaient les engins de la marine et ses larges baies de lancement abritaient des appareils porteurs d’une livrée noire et rouge très différente de celle de la chasse aldérane.

Ce navire se nommait le Sin Nominem, le sans nom, et il était au service de l’Ordo Praetor de la très sainte Inquisition Impériale.

Il s’agissait là d’un vaisseau de guerre capable d’en remonter à n’importe quel autre habitant des profondeurs de l’espace, pouvant libérer à la fois des nuées d’appareils d’attaque mais aussi des volées d’obus de la taille de maisons. Un commandeur eut été heureux de disposer d’une telle puissance à son service mais le rôle des ordos praetors n’était pas de faire la guerre mais de la surveiller et de la diriger dans l’ombre pour qu’elle poursuive les intérêt de l’Impérium de l’Humanité.

Au plus profond d’un réseau de couloirs labyrinthiques parcourus chaque jour par les milliers d’agents du saint ordo, dissimulée aux vues des psykers les plus attentifs et isolée des sondes les plus intrusive, se trouvait une petite salle de briefing. Ses murs nus étaient noirs, fait d’une pierre psychonégative et seule un faible lumiglobe maintenait un semblant de lumière. Au centre de la pièce se trouvait une large table faite de la même pierre que les murs, seul ameublement de ce lieu. Elle était couverte de rapports de bataille, d’études théoriques, d’estimations de puissance, de traités sur le combat face aux pires créatures de cette galaxie et de chapelets de prières.

L’inquisiteur Arax Sybile était penché sur cette masse de documents, s’assurant qu’il connaissait lui-même parfaitement chaque minuscule chose dont il imposait la connaissance à ses agents. Il savait tout des risques de démembrement par influx kinétique en cas d’attaque d’un psyker alpha plus durant son sommeil. Il connaissait sur le bout des doigts les divers noms des artistes lincians en vogues, il pouvait expliquer le fonctionnement du Gant de Velours tout comme il eut été capable de démonter et de remonter un hortus en moins d’une minute. Il aurait pu citer plus de six cent odes à l’Empereur pour apaiser son âme si il se sentait s’égarer dans les ténèbres.

« Connais ton ennemi » était une maxime risquée en ces temps troublés pensa il. Risquée mais nécessaire. Cependant ce danger n’était pas pour lui et il pesait lourd dans le cœur de l’inquisiteur d’envoyer trois êtres exceptionnels courir le plus grand des périls non seulement pour leurs vies mais surtout pour leurs âmes.
Il releva les yeux un instant et observa ses trois envoyées, ses trois agents, ses trois amies.

Phinéa, Fiora et Delphia Alsin étaient des triplées, choisies dès leur plus jeune âge à l’orphelinat Praetor afin de devenir les plus redoutables des tueuses impériales. Elles étaient des assassins calidus, polymorphes, aptes à infiltrer n’importe quelle société, à revêtir n’importe quelle apparence afin de se rapprocher de leur cible et de la faire passer de vie à trépas. Elles étaient trois femmes encore jeunes mais à qui la vie avait refusé la moindre de ses faveurs. Elles étaient ses amies et elles étaient condamnées.

Chacun d’elles était capable de gagner une guerre seule en coupant une tête avant d’en prendre la place. Chacune d’elles aurait pu affronter le plus brave des Spaces Marines et en ressortir victorieux. Chacune d’elles était une arme apte à tuer n’importe quel mortel.

Aucune d’elles n’avait jamais fait face à une déesse.

Telle était la mission qui leur était confiée. Elle devait traverser l’espace, devenir l’Ennemi, ne faire qu’un avec lui, gagner ses faveurs et ainsi un jour arriver à portée de lame de celle qui avait causé des millions de morts et des milliards de damnations. Celle qui avait su inverser les fils du destin, celle qui à elle seule avait vaincu des armées entières et asservi des dizaines de mondes.

Elles devaient trouver Sélène Aryun, Archérétique de Lincia, concubine du chaos, ennemie de l’Empereur, psyker aux pouvoirs dépassant l’imagination. Elles devaient la trouver et par là même à jamais brouiller l’écheveau du destin.

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Arghit
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Mar 24 Aoû 2010 - 17:10

Bon, déjà le "un jour" est de trop ça fait un peu genre "il était une fois..."

Sinon, le reste es très bien, même si je vois pas énormément de différence avc le premier jet.
Ok je me souviens pas bien du premier mais tout de même. :noel:

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sso



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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Mar 24 Aoû 2010 - 21:13

j'adore, tu as un nouveau lecteur :noel: , vite la suite!!!

voilou ;)
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Arax, Inquisiteur
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Jeu 26 Aoû 2010 - 13:38

666788M41, un an avant le début de la campagne.



Un chant. Mélodieux et pur, profond et entraînant, langoureux et mélancolique, il résonnait dans le grand temple de l’Astroport Syru.
Alors que ses paroles s’écoulaient, les fidèles assemblés entendirent une nouvelle fois la glorieuse histoire de ce puissant édifice dont ils faisaient partie. Ils écoutèrent comment leurs prédécesseurs s’étaient dressés contre la plus infâme déchéance dans laquelle était tombée l’humanité. Comment planète après planète ils avaient retrouvé les fils perdus de l’antique Terra et leur avait fait découvrir la seule vérité de cet univers. Comment unis dans la pénombre des Six, Lincia était devenu un havre de félicité pour tous les enfants du Plaisir.

Les paroles issues d’un langage trop longtemps interdit se réverbéraient contre le grand dôme du temple, revenant en échos subtilement altérés mais toujours autant porteurs de sens.

Six groupes de six prêtres et prêtresses entonnaient cette mélopée qui se mêlait aux soupirs lascifs de la foule assemblée, courants entre les statues de marbre noir des plus célèbres élus du Maître des Délices en une danse merveilleuse à regarder. Chacun d’entre eux et chacune d’entre elles était un délice pour les yeux, image de la beauté que le Prince du Chaos accordait à ceux qui le servaient dignement. Leurs voix étaient un enchantement pour les oreilles de n’importe quel artiste et leurs mouvements gracieux hypnotisaient des spectateurs, éveillant en eux des désirs qu’ils savaient depuis bien longtemps aussi lumineux que les mensonges de l’Ennemi les prétendaient sombre. L’Homme était un être de sensation et libérer cette nature était le premier des enseignements de Slaanesh.

Au milieu de cette assemblée, allongée sur un autel décoré de runes gravées par des démons et souillé du sang des innocents, une jeune femme lançait un regard brouillé sur cet étrange environnement. Elle savait qu’elle était au mains de ses ennemis, elle savait qu’elle était au service de… au service… elle ne savait plus, elle savait qu’elle était une guerrière, une psyker… oui une pratiquante de la biomancie au service de l’inquisition… une fille… une fille d’un mensonge. Elle savait qu’elle avait cru, qu’elle avait été dévouée à ce qu’elle ne percevait désormais que comme une coquille vide de sens. Elle savait qu’en elle couraient les substances de ses adversaires, engourdissant ses sens et biaisant sa perception.

Elle s’en fichait.

Elle se sentait vide, son esprit comme sa détermination brisés, ses espoirs évaporés. Désormais elle se laissait doucement couler dans les rêves illusoires et les promesses mensongères de la drogue. Elle avait oublié qui elle était, ce pour quoi elle vivait. Son seul horizon était désormais celui de sa mort et elle la souhaitait aussi douce et rapide que possible.

Au dessus d’elle, cachant la fresque épique et débauchée illuminant le plafond de la salle, se formait une silhouette indistincte à la fois opaque et transparente, magnifique et indéfinissable, semblant faite de pures ténèbres. Petit à petit, la jeune femme cessa d’observer ce qui l’entourait dans cet étrange temple pour se concentrer entièrement à la contemplation de cette fantastique manifestation. Deux yeux blancs s’ouvrirent au milieu d’un visage qui n’en était pas un et se mirent à la fixer, voyant jusqu’au plus profond de son âme et par delà même.

Une voix se mit à résonner dans son esprit. La plus merveilleuse qu’elle n’avait jamais entendu. En une parole elle sut que son âme ne lui appartenait plus, après une phrase elle était prête à abandonner son corps pour contenter l’être venu d’ailleurs. Alors qu’une nouvelle mélopée, plus terrible encore que la précédente, s’élevait, la psyker se tordit sur son autel, ses os craquant, sa peau se distordant. Elle vécu la plus intense des souffrances mais ses cris et ses gémissements témoignaient du plus grand des plaisirs. Lorsque les six cent soixante six mots interdits du pacte de lien furent prononcés, il ne restait rien de l’ancienne psyker. Son esprit avait été dévoré par la nuit et son corps remodelé par une sombre volonté.

Tout autour les membres du clergé Lincian avaient continué leur danse, se déplaçant maintenant si vite qu’un œil humain ne pouvait les percevoir. Leurs voix mielleuses avaient prit possessions de tous ceux assemblés dans le temple qui s’unissaient désormais de la plus passionnée des manières.

Le corps de la prisonnière se releva, entouré d’éclairs d’énergie. Sa peau avait changée et était désormais totalement noire à l’exception de spirales blanches infinies s’épanouissant sur ses cuisses sa poitrine et ses joues. De longs tentacules noirs se mêlèrent à sa chevelure alors que ses jambes se tordaient d’une façon inhumaine, une de ses mains se durcit et se transforma en pince luisante tandis que des yeux s’ouvraient à la place de ses tétons. Elle se redressa et ouvrit ses paupières, révélant deux orbes d’un blanc légèrement bleutés, et elle observa l’assemblée qui se prosternait devant elle.

Elle n’était plus une insignifiante psyker. Elle n’était plus même une mortelle. La conscience qui l’habitait désormais s’étendait par delà l’espace et le temps, à travers les dimensions matérielles et les capacités de l’esprit. Devant elle s’égayaient des âmes aux lumières appétissantes et en elle renaissait la soif de sensation que le monde matériel suscitait à chaque fois qu’elle en foulait le sol. Un instant, le démon envisagea de se manifester pleinement, d’utiliser l’infime fraction de sa conscience qui avait prit possession de ce corps comme ancre pour lui permettre de prendre pied autant que sa condition le lui permettait et de faire profiter à ce monde dont il ignorait le nom mais dont il n’avait que faire les infinis délices et les innombrables tourments qu’apportaient la visite du Héraut de l’Hédoniste.

Cependant, alors que cette idée trouvait grâce auprès de son esprit et qu’il commençait à étendre la force de sa volonté sur l’assemblée, la plongeant dans une extase toujours plus grande, une force non moins formidable que la sienne s’éleva parmi eux.

Une fine silhouette se leva et alors qu’elle commençait à fendre la foule, tous se jetèrent à ses pieds, lui baisant les chevilles et caressant ses longues jambes.

Aux yeux d’un mortel, elle n’était rien de moins que la beauté incarnée, une incarnation de la perfection que le Prince des Délices accordait à ses plus fidèles serviteurs, à celles et ceux dépassant le simple stade d’élu pour devenir ses favoris. Son visage fin élégamment décoré d’arabesques noires et de runes d’or encadraient deux yeux sombres à la profondeur abyssale et dans les méandres desquels des milliers d’êtres s’étaient perdus sans possibilité de retour. Sa peau d’une pâleur immaculée n’était couverte que de voiles vaporeux n’attirant qu’encore plus le regard sur ses courbes parfaites. Elle progressait avec un déhanchement séducteur, ses ailes délicates se balançant au rythme de ses pas alors que sa queue fourchue caressait le corps de ceux qui parmi la foule en adoration devant elle étaient ses favoris. Son simple toucher était un délice, sa simple vue une invitation à oublier toute convenance, cependant la magnificence que pouvaient voir les mortels n’était rien face à ce que pouvait voir le démon.

Face à lui se tenait un être dont l’âme rayonnait plus fortement qu’une supernova, une mortelle ayant la puissance d’une déesse et la malignité des plus fourbes habitants du warp. Devant lui se tenait Sélène Aryun, concubine de Slaanesh, Maïtresse de Lincia, trompeuse d’Irminiria la Festoyeuse des Tourments et désormais invocatrice du puissant Slaa’raxyrichanaïe, l’un des trente six seigneurs démons du Palais des Soupirs.
Les deux créatures se rapprochèrent se fixant mutuellement des yeux puis commencèrent à se tourner autour, se jaugeant mutuellement. Le démon sentit les ailes de l’autre s’étendre pour caresser ses épaules alors que la femme lui présentait un sourire malicieux alors qu’il préparait une attaque. Leurs cercles se rapprochèrent peu à peu, leurs corps se frôlèrent alors que leurs esprits se touchaient. Enfin les deux corps à la perfection surnaturelle se touchèrent, s’enlacèrent, s’embrassèrent un moment puis, ayant pleinement prit conscience de ce qui lui faisait face, la possédée s’agenouilla face à son invocatrice et lui embrassa les genoux, marquant sa soumission temporaire et préparant une alliance qui allait changer la face de la galaxie.

-C’est un véritable honneur que de vous voir fouler le sol mortel, seigneur Slaa’raxyrichanaïe, susurra Sélène d’une voix musicale et sensuelle, savourant le noms de celui qui lui faisait face et le pouvoir contenu dans ces quelques premières syllabes.
-Bien que je ne puisse plus pleinement jouir des délices du monde matériel, il est toujours agréable de s’accorder une petite escapade en ces lieux Sélène, Slaaphaos’Dharneth’o’Idahos. Cependant je suppose que vous ne m’avez pas fait venir uniquement pour discuter avec moi. Que voulez vous, mortelle ?

Sélène s’accroupit à son tour et prit la tête de la possédée entre ses mains avant de la poser contre ses seins, lui murmurant à l’oreille tout en caressant son dos nu.

-Je vous ai fait venir pour vous offrir la liberté seigneur. Je souhaite vous rendre le pouvoir de déchaîner votre puissance infinie sur ce plan une nouvelle fois, vous donner l’occasion de vous venger du risible empire qui il y a bien des millénaires vous condamna à l’exil.
-Ce qui a été fait ne peut être défait, répondit avec amertume le démon tout en rendant les caresses de son invocatrice. J’ai prit le risque autrefois de pleinement m’épanouir parmi les mortels, j’ai eut la joie de faire brûler cent mondes et de pervertir des milliers de vies. J’ai ensemencé mille mortelles, l’ai laissé ma marque dans cet univers mais j’ai été banni. Plus jamais je ne pourrais franchir le voile, je ne peux que posséder quelques mortels ou me manifester sous une forme inférieure. Il n’y a rien qui puisse être fait à ce propos.

La mortelle sourit face à la détresse de l’immortel. Elle sourit de voir tant de puissance frustrée alors que la sienne ne faisait que croître chaque jour depuis trois siècle. Elle sourit de voir le merveilleux outil qui s’offrait à elle et grâce auquel tous ses rêves deviendraient réalité.

-Je connais le moyen de vous libérer, le divin Slaanesh me l’a dévoilé, et je suis prête à vous le révéler si vous êtes prêt à me servir.

Le démon releva les yeux et le visage de son corps possédé se trouva à quelques centimètres du sourire moqueur de celle qui venait de parler.

-Comment puis-je savoir que tes paroles ne sont pas mensongères ? Toi et tes semblables avez déjà séduit nombre de mes frères inférieurs pour en faire vos esclaves dociles, que sais-je de tes intentions Sélène Aryun ?
-Je ne vous demanderais paiement qu’après vous avoir donné satisfaction. Lorsqu’à nouveau vous serez libre sur ce monde, six cent soixante six jours durant vous servirez Lincia et vous plongerez ce bras de la galaxie sous la tendre aile de Slaanesh. D’ici là je ne demande que votre coopération et je ferais tout pour la rendre aussi agréable que possible…

A ces mots, Sélène cessa de presser la tête de la possédée contre son sein, se dégageant totalement tout en s’allongeant sur le dos et en écartant les jambes.

-Que peuvent vous coûter quelques instants de délice sur ce plan et la promesse d’une éternité d’extase à venir ?

Un instant le démon resta immobile, laissant la voix suave de la mortelle caresser ses oreilles. Elle lui promettait énormément et il avait de toute manière les moyens de l’empêcher de profiter de la situation si il retrouvait bel et bien sa liberté. Il contempla le corps parfait qui s’offrait à lui, un corps touché par son père, par son dieu. Un corps digne de le recevoir.

Le démon prit place sur la mortelle, baisant son corps de ses lèvres avides jusqu'à retrouver son visage. Alors que leurs chairs s’unissaient et que de nouveau leurs bouches se rencontraient, le pacte fut scellé.

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Zylvos



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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Mer 1 Sep 2010 - 17:53

Bon bon bon, j'ai tout lu, et je vais te dire ce que le médiocre auteur que je suis peux dire. :noel:

Bien rythmé, on ne s'ennuie jamais et on prends plaisir à lire, si bien que je n'ai même pas fait attention à l'orthographe ni rien. Toujours d'une grande qualité, et j'ai découvert en même temps pas mal de choses que j'ignorais.

Bref, qu'une seule chose à dire : continu. Je n'ai pas lu la V1, mais la V1.5 est déjà superbe, peut-être que j'irais lire la première alors. :oui:
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Mer 1 Sep 2010 - 20:06

Merci pour ce commentaire encourageant, mine de rien ça motive beaucoup ce genre de machins!
Voici venir maintenant la suite et fin de mon prologue. La réécriture peut désormais réellement recommencer.

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Le chapitre 6 de ma fic La Campagne des Huit Eclipses est en ligne.
Le chapitre 3 de ma fic Inqusition Impériale a été mis à jour.
Le chapitre 8 de ma nouvelle fic Intérêts Croisés est en ligne.
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Mer 1 Sep 2010 - 20:07

899788M41 quatre mois avant le début de la campagne.



Fiora Alsin progressait, silencieuse comme la mort dans les couloirs déserts d’un complexe souterrain. Ses profonds yeux bleus fouillaient les ténèbres alors que son ouïe fine explorait les moindres recoins de son environnement à la recherche d’une éventuelle opposition.

Elle était venue en ces lieux pour accomplir la tâche pour laquelle elle était née : tuer dans la plus grande discrétion et disparaître sans laisser de traces. Cependant en ce jour, elle n’allait pas prendre la vie d’un serviteur de l’Ennemi mais bien celle d’un dévoué soldat de l’Empereur.

Alors qu’elle passait devant un boyau d’accès à la surface, elle sentit glisser sur elle la caresse de l’air frais et frissonna un instant d’excitation à l’idée de ce qui allait suivre avant de réprimer ces pensées qui n’étaient pas les siennes et de se dissimuler plus profondément dans les ténèbres.

Le claquement des bottes sur le sol. Irrégulier. Le groupe en approche devait compter quatre ou cinq individus, fatigués, sans doute de retour d’une mission à la surface. Ils s’estimaient sans doute désormais en sécurité, libre de prendre quelques instants de repos, dissimulés à la vue de tous avant de reprendre leur combat désespéré. Fiora ne put s’empêcher de sourire à l’idée de briser leurs espoirs et de savourer leur détresse à venir.

Le premier passa devant elle, un homme d’une vingtaine d’années portant une tenue de combat usée et dont un des bras était en écharpe. Derrière lui venait une femme du même âge qui se servait de son fusil laser comme d’une béquille. Le suivant était très grand, sa peau sombre l’identifiait comme un habitant de Frege et il portait entre ses bras musclés une mitrailleuse lourde.

Fiora ne prit jamais le temps d’observer qui serait le dernier à paraître.

En un bond elle se retrouva au milieu de la petite escouade épuisée. En une pensée elle fit jaillir les deux lames des systèmes hortus attachés à ses avant bras. D’une pirouette sur elle-même elle trancha les deux bras du géant, d’un bon en avant elle transperça le corps de la femme et d’un tourbillon dévastateur elle réduisit leurs deux corps en morceaux épars. La tueuse laissa échapper un cri sauvage de joie et d’extase pure alors que le sang giclait sur sa poitrine mutante à demi dénudée avant de balancer de gauche pour tuer le soldat anonyme avant de se retourner et d’éventrer enfin le meneur du groupe au bras bandé. Celui-ci s’effondra sur le sol et lorsque ses cris commencèrent les restes de son escouade n’avaient pas encore eut le temps de toucher le sol.

Un instant l’assassin resta immobile, savourant l’odeur enivrante du sang et son goût délicieux, observant la dévastation qu’elle avait causé en quelques battement de cœur.

Toujours elle n’avait tué que comme une machine, ne prenant jamais la peine de ressentir remord ni joie de ses actes. Toujours on lui avait interdit le moindre bonheur, la plus infime satisfaction autre que le simple service. Maintenant elle était libre, libre de tuer qui elle voulait, d’aller où elle le souhaitait. Libre de vivre, de ressentir, de jouir des mille et un plaisirs de la vie, des infinis dons de…

Fiora tomba à genoux, prenant sa tête entre ses mains et luttant pour chasser ces pensées qui n’étaient pas les siennes. Car oui elle n’avait aucun désir, oui elle était une machine et ce simple état suffisait à la rendre heureuse. Elle était un assassin impérial, un être sans âme et tout ce qu’elle accomplissait n’avait d’autre but que de l’aider à accomplir son objectif suprême.

La tueuse se pencha sur le dernier survivant de son attaque qui tentait de son mieux d’empêcher ses tripes de sortir de son corps. Un instant elle pensa à l’achever, à laisser ce serviteur de l’Empereur mourir dignement au service de son divin maître. Cependant cette idée fut rapidement balayée par un élan de conscience professionnelle et de sadisme mêlés. Elle planta à nouveau une de ses lames dans sa poitrine et la retourna dans la plaie, arrachant du soldat un hurlement de douleur. Satisfaite, l’assassin quitta les lieux, léchant le sang coulant de ses armes avant d’en rétracter les lames.

Le cri d’agonie du soldat impérial attira tous les gardes à cent mètres à la ronde. Dès lors parcourir les couloirs désertés et tuer sa cible ne fut plus qu’une promenade de santé pour l’assassin.



Fiora ressortit du réseau des tunnels, invisible à tous, resplendissante dans la lueur rougeâtre du soleil couchant. Alors que la journée touchait à son terme, elle regardait avec un mélange de délectation et de peine la panique qui s’était saisie des lignes impériales et les quelques escouades qui ici et là s’égayaient dans la nature.

La guerre s’était abattue sur ce monde il y avait deux semaines de cela.

Ethelos était un agrimonde peu défendu à la frontière de l’Empire Lincian et du Domaine Aldéran. D’une importance stratégique mineure, abritant une population de moins de quarante millions d’habitants et ne produisant que des surplus destinés à l’exportation hors secteur, la planète n’avait abrité qu’une garnison minime, son insignifiance devant assurer sa sécurité.

Puis l’Ennemi était arrivé. Deux croiseurs Lincians accompagnés de quatre escorteurs étaient un jour apparus dans le ciel, renfermant dans leurs soutes une armée d’invasion déterminée à soumettre un nouveau monde aux puissances de la nuit. Les forces de défenses s’étaient retranchées dans la capitale planétaire, espérant sans doute tenir le temps que des renforts puissent arriver depuis le reste du secteur mais leur résistance n’avait pas duré plus d’une journée. Un ost titanique lincian était tombé du ciel et en quelques heures les marcheurs super lourds avaient balayé les maigres lignes des défenseurs d’Etholos. Les rares survivants s’étaient enfuisdans les rues et des éléments mobiles de la légion avaient été envoyés les traquer. Certains avaient espéré voir venir la victoire deux jours mais alors que tout semblait perdu pour les défenseurs, un capitaine de brigade s’était élevé du désordre ambiant et avait réussi à reprendre les rênes des forces armées en déroute et à les organiser en mouvement de guérilla efficace.

Ils avaient obstinément tenu depuis lors et son « maître » en avait eut assez. Fiora était descendue à la surface avec pour ordre de rechercher et de tuer cet homme afin de définitivement briser la résistance impériale. Elle n’avait eut aucune difficulté à traverser la ville sans être prise par un camp ni l’autre, profitant de ses dons de furtivité et de sa longue expérience pour rester hors de vue. Trouver un groupe de résistant et leur arracher la position de leur commandant avait été un peu plus long. Elle était tombée sur une petite escouade en déplacement et il lui avait fallut tuer quatre hommes avant que le dernier n’accepte de parler après une torture en bonne et due forme. Il lui avait dévoilé l’existence des tunnels et que le capitaine se cachait dans l’un d’eux. Une fois sa cible localisée, il ne lui avait plus resté qu’à agir. Un meurtre de plus à ajouter à sa longue liste de Calidus.

Il y avait un an de cela son véritable maître, l’inquisiteur Arax l’avait envoyé traquer un objectif tout particulier. Depuis chaque once de son savoir et de sa maîtrise de soi lui avait servi à revêtir la peau d’une autre et à accomplir la plus dangereuse des missions, tant pour sa vie que pour son âme.

L’assassin avait comme prévu infiltré la société chaotique des Lincians alors que la campagne de Levia V battait son plein. Elle avait rapidement découvert avec ses sœurs que sa cible, Sélène Aryun ne se laissait réellement approcher que par le cadre très restreint de ses gardes du corps, des élus du Prince du Chaos, membres de la classe des Succubi et des Incubi, dans les corps desquels résidait une énergie démoniaque. Aux yeux des Lincians, devenir l’un d’eux représentait l’objectif suprême à atteindre, la promesse d’une immortalité de délices sans fin. Aux yeux des tueuses il s’agissait là du meilleur moyen d’arriver à portée de lame de leur objectif.

Les trois s’étaient séparées, chacune visant le même objectif, rompant tout lien avec les autres au risque de compromettre leur mission. Toutes trois étaient des Calidus, des tueuses polymorphes capables de devenir n’importe qui, d’adopter n’importe quelle attitude afin d’infiltrer le cercle intime de leur cible avant de frapper sans être vu. Elles étaient des armes sans cœurs ni remords, sans éthiques ni règles. Des tueuses capable de tout et seulement fidèles à elle-même. Cependant depuis quelques mois déjà, Fiora sentait le changement venir en elle.

Elle s’était proposée comme assassin au service du régime et son efficacité incroyable à tuer toute cible qui lui était donné lui avait fournit un ticket pour quitter le monde condamné et rejoindre le service d’un des Incubi lincians. Chaque jour elle travaillait son personnage afin de paraître une tueuse redoutable mais aussi une fille du chaos, une initiée du péché ne désirant rien tant que de servir ses sombre maîtres pour obtenir d’eux les mille récompenses qu’ils fournissaient à leurs fidèles. Elle savait qu’elle n’avait rejoint Lincia que dans l’espoir d’en éliminer l’une des plus éminentes têtes, cependant elle savait également que plus le temps passait, plus une sombre présence grossissait en elle, formée de ses désirs inavoués et de ses pulsions réprimés. Elle savait tout de la corruption du chaos et de la damnation qui guétait tous ceux qui s’en approchaient de trop près. Elle savait que quelques que soient ses efforts les simples tatouages qu’elle avait du s’imposer et les légers implants que ses employeurs lui avaient posé altéraient progressivement son corps comme son esprit. Elle savait qu’elle ne reviendrait jamais de son voyage. Elle espérait seulement arriver à son terme avant d’en avoir oublié le but.



La jeune femme regagna les lignes lincianes sans la moindre difficulté. Un moment elle resta à flâner entre les chars lourds de conception impériale et les marcheurs de combat et autres antigrav de transport issus de la nouvelle génération technologique de chaotique. Lincia était née de la rébellion de deux mondes forges qui, sous l’influence de ceux qui plus tard seraient nommés les Archérétiques Lincians, avaient rejeté les cultes de l’Empereur et de la Machine pour se dévouer à celui du Prince du Vice. Libérés des contraintes imposées par le Mechanicum, les technomages lincians avaient développé des armes et des technologies terrifiantes et s’en servaient désormais pour mettre au pas la bordure orientale de l’Impérium. Plus d’une trentaine de systèmes étaient déjà tombés sous la coupe de l’empire naissant et si il restait pour le moment une menace mineure au vue de la taille du domaine de l’Homme, son développement ne connaissait pour le moment presque aucun frein.

Des transporteurs lourds commençaient à descendre des cieux et les titans légers Subjugators et Questor montaient à leur bord pour retourner vers l’espace alors même que de plus petites navettes faisaient rembarquer les fratries des agiles Bios Guerriers et que d’autres encore déchargeaient les forces de la légion en charge d’en finir avec ce théâtre d’opération. L’ennemi privé de chef avait achevé de se désagréger et partout des demandes de reddition fleurissaient les unes après les autres. Un nouveau monde était tombé dans le giron de Lincia et Fiora savait que la rapidité de cette victoire lui était en grande partie due. Il ne lui restait plus qu’à réclamer sa récompense.



Les portes décorées de la navette personnelle s’ouvrirent, laissant pénétrer dans le petit habitacle la délicieuse odeur musquée imprégnant tous les couloirs du vaisseau de commandement de l’Incubus Sliek. Un moment Fiora resta assise sur sa confortable banquette, savourant la quiétude retrouvée de ces lieux de privilégiés et déverrouillant mentalement son centre du plaisir pour laisser son implant faire naître en elle l’excitation mais aussi une étrange forme de sérénité, comme si la possibilité d’enfin laisser librement s’exprimer son désir lui permettait d’enfin être en accord avec elle-même.

Elle se devait de montrer une façade d’être tourné vers ses petits plaisirs mais elle ne pouvait nier que cet état de fait lui convenait beaucoup trop. N’aimait elle pas ce qu’elle vivait ? Ne désirait elle pas aller plus profondément dans les ténèbres dans lesquelles elle baignait déjà et peut être y découvrir quelque chose de merveilleux ?

Fiora sentit sa conscience s’engourdir, sa volonté s’amoindrir. Elle avait appris à mettre une part de son esprit en veille pour pouvoir évoluer au milieu des serviteurs du Dieu du Vice mais depuis quelques temps ses engourdissements étaient de plus en plus fréquent et de plus en plus intense, son esprit s’endormant pour se réveiller en un autre lieu comme si elle y avait été conduite par une autre volonté, portant en elle les souvenirs d’actes qu’elle n’avait jamais désiré. Un moment elle voulut lutter tentant de rester maîtresse d’elle-même un petit peu plus longtemps mais rapidement l’idée des choses qu’elle allait devoir accomplir dans les heures à venir elle se laissa sombrer dans un doux sommeil, abandonnant son corps à des ténèbres dont elle n’avait pas réellement conscience.

Fiora ferma les yeux et les rouvrit dans l’instant
.
Pourtant dans ces deux orbes bleus se lisait une lueur nouvelle, gourmande.

La tueuse se releva mais ce fut avec une grâce bien supérieure à celle qu’elle avait montré le reste de la journée. Un moment elle se contempla dans la glace de la cabine et ce qu’elle vit lui plut. Elle portait une tenue de matière composite noire, à la fois souple et résistante, qui couvrait sa poitrine son ventre et le bas de son dos tout en laissant ses épaules et son aine dégagée en épousant fidèlement ses formes et sa double paire de seins. Ses longues jambes à la peau pâle étaient tenues par des bottes hautes lui arrivant jusqu’au genoux et laissant voir ses cuisses gravées de runes chaotiques. Ses bras portaient deux long gants blindés qu’un œil exercé identifierait comme des Hortus, des systèmes d’armes dissimulant plusieurs lames pouvant à la fois être utilisées au corps à corps ou être projetées à distance. Son visage enfin était fin, illuminé de grands yeux bleu clair et encadré de longues mèches d’un noir bleuté. Elle se trouvait magnifique. Elle n’était plus simplement une arme, elle était une femme d’une grande beauté, un objet de désir, une créature libre de vivre et d’expérimenter. Le sang séché visible un peu partout sur elle et sa chevelure en bataille ne faisait qu’ajouter à son charme nouveau.

D’une démarche aérienne elle pénétra dans le pont d’embarquement privé du maître du vaisseau et le retrouva, adossé contre un mur à l’attendre. Il était magnifique, un véritable canon de la beauté masculine avec son torse musclé, son visage dur ses yeux profonds… ses ailes délicates.

A sa vue Fiora se dirigea droit vers lui avant de se blottir contre ses bras puissants. L’incubus la serra un moment contre son torse avant de l’embrasser passionnément.

-Le capitaine est mort mon sombre amour, dit elle d’une voix sensuelle nullement feinte, j’ai accompli ton désir, quelle sera ma récompense ?
Sliek fit courir ses doigts délicats sur le dos de la tueuse, lui retirant quelques gémissements et commença à s’aventurer vers son entrejambe.
-Grâce à toi ma douce, nous en avons finit avec ce monde et nous pourrons bientôt en charger les ressources en vue du prochain projet de ma maîtresse. Dans deux semaines nous quitterons ce système, nos soutes pleines de vivres et nous rejoindront la divine Sélène sur le monde de Rhyos V. Le Prince du Chaos te voit et il aime ce qu’il voit.
-Et qu’en est il de toi ?

Tous deux échangèrent un nouveau baisé avant de plonger dans un tourbillon de sensations, de plaisir et de douleur entremêlées.




Lorsque Fiora rouvrit les yeux, elle vit qu’elle était nue, lovée contre le corps de son amant possédé. Des images de la nuit qui venait de passer lui vinrent à l’esprit et elle eut du mal à se retenir de la moindre expression de dégoût. Elle se releva, laissant son compagnon s’étaler dans ses larges draps avant de se draper d’un tissus violet à demi transparent et de quitter les quartiers personnels de Sliek pour se diriger vers la cabine de son astropathe personnel.

L’homme était jeune, ne devant pas dépasser les dix neuf ans mais déjà des rides commençaient petit à petit à apparaître sur son front alors que son corps s’affaiblissaient du fait des innombrables messages qu’il devait envoyer et recevoir à des distances dépassant l’imagination.

-Que me veux la favorite de mon maître en ce jour ? demanda il de sa voix nasillarde.
-La même chose que chaque mois, l’envoi d’un message privé vers Levia IV.
-Ce monde est déjà tombé depuis plus de trois mois vous savez ?
-Mon correspondant est encore en vie, je le sais également.
-Vous connaissez mon prix ?

Fiora laissa sa maigre tenue tomber de ses épaules et brandit une petite fiole emplit de drogue aphrodisiaque. Elle vit la lueur du désir poindre dans le regard du psyker et sut qu’une fois de plus il allait se soumettre à leur petit marché.

-Le message d’abord, la chair ensuite. Transmettez : « Ma chère Sybile, nous en avons finit ici sur Ethelos et désormais ce monde est un domaine du Prince du Chaos. Nous allons bientôt nous diriger vers Rhyos V où se trouve la divine Sélène, j’espère que de là je pourrais trouver un moyen de te faire quitter ton enfer. Ta Fiora qui t’aime. »

L’astropathe s’installa sur son siège de transmission et d’innombrables câbles se connectèrent à son corps, le reliant aux puissants appareils de communication du croiseur du chaos. Une aura psychique se créa tout autour de lui et la sueur lui monta au front alors qu’il se concentrait pour transmettre les paroles de la tueuse à travers l’espace et le temps. La chaleur descendit à toute allure et une mince couche de givre se forma sur les parois de sa cellule avant que le transfert ne cesse et que la température ne remonte.

La silhouette décharnée de l’astropathe se regarda et alors que Fiora se mettait à l’œuvre, elle eut la satisfaction de savoir que pour une fois, le touché d’un des rejetons du chaos ne lui causait aucun plaisir.

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Sam 4 Sep 2010 - 10:59

Chapitre 1 : Guerre dans les étoiles





159789M41, à l’aube de la guerre, au plus profond de l’espace

Telle une mer infinie s’étend l’espace, merveilleux et terrifiant, miroitant mais si sombre. Son firmament constellé fut de tout temps le terrain de jeu des esprits et l’éden des rêveur. Le peuple des hommes depuis des âges immémoriaux s’est astreint à nommer celui des étoiles, accordant à chaque lumière accrochée au ciel lointain une part de sa fascination infinie.

Depuis des millénaires cette mer est parcourue de flottes d’élégants navires, explorateurs de l’ultime frontière que représente l’immensité. Chaque jour voit un nouveau monde découvert, une nouvelle nébuleuse étudiée, une nouvelle colonie fondée. Vu à travers la lunette de l’astronome, le ballet des constellations semble n’être qu’une magnifique représentation à l’élégance poétique et à la pureté sans commune mesure.

Cependant, entre des centaines de lumières sans autre vie que celle que des rêveurs sont prêts à leur donner, parmi des milliers de systèmes où les seuls conflits livrés sont ceux de la gravitation, à l’extrême orient galactique, au plus profond de l’Ultima Segmentum, l’étoile de Rhyos se préparait à se teinter de rouge.



Comme tant de drames tout commença avec une grande beauté.

Une lueur infime apparut en bordure du système, un éclat violacé étrange mais s’accordant parfaitement avec la nuit perpétuelle des limbes. Rapidement elle s’étendit, éclipsant un instant la lueur de milliers de soleil, apportant une douce lumière là où depuis toujours régnait l’obscurité la plus totale. Une porte était en train de s’ouvrir vers un monde emplit de merveilles mais aussi d’horreurs sans nom. Tel un œil soulevant sa paupière après un long sommeil la brèche s’étendit encore et toujours jusqu’à être large de plusieurs kilomètres. Un instant à la fois magique et funeste l’autre monde put contempler le plan matériel et celui-ci put poser ses yeux sur un univers qui lui était totalement étranger tout en ne formant que son étrange reflet.

Puis les premiers voyageurs des plans retournèrent à leur monde d’origine. Une proue d’une blancheur immaculée et décorée de renforcements dorés émergea du néant, rapidement suivie d’une longue coque d’adamantium bleue décorée tout autant d’arches de cathédrales que de bouches de canons. Lorsque sa poupe sortit finalement de l’immaterium la frégate était longue de presque cinq cent mètres, un fier navire arpentant la mer des âmes tout comme l’océan des rêves, portant en son sein les habitants d’un monde lointain venus s’emparer d’un nouveau. Elle se nommait Stella Irae et elle n’était que la première d’une longue série.

Les uns après les autres, les fiers vaisseaux de la flotte Aldérane surgirent de l’Imaterium. Les agiles Destroyers Cobra précédaient le majestueux cuirassé de classe Retribution Omnis Hostis alors que les croiseurs de classe mars évoluaient en ordre parfait, la lumière stellaire faisant scintiller leurs canons nova. Des transporteurs ventripotents évoluaient au milieu de leur escorte de frégates Sword tandis que de puissants Dictators accompagnés de corvettes légères partaient déjà à l’avant de l’armada en plein rassemblement.

La gigantesque déchirure reliant les deux univers continua une demi heure durant de déverser la trentaine de navires de guerre de la cinquième flotte aldérane avant de lentement se réduire. Alors qu’une nouvelle fois les deux mondes allaient être séparés, le plus éminent des maîtres des étoiles ici présent finit par réintégrer sa réalité.

Le Caeli Angelus était un antique vaisseau datant des jours glorieux de la Réunification Aldérane, plus de douze mille ans plus tôt, avant même la naissance de l’Impérium et la venue de l’Empereur. Il avait combattu des millénaires auparavant sous les ordres de Forus Aldéran, il avait guerroyé contre la flotte Ultramarine avant la Grande Annexion, il avait détruit la barge de bataille Nox Gloriae des Night Lords aux temps troublés de la Grande Trahison de même qu’il avait honorablement combattu les orks et les barghesi à travers les siècles. De tout temps ce cuirassé désormais identifié comme de classe Emperor avait eut les plus éminentes personnalités à sa barre et il s’apprêtait à écrire une nouvelle page de sa glorieuse Histoire relatée sur les kilomètres de bannières flottant à ses douze kilomètres de flancs. Contrairement aux autres navires qui portaient le bleu militaire sa coque était du blanc de la noblesse et ses renforts dorés à l’or fin clamaient bien haut son importance et sa gloire. Les flèches de ses tours de communication pointaient vers les étoiles comme les défiants toutes autant qu’elles étaient de s’opposer à sa puissance. Ses larges baies de lancement, fermées pour l’instant, renfermaient la fureur de plusieurs centaines d’appareils d’attaques rutilants alors que ses couloirs recelaient un équipage à la discipline exemplaire en uniformes impeccables. Ses canons en eux même étaient des œuvres d’art sculptées, parfait mélange de beauté et de puissance, prêts à imposer leur loi dans l’infini du vide.

Il était le vaisseau amiral de la cinquième flotte, le navire du Haut Maréchal et celui qui allait changer le destin d’encore bien des mondes.


La faille dans la trame de la réalité se rétrécit encore alors que le vénérable cuirassé désactivait ses moteurs warp. Un seul dernier vaisseau le suivit, restant à l’arrière tel un chien de berger surveillant le troupeau. Loin de l’éclat du reste de la flotte, il était entièrement noir ; loin de posséder un nom grandiloquent, il n’en avait aucun et loin d’être au service d’un homme bercé de rêves et dévoré d’ambitions, il était là pour tempérer les ardeurs de tous les autres.

L’arrivée du Sin Nominem passa totalement inaperçue comme on pouvait s’en douter et comme son maître le souhaitait.


La flotte se mit en formation et commença directement sa progression vers Rhyos V, la capitale de ce système et le théâtre de la campagne à venir. Deux cuirassés accompagnés de huit croiseurs et de douze escorteurs entouraient huit transporteurs de troupes lourds. Une flotte entière et les huit millions d’hommes des 501eme 502eme 506eme et 510eme armées aldéranes assemblés pour un seul système se préparaient pour un conflit qui resterait gravé dans les mémoires.

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Arghit
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Sam 4 Sep 2010 - 16:16

Non franchement, je trouve ps grand chose à dire sur ta fic. Y a bien certains points qui me dérange mais c'est absolument subjectifs et tu sais que me gouts son parfois... exotiques... Mais bon, je connais tous mes cours par cœur et j'ai la flemme de lancer un JV donc, je vais quand même détailler ça, un peu...

Citation :
Telle une mer infinie s’étend l’espace, merveilleux et terrifiant, miroitant mais si sombre. Son firmament constellé fut de tout temps le terrain de jeu des esprits et l’éden des rêveur. Le peuple des hommes depuis des âges immémoriaux s’est astreint à nommer celui des étoiles, accordant à chaque lumière accrochée au ciel lointain une part de sa fascination infinie.

Je trouve ça horriblement, terriblement, abominablement cliché! C'est bien écris, y a surement un effet voulu en répétant "infini" au début et à la fin mais dieu que c'est banal comme description. Ok, ce genre de chose est pas facile mais j'aurais franchement préféré que ce passage soit tout simplement absent.


Citation :
Un chant. Mélodieux et pur, profond et entraînant, langoureux et mélancolique, il résonnait dans le grand temple de l’Astroport Syru.

Là c'est la tournure que j'aime pas trop.

Y a d'autre trucs du genres pas mal de tournures que j'aime pas mais j'ai la flemme de les rechercher dans le texte...

Ah et je sis pas fan de la scène suggestive Démon/pouffiasse overpowered, t'as fait bien mieux sur le RP.

Pour le reste de ta fic, je t'ai déjà dit qu'il fallait absolument remanie le personnage d'Arax. Ironiquement le héros est le perso le moins intéressant et le moins charismatique de la fic. C'est assez fréquent dans pas ma d'œuvre. Il est presque le stéréotype de l'inquisiteur, assez mystérieux, bourrin, froid etc... c'est un peu dommage.

M'enfin, je ne peux que t'encourager à continuer.
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Jarlaxle
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Sam 4 Sep 2010 - 18:15

Bon, j'ai lu que le premier post ( oui je suis lent What a Face ) et comme tu es désespérément en recherche de com's je poste quand même.

Globalement c'est très bien, excellent, bref tout ce que tu veux.
La situation est complètement confuse dans la première partie, on ne comprend pas qui est qui mais je suppose que c'est parfaitement voulue. Sinon dommage :noel:
la deuxième partie quant à elle est clair, simple, rapide, on y présente bien tout ce qu'il faut savoir.

Je lirai la suite quand j'aurais le temps, là j'ai un univers à inventer dans l'immédiat :o)) (et des Rps à faire progresser :mort: )

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 5 Sep 2010 - 9:09

Arghit==> merci pour tes commentaires qui à mes yeux sont très intéressants du fait qu'ils pointent réellement des détails précis et c'est en essayant d'améliorer ces détails que l'on rend une oeuvre meilleure.
Comme tu le pointe, j'ai du mal avec le registre lyrique et justement je m'étais essayé à celui ci pour voir ce que cela donnait. Ce n'est toujours pas au top semble il, je pense m'entrainer sur un prochain texte de concours.


Steal===> le premier passage se passe "un jour" on ne sait pas quand on ne sait pas où (même si on peut assez facilement l'imaginer) et il est là à la fois pour mettre une ambiance quelque peu étrange mais aussi pour que plus tard dans le récit le lecteur face "Aaahh ouais! c'est lui ce con!". C'est un truc que l'on retrouve dans certains films (inception récemment) et que j'aime bien.
Sans quoi merci pour ce commentaire, ça fait vraiment plaisir :)

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Arax, Inquisiteur
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 24 Oct 2010 - 21:28

178789M41 quartiers d'habitation de l'Haemaeus Dixis


Karl Drar se réveilla péniblement. Il poussa un long bâillement à s’en décrocher la mâchoire avant de sauter hors de son lit et de se diriger vers la douche de sa cabine afin de chasser le brouillard. Il passa sa tête sous l’eau froide et sentit ses moyens lui revenir, il se regarda dans la petite classe de son espace d’hygiène et sourit à son reflet, tordant comme à l’accoutumée la cicatrice qui lui barrait la joue droite.
Grand d’un mètre quatre vingt dix, âgé de trente six ans, Karl avait le physique même du meneur d’homme. Son sourire jovial et sa voix grave, prompte à rire comme à donner des ordres s’élevait toujours sans peine au milieu du tumulte de la bataille. Ses épaules carrés et son corps musclé témoignaient d’une grande force physique qu’il s’efforçait d’entretenir de son mieux. A ses yeux un officier se devait d’être le meilleur soldat de son unité, de pouvoir accomplir absolument tout ce qu’il pourrait en venir à demander à ses hommes de faire.

Car Karl était officier, capitaine d’une des compagnies de sécurité de l’Haemaeus Dixis, il avait obtenu ce poste six ans auparavant après avoir fait tenir à sa compagnie le Fort Timidia un mois et demi durant face à un ennemi trois fois supérieur en nombre. Depuis il n’avait plus trop eut l’occasion de retrouver l’exaltation du champ de bataille, cantonné à la surveillance des innombrables couloirs d’un croiseur de combat. Par moment il s’ennuyait assez royalement et il s’efforçait de passer le temps en plaisantant avec ses hommes ou en les entrainant dans des séances de simulations de combat intense. Sa compagnie l’aimait et tous en étaient venus à considérer leur affectation spatiale comme un foyer ou il était agréable de vivre.

Cependant tous ne pouvaient dissimuler leur impatience quand aux événements qui devaient avoir lieu le lendemain.

L’Haemaeus Dixis était arrivé comme le reste de la flotte dans le système Rhyos depuis maintenant une semaine et avait vogué dans l’immensité séparant la cible de l’invasion de la frontière du système à une confortable vitesse de croisière. Le Haut Maréchal Alonus avait déjà décidé de sa gestion de la bataille pour les cieux de Ryhos V qui devait avoir lieu demain et l’Haemaeus serait au premier rang du combat. La compagnie de Karl ainsi que trois autres allaient être déployés par transporteurs Shark pour des opérations d’abordage une fois l’engagement bien entamé. Des années d’exercices allaient enfin porter leurs fruits et tous n’attendaient plus que de retrouver l’excitation du combat.

Le capitaine revêtit son treillis, ajusta ses barrettes d’officier et sorti dans le mess où les plus matinaux de ses hommes se rassemblaient déjà une dernière fois avant de prendre les armes à nouveau.

-Salut la compagnie ! lança il à la cantonade en donnant une franche accolade au premier soldat qu’il croisât.

Tous se retournèrent en le voyant et tous le saluèrent, non pas à la façon dont on salut un officier mais ainsi qu’ils auraient témoigné leur amitié à un proche.

-Bien dormi commandant ? demanda un premier homme.
-Pas trop vexé de vous trouver encore tout seul ? ajouta l’une des femmes de la compagnie.
-Prêt pour nous courir après toute la journée ? compléta un dernier soldat.
-Vous pouvez parler, je suis prêt à montrer à la galaxie qui est Karl Drar et vous aurez intérêt à ne pas me perdre de vue alors que je serais à l’avant !

Le capitaine resta une dizaine de minute avec les hommes de sa compagnie, échangeant les bravades sur leurs exploits à venir avec bonne humeur. Certains auraient pu voir dans une telle démonstration de crânerie une marque de peur n’osant dire son nom mais il n’en était rien, la deuxième compagnie d’abordage se contentait de savourer par avance son retour à l’activité.

Karl finit par quitter les soldats du rang et se dirigea vers son équipe de commandement qui avait enfin intégralement émergé de son sommeil réparateur.

-Alors Erthek, toujours aussi dur de se réveiller ?

Le lieutenant en question rougit jusqu’à la racine des cheveux sous le rire tonitruant de son capitaine. Il baragouina un mélange indistinct d’excuses et de grognements au sujet de la ponctualité.

-Mieux vaut tard que jamais je suppose, répondit Karl avec un grand sourire. Dis moi plutôt comment vont les hommes de ton peloton ?
-Le troisième peloton est en pleine forme mon capitaine ! Les gars n’arrêtent pas de parier sur celui d’entre eux qui tuera le plus de légionnaires demain.
-Il n’y a pas à se poser de question à ce sujet : ce sera moi bien entendu.
-Oui mon capitaine, répondirent les divers lieutenants avec un sourire en coin.

Chacun fit ensuite l’exposé complet de la situation de son peloton et tout laissait présager du meilleur pour la bataille, les derniers entrainements avaient été couronnés d’un immense succès et aucun soldat n’était blessé ou malade, les mille hommes de la compagnie allaient pouvoir se déployer sans soucis aucun.

-J’ai reçu hier nos ordres de mission, annonça Karl. La bataille devrait s’engager à 12 : 00 et nous devrons prendre place dans le transporteur C08 à 12 : 45 pour un décollage une demi-heure plus tard. Le pilote nous conduira ensuite jusqu’à un croiseur ennemi qui sera déterminé selon la situation en 13 : 00 et une fois le trajet achevé il ne nous restera qu’à nous déployer le plus rapidement jusqu’à la passerelle de commandement du vaisseau. L’objectif n’est pas une simple frappe éclair, les chantiers navals peinent de plus en plus à combler les pertes et le haut maréchal veux que nous capturions un maximum de navires ennemis pour renfler les effectifs de la cinquième flotte. Nous devrons faire disparaitre tout membre d’équipage hérétique sans exception et purger toute trace de souillure. Je resterais en contact permanent avec les trois autres capitaines des forces d’abordage pour que les choses se passent au mieux. Bien compris ?
-Oui mon capitaine ! crièrent en cœur les quinze lieutenants
-Vous oubliez un détail mon… capitaine.

La voix qui venait de s’exprimer était froide, totalement dénuée d’émotion et de respect à l’égard de ceux à qui elle s’adressait. Pourtant Karl savait qu’il ne pouvait l’ignorer et encore moins s’y dérober.

-Vous et vos hommes n’avez aucunement ordre de tenter de prendre le navire ennemi. Votre unique tâche consistera à sécuriser les zones déjà prises par la première vague et à éliminer les éventuelles poches de résistance qui pourraient subsister. Les auxiliaires devront se tenir à leur rôle d’appui.

L’homme qui venait de parler portait un large manteau de cuir noir à l’intérieur bleu. Une ceinture blanche entrecroisée de fils d’argent lui entourait la taille et témoignait de son rang tout autant que son képi à galons d’or. Quinze autres hommes vêtus de même le suivaient de près, partageant tous le même regard condescendant et les mêmes airs de supériorité. Ils étaient les commissaires attachés à la compagnie, un par peloton comme partout dans les forces Aldéranéennes, constants rappel qu’aucune véritable confiance n’était jamais accordée aux « troupes auxiliaires ».

-Nous n’oublierons pas notre rôle commissaire, répondit Karl en se forçant à ne pas laisser filtrer sa colère dans ses paroles. Je pensais simplement que…
-La seule chose à laquelle vous avez à penser, capitaine, est la façon d’accomplir les ordres de vos supérieurs. Vous le savez fort bien.
-Oui mon commissaire…
-Nous vous attendrons dans le transporteur.
-Messieurs !

Karl resta au garde à vous le temps que l’ensemble de la bande en noir ait disparu. Il aurait donné un an de salaire pour pouvoir tordre le coup de cette maudite clique !
Certaines rumeurs courraient sur d’autres régiments de l’armée impériale où un seul commissaire se voyait affecté à un régiment entier et ou celui-ci avait un minimum de respect envers ses hommes. D’autres rumeurs prétendaient que même parmi l’armée du Domaine certains commissaires traitaient au mieux les pelotons qu’ils avaient en charge. Cependant ceux affectés à la compagnie du capitaine n’étaient autres que des crétins bouffis d’orgueil ne cessant de rappeler leur prétendue supériorité sur leurs hommes et s’occupant plus de trouver des infractions mineures au règlement à relever que de réellement entretenir une discipline qui était de toute manière déjà présente.

Du point de vue du capitaine, les commissaires aldérans n’avaient pas le même rôle que ceux impériaux, ils s’assuraient que les aldéranéens, les soldats recrutés sur la cinquantaine de mondes du Domaine Aldéran, restaient bien fidèles et surtout soumis à l’autorité d’Aldéran, la planète qui les avait soumit parfois plus de dix millénaires auparavant. Elevé au milieu d’une propagande clamant les bienfaits apportés par le domaine, Karl avait toujours considéré la situation de vassalité dans laquelle vivait le secteur Emelia comme normal, cependant la vue de ce genre de prétentieux détestable avait le don d’éveiller au plus profond de lui-même un désir de liberté que trop tendraient à oublier…





179789M41 a bord du Khalendess




Le jour s’est enfui sans que nous ayons pu le retenir
Les pétales se sont refermés sur la fleur
La lumière décline à cette heure
Où le jour rend son dernier soupir

L’obscurité de la nuit nous environne
Les âmes des étoiles distantes rayonnent
Loin de ce monde auquel nous sommes liés
Où règnent la douleur la peur et la mortalité

Dors mon amour, dors pour toujours
Ton âme sera gardée par la nuit
Plonge dans les ténèbres infinies
Dors mon amour, dors pour toujours

Elles prennent nos âmes les ténèbres grandissantes
Et les entrainent frissonnantes
Dans le néant de la Maîtresse qui entre ses mains
Tient notre destin

Rêve, guerrier, de la pénombre
Goûte la douce rédemption
Que t’offre la Reine de l’Ombre
Et son amour pour ses légions

Dors mon amour, dors pour toujours
Ton âme sera gardée par la nuit
Plonge dans les ténèbres infinies
Dors mon amour, dors pour toujours

Nous fermons les yeux, l’esprit en repos
Nous nous soumettons à notre Maîtresse
Et nous lui avouons notre faiblesse
Sous son talon nous courbons le dos

La force du silence emplit le ciel étoilé
Nous engloutit de sa pleine profondeur
Entre ses bras nos âmes vont voler
Là où prennent fin la peur et la douleur

Dors mon amour, dors pour toujours
Ton âme sera gardée par la nuit
Plonge dans les ténèbres infinies
Dors mon amour, dors pour toujours



Le chant résonnait, mélancolique et sensuel, s’échappant des gorges délicates des prêtresses assemblées. Elles portaient en elles une infinie tristesse, celle de mères qui allaient bientôt perdre leurs enfants mais qui savaient qu’un tel sacrifice ouvrirait les portes de l’éden à tous ceux qui le consentiraient.

Aux voix cristalline se mêlaient des soupirs lascifs et des râles de plaisir alors que les six fratries qui allaient sous peu s’éteindre savouraient une dernière fois les dons de leur dieu. Partout dans la vaste pièce, soixante douze bios guerriers et guerrières étaient conduits à un véritable paradis de chair par deux fois ce nombre de prêtres et de prêtresses. Aux subtils parfums aux propriétés aphrodisiaques dont les brumes flottaient dans les airs ses mêlaient l’odeur de la sueur et du sexe tandis que deux cent seize êtres s’adonnaient aux plus intenses des plaisirs sous l’œil attristé de douze mères en deuil.

Les guerriers ici présent allaient le lendemain procéder à des opérations d’abordages suicides, sacrifiant leurs vies pour la gloire de Slaanesh et le bien de Lincia. Ils étaient tous issus de vielles fratries à la longue histoire et au grand prestige et un immense honneur leur était fait en leur donnant le privilège de décider demain du destin de millions. Néanmoins sacrifier sa vie était perçu en Lincia comme le plus grand des actes de dévouement, l’abandon de toutes les promesses de la vie que les adeptes du Plaisir chérissaient tant. Aussi la coutume était que ceux qui allaient le lendemain abandonner leur existence pour ne faire plus qu’un avec Lanshor méritaient de connaitre les plus intenses délices qu’un esprit mortel puisse appréhender.

Denyr était un de ces guerriers, jouissant de l’instant une dernière fois.

Il était grand, haut de deux mètres dix mais svelte comme un étrange eldar. Son corps était musclé mais les traits de son visage étaient délicats alors que ses flancs portaient les tatouages le désignant comme un combattant vétéran. Il était un bio guerrier, membre d’une sous espèce du genre humain développée par les bios-magos de Lincia. Une arme vivante précise et mortelle. Dès sa naissance il avait été élevé par un prêtresse qui désormais pleurait sa fin prochaine, grandissant pour devenir un adversaire sans égal, capable de combattre à la pointe des batailles menées par l’Empire Lincian. Il avait aimé sa vie, il avait appris à faire couler le sang mais aussi à apprécier l’art et à composer de la musique. Toute son existence durant il avait vécu mille et un plaisir, créé et détruit, maîtrisé et servit. Son âme appartenait à Slaanesh depuis bien longtemps et son divin maître l’avait largement récompensé de sa dévotion, désormais il atteignait la fin de son voyage et si une partie de lui regrettait tout ce qu’il allait perdre, la douceur de l’instant présent lui faisait abandonner tout regret.

Sa compagne du moment était encore très jeune, âgée de seize ans à peine, elle n’était pas encore mère de la moindre fratrie. Néanmoins son expertise des arts de l’amour n’était pas à démontrer et l’orgueil de son jeune corps rendait fou son amant. Des heures durant Denyr assouvit sa soif de chair en enfouissant son visage entre ses cuisses musclées ou en pressant son torse la poitrine délicate de sa compagne.

Le rituel se prolongea jusqu’aux premières heures du matin bien qu’un tel concept soit difficile à appréhender à bord d’un vaisseau spatial. Les guerriers épuisés mais plus heureux que jamais se rassemblèrent par fratrie et rejoignirent leur mères afin de lui rendre un dernier hommage.

Elle était incroyablement belle bien que très ancienne. Elle avait déjà élevé six autres fratries avant celle-ci et avait vu ses fils mourir les uns après les autres ou devenir plus que de simple combattant. Elle-même ne serait plus mère bien longtemps, l’apothéose l’attendait dans les années à venir et elle le méritait amplement. Ses yeux verts étaient toujours pétillants de vie mais recelaient une sagesse trahissant son âge malgré son apparence de sublime femme de la trentaine. Ses longs cheveux bleu nuit cascadaient par delà ses hanches en un torrent miroitant et sans imperfections. Sa peau pâle portait les spirales fractales des runes hexgramatiques retenant en son corps quelques démons mineurs lui conférant sa puissance et sa jeunesse.

Denyr l’aimait, plus, il l’adorait comme une élue de son dieu, une amante exceptionnelle et une mère tendre et attentionnée. Elle regarda chacun de ses enfants au fond des yeux et laissa son esprit pénétrer chacun de leur corps pour leur témoigner une dernière fois son amour infini. Sous peu ils partiraient au combat une dernière fois et elle les soutiendrait encore au cours d’une ultime bataille.

-Mes enfants, dit-elle d’une voix qui fit vibrer l’âme de chacun de ses auditeurs, c’est un triste jour que celui-ci, triste mais glorieux. Bientôt vous serez au sein de notre dieu et ce sera à moi de m’incliner devant vous. L’ennemi est venu une nouvelle fois tenter de voler un de nos mondes, de replonger les enfants de l’excès dans l’esclavage de la mesure. Demain vous allez leur montrer ce qu’encourent les ennemis de Lincia et leur prouver une nouvelle fois à quel point il est futile de se dresser face à la vérité. Reposez vous une dernière fois mes amours, louez Slaanesh et préparez vous à faire votre ascension.

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"Ceux qui se vautrent dans le péché ne méritent pas la miséricorde du bûcher"

L'Inquisiteur Arax, réveillé un peu trop tôt un matin...


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Arghit
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Ven 29 Oct 2010 - 19:26

Là aussi c'est très bon, pas de commentaire particulier à faire, ci ce n'est que l'intrigue à un peu de mal à ce mettre en place pour l'instant.

Par contre, par pitié, ne remet pas de putain de registre lyrique! ><
C'est personnel mais je déteste ça, ça me casse complétement l'envie de lire ce qu'il y a après. :(

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20:10 - [GiF] Melcor: je suis un papillons
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Arax, Inquisiteur
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Lun 1 Nov 2010 - 17:58

Pas de lyrisme cette fois!
Je me demande d'où ça me vient cette manie :( mais avec une baston à l'horizon pour les cinq à dix prochaines pages il ne devrait plus y en avoir avant longtemps.
Comme toujours merci pour ton commentaire :)
Voici venir la suite:


______________________________________________


181789M41 Pont d’observation du Sin Nominem


La flotte en orbite autour de Rhyos V n’était pas des plus imposantes. Forte de quatre croiseurs et d’une douzaine d’escorteurs, elle était capable de se charger d’engagements mineurs mais elle ne pourrait jamais repousser à elle seule la cinquième flotte aldérane. Telle était du moins l’opinion partagée par la majorité des membres de la flotte.

L’inquisiteur Arax Sybile n’était pas de cet avis.

De son point de vue, le seul respect que méritait l’ennemi était celui suffisant pour ne pas le sous estimer. Lincia avait démontré plusieurs centaines de fois au cours des derniers siècles qu’elle ne devait pas être prise à la légère et que les apparences pouvaient souvent se révéler trompeuses la concernant.

Depuis le poste d’observation de son vaisseau, le croiseur super lourd de classe Exorcist Sin Nominem, Arax observait la flotte l’entourant se déployer en une formation en croissant. Tibérius Alonus, le Haut Maréchal de cette puissante armée, avait confié le commandement de ses forces spatiales à l’amiral Rythe Sclarus. Ce vieil homme avait servit longuement auprès de la Flotte et malgré son manque flagrant d’imagination, il avait toujours su agir avec efficacité, méprisant ses ennemis et les écrasant sous la puissance de ses canons. Bientôt il allait devoir tirer sa révérence et il comptait bien sur cette campagne pour obtenir le prestige suffisant pour se garantir un poste d’importance pour ses vieux jours. L’inquisiteur craignait que cette soif de gloire ne le pousse à commettre des erreurs. Lui-même était le Praetor d’Alonus, l’inquisiteur en charge de s’assurer que les ambitions du brillant officier ne viennent jamais s’opposer au bien de l’Impérium mais si pour le moment il n’avait jamais eut à se plaindre de son protégé, il s’inquiétait bien plus du choix de ses alliés.

Certain de tenir une victoire facile, l’amiral aldéran avait détaché une demi-douzaine de croiseurs pour couvrir son propre cuirassé, l’Omnis Hostis. Sous le regard critique de l’inquisiteur, les vaisseaux lourds traversèrent l’espace, fondant droit sur Rhyos cinq, boucliers levés et canons armés. Arax tenta de les voir de ses propres yeux aussi longtemps que faire se peut avant de se rabattre sur les écrans tactiques. Quelques dizaines de milliers de kilomètres plus loin, la flotte Linciane, en orbite depuis déjà plusieurs jours, se mit à son tour en branle, ses quatre croiseurs se dirigeant droit vers l’ennemi alors que les frégates et autres destroyers prenaient du large pour une future attaque de flanc. Les premiers tirs furent échangés alors que les pièces d’artilleries des deux flottes de factures impériales donnaient de la voix. Des éclairs d’énergie jaillirent des armes de chaque vaisseau, traversant l’espace en quelques instants avant de s’écraser contre les écrans de protection de leurs ennemis. De nombreux tirs à longue distance se perdirent, s’égarant dans l’espace ou parfois retombant sur la planète, objet du combat.

Ayant pour ordre de ne pas détruire Rhyos V, l’amiral Rythe limitait au maximum le feu de sa flotte, attendant d’arriver à portée courte de ses opposants pour y délivrer une puissance précise et dévastatrice mais pour le moment il devait subir.

Arax serra les dents alors qu’il voyait les icônes indiquant l’état des boucliers de la flotte aldérane passer progressivement du vert à l’orange alors qu’elle avançait sous un feu nourri. Faisant cap droit sur l’ennemi, les lourds vaisseaux impériaux n’en étaient que plus faciles à viser pour leurs adversaires et après à peine une heure de combat les boucliers du croiseur de classe Dictator Delendor tombèrent totalement exposant leur vaisseau au feu de l’ennemi.

La frappe Linciane fut cataclysmique.

Trois canons novas firent feu simultanément à l’instant précis où le Delendor se trouvait sans protection. Les obus gigantesque fusèrent en quelques instants et percèrent la coque du puissant vaisseau avant de détoner. Les explosions nucléaires déchirèrent les flancs du vaisseau en un instant, consommant tout l’air qu’il contenait en une déflagration impressionnante. Malgré la distance l’inquisiteur put clairement voir la boule de feu éphémère qu’était devenu le croiseur.

Un nouvel instant s’écoula et les flammes s’étouffèrent d’elles mêmes, n’ayant plus d’air à consommer. La carcasse brisée du croiseur se froissa comme du papier alors que le vide finissait l’œuvre du feu.

Un instant était passé et du croiseur il ne restait que des souvenirs.

-Cet amiral est un véritable incapable ! tempêta l’inquisiteur alors que la tension qu’il accumulait depuis plusieurs heures se libérait enfin. Sa progression manquait totalement de mesures de sécurité, il a offert un de ses navires sans même avoir de quoi riposter ! Je le tiendrais je le…
-Tu le ?

Celle qui venait de parler se nommait Kaldis Odessa. Elle avait le corps et le visage d’une fille à peine sortie de l’adolescence mais elle n’en était pas moins la plus ancienne partenaire de l’inquisiteur, partageant ses aventures depuis que tous deux avaient été recrutés par l’inquisiteur Scarus près d’un demi-siècle plus tôt. Sage et posé quand telle était sa volonté, elle était la première conseillère du seigneur inquisiteur. Alors qu’Arax avait passé l’heure précédente à tourner sans cesse autour de sa table tactique, ne cessant de consulter les mêmes données à chaque secondes, comparant les angles d’approche avec les rapports que ses hommes parvenaient à capter, elle était resté à demi allongée sur un canapé confortable étudiant le déroulement de la bataille tout autant que l’attitude de son vieil ami de ses malicieux yeux violets.

-Nous vivons un temps de guerre Arax, il est normal que des gens meurent.
-La flotte n’est pas en position de perdre un vaisseau aussi facilement ! Je suis le prator de cette campagne et…
- Calme-toi !

La femme à l’air si jeune se leva, posant ses mains sur ses hanches comme une mère mécontente de son enfant trop agité.

- Si tu observerais une bataille de chars, crierais tu au scandale si le chef d’escadron impérial subissait la première perte ? Te crois-tu assez bon amiral pour pouvoir par avance juger du cours d’un engagement spatial à peine engagé ? Calme toi, assied toi confortablement et profite ! Tu as un spectacle son et lumière offert et pour une fois il ne te concerne pas, tu n’es pas le meneur de cette armée, tu n’es pas responsable de ses prouesses sur le champ de bataille !
-Kaldis je…
-Suis un grand stressé ? Je sais, depuis le temps je commence à avoir enregistré, maintenant tente de penser à autre chose que ce qu’il se passe dehors, tes soucis m’empêchent de me concentrer et j’aimerais chanter !

Un instant l’inquisiteur parût sur le point d’exploser à nouveau et de se lancer dans toute une diatribe sur les raisons qu’il avait de s’inquiéter mais au lieu de cela il poussa un long soupir sous le sourire amusé de Kaldis. Oui, il s’inquiétait bien trop mais on lui avait fait un immense honneur en le nommant Praetor d’une telle importance alors qu’il n’avait pas soixante dix ans ! Il ne pouvait empêcher son perfectionnisme de s’exprimer et alors qu’il se trouvait totalement incapable d’influer sur le destin il transformait son angoisse en colère. Kaldis le connaissait suffisamment bien et lisait assez bien en lui pour savoir tout cela et alors que l’étrange femme se mettait à fredonner une douce chanson, l’inquisiteur quitta sa salle tactique pour aller s’accorder une douche glacée qui lui changerait les idées. Les jours à venir lui apporteraient suffisamment de soucis pour qu’il n’ait pas à s’en ajouter dès maintenant !






181789M41 Transporteur de classe Shark



-… pousse la nourriture du jour alors que l’autre pousse celle de la veille !

Une vingtaines de soldats aldéranéens éclatèrent de rire à la blague de Karl Drar. Le capitaine savait que bien souvent l’attente précédant le combat était bien pire que la bataille en elle-même et il savait que l’un des meilleurs moyens pour détendre l’atmosphère était de lancer des blagues simples mais graveleuses au possible.

-Et sinon vous connaissez celle là ? C’est un aldéran qui voit un de ses potes en corvée de patates. Il lui demande « qu’es ce qu’il t’arrive enfin ? » l’autre de répondre : » l’officier prétend que le balai dans mon cul n’est pas réglementaire ! »

Le soldat aimait ces instants de complicité avec ses hommes, s’autoriser à rire pour une fois sans craindre qu’un abruti de commissaire ne vienne jouer les rabat-joie ou qu’il y ait une quelconque affaire à régler de l’autre côté du vaisseau.
Karl n’avait pas la moindre idée de comment pouvait se passer la bataille et il n’en avait que faire, il était une balle chargée qui n’attendait que sa mise à feu. Peu importe à la munition si le porteur de son arme se prend un tir dans la jambe. Il avait lu les rapports comme quoi le monde que la flotte attaquait se nommait Rhyos V et qu’il était tombé douze ans auparavant sous la coupe linciane. Il avait lu la documentation sur les richesses minières et surtout hydrocarbures du sous sol de Rhyos V ainsi que sur la population qui serait bientôt libérée… A dire le vrai il s’en fichait comme de l’an 458.

La seule bataille à laquelle lui et ses hommes participeraient allait avoir lieu dans les trois heures à venir, après quoi ils resteraient en orbite comme à chaque fois en attendant que les troupes au sol livrent leur propre guerre.

-Il n’y a pas des moments où vous voudriez retourner faire la guerre à la surface les gars ?

Au milieu du brouhaha des conversations, la voix du capitaine s’entendait toujours, forte et claire et rapidement tous ceux l’entourant se tournèrent vers Karl, ne se permettant pas de parler en même temps que leur cher officier supérieur.

-Moi je regrette parfois les couchers de soleil après une bonne bataille, lorsque tout le bordel de la journée se calme et que l’on a l’impression d’avoir créé ou détruit quelque chose, dit l’un des soldats.
-Moi c’est cette bonne vielle gravité qui me manque, j’ai toujours du mal quand on passe d’un vaisseau à l’autre à m’habituer à mes changements de poids.
-Moi ce sont les femmes qui me manquent, ajouta un troisième, vous vous souvenez sur Etholos, lorsque l’on avait tenu la ruche océanique ? Toutes les filles de la ville étaient à nos pieds ! Ce genre de choses n’arrive jamais lorsque l’on travaille pour la flotte !
- Mais nous savons tous ici que tu te consoles avec les filles de compagnies, répondit Karl d’un ton rieur.

Une nouvelle fois tout le monde s’accorda un petit sourire, une tape amicale ou un franc éclat de rire. Le moral était définitivement au beau fixe et le capitaine s’en félicita.

-Je… heu… l’homme était en quelques instants devenu rouge pivoine. Tout le monde ici va les voir, pas vrai ?

Une secousse un peu plus forte que la normale empêcha toute réponse. D’un seul coup l’inquiétude s’était invitée dans les regards et ce n’était pas pour plaire à Karl.

- Calmez-vous enfin ! Vous n’êtes plus des fillettes apeurées qui tremblent à la moindre se…

L’embardée qui suivit finit de dissiper l’aura de bonne humeur qui régnait moins d’une minute plus tôt. Tous les hommes qui n’avaient pas revêtu leurs harnais se virent projetés contre leurs camarades ou contre un mur non loin.

-Que tout le monde s’accroche ! hurla Karl au milieu du chaos ambiant.

Le sol lui-même semblait bouger comme si le transporteur se déplaçait plus ou moins librement dans le hangar de lancement désert. Tous se ruèrent vers leurs fauteuils de leurs mieux, s’harnachant au possible alors qu’une douce voix féminine se mettait à résonner dans tous les couloirs du transporteur.

-Attention, brèche dans la coque, à tout le personnel, rejoignez une position pressurisée. Attention, brèche dans la coque à tout le…

La même voix sembla se couper elle-même alors que le système d’urgence du transporteur prenait le pas sur celui du croiseur.

-Attention, départ d’urgence dans deux minutes, veuillez regagner vos sièges aussi vite que possible. Attention, départ d’urgence dans une minute cinquante, gardez votre calme. Attention, départ d’urgence dans une minute quarante, l’Empereur nous garde et surtout vous garde. Attention…

Karl s’était assis à la seconde où il fut sûr que tous les hommes de son peloton de commandement avaient fait de même. Il maudit intérieurement cette fichue voix qui, loin de rassurer les hommes, ne faisait qu’accroitre leur stress. Autant d'indications pouvaient être utiles pour ceux qui, dans le vaisseau, devaient désormais courir pour leurs vie ou lutter pour leur survie mais en revanche, pour des êtres piégés dans des harnais, rappeler toutes les dix secondes qu’ils pouvaient à tout instant mourir en une fantastique explosion sans rien pouvoir y faire n’était pas le meilleur des traitements.

Une légère stabilisation des secousses révéla au capitaine que le Shark avait enfin décollé et quelques instants plus tard, le maudit compte à rebours de la voix féminine atteint son terme et tous furent plaqués au fond de leurs sièges alors que les catapultes linéaires de l’Haemaeus Dixis projetaient la navette dans l’espace.

Assis au hublot, Karl put voir une demi-douzaine d’autres transporteurs surgir de la même baie de lancement sous une lumière rouge allumée en urgence pour limiter les dépenses énergétiques du croiseur. Quel que soit le vaisseau qu’ils allaient bientôt aborder, les aldéranéens devraient réussir car ils ne disposeraient pas de lieu où s’en retourner en cas d’échec.

La baie fit rapidement place au vide et Karl put contempler l’ampleur du désastre. Les flancs de cathédrales du vénérable croiseur de classe mars étaient déchirés de toutes parts et des débris s’échappaient par milliers des trous béants faits dans sa coque. La navette Shark s’écarta rapidement du croiseur agonisant et le capitaine eut la satisfaction de voir que le navire sur lequel il avait si longtemps officié continuait à se battre de son mieux bien que nombre de ses canons fussent réduits au silence.

A son tour l’Haemeaus Dixis disparut du champ de vision du capitaine et bientôt il ne put que voir l’immensité de l’espace, une trainée de lumière égayant parfois les ténèbres infinies. Tout s’était passé à une vitesse incroyable, comme si leur forteresse de métal avait volé en éclat à la première volée de tir. Karl, quelque peu désorienté tentait de reprendre ses repères en fixant des points de l’espace. Autour du transporteur évoluaient six autre Shark en charge de transporter le reste de la force d’abordage et deux escadrons de chasseurs étaient là pour les protéger contre d’éventuels intercepteurs ennemis.

Karl fut cependant surpris de voir, loin au devant, d’autres chasseurs distançant totalement ceux qu’ils devaient convoyer…

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Lun 1 Nov 2010 - 21:14

Citation :
Je me demande d'où ça me vient cette manie

CM2...

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Lun 1 Nov 2010 - 22:04

Pas faux :noel:

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Ven 26 Nov 2010 - 17:21

Traversant silencieusement le vide de l’espace, camouflé par des champs de furtivités de dernière génération, une volée de torpilles d’abordage Linciane se dirigeait droit sur la flotte impériale. Assis dos contre la paroi froide de l’habitacle de l’une d’elles, Denyr sentait petit à petit s’éveiller la furie guerrière contenue en lui. Sa cérémonie d’adieu était terminée, les doux souvenirs des délices qu’il y avait vécu lui resteraient jusqu’à la fin de ses jours. Quelques heures encore.

Une dernière fois il regarda tendrement ses frères et sœurs, se souvenant de chaque victoire, de chaque plaisir partagé avec chacun. Il ne regrettait rien, il avait vécu pour l’instant depuis sa naissance et les favorites de son dieu sauraient conduire son âme à un paradis transcendant tout ce qu’il avait pu connaitre.

Une dernière fois il vérifia ses armes. Les lames de ses hortus sortaient avec fluidité et leur équilibre était toujours aussi impeccable qu’à l’accoutumée. Dans son dos son lourd fusil à pompe calibre trente formait une masse rassurante, promesse de carnages à venir. Son armure composite bien que légère saurait s’allier à sa vitesse pour le maintenir en vie, cependant il était prêt à se sacrifier pour autoriser son frère Kwarl à transporter à bon port la charge qu’il portait.

Le guerrier ferma les yeux, expirant profondément alors qu’une nouvelle fois la voix de sa mère résonnait dans son esprit.

« Dors mon amour… »

Le choc.

Les charges à fusion contenues dans la tête de la torpille forèrent un trou béant dans le flanc du croiseur impérial répondant au nom de Semper Fideli, révélant par le même coup l’existence de l’attaque. Une batterie de foreuses à plasma et de servos bras géants se mirent en marche pour faire pénétrer plus avant l’engin d’abordage dans sa cible, traversant son blindage pour percer le mur de ses couloirs. Les quelques membres d’équipages qui s’étaient retrouvés sur place furent réduits à l’état de cendre en quelques instants.
Les portes du sas s’ouvrirent.

En un instant les douze combattants génétiquement améliorés s’étaient déversés dans l’étroite coursive et avaient commencé à courir vers leur cible.



Cinq autres torpilles avaient frappé le vaisseau en divers emplacements, chacune porteuse d’une fratrie complète amenant avec elle un engin de destruction massive.
Il fallut plus de sept minutes à l’équipage pour se remettre du choc, désactiver les procédures d’urgences et comprendre que cet assaut n’était pas une simple salve de torpille conventionnelle.

D’une douzaine de postes de gardes, des équipes de sécurité navale se mirent en marche, convergeant rapidement vers le lieu des impacts et se guidant autant que possible à l’aide des systèmes de surveillance du vaisseau. Plus de six cent hommes s’étaient mis en branle et mille de plus attendaient une demande de mobilisation. Les soixante douze bios guerriers fraichement débarqués ne pouvaient espérer avoir une chance de vaincre la garnison en place ni même de survivre. Tel n’avait jamais été leur but.



Denyr courrais depuis à peine quelques minutes lorsqu’il rencontra son premier adversaire. Pas un garde de sécurité ni même un serviteur de maintenance, simplement une petite équipe d’officier subalternes qui devaient se diriger vers leurs postes de tirs.

En un instant il fut sur eux, les lames de ses armes jaillissant de ses poignets avant de s’enfoncer dans un premier torse puis de faire voler une tête. Le bio guerrier traversa le petit groupe, le sang n’ayant même pas le temps de l’éclabousser. Derrière lui ses frères et sœurs massacraient ceux qu’il avait n’avait pas eut le temps de tuer. Adelyde, celle dont il était le plus proche, dansait littéralement au milieu des membres tranchés et les arabesques de sang qui venaient entaché sa peau délicate ne faisait que lui ajouter un charme sauvage. Un instant Denyr regretta de ne jamais plus pouvoir ne faire qu’un avec elle mais l’idée que leurs âmes s’uniraient en Slaanesh sous peu lui réchauffait le cœur.

La fratrie continua sa progression sans ralentir, elle tournait au coin d’un nouveau couloir lorsque le dernier corps toucha terre.

Denyr ne prenait pas même le temps de voir ce qui l’entourait, les longs murs de métal sans vie défilaient rapidement les uns après les autres, ses jambes musclées le portait à toute allure vers la base de la flèche de commandement du vaisseau dont toute la fratrie avait retenu la position avant son départ. Malgré le poids supplémentaire qu’il emportait, Kwarl parvenait à soutenir un rythme qui aurait épuisé n’importe quel humain. Alors que sa fin approchait, Denyr se rendait compte à quel point il avait été chanceux de naître avec sa supériorité sur les autres et loua Slaanesh et les bios magos lincian pour lui avoir accordé une telle vie.

Au détour d’un nouvel embranchement, le guerrier repéra du coin de l’œil du mouvement se dirigeant vers lui et sa fratrie. Il eut à peine le temps de se jeter sur le côté qu’une rafale balles à pénétration réduite balayait l’espace qu’il avait occupé un instant auparavant, fauchant net une de ses sœurs.

Les équipes de sécurité avaient finit par leur mettre la main dessus et ils coupaient l’escouade en deux, la charge restant du mauvais coté du couloir.

Les membres de la fratrie échangèrent un regard, leurs sens désormais focalisés sur le couloir d’à coté leur signalant clairement que les gardes approchaient à pas mesuré. Denyr échangea un regard avec Adelyde et celle-ci hocha la tête, comprenant sans peine ce que lui proposait son frère.
Le bio guerrier prit quelques pas d’élan avant de se lancer en avant, se jetant sur ses genoux protégés par son armure composite. Alors qu’il passait devant le couloir il fit feu par deux fois de son fusil alors que sa sœur lui passait au dessus en un saut périlleux et que deux autres détonations résonnaient dans le dédale de métal. Le mur de micro munition qui s’abattit sur les gardes en progression les stoppa net et les démembra. Denyr vit distinctement un de ces hommes être repoussé alors que son bras droit volait et que son visage était réduit en charpie, les esquilles de son crâne volant en tout sens. Alors qu’il pressait pour la deuxième fois la détente un homme se retrouva projeté dans les airs, son corps lacéré frappant celui du garde derrière lui et l’entrainant dans sa chute. Les murs lui semblaient flous alors qu’il regagnait son couvert mais le sang étalé sur les murs lui semblait pour sa part étrangement net, comme si la vie ainsi répandue ne faisait que rendre ses derniers instants d’existence plus excitants.

Quatre tirs à forte dispersion avaient suffit à dégager le couloir et la fratrie ne prit pas le temps de se féliciter, reprenant la marche rapide alors que les bruits de pas de nouvelles sections de gardes se rapprochaient. Tandis qu’il laissait derrière lui les cadavres et les mourants, Denyr ne put s’empêcher de laisser son regard s’égarer sur les flots écarlates qui couvraient le sol, le dernier sang qu’il pourrait voir.

L’équipe de combattants progressait rapidement, laissant occasionnellement un membre en arrière afin qu’il ralentisse l’ennemi quelque temps pour rejoindre sa fratrie un peu plus loin. Plus d’une fois elle tomba sur des ennemis qu’elle n’avait pas prévu, maudissant l’absence de leur mère bien aimée et de ses conseils avisés. Le petit groupe finit cependant par enfin voir se profiler devant lui la grande salle servant d’antichambre à la tour de contrôle, leur objectif.

Seule une porte blindée et un escalier d’une cinquantaine de mètres les séparaient de leur fin et de leur ascension.
Cela et une trentaine de gardes retranchés.

Beaucoup de forces armée auraient reculé, confrontées à des défenses tenues par un ennemi trois fois supérieur en nombre. D’autres se seraient arrêtés le temps de discuter de la position à adopter ou auraient tenté de trouver un meilleur angle d’attaque.

Les bios guerriers pour leur part étaient nés, avaient été conçus et élevés uniquement pour mener une guerre franche et totale à l’ennemi impérial et ce genre de situation n’allait certainement pas les refouler. Les deux spécialistes de la fratrie prirent en main les fuseurs qui pendaient dans leurs dos en lieu et place des fusils à pompe des autres membres et se préparèrent à partir à l’assaut.


Dans les lignes impériales, personne n’osait bouger un cil, chaque garde braquant son arme droit sur l’entrée probable de l’ennemi. Tous avaient entendu sur les canaux audios les plaintes de la dizaine de groupes d’intervention qui semblaient avoir été annihilés ici et là sur le vaisseau certain croyant même que l’ennemi avait, d’une façon ou d’une autre, réussi à débarquer suffisamment de forces pour prendre le navire en entier. Une compagnie complète de la légion linciane n’allait elle pas surgir à tout instant du couloir pour les massacrer avant de prendre possession de la passerelle. N’étaient-ils pas trop peu nombreux pour tenir un passage aussi névralgique que celui devant lequel ils se tenaient ? Ils n’en étaient pour la plupart qu’à leur premier combat et la peur les rongeait.

Les bios guerriers eussent il attendu quelques minutes de plus, peut être que la ligne de défense aurait volé en éclat, oppressée par la pression de l’attente. Cependant, en attaquant sans prévenir avec leur célérité coutumière, ils concrétisèrent les appréhensions de tous ceux qui les attendaient.


Dans un mouvement presque trop rapide pour l’œil humain les deux sapeurs se jetèrent en avant en une roulade contrôlée et déclenchèrent le feu de leurs armes, déchainant deux rayons thermiques cohérant sur leurs ennemis.

Les gardes s’étaient retranchés derrière trois écrans blindés disposés en éventail afin que chaque position puisse couvrir les deux autres. En un instant l’une de ces positions avait vu son écran protecteur coupé net en deux et ceux retranchés derrière se retrouvèrent eux aussi tranchés en une seconde. Denyr perçut distinctement un garde portant un uniforme de sergent poser des yeux étonnés sur le flot de bios guerriers qui s’engouffraient vers sa position alors que son torse séparé du reste de son corps basculait lentement en arrière. Il lut la terreur dans les yeux de plusieurs soldats que les dernières minutes d’attentes avaient transformés en chiens apeurés. Tout lui semblait se dérouler avec une infinie lenteur. Il vit un premier homme tenter d’épauler son arme et il ne se perçut presque pas alors qu’il faisait feu de son fusil à pompe tout en continuant à foncer vers l’ennemi. Le bio guerrier avait fait deux pas de plus qu’une dizaine d’armes avaient ouvert le feu vers lui et ses frères et sœurs. Les tirs semi automatiques et les balles à fragmentation se croisèrent en formant un mur de mort.

Il fallut un peu moins de trois secondes aux bios guerriers pour couvrir l’espace qui les séparaient des gardes retranchés. Durant cet intervalle de temps, deux d’entre eux furent touchés par le feu ennemi mais ne ralentirent même pas, portés par leurs organismes génétiquement améliorés et par la ferveur que leur apportait l’imminence de leur fin. Un sapeur eut le malheur de recevoir un tir entre les deux yeux et s’effondra net, poussant un cri qui vrilla les tympans des impériaux en présence. Pour leur part les gardes avaient perdu plus de la moitié des leurs, les armes à dispersion causant des dégâts maximaux dans cet environnement clos. Cependant le véritable carnage ne commença que lorsque la première lame linciane mordit dans la chair impériale.

Denyr avait sauté par-dessus le ridicule couvert derrière lequel se dissimulaient ses ennemis avec la souplesse qui caractérisait son genre. Il atterrit sur ses deux pieds et usa de l’énergie de son saut pour bondir de nouveau. Son hortus trouva directement l’épaule d’un impérial et s’enfonça dans sa combinaison protectrice avec aise, l’ouvrant de la clavicule au cou avant de s’enfoncer dans l’œil d’un autre homme derrière le premier. Poussant de sa main libre il dégagea son arme, du sang giclant en tout sens, avant de se lancer dans un tourbillon meurtrier. Deux gardes tentaient de l’aligner pour faire feu de leurs armes, d’une première passe d’arme il coupa net le canon de leurs fusils avant d’ouvrir leurs crânes comme de œufs, de la cervelle éclaboussant son plastron.

Tout autour de lui d’autres danseurs exécutaient le même balai. Ceux qui leur faisaient face n’étaient pas mauvais mais ils n’avaient tout bonnement pas l’entrainement requis pour combattre sur un vaisseau spatial face à un adversaire plus qu’humain. Depuis des siècles que duraient la guerre, les bons soldats étaient devenus pour l’ennemi une ressource précieuse qui ne pouvait être déployée partout. C’était pour cette raison que ce navire avait été choisit pour cible de l’attaque, grâce au travail impeccable de agents de renseignement lincians.

Un nouvel instant s’était écoulé et il ne restait qu’un dernier survivant du groupe de défenseurs. Il tenait vaillamment une matraque énergétique qu’il avait du avoir la présence d’esprit de ramasser pendant que ses alliés sans défense se faisaient massacrer. Il prit une position défensive, prêt à affronter son destin. Il n’avait toujours pas su discerner le premier mouvement lorsque sa tête fut sectionnée de son torse.

Les bios guerriers se regroupèrent cette fois un instant. Un des blessés ne pouvait déjà plus bouger et le flot d’adrénaline qui courrait dans ses veines commençait à se tarir. Il se nommait Feran et il avait sans doute sauvé la vie à chacun de ceux ici présents. Les guerriers lui rendirent un dernier hommage silencieux avant de l’envoyer retrouver Slaanesh d’un tir de fusil à pompe. Ils n’avaient désormais plus qu’à avancer et à voir jusqu’où ils pourraient aller avant de passer de vie à trépas, leur mission n’était pas autre, arriver jusqu’à ce point puis mourir.

La fratrie se chargea donc d’ouvrir les portes d’accès aux étages supérieurs avec leur dernier fuseur opérationnel. Alors qu’ils quittaient le lieu de la brève bataille, Denyr ne put s’empêcher de revenir une fois de plus sur le sang versé, sur la vie qui fuyait les corps, sur son avenir de plus en plus proche.

Les élévateurs avaient été mis hors tension mais les vaisseaux impériaux disposaient tous d’accès de maintenance pour faciliter les réparations ou pour palier aux cas d’urgence. Etroits, ces escaliers ne devaient pas permettre à une large troupe d’assaillant de pénétrer sur la passerelle à moins de disposer d’énormément de temps. La fratrie de dix bios guerriers tenait là son billet d’accès vers la fin de sa mission.

Denyr montait les marches à toute allure en contemplant sans doute pour la dernière fois la croupe d’une de ses sœurs. La fin du chemin se tenait là, leur mission était déjà accomplie, il ne leur restait plus qu’à périr et à recevoir ce qu’il avait gagné par sa vie.

Il allait entamer une nouvelle volée de marche quand tout autour de lui se mit à trembler violemment. Un autre groupe avait trouvé sa destinée. Il ne leur restait que peu de temps avant que l’ennemi ne comprenne le but de la soixantaine d’intrus à leur bord et à quel point leurs défenses avaient été inadaptées.




La simple secousse ressentie par les bios guerriers n’était pas à hauteur de la dévastation qui venait de s’abattre sur le vaisseau. La troisième équipe d’infiltration se trouvait au niveau des pièces d’artillerie tribord lorsqu’elle fut acculée par une cinquantaine de gardes et taillés en pièce. A la seconde où le cœur du porteur de leur charge cessa de battre, la bombe qu’il transportait se trouva amorcée et la détonation qui en résulta éventra le flanc du vaisseau, brisant les cloisons blindées et balayant le blindage d’adamantium. La charge nova souffla toute vie des couloirs alentours et son feu dévorant s’étendait sur toute la hauteur du navire de guerre.

C’était la première fois de l’histoire impériale qu’un « novabordage » avait lieu. Jusqu’alors les charges nova avaient toujours été réservées à des bombardements à très longues portée mais les technomages Lincians étaient arrivés quelques années auparavant à créer une bombe à hydrogène suffisamment légère pour être portée par un seul bio guerrier et suffisamment puissante pour endommager sérieusement un vaisseau. Les combats spatiaux avaient toujours été traités dans ce bras galactique par une application clinique de tactiques parfois vielles de plusieurs millénaires et éprouvées pour leur fiabilité et leur efficacité. En brisant toutes les règles des affrontements conventionnels en faisant de la moindre torpille un danger potentiellement mortel, Lincia allait déclencher un vent de panique qui durerait plusieurs années chez les amirautés des secteurs voisins. Cependant alors que la première charge venait seulement de détonner, personne n’avait encore prit conscience de la nouvelle menace qui était apparue.

L’équipage crut au début à une nouvelle attaque des vaisseaux lincians en orbite et le capitaine du Semper Fideli ne put jamais prendre conscience de ce qui s’était abattu sur son vaisseau.




La fratrie ressenti une deuxième détonation alors qu’elle arrivait face aux portes blindées de la salle de commande. Bien que lointain, ils entendaient distinctement la quarantaine de gardes qui devaient monter à leur poursuite, ralentis par leurs constitutions de simples humains. Ils n’avaient plus beaucoup de temps mais néanmoins ils s’arrêtèrent un instant.

-C’est donc ici que s’arrête le voyage ?

Denyr avait parlé en continuant à fixer le battant de métal devant lui.

-Il semblerait, répondit Geruk, un de ses frères.

Depuis le début de l’abordage ils n’avaient échangé aucun mot. Les membres de la fratrie avaient déjà eut l’occasion de se faire leurs adieux tant physiques que verbaux. Néanmoins, face à leur fin imminente, ils ne pouvaient s’empêcher de vouloir s’exprimer une dernière fois.

-Ils vont nous tailler en pièce dès que l’on franchira cette porte.

Ce n’était pas une question.

Ils savaient tous avoir déjà accompli leur devoir, ils savaient qu’ils avaient agit pour une cause juste et noble, ils savaient que leur dieu saurait les récompenser, ils savaient que l’on se souviendrait d’eux, que l’on continuerait de les aimer, qu’ils continueraient de vivre à travers leurs enfants. Ils savaient tout cela mais ils n’en avaient pas moins du mal à accepter leur fin, trop humains pour se sacrifier de bon cœur.

-Vous avez été magistraux aujourd’hui, finit par dire Denyr après un bref silence. Vous vous êtes tous battus avec maestria, comme les fils du Serpent, rapides et mortels. J’ai été fier d’être votre frère.
-Je suis fière de mourir comme ta sœur, répondit Adelyde.
-Je suis sûr que j’en tuerais au moins une dizaine avant de mourir, lança un bio guerrier.
-J’aurais la tête de leur maudit capitaine, ajouta une autre.
-Ils vont contempler la puissance des fils de Lincia.
-Gloire à Slaanesh, vivons l’instant !
-Gloire à Slaanesh ! Vivons l’instant ! reprirent en cœur les frères et sœurs.

Le sapeur survivant fit parler son arme et son rayon thermique attaqua la lourde porte. Utilisant le plein potentiel de son équipement, il découpa un pan carré dans la plaque de métal avant de le faire basculer d’un coup de pied.
Et de mourir sous un tir nourri de laser.

Une dizaine de gardes d’élites tenaient en joue l’entrée que les bios guerriers venaient de se ménager, prêts à tailler en pièce quiconque tenterait de pénétrer sur la passerelle. Six slaaneshis se jetèrent néanmoins sans hésiter vers l’ouverture quasi simultanément et si deux furent sans doute possible cloués sur place, le bruit de fusillade qui suivit suffit néanmoins à indiquer à Denyr que certains avaient survécus et faisaient désormais parler leurs fusils à pompe.
Adelyde Kwarl et lui attendirent quelques instants que leurs frères et sœurs distraient efficacement les gardes avant de se lancer à leur tour en avant.

Denyr roula sur le sol de la passerelle et se dirigea sans attendre à couvert, du coin de l’œil il vit Geruk encaisser un tir dans l’épaule et continuer à faire feu. Il passa derrière un véritable mur de cogitateur tout en entendant le bruit distinctif d’un os qui craque sous un coup de coude. Il tourna et se précipita entre des écrans tactiques où des sous officiers tentaient de continuer d’opérer leurs machines de leur mieux. Les lames jaillirent de ses poignets et le massacre commença. Le sang macula les écrans tactiques alors que le combattant continuait de progresser sans ralentir. Il vit apparaitre face à lui un garde qui se mit à genoux, l’aligna posément et fit feu. D’un saut magistral le guerrier génétiquement amélioré sortit de la mire de son ennemi pour fondre ensuite sur lui tel un oiseau de proie, le clouant au sol. Il se releva et vit un autre de ses frères mourir, le corps constellé de marques sanglantes. En un instant Denyr avait son fusil en main et fit s’écrouler deux des assassins avant de sentir une douleur déchirante lui traverser le torse. Il pivota sous l’impact de la balle qu’il venait de recevoir mais réussi à aligner le tireur. La tête de l’humain se retrouva éparpillée en mille morceaux.

Denyr avait cependant cessé de bouger et un barrage de tir l’obligea à se jeter à couvert pour ne pas finir taillé en pièce à son tour. Il entendait toujours quelques détonations mais il ne devait plus rester plus de deux autres guerriers en vie à cet instant. Il s’autorisa à fermer les yeux pour rendre hommage à l’âme de ceux qui venaient de tomber et se préparait à tenter une sortie désespérée hors de son couvert fait de machines quand le feu qui se déchainait autour de lui sembla cesser d’un coup.

Sans prendre le temps de s’interroger sur sa bonne fortune il sortit en courant et tua successivement trois hommes qui l’avaient attaqué par la droite. Lorsqu’il se retourna à gauche ce ne fut que pour voir Adelyde en train de massacrer le reste de ses agresseurs.

Elle était plus magnifique que jamais. Elle saignait de plusieurs blessures mais ses mouvements n’étaient pas moins rapides, sa longue chevelure désormais imbibée de son sang et de celui de ses victimes volait autour d’elle comme une cape écarlate.

Un instant de plus s’était écoulé et il semblait que toute présence impériale avait disparu des environs immédiats. Dans un coin gisait Kwarl et sa mort avait du déclencher la mise à feu de sa charge. Denyr n’avait même plus une minute à vivre.

Adelyde se redressa et lui lança un regard attendri, véhiculant tout l’amour qu’ils avaient pu avoir l’un pour l’autre au cours des vingt dernières années. Elle avait porté son enfant et jamais ils n’avaient cessé d’être proches, même dans les instants les plus durs. Mourir à ses cotés serait un plaisir.

Denyr se dirigeait lentement vers son aimée quand la réalité le rattrapa alors qu’un unique tir frappait sa compagne dans le cou, la faisant s’écrouler sur place. Le bio guerrier se précipita vers elle, ignorant les quelques balles qui vinrent se loger dans son corps. Il soutint sa tête ensanglantée et vit son visage s’éteindre doucement. Elle tenta de lui parler mais seul du sang pu sortir de sa gorge meurtrie. Des larmes montèrent aux yeux des deux compagnons mais Denyr trouva néanmoins la force de sourire.

-Dors mon amour, dors pour toujours
Ton âme sera gardée par la nuit
Plonge dans les ténèbres infinies…



Aucun feu impérial ne put tuer le bio guerrier, le feu atomique se chargea de vaporiser en un instant tous ceux présents dans la tour de commandement du Semper Fideli et de renvoyer à leurs dieux les âmes de ceux morts pour leurs gloires. Les trois dernières charges ne tardèrent pas à exploser à leur tour et l’une d’elle fit imploser les moteurs warp du vénérable croiseur. Une boule de feu et de plasma illumina un instant le champ de bataille spatial et les deux escorteurs dédiés à sa défense furent pris dans la détonation. Des débris fusèrent en tous sens sous le regard consterné des autres capitaines impériaux et celui à la fois triste et fier des mères dont les enfants avaient causé cette dévastation…

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 28 Nov 2010 - 13:02

C'est très bon, presque excellent, y a rien à dire.
Juste peut etre que tes Lincian sont un poil bourrin au niveau des bombes de la mort là mais c'est tout.

Ah et développe ce qu'est une mécadendrites pour toi stp.


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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 28 Nov 2010 - 14:07

Une mécadendrite est pour moi un bras articulé mécanisé pouvant soit servir pour un usage précis (les magos bologis du mécanicum en utilisent en médecine par exemple) ou pour des usages plus massifs (je crois me souvenir que dans Malleus on décrit un serviteur de chargement utilisant des mécadendrite qui s'identifient ici aux servo bras) du coup je me suis dit un bras géant qui va servir à faire progresser la torpille une fois l'impact passé pouvait porter ce nom... j'avais un peu la flemme d'en trouver un autre.

Pour ce qui est de la bombe, il s'agit de charges nucléaires du genre que l'on pourrait produire actuellement mais miniaturisées. Les ricains auraient par exemple, dans les années 70/80 développé des bombes A capable de tenir dans un sac à dos:
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/bombe_a_sac.html
Du coup je me dis qu'en 40.000 ans, on devrait être capable de produire des charges nucléaires de puissance convenable et capable d'être transporté par un être à la force supérieure à la normale. Il aura quand même fallut six de ces bombes pour détruire de l'intérieur un croiseur qui ne faisait pas dix kilomètres de long donc en ce sens j'estime que c'est certes très puissant (c'est le but) mais que ça reste de l'ordre de l'imaginable.

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 28 Nov 2010 - 14:28

Bien ce que je me disais, ta mécadendrite n'a aucun rapport avec une vrai dendrite organique. :noel:
C'est un détail mais ça a son importance. :oui:

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 28 Nov 2010 - 14:30

Ce ne sont pas non plus des dendrites fractales :noel:

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 28 Nov 2010 - 14:39

Ouai enfin dans 40K, je crois me souvenir que les mécadendrites ont un rapport avec les vraies, c'est juste que là c'est pas approprié. :noel:

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 28 Nov 2010 - 15:11

Boarf, je corrige en servo bras et comme ça on en parle plus :noel:

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Le chapitre 6 de ma fic La Campagne des Huit Eclipses est en ligne.
Le chapitre 3 de ma fic Inqusition Impériale a été mis à jour.
Le chapitre 8 de ma nouvelle fic Intérêts Croisés est en ligne.
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Arghit
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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Dim 28 Nov 2010 - 15:35

Voilà; Arghit content. :noel:

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MessageSujet: Re: La campagne des huit éclipses V1.5   Aujourd'hui à 12:58

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La campagne des huit éclipses V1.5
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