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 Provocatrice

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Jarlaxle
Bregan d'Aerthe.
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MessageSujet: Provocatrice   Lun 24 Jan 2011 - 21:14

Faire ses preuves




- - Prologue : Education - -


Luuçaliia était assise au café, à sa place habituel, collée contre la vitre, regardant d'un œil distrait la rue agité de la moyenne ruche et ses amies en train de discuter sur un sujet aussi passionnant qu'original, sans doute le nouvel accoutrement d'un quelconque personnalité.

Le reflet dans la vitre lui renvoyait son image, celle d'une adolescente de 13 ans, ses longs cheveux blonds retombant sur ses épaules, ses deux grands yeux mauves ressortant sur sa peau délicatement blanche. Elle était magnifique et le savait, ça se voyait jusque dans la façon qu'avait tout un chacun de la regarder, les regards était remplis d'admiration, ou de jalousie, mais aucun ne restait neutre.

Elle but une gorgée de son chocolat chaud, puis se redressa pour essayer de participer à la conversation, qui avait semble-t-il dérivée sur les qualités et défauts des petits copains respectifs de chacune d'entre elle. Un sujet bien plus intéressant, cela allait de soi.

A l'extérieur le temps se couvrait et il ne tardait pas à tomber une pluie fine et glacée sur les rues de la cité. On pouvait voir de nombreuses personnes se précipiter sous les différents abri.
L'une d'elle retint l'attention de Luuçaliia. Il s'agissait d'un jeune homme, à peu près de son âge. Un certain Kylar Stern.
Celui-ci entra dans le café, ses cheveux noirs rendus luisant par l'eau qui y restait accroché. Luuçaliia le regarda le sourire aux lèvres alors qu'il s'essuyait tant bien que mal avec une serviette gentiment tendu par le patron.

Une fois sec, le jeune homme s'approcha d'elle, se pencha par dessus le dossier de la banquette où elle était installé et déposa un doux baiser sur ses lèvres. Il se glissa ensuite d'un bond à ses côté, et la jeune femme se blottit dans ses bras, fermant les yeux et se laissant emporter par le doux parfum de son aimé.

-Luu ! Rappelez moi le rôle d'un provocateur !

Luuçaliia releva brusquement la tête. Le café doux et accueillant, dont elle peinait déjà à se souvenir des détails, venait de laisser place au décor froid et austère des salles de classe du complexe éducatif du Cartel.

-Un provocateur a pour but de repérer et utiliser les faiblesses des autres humains dans le but d'amener une situation donnée à se produire.
-Quelles doivent être ses qualités ?
-Une grande faculté de réflexion, de la patience, de la minutie et de la ponctualité.

La femme acariâtre qui se tenait devant elle eut un reniflement méprisant et se remis à parler dans le vide. Luuçaliia en était à sa deuxième année d'études théoriques, apprenant par cœur, du matin jusqu'au soir, des dizaines et des dizaines de commandements, informations, manière de se comporter...
Autour d'elle, le reste de sa promotion, une dizaine de jeunes de son âge au maximum, étaient pour la plupart endormis sur leur table. Tous sans exception avaient déjà entendu le sempiternel discours des centaines de fois.

Sachant pertinemment qu'elle ne retrouverait pas la douce étreinte des bras de Kylar dans ses rêves, Luuçaliia préféra essayer de suivre un minimum le cours, après tout, si ceux qui dirigeaient cette école leur répétaient tant de fois la même chose, c'est que ça devait avoir son importance.

Du moins elle espérait ne pas avoir à souffrir cela pour rien.



Luuçaliia progressait d'une démarche souple et vive entre les deux murs ornés de tableaux de qualité et d'autres décorations somptueuses. Cette aile du complexe était voué à l'éducation de la diplomatie et autre talents relationnels sous toutes leurs formes, et était donc décoré de multiples manières suivant les salles : les provocateurs devaient s'adapter à tous les environnements. Mais dans les couloirs et les salles communes, le luxe prédominait.

Elle passa devant un miroir prenant toute la hauteur du mur et s'y arrêta. N'ayant aucune notion du temps qui passait, elle observait avec attention les changements de son corps. Elle devenait peu à peu une véritable femme, quittant ses allures de gamines. Ses formes s'arrondissait, les débuts d'une opulente poitrine se dessinait, son corps fin et délicat exprimait une sensualité sans cesse grandissante.
Son visage encore enfantin lui donnait l'air d'une poupée de porcelaine qu'un souffle suffirait à briser, ses yeux mauves clamant une innocence encore intacte et toujours non altéré dans l'immobilisme du complexe, qui lui donnait réellement l'air d'un ange.
Tous lui disait qu'elle avait une beauté surnaturelle, énigmatique.

Et ce malgré les cernes disgracieuses, qui s'effaçait petit à petit, preuve qu'elle s'adaptait aux efforts intenses que lui demandaient sa formation. En effet, elle avait finis depuis un certain temps déjà les leçons théoriques de son entrainement, et avait entamés les leçons pratiques.
Elle apprenait auprès de professeurs talentueux à séduire,se faufiler sans un bruit, tuer de mille et une manière possible, faire rugir de colère une foule en quelques mots, calmer les ardeurs du plus belliqueux des hommes, se faire passer pour une ami fidèle... En bref, tout ce qui lui permettrait plus tard d'être une provocatrice à part entière.

Elle se donnait d'ailleurs à fond dans son éducation. Elle ne savait même pas pourquoi à dire vrai, car elle n'avait aucune idée de la vie qui l'attendait après ceci, et elle savait que toutes les personnes rejetés trouvaient toutes un train de vie qui leur allait parfaitement.
Mais ça ne lui suffirait pas, elle n'avait jamais aimé se contenter de quelque chose de satisfaisant, elle voulait toujours le mieux. Et en côtoyant ceux qui restaient aussi dans la compétition, elle se doutait que c'était une qualité recherchée.

Elle profita de son arrêt devant une glace pour se recoiffer élégamment, organisant ses cheveux en une longue queue de cheval et deux tresses reliée par leur racines, tandis que quelques mèches savamment ondulées courrait sur les côtés de son visage. Elle devait être parfaite pour ses cours de séduction.
Une fois satisfaite de son apparence, elle poussa les deux portes de bois finement sculpté qui menait au bureau de son professeur attitré.

Elle pénétra dans la salle de classe, une pièce ronde d'une petite dizaine de mètres de diamètre. Les murs circulaires étaient recouverts de boiseries ornementée et décorés de fenêtre en trompe-l'œil. Bien sur Luuçaliia doutait que le véritable air de la planète se situe à moins de trente mètres, secret oblige.
Contrairement aux habitudes, le parquet de bois précieux était cette fois recouvert d'un épais tapis apparemment tissé à la main, la table et les chaises avaient été repoussées contre le mur et son professeur, un bel homme d'environ trente ans, bien qu'il devait sans doute en avoir plus, l'attendait, debout, en plein milieu de la salle.

Luuçaliia s'arrêta, légèrement surprise, mais un signe de main encourageant de la part de son professeur la fit s'avancer, s'arrêtant à un ou deux mètres de lui.
Celui-ci commença à parler, d'une voix grave et empreinte de sagesse... bien qu'une légère part de nervosité soit perceptible. Étrange, il était quand même extrêmement calme d'habitude.

-Bien que tu ne le sache probablement pas, tu as eu seize ans voilà trois jours.

Elle haussa un sourcil. C'est vrai que dans cet environnement clos qui lui servait de maison, la notion de dates était un concept abstrait.

-Il existe plusieurs coutumes relatives à l'entrainement des provocateurs. Toutes sont plus ou moins justifiables et appliquées à travers nos centres, mais il en existe notamment une à laquelle personne ou presque n'a désobéi depuis que cette organisation existe.
-Et qui est ?

Luuçaliia était intriguée. Qu'est-ce que cette coutume pouvait bien être...

-Le début de l'enseignement sexuel.

Surprise, elle recula d'un pas, mais son professeur fut plus rapide et vint se coller à elle tout en l'attrapant par la taille.
Il détestait cela, la plupart des ces enfants étaient remplis d'une innocence rare qu'il devait faire voler en éclat. Malheureusement c'était l'un des moments charnières du nouvel être que lui et ses collègues devaient forger.

Il frappa d'un seul coup rapide la tempe de son élève, ce qui la fit instantanément tomber dans les pommes. Le corps frêle de l'adolescente glissa entre ses mains et atterrit doucement sur le tapis. Voilà pourquoi il changeait souvent le mobilier de cette salle. Et encore n'avait-elle été que peu remuante.

Le professeur s'affaira aussitôt, se pencha sur Luuçaliia et entreprit de défaire ses vêtements et de les lui retirer. Dès que cela fut fait, il hissa le corps sur son épaule, et sortit du bureau par la porte toujours ouverte. Il marcha rapidement, et arriva bientôt à l'entrée d'une autre salle circulaire, plus grande que la précédente. Le sol en était tapissé de coussins moelleux et de nombreux braseros distillaient des substances aphrodisiaques dans l'air. Il enfila d'ailleurs un masque rangé dans une poche de sa veste.

Il déposa le corps de Luuçaliia sur l'un des coussins, et observa la salle. Trois autres corps d'adolescents nus étaient déjà installés sur les coussins, il n'en manquait donc qu'un.
Il ressortit rapidement de la salle, qui se transformerait dans peu de temps en une orgie de sexe et de plaisir, sous l'effet combiné des aphrodisiaques et de la situation.
Dès demain, la pureté de ces enfants ne serait plus qu'un vague souvenir, et les différents professeurs pourraient commencer l'éducation sexuelle nécessaire à leur futur métier.

Il referma la porte, retira son masque et respira un grand coup. Il n'avait plus rien à faire jusqu'à demain.



Au cours des deux années qui suivirent, Luuçaliia continua de parfaire son apprentissage de provocatrice, devenant petit à petit une experte dans l'art complexe de la manipulation.
Le plus ironique cette situation était sans aucun doute ses rapports avec ses camarades. Alors que toute sa formation était principalement axé sur les rapports sociaux et la connaissance des réactions humaines, elle se surprenait à ne rien savoir de ses ''collègues'' mis à part leur nom -et encore, seulement la première syllabe utilisée comme nom de code. Les relations entre eux était plus que platonique, se contentant généralement de s'ignorer superbement.
Durant les deux premières années d'études, une certaine camaraderie avait eu lieu entre les différents étudiants, tous plus ou moins unis par leur expérience commune, leur jeune âge, leur nombre et l'excitation de la situation.

Puis, les années ont passées, les expériences de chacun divergeaient, les enfants devenaient des adolescents puis des adultes, la moitié d'entre eux au moins était partis et l'excitation retombée.
Un des éléments déterminants de cette rupture entre eux avait été l'orgie initiatique de leur seize ans, durant laquelle chacun n'avait considéré l'autre que comme un objet, et non une personne à part entière.
C'est ainsi, qu'arrivant à l'âge adulte, Luuçaliia se rendait compte qu'elle connaissait mieux les réactions du quidam moyen que des personnes avec lesquelles elle avait passée environ six ans. Ce qui ne la gênait même pas, sans doute son éducation qui ne la poussait qu'à les considérer comme des instruments. Des instruments dangereux, car possédant les mêmes connaissances et talents qu'elle, mais des instruments quand même.
Et leurs différents professeurs ne faisaient rien pour remédier à cela. Sans doute était-il préférable pour le Cartel qu'aucune rivalité -ou attirance- ne soit créée entre ses meilleurs membres à un stade aussi précoce.



Luuçaliia attendait, assise dans un épais fauteuil de cuir aux accoudoirs luxueux. Le petit salon dans lequel elle se trouvait était pour ainsi dire étouffant, remplies de nombreux meubles de bois peints, de coussins moelleux et de fauteuils à l'apparence très confortable. Le tout dans des couleurs chaleureuses, renforcées par la lumière orangée provenant de l'âtre.

La jeune femme avait repliée ses jambes sous elle, s'installant le plus confortablement possible, jouant avec une de ses mèches de cheveux pour tromper l'ennui, tout en observant vaguement les flammes toutes proches. Elle se demandait se qu'elle pouvait bien faire ici.
Elle essaya encore une fois d'obtenir des réponses en observant la décoration de la pièce. Les murs étaient peints dans des teintes de rouge et recouvert de gravure, représentant pour la plupart des scènes érotique voir pleinement sexuelle. Les meubles étaient tout en courbe voluptueuses et de nombreuses sculptures de femmes nues les ornaient.
Tout ici respirait l'aisance et la luxure. Même si les teintes de la pièce poussaient systématiquement ses occupants à se détendre, Luuçaliia ne pouvait malgré tout pas s'empêcher de se sentir légèrement mal à l'aise.

Lorsqu'elle entendit l'unique porte de la pièce s'ouvrir, elle se tourna vivement dans son fauteuil pour observer le nouveau venus. C'était un homme, un fort bel homme même pensa-t-elle.
Son apparence physique lui donnait l'allure d'un jeune adonis d'à peine vingt ans, qui aurait parfaitement pus être son grand frère à en voir ses cheveux blonds mi-long plaqué sur son crâne, dévoilant un front exempt de toute ride.
Ses yeux mauves, bien que plus foncés que ceux de Luuçaliia, semblait toujours prêt à séduire et sa bouche fine, souriante, était un réconfort à elle seule.
Il était physiquement parfait, ressemblant énormément à Luuçaliia, qui s'en méfia donc instantanément.

Il vint s'asseoir dans un autre fauteuil, juste à sa gauche. Il la détailla un moment, tandis qu'elle avait repris son observation des flammes, feignant le désintérêt.

-Pour paraître réellement désintéressée, il aurait mieux valus ne pas tourner la tête à mon arrivée. De plus le cadre ne se prête guère à de pareilles manœuvres, sauf si bien sur tu étais l'hôte, ce qui n'est pas le cas, commença-t-il.

Elle tourna la tête vers lui soutenant son regard amusé et séducteur. Sa méfiance diminuait, elle commençait à comprendre ce qu'elle faisait ici.
En le détaillant davantage, elle aperçut deux fins cercles quasiment invisibles qui ceignaient chacun de ses iris, dont le bord de l'un d'eux était d'un marron profond, bien que cela était difficilement repérable à moins de dix centimètres de distance. Et également quelques points sombre aux origines de sa chevelure.

-Tes professeurs n'avaient pas mentis, tu es superbe, Luu.

Il espérait sans doute la déstabilisé, la jauger, mais ce fut lui qui eut un air surpris quand elle lui répondit, avec un petit sourire moqueur.

-C'est pour cette raison que vous avez teints vos cheveux et que vous portez des lentilles de la même couleur que mes yeux ?
-Quel sens de l'observation ! Et pour répondre, non, ce n'est pas pour cette raison. J'ai naturellement les cheveux blonds mais j'ai du les faire recolorer pour une mission précédente et je n'ai pas eu le temps de faire l'opération inverse. Et je change de couleurs d'yeux chaque jours ou presque, à dire vrai j'ignorais la couleur des tiens avant d'entrer dans cette pièce.
Au fait je ne me suis pas présenté, Masabakès-Ma, enchanté.

Il la regarda, les yeux toujours séducteurs bien que légèrement amusé. Elle pour sa part, avait pris un air surpris, bien que rapidement atténué par sa reprise de contrôle de son visage.
Elle s'attendait bien sur à quelque chose d'important, peut-être un professeur de renom, le directeur du centre ou quoi que ce soit d'autre. Mais certainement pas à un provocateur en personne.
En effet elle venait de reconnaître le nom de code des provocateurs : le nom de l'un des Treize -qu'elle connaissait par cœur depuis ses premiers jours dans le centre d'entrainement- choisis selon les affinités du provocateur suivis de la première syllabe de son nom véritable.

Masabakès, la voie de la luxure et de l'appétit sexuel, dont les adeptes se servent des plaisirs sexuelles comme principal arme. Ça expliquait déjà en grande partie le décor, même si elle espérait que tous les aspirants à cette voie n'était pas investis à ce point, elle pensait être elle même orientée vers cette voie.
Il avait un air malicieux, la laissant pleinement réfléchir à ce que tout cela impliquait.

-Sais-tu pourquoi tu es là ?
-Quelque chose d'important sans aucun doute, de là à dire quoi exactement...
-Et quelles seraient les hypothèses que tu émettrais si cette situation se produirait en mission.
-Question stupide et inutile, cette situation n'aurait aucune chance de se produire en mission.
-Question pas si stupide si l'on considère ton entrainement comme une mission à part entière exigeant de toi le meilleur, et que je peux t'assurer d'expérience qu'une situation semblable peut se produire en mission.

Luuçaliia se renfrogna légèrement, il avait le même air suffisant qu'elle et toujours une longueur d'avance. Elle le soupçonnait d'avoir laissé volontairement paraître la vraie couleur de ses yeux et le fait que ses cheveux soit teints.
Cette conversation prenait un tour d'interrogatoire qui ne lui plaisait absolument pas.

-Une promotion quelconque serait donc une hypothèse envisageable, ou une mission soudaine et imprévue. A part ça, il faudrait une situation plus précise pour émettre d'autre conjectures.
-Et dans cette situation précise, quelles autres hypothèses pourrais-tu faire ?

Luuçaliia réfléchit posément à ce qui pouvait bien mener à cette rencontre. Un frisson la parcourut. Quand on dépêchait quelqu'un d'important auprès de quelqu'un en entrainement c'était vraisemblablement pour une promotion, ou un renvoi.

-J'estimerais que vous pouvez tout aussi bien être là pour me renvoyer.

Le silence qui s'ensuivit fut un moment de tension insoutenable pour Luuçaliia. Après tous ses efforts, elle ne pouvait quand même pas échouer ainsi, pas maintenant.

-Ton hypothèse semble logique, mais elle souffre de plusieurs défauts. Le premier, c'est que tout provocateur que je suis, je reste un agent, et non un professeur, un directeur ou tout autre personne relié à ton éducation. Pourquoi donc aurait-on ramené un agent d'élite pour le renvoi d'une simple gamine ?

En effet, elle ne savait pas quoi répondre, dans son bref moment de tension, elle n'avait pas pu envisager son raisonnement sous tous les angles nécessaires.

-Deuxièmement, les provocateurs ne côtoient qu'au minimum les autres membres du Cartel, prudence oblige. Et puis nous ne sommes qu'à moitié membres. Quel donc aurait-été l'intérêt de te montrer le visage de l'un des nôtres, alors que tu allais être renvoyée. Il aurait fallut te supprimer car aucun des rangs accessibles à un futur provocateur ayant échoué ne permet de côtoyer les provocateurs directement. Or, le Cartel est assez avare en vie humaine.
Tu comprends donc pourquoi rien de fâcheux concernant ton entrainement ne peut découler de cette petite visite.
-Dans ce cas, je suppose que ma première réflexion est la bonne, vous êtes ici dans le cadre d'une augmentation, à moins que la vérité soit toute autre.
-Tu es plus ou moins dans le vrai. D'une part, la raison de ma présence ici est totalement normale, et ne diffère absolument des protocoles habituels, en cela on peut difficilement considérer cela comme une augmentation. D'autre part, ce moment est une charnière dans l'évaluation des futurs provocateurs, et il n'est pas rare que certains échouent.
-L'échec des uns ne signifie pas la promotion des autres. Juste qu'ils sont satisfaisants.
-Un brin pessimiste, mais pas totalement faux, j'espère que tu sais te montrer plus enjouée quand il le faut, la plupart de tes futurs amants préfèreront sans aucun doute.
-Amants ? Pour ça il faudrait qu'il y ai de l'amour.
-Il y en aura, souvent à sens unique malheureusement, mais les provocateurs ne sont pas des machines dénués de sentiments.
-Les sentiments sont une variable qui se doit d'être parfaitement maîtrisée. Un provocateur ne doit pas éprouver de l'amour.
-Maîtrisée, oui. Ignorée, non. Les êtres humains n'ont pas que des réactions logiques, et le bon provocateur est celui qui sait écouter ses sentiments quand il le faut.
-Ce n'est pas ce qu'on s'évertue à m'inculquer depuis mon entrée ici.
-Évidemment, si l'on dis à une fillette de douze ans comme tu l'étais que les sentiments sont utile, tu vas les cultiver, te laisser dominer par eux et non les dominer. Tu as d'abord du apprendre à purger tes émotions, tes sentiments, et maintenant tu vas devoir apprendre à les redécouvrir. Mais ça sera plus facile quand tu auras quitté le centre.
-En supposant que je réussisse à devenir une provocatrice.
-C'est déjà plus ou moins le cas.

Luuçaliia, qui gardait depuis le début un air neutre, fut soudain plus intéressé par la tournure de la conversation.

-Comment ça ? Je vais enfin sortir ?
-Pas encore, patience. Il te reste encore deux ans à passer ici. Deux ans durant lesquels moi et deux autres provocateurs, choisis pour nos affinités semblables aux tiennes, te donneront de nombreux conseils pratiques pour ton futur rôle.
Pas de cours, pas de contrôle, pas de savoir à emmagasiner, tu sera totalement libre de retenir ce que tu veux, voir même de ne prêter aucune attention à ce que nous te dirons. J'en connais qui ont très bien réussis quand même, en préférant développer leur propre stratégie de manipulation. Néanmoins s'inspirer des anciens est généralement une bonne chose, tu t'en doutes. A côté de ça tu recevras des informations complémentaires pour améliorer ta culture générale, abordant des thèmes bien plus vaste et précis que tout ce que tu as pu voir. Là encore, toi et toi seul choisira ce qu'il est bon de retenir et d'écouter. En sachant que très peu de personnes sont capables de retenir toutes les informations auxquelles tu auras accès, se sera à toi de trier et sélectionner.
-Et aucune évaluation de mes compétences ?
-Aucune, à partir de maintenant tu es considéré comme une aspirante provocatrice, sous le nom de code Masabakès-Luu, qui si tu réussis l'épreuve d'initiation qui te seras confié au terme de ces deux ans, deviendra ton nom de code officiel.
-Vous dites qu'il faut que je réussisse une mission d'initiation à la fin de ces deux ans pour être pleinement acceptée, qu'est-ce qui se passera si j'échoue ?
-Cette mission d'initiation sera en tout point semblable à n'importe quelle autre mission que tu recevras plus tard. Et seul un événement précis peut mettre fin à ce genre de mission...

Son interlocuteur se tourna vers Luuçaliia avec un air entre le réconfortant et le cynique.

-C'est la mort du provocateur.



Les deux années qui suivirent furent de loin les plus agréables que passa Luuçaliia dans le centre. Elle fit d'abord la connaissance de ses deux autres professeurs, un dénommé Malthus-Vi, spécialiste de l'infiltration et de la tromperie, et un autre désigné par le nom de code Belphégor-Za, qui se complait dans l'intox et la désinformation.

Auprès de ses trois professionnels, elle apprit les ficelles du métier, et redécouvrit de véritables rapports sociaux, apprenant petit à petit à connaître ses futurs collègues, leur sauts d'humeur et leurs habitudes.
Elle essaya de retenir un maximum de choses, notamment sur la masse d'informations qui lui furent enseigné, concernant le fonctionnement de l'Imperium, les peuplades xenos les plus connues, la nature des psykers et très vaguement celle du warp et d'autres sujets divers et variés qui pouvaient se révéler utile à un provocateur.

Tranquillement, doucement, les deux dernières années de sa formation s'écoulèrent finalement.



Luuçaliia progressait le long d'un couloir uniforme, le sol recouvert de parquet simple et les murs peints d'un blanc légèrement beige, sans autre fioriture. Malthus-Vi aimait la simplicité. Il l'avait convoqué un quart d'heure plus tôt, et elle regrettait d'être en retard, néanmoins elle était en plein exercice physique, et elle n'allait pas se présenter à Malthus-Vi recouverte de sueur.
Plus pour éviter des sous-entendus peu subtils que par réelle coquetterie.

Même si elle n'avait toujours aucun moyen sur de mesurer le temps, elle se doutait plus ou moins que deux ans environ avait passés depuis sa première rencontre avec les provocateurs. Ce qui signifiait qu'elle sortirait bientôt de sa formation. Elle se sentait de plus en plus excitée à mesure que les jours, ou ce qui en tenait lieu, passaient.

Elle arriva à une porte de bois simple et toqua une fois, pas plus. Elle attendit quelques secondes avant d'ouvrir doucement la porte et d'entrer dans un bureau aux mêmes teintes que le couloir. Les seuls meubles de la pièce était un bureau central en forme de demi-cercle, de bois noir lisse et peu ornementé, deux chaises du même bois de chaque côté du bureau et enfin une très large étagère de bois, recouverte de livres différents et traitant de sujets particulièrement varié.

Derrière le bureau était assis un homme vêtue d'une tenue noire à l'aspect simple mais élégant. Ses yeux, auparavant rivés sur le livre qu'il lisait, se relevèrent et se plantèrent dans ceux de la future provocatrice, qui comme à chaque fois ne put s'empêcher de se sentir mal à l'aise face au regard froid et puissant de son hôte.
Il invita Luuçaliia à s'asseoir d'un simple geste. Celle-ci s'installa sur la chaise vide, silencieuse.

-Savez-vous quel âge avez-vous ? Demanda l'homme, ses lèvres colorées bougeant à peine.
-Vingt, je suppose...
-Et vous avez bien raison, vous avez en effet atteint vos vingt ans il y a déjà trois mois. Cette information confirmée, savez-vous pourquoi vous êtes là ?
-C'est la fin de mon entrainement.
-Exact encore une fois, ça fait plaisir de voir que les leçons insipides que vous avez dus supporté au début de votre entrainement ont laissé quelques restes. A compter d'aujourd'hui, vous devenez une aspirante provocatrice à part entière, et vous quitterez le centre dans quelques heures tout au plus. Vous n'aurez alors accès qu'à quelques réseaux mineurs du Cartel et disposerez de moyens basiques pour accomplir la mission d'initiation qui vous sera confiée. Est-ce clair ?
-Très clair.

Ces rapports solennels ennuyaient terriblement Luuçaliia, surtout que son interlocuteur avait une manie de rouler les r qui faisait atteindre à sa façon de parler la limite du supportable. Le pire étant sans doute qu'elle le savait parfaitement capable de parler sans accent.

-Très bien auriez-vous besoin d'autres informations ? Avant que vous ne le demandiez, il ne vous sera sans doute plus possible de revoir Masabakès-Ma avant la fin de votre mission.
-Pourquoi me précisez-vous cela ?
-A entendre les cris de jouissance qui s'élevaient de vos chambres, j'ai supposé que, si vous ne l'aimez pas, vous trouvez un certain plaisir à sa présence, me serais-je trompé ?

Luuçaliia retint un soupir, les railleries étaient typiquement le genre de Malthus-Vi. Elle évita de lancer une réplique cinglante, elle n'avait absolument pas le cœur à se lancer dans un duel de ce genre aujourd'hui.
Un sourire moqueur se dessine sur le visage de son interlocuteur.

-Avez-vous des question, ma chère ?
-Oui, une, où est la sortie ?
-Très proche, bien plus que vous ne pouvez l'imaginer...

Luuçaliia haussa un sourcil juste avant qu'un chiffon humide ne lui couvre la bouche et le nez. Elle s'endormit rapidement, vaincue par les vapeurs de chloroforme.


Dernière édition par Ysmir le Mer 2 Mar 2011 - 9:53, édité 4 fois
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Arax, Inquisiteur
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Lun 24 Jan 2011 - 21:46

Alors... que dire...

En premier lieu, je trouve que ton texte commence un peu trop abruptement. Pense que le lecteur ne connait pas forcément Luu et que du coup, une petite introduction du personnage avec une description physique minimale serait bienvenue.

Ensuite... il se passe beaucoup de choses sur une période de temps étendue mais sur peu de mots. C'est agréable de découvir la jeunesse du perso, chose que l'on ne voit pas si souvent que ça (enfin, dans le sens où sur les deux fics ctives du fofo une commence justement par une scène avec son héros gamin ce n'est peut être pas vrai mais bon... j'aime et je le dis :noel:)

Au niveau de l'écriture, je trouve que ça manque parfois un peu de profondeur. Tes paragraphes sont cours et n'insistent pas trop sur les faits. Du coup on voit qu'il se passe pas mal de choses mais on en vit pas tant que cela...


En tout cas je te souhaite bonne chance pour cette fic et j'attends la suite :ok:

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"Ceux qui se vautrent dans le péché ne méritent pas la miséricorde du bûcher"

L'Inquisiteur Arax, réveillé un peu trop tôt un matin...


Le chapitre 6 de ma fic La Campagne des Huit Eclipses est en ligne.
Le chapitre 3 de ma fic Inqusition Impériale a été mis à jour.
Le chapitre 8 de ma nouvelle fic Intérêts Croisés est en ligne.
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Arghit
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Mer 26 Jan 2011 - 15:07

Alors...

Bon, déjà c'est globalement agréable à lire, l'écriture est bonne, j'ai pas vu de problème d'orthographe, c'est fluide, bref, c'est très bon. La mise en page aussi est pas mal, rien à redire à ce niveau donc. Juste peut etre, vers la fin quand les persos sont plus familiés entre eux, je trouve ça trop familiés justement. De ce que j'en imagine, ces types sont quand même qu'un niveau social assez élevé, l'utilisation de terme comme "truc" me parait pas trop adapté.

Par contre sur le fond, j'ai pas toujours aimé. Déjà comme l'a dis Arax, une petite description de la donzelle me semble adapté. T'avais a possibilité de le faire au café par exemple, du point de vu d'un serveur qui apporterait les boisson par exemple ou je ne sais quoi. Je t'avoue que je me souviens plus de son apparence depuis le RP moi...

Après, traité de la genèse de son perso principal je suis pas contre (la preuve je l'ai fais!) mais là... c'est trop succin. Un de tes paragraphe qui ne fait même pas 10 ligne est censé résumer une année entière... Je trouve ce passage en particulier bien inutile, t'aurais pu en profiter par exemple pour décrire les conditions de vie, les rapports entre les aspirant ou je ne sais quoi d'autre, mais comme ça ça ne sert pas à grand chose selon moi.

'fin bref, j'attends la suite.



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Jarlaxle
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Ven 25 Fév 2011 - 19:20

Nouvelle version de l'intro, le ski ça laisse du temps pour écrire :content:

Je m'attaque au chapitre 1 pendant la semaine :oui:

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Avatar tiré d'une image de syarul.

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Helhorn
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Sam 26 Fév 2011 - 1:06

Belphégor :bave:
Rien à voir ? Ah, merde :-(

J'en ai pas beaucoup à dire, m'étant ennuyé pendant ma lecture, j'ai même lancé une chanson pour en trouver une qui convient à l'ambiance raffinée du décor. Rien à faire, même avec ça, j'ai pas accroché. J'sais pas, le style est bon mais ça m'a pas passionné. On pourrait mettre ça sur le compte qu'il n'y ai pas d'action, cette dernière délaissée pour se tourner vers des chapitres plus profonds et psychologiques. Mais non, sinon, il y aurait bien des chapitres d'Arax que j'aurais sauté, et bien des doutes quant au bien fondé du Lectio Divinatus m'auraient étés évités. Il en va de même avec la courte nouvelle de Lupercal, qui avait certains posts sur le psyché d'un hérétique durant la GC etc...

Je reste sceptique, mais je garde l'espoir que les prochains chapitres fassent de "Provocatrice" une autre lecture de chevet fort passionnante.

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When you scream in the night, who knows what creatures respond ? Who knows what's hiding in the shadows, watching for any sign of fear? Who can say what hands trying to grab you to draw you in darkness? We can answer...

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MessageSujet: Re: Provocatrice   Mar 1 Mar 2011 - 14:19

J'ai lu la nouvelle version et à nouveau on se trouve confronté au fait que beaucoup d'événements sont décrits mais aucun ne l'est avec l'intensité suffisante pour qu'ils soient vécus. Nous avons affaire à un prologue et il est normal que nous ne soyons pas encore plongé dans le récit et j'espère bien que l'intensité ira crescendo!


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MessageSujet: Re: Provocatrice   Mar 1 Mar 2011 - 15:32

Je n'ai lu que la deuxième version, et pour ma part je la trouve bien écrite. Bien que les évènements soient nombreux, ils ne sont pas ennuyant, les descriptions sont bien réalisées, et on est avec le personnage.
J'ai apprécié ton texte, et j'attends la suite.
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Jarlaxle
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Mer 2 Mar 2011 - 9:54

- - Chapitre I : Premiers contacts - -


Luuçaliia émergea doucement des brumes du sommeil. Elle était encore étourdis de son sommeil involontaire. Elle tâta doucement ce sur quoi elle était allongé. Un matelas, au moins elle n'aurait pas de courbatures pendant plusieurs jours. Elle ouvrit les yeux sur un plafond vieilli et lézardé, des morceaux de plâtre se décrochant par endroit.
Elle se releva doucement et inspecta les alentours. C'était une chambre simple, même plutôt miséreuse, aux murs nus dont le papier peint se gondolait sous l'influence de l'humidité. Le seul autre meuble de la chambre était une table de nuit sur laquelle reposait une mallette noire à l'aspect lisse et impeccable qui détonait sur le reste du décor miteux.

Elle se leva, inspecta rapidement sa toilette, qui était toujours composé de la même robe noire lui tombant au genou, à la coupe serré et soulignant délicatement ses formes provocantes sans toutefois en montrer plus que nécessaire. C'était d'ailleurs à priori la seule tenue qu'elle possédait, car il n'y avait aucune trace de valise ou assimilée dans la chambre.
Elle passa une mèche de cheveux rebelles derrière son oreille droite et ouvrit enfin la fameuse mallette.

Dedans un simple cristal de transaction, une liasse de crédits en liquide, un petit sac à main et une lettre épaisse. Elle rangea le cristal et la liasse de crédits dans le sac à main, ouvrit la lettre, en extirpa une pile de documents et alla s'allonger sur le lit pour les inspecter à loisir, se débarrassant de ses chaussures de quelques mouvements de jambes.
La première de ces feuilles, la moins fournie mais la plus importante, contenait son ordre de mission. Comme dans toute chose de ce genre, elle fourmillait d'informations inutiles notées à but administratif.
Elle lut toutefois consciencieusement l'intégralité de la feuille, encore habituée à son éducation sévère récente. Elle était donc chargé de repérer et détruire une organisation révolutionnaire simplement connus sous le nom des Forces Tranquilles, sans autre informations que son côté très populaires pour le peu qu'en savait ses informateurs.
Une information retint son attention, c'était le nom du commanditaire. Le gouverneur planétaire lui même avait fait appel à elle.

C'était étonnant, elle s'attendait à ce que cette mission d'initiation soit confiée par le Cartel, et non une tierce personne. Cela pouvait toutefois signifier un degré de complicité certain entre le Cartel et le pouvoir en place, ce qui pourrait expliquer la présence d'un centre d'entrainement sur cette planète, il n'y en avait pas un par planète de la zone d'opération du Cartel, si tant est qu'on pouvait limiter celle-ci, et les planètes où ils étaient établis étaient donc choisies avec soin, du moins elle le supposait.
Ceci dit, ça n'avait aucun intérêt dans sa mission actuelle, aussi chassa-t-elle ces pensées parasitent et se replongea dans l'étude des documents.

Le reste était une liste de contacts du Cartel dans la ville, dans différents milieux et de différents intérêts : hôtel, armurerie, hôpitaux, informateurs... La plupart n'étaient bien sur que des personne connues pour aider les tueurs à gages et autre agents semblables -et elle en faisait partie, quoi qu'elle pense. A vrai dire, elle doutait même que ne serait-ce qu'un seul d'entre eux soit réellement un agent du Cartel. De toute façon il fallait bien qu'elle s'y habitue, les agents avec lesquels elle serait amené à traiter plus tard ne serait pas tous des contacts du Cartel, et leur fiabilité, comme leur efficacité, sera très variée.

Une fois qu'elle eut pris connaissance de l'ensemble, elle rangea les feuilles dans la lettre qu'elle glissa dans son sac à main. Elle quitta la petite chambre et descendit au rez-de-chaussé d'un immeuble assez miteux. Le concierge la regarda avec des yeux ronds, à priori il ne l'avait jamais vus rentré... assez peu étonnant. Elle sortit dans une rue assez larges pour permettre le passage de deux véhicules de front et moyennement propre. De chaque côté s'entassait immeuble et maison particulières. En observant les alentours, elle aperçut au loin, entre deux immeubles de plasbéton, les tours caractéristiques du Palais Administratif, où logeait le gouverneur planétaire et les principales administration. Ce qui signifiait que non contente de ne pas avoir quitté Hypnos, comme lui laissait penser son commanditaire, elle n'avait pas quitté la capitale.
Elle se demanda un bref instant si elle pouvait espérer retrouver son ancienne maison, puis comprit que ce n'était pas une bonne idée.

Apparemment elle était dans un des quartiers principalement résidentielles, sans doute pas trop éloigné des rues commerçantes périphérique et des industries de la banlieue. L'endroit idéal ou la lâcher compte tenus de sa mission. Dans l'immédiat, elle avait besoin de faire le point sur sa situation, et sur ce qu'elle pourrait faire pour commencer. Et elle avait besoin d'un endroit calme pour cela.
Elle prit donc la direction des rues commerçantes, indiqués par quelques panneaux.

Elle y arriva après quelques minutes de marches. Elle avait évité autant que possible les ruelles du quartier résidentielle, seule et sans arme cela pouvait s'avérer risqué, le problème d'être physiquement parfaite était qu'elle en devenait rapidement un objet de convoitise, et les cogneurs de la pègre n'étaient pas réputés pour leur sensibilité.
Elle se trouvait désormais dans une rue bien plus large et propre, ses bords étant occupés par de nombreuses boutiques en tout genre, hôtels au luxe variable, maisons particulières plus luxueuses, et une population hétéroclite errait sur les trottoirs, devant les vitrines. Elle aperçut de petits bourgeois reconnaissables à leur toilette plus riche que la moyenne, des ouvriers dont elle notait l'air fatigué et les joues crasses et principalement tout un peuple d'ingénieurs, de réparateurs, de secrétaires, d'artisans, de contrôleur, de comptable et d'autre métier leur permettant de s'assurer un train de vie confortable sans être trop tape à l'œil.

Elle reconnaissait les lieux, elle y avait plusieurs fois flâné durant sa jeunesse insouciante. Et même si elle n'avait plus une once de son esprit enfantin, elle se laissa un moment transporter par ses souvenirs jusqu'à se retrouver devant la porte d'un café, qu'elle ne connaissait que trop bien.
Elle poussa discrètement la porte vitrée et pénétra dans le petit café. Peu de chose avait changé depuis huit ans qu'elle n'était pas venue. C'était toujours les même couleurs accueillantes, de l'or et du rouge, toujours le même comptoir lustré, toujours les mêmes banquettes moelleuses. Une véritable retombée en enfance.

Elle se demanda si cela avait été pensé par le Cartel pour jauger de son attachement à son ancienne vie. Quoi qu'il en soit, elle commanda un café concentré et alla s'asseoir sur l'une des banquettes, à côté de la vitre.
A cette heure, encore tôt dans la mâtinée, sa commande arriva vite, un serveur à moitié endormis lui apportant sa tasse. Elle le remarqua distraitement, plongé dans es pensées.

Dans un premier temps, elle aurait besoin de renseignements, se remettre à jour concernant la politique, la vie quotidienne des citoyens et d'autre chose utile à la compréhension de la situation. Pour lutter contre le mouvement de rébellion elle devait déjà le connaître, connaître ses revendications, ses positions, ses alliés, son fonctionnement...
Pour l'instant, tout ce qu'elle savait c'était la nature de ses sympathisants : le bas-peuple, les ouvriers, les mineurs de l'extérieur de la ville, les miséreux et d'autres. Elle devrait donc se renseigner en premier lieu dans les quartiers populaires et industriels, c'était là qu'elle avait le plus de chances d'en apprendre davantage.
Il lui faudrait donc en premier lieu une position qui lui permettrait de se faire passer pour une simple femme de la plèbe. Tout en lui permettant si possible d'en apprendre facilement plus sur ce qui se passait dans les quartiers populaires. Un métier en contact avec les foules donc. Et où se trouvait la foule dans les quartiers populaires ? Dans les bars, principalement. Elle pourrait facilement prendre un métier de serveuse. Se serait moins glorieux que certains des résumés de mission qu'elle avait eu le droit d'entendre, ou les provocateurs prenaient l'identité de juges interplanétaires, mais seule l'efficacité comptait.
Après tout, personne de sensé ne s'amusait à mettre en récit leurs contrats.

Elle avait pris sa décision, elle n'avait plus qu'à se préparer, elle ne pourrait pas se permettre de se promener dans les quartiers populaires ainsi vêtue, et elle ne risquerait pas une promenade désarmées dans les quartiers les plus mafieux, c'était bien trop imprudent.
Elle allait se lever, alors qu'elle n'avait pas bu son café, lorsqu'elle aperçu une silhouette vaguement familière dans la rue.

En la détaillant, elle la reconnut rapidement : une coiffure anarchique d'où de nombreuses mèches d'un noir profond, comme le reste de la chevelure retombaient sur le front, des yeux verts émeraudes à l'air étrange et un corps frêle, à peine moins que le sien. Kylar n'avait pas autant changé qu'elle-même, même s'il semblait avoir une démarche plus raide que lorsqu'elle l'avait quitté.
Elle le regarda passer avec un pincement au cœur, elle aurait bien aimé lui parler, mais elle n'avait pas le temps et le loisir de le faire, rien ne devait venir la distraire.
Elle se leva rapidement et s'apprêtait à quitter le café lorsque la porte s'ouvrit, laissant pénétrer Kylar. Lorsque celui-ci l'aperçut et la reconnut, il eut un air surpris, bien que semblant légèrement feint. Sans doute l'avait-il aperçue par la vitre.

-Ça alors, Luuçaliia ? C'est bien toi ? Combien de temps ça fait déjà ? Au moins dix ans non ?

Luuçaliia pesta intérieurement, elle aurait bien aimé éviter cette discussion. Quoique, il devait sans doute être au courant de ce qui se passait dans la ville, elle pourrait lui soutirer des informations sans problème, surtout si les sentiments qu'il avait entretenus à son égard étaient encore existants -au contraire des siens.
Elle répondit sur un ton charmant, innocent et légèrement aguichant.

-Kylar ! Je ne m'attendais pas à te trouver ici. Que dirais-tu de discuter un peu, répondit-elle en désignant la table qu'elle occupait.

Si Kylar remarqua la tasse de café non entamée alors que Luuçaliia était sur le départ, il ne fit aucun commentaire et se contenta de s'asseoir en face d'elle, visiblement enchanté par la perspective de parler avec elle, même si une petite lueur d'incertitude dansait au fond de son œil, sans que Luuçaliia ne la remarque.
Celle-ci démarra la conversation sur un ton sympathique et avenant.

-Alors, qu'est-ce que tu deviens ? Il me semble que tu voulais t'engager dans les FDP non ?

Elle avait du faire un grand effort pour réussir à se souvenir de ce détail, et cela sembla réjouir Kylar.

-En effet, mais ils ne m'ont pas acceptés, condition physique insuffisante de ce qu'ils ont dit. Du coup je fais coursier pour une petite société. Et toi ? Tu avais commencé des études quand on s'est quitté non ?

Luuçaliia se retint de hausser un sourcil, elle ne se souvenait absolument pas de quand elle avait pu parler à Kylar se la raison de son départ. Elle n'avait d'ailleurs pas eu le temps de parler à beaucoup de gens, elle n'avait appris son enrôlement dans le centre que le jour même de son départ. Néanmoins, Kylar était son plus proche ami, presque petit ami, à l'époque, et il était très possible qu'elle lui en ait vaguement parlé.
Quoiqu'il en soit, sa question lui permettait d'amener ce qu'elle désirait dans la conversation.

-C'est bien cela, mais ça ne c'est guère avéré concluant, et je me retrouve sans emploi et sans trop d'idée à l'heure actuelle. J'avais pensé à m'engager comme serveuse, ils en manquent toujours dans les bars ouvriers, et ça paye raisonnablement bien...
-Dans les bars ouvriers ? Je sais bien que la plupart des histoires de meurtres et de vols qui courent sur ces quartiers sont fictives, mais ils en demeurent des endroits peu sures, surtout pour une fille comme toi.
-Une fille comme moi, c'est à dire ? Dit-elle avec une pointe d'espièglerie dans la voix.
-Et bien, tu es superbe et très... très en forme, répondit Kylar avec un regard baladeur et évocateur sur le sens de ta phrase. Et aussi sans réel moyen de défense.
-Nous verrons bien, quoi qu'il en soit je n'ai guère d'autre choix, il ne me reste plus qu'à décider où aller travailler.
-Je te déconseille ''La Chope Remplie'', c'est un grand bar et plutôt respectable, mais très agité depuis un certain temps, d'après les rumeurs. Par contre, on dit ''L'Assommoir'' particulièrement calme en ce moment, et de bonne réputation. Pas aussi grand que le premier par contre.
-Je garderai tes conseils à l'esprit, merci.

Elle disait vrai, ces deux informations étaient intéressantes, on peut très bien supposer qu'une agitation nouvelle est la cause directe d'une révolution en préparation. L'autre était moins intéressant, le calme n'était généralement pas signe d'insurrection.

Les deux anciens amis discutèrent encore un assez long moment, Luuçaliia inventant tout ce qui concernait sa vie actuelle et son éducation, ne voulant pas révéler la moindre bribe de vérité, même si Kylar avait été son confident le plus intime fut un temps. La confiance était une chose révolue chez elle, surtout en ce qui concernait des connaissances d'il y a huit ans.

Ils se quittèrent finalement et reprirent chacun leur route, Luuçaliia se dirigeant vers l'armurerie la plus proche indiquée sur ses contacts, tandis que Kylar disparaissait dans une ruelle annexe quelques mètres après avoir quitté le café.
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Mer 2 Mar 2011 - 18:44

Alors...

L'écriture est toujours aussi plaisante avec ses quelques fautes par ci par là mais rien de bien grave.
On commence petit à petit à redécouvrir Luu et on voit qu'elle évolué depuis le début du prologue et j'espère que tu continuera à altérer petit à petit sa psychée. Elle est peut être un poil superficielle mais bon, c'est une nympho de 20 ans, faut pas s'attendre à autre chose (comment ça -1 vie? :( ).
La rencontre avec son petit ami dans le café était peut être un poil téléphonée mais au vu de la fic commune, je suppose que lui aussi va subir une jolie évolution et ça c'est bien!

Bref, j'attends la suite :)

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MessageSujet: Re: Provocatrice   Ven 4 Mar 2011 - 14:58

Luuçaliia n'eut guère de peine à trouver l'armurerie indiquée, et choisis de se payer deux fines dagues, un pistolet semi-auto et quelques munitions. Le strict nécessaire dans son métier. Une fois cela fait elle visita la première boutique de vêtement qu'elle trouva, elle ne pourrait pas se balader dans les quartiers populaires vêtue de sa robe, elle ne mettrait pas dix minutes à se faire agresser -même si elle en mettrait encore moins à neutraliser ses agresseurs.
Elle acheta quelques tenues et un sac pour transporter le peu de matériel qu'elle avait. Elle ressortit de la boutique vêtue d'un jean, d'une chemise blanche simple et d'un paire de basket, laissant librement cascader ses cheveux sur ses épaules. Elle était d'une beauté sauvage et anarchique.

Elle se mit ensuite en direction des quartiers populaires, et principalement de ''La Chope Remplie'', apparemment insouciante mais en réalité attentive à chaque signe suspect. Mais rien de particulier ne lui sautait aux yeux. Elle supposait que de toute façon elle n'avait pas encore assez d'expérience pour savoir repérer de telle chose, après tout elle n'avait encore jamais quitté le centre d'entrainement avant cette journée.
Mais même en tenant compte de son manque d'expérience, le quartier était désespérément banal. Les ouvriers allaient à l'usine, sous le regard méprisant des gratte-papiers qui avaient la chance d'être lettrés mais qui pourtant courbaient finalement l'échine et se dirigeaient eux aussi vers l'usine. De temps à autre elle apercevait des bandes d'hommes, et quelques femmes, qui restaient inactif sur le bord du trottoir ou dans des ruelles, jetant des regards colérique à tous ceux qui les dévisageait, tout en jouant généralement avec un cran d'arrêt ou une quelconque barre de fer.
Et elle se déplaçait gracieusement, silhouette angélique au milieu de la masse humaine, dont la beauté était éclipsée sous le nombre de figures anonymes. Malgré les imposants bloc-habitations qui cernaient chaque côté de la rue, elle se sentait libre, tout habituée qu'elle était aux couloirs étouffants du centre.

Elle dut plusieurs fois demander son chemin avant de finalement arriver en vue de ''La Chope Remplie''. Le bar occupait les trois premier niveaux d'un bloc-habitations qui faisait l'angle de deux rues principales. L'endroit idéal pour attirer un maximum d'ouvrier.
Néanmoins à cette heure l'endroit était quasiment vides, les quelques videurs étant occupés à virer les derniers ivrognes tandis que les serveuses s'occupaient de nettoyer le bar avant la ruée de la sortie d'usine.
Luuçaliia continua de s'approcher, et remarqua quelle attirait bien plus l'attention qu'avant, la foule d'ouvrier étant majoritairement partie à l'usine, les rues étaient quasiment vides. En d'autres circonstances elle aurait craint une agression, mais elle voyait bien que deux des videurs du bar avait les yeux rivés sur elle à travers les vitres et elle ne doutait guère de leur intervention si elle leur demandait. Enfin, elle supposait.

Elle arriva finalement à la porte du bar, fermée. Elle toqua doucement, tout en prenant un air aussi tendre et affable que possible. Elle attendit quelques secondes avant qu'une jeune femme rousse, aux traits plus secs que ceux mais pas pour autant dépourvus de charme, et aux yeux marrons à l'air fauve.
Elle s'adressa à Luuçaliia d'une voix accueillante.

-Bonjour, c'est pourquoi ?
-Je cherches du boulot comme serveuse. Vous en avez ?
-Suivez-moi, je vais demander au patron.

La jeune femme se retira à l'intérieur du bar et Luuçaliia la suivit pour se retrouver dans une grande salle, dont un bar central en occupait un bon quart, le reste étant occupé par des tables et des chaises. La salle pouvait accueillir plus d'une centaine de personne a peu près, peut-être même bien plus.

Luuçaliia suivit la serveuse jusqu'à un type un peu gras, situé derrière le comptoir et en train de vérifier les stocks d'alcool. En voyant arriver les deux femmes, il se retourna et détailla Luuçaliia d'un œil commerçant.
La jeune femme rousse retourna essuyer une table non loin, tout en gardant un œil sur la suite des évènements.

-Vous voulez quoi ? Demanda le patron.
-Je me demandais si il y avait moyen d'avoir un poste de serveuse ?
-Mais bien sur ma petite dame, on en manque jamais, et, sans vouloir me montrer offensant, des canons comme vous qui acceptent de servir dans des bars ça court pas les rues.
-Merci du compliment, je commence quand ?
-Eh bien, si ça ne vous gêne pas d'aider Lanïa -dit-il tout en désignant la jeune rousse- à nettoyer la table, ça serait arrangeant.
-Pas de problème, je m'y mets tout de suite.

Le patron lui tendit un chiffon qui avait apparemment trop servis et Luuçaliia se mit au travail aux côtés de Lanïa.
Celle-ci lui lança un grand sourire et engagea la conversation tout en continuant à nettoyer.

-Je m'appelle Lanïa, et toi ?
-Luuçaliia, ravis. On est d'autres serveuses j'espère, dit-elle en embrassant la salle du regard.
-Oui, ne t'inquiète pas pour ça. Mais la soirée sera longue et dure quand même, je préfère te prévenir.
-Pas de problèmes pour moi, j'ai de la ressource.
-Tant mieux. Dis-moi, je peux te poser une question ?
-Bien sur, qu'est-ce qu'il y a ?
-Comment tu peux t'être retrouvé à postuler ici ? La situation n'est pas trop mauvaise, mais tu as l'air de venir de quartiers plus riches.
-Des déconvenues dans mes études, je n'étais pas au meilleur niveau, et un petit noble que je n'ai sans doute pas aussi bien traité que le voulais son fameux ''rang'' c'est arrangé pour me couler.

Cette petite anecdote avait été inventé par ses soins, Luuçaliia voulait se faire passer pour une insatisfaite du système, ça pourrait sans doute l'aider à se rapprocher des éventuels insurgés.

-Ils se croient vraiment tout permis ! Et dire que c'est de leur fautes si des quartiers comme celui-là se retrouvent à moisir dans la misère comme ça !

Luuçaliia jeta un regard en coin à sa collègue, elle sentait qu'elle avait touché une corde sensible. Elle se garda toutefois de continuer sur cette voie, ne préférant pas se montrer trop suspecte.
Le reste de l'après-midi se passa tranquillement, entre entretien de la salle et causeries amicales.

Le soir arriva rapidement, et avec lui la foule d'ouvriers. En à peine une heure, le bar fut remplis de fond en comble, et les commandes affluaient. Luuçaliia, Lanïa et les autres serveuses ne chômaient pas et allaient et venaient entre les tables et les comptoirs.
Plusieurs fois la provocatrice sentit une main baladeuse lui effleurer les fesses ou les hanches. La plupart du temps elle se contentait d'ignorer la caresse furtive, mais elle fut une ou deux fois se servir du chiffon qu'elle utilisait pour nettoyer les tables comme d'un fouet pour frapper les mains trop insistantes.

Malgré toute son attention, elle ne capta pas grand chose de la conversation des ouvriers au milieu du brouhaha général et de son occupation. Finalement le rôle de serveuse n'était peut-être pas le plus adapté, elle n'avait pas un moment à elle pour pouvoir écouter les rumeurs.
Finalement, après plusieurs heures de service intensifs entrecoupés d'une pause indispensable pour se sustenter, elle put finalement quitter le bar vers deux ou trois heures du matin, alors que les derniers des ouvriers se dirigeaient vers leur propre habitation.

Elle prit une ruelle qui lui permettrait de rejoindre rapidement l'appartement qu'elle avait loué dans la journée, lorsqu'elle vit trois hommes sortirent de l'ombre et s'approcher d'elle. Bien évidemment elle s'arrêta et les regarda avec méfiance, hésitant à sortir directement ses dagues et attaquer.
Elle préféra rester calme et attendre la suite des évènements.
Les trois voyous étaient vaguement musclés, deux d'entre eux tenant de simple barre de fer tandis que le dernier tenait un cran d'arrêt.
Ils semblaient tous bien éméchés et elle n'aurait sans doute pas trop de mal à les neutraliser à main nue.

-Et bien ma jolie, on se promène seule ? C'est dangereux tu sais ?
-Je ne me sens pourtant pas menacé.
-C'est normal t'es avec nous, et il ne t'arrivera rien si tu te montre gentille.

Celui au cran d'arrêt se rapprochait de plus en plus, sans toutefois se montrer particulièrement menaçant.

-Mais je ne demande pas mieux que me montrer gentille, encore faut-il que vous le soyez aussi...

Elle s'était légèrement placé sur le côté, prête au combat. Il fallait juste qu'il s'avance plus. Ce que l'abruti en face d'elle lui fit le plaisir de faire.

-Mais bien évidemment que je vais être gentil. T'as qu'à venir...
-Non merci.

Avant qu'il n'ait eu le temps de comprendre, Luuçaliia le frappa dans l'abdomen avec son pied auparavant en arrière. Le type se plia en deux et un coup de genou rapide dans la tête l'envoya au sol.
Les deux autre se rapprochèrent rapidement. Luuçaliia se baissa pour éviter un premier coup de barre de fer, puis se décala sur le côté pour en éviter un deuxième avant d'envoyer son poing droit dans la pomme d'Adam du plus proche de ses opposants, qui recula sous la douleur.
Le deuxième se jeta sur elle. Luuçaliia lui bloqua son bras droit entre les siens et, tout en accompagnant son mouvement lui fit un croc en jambe qui l'envoya au sol.
Celui encore debout, après s'être remis du choc, s'approchait par derrière, pensant la prendre par surprise. Un coup de pied sauté lui fracassa le nez, et dès qu'elle atterrit au sol Luuçaliia lui donna un autre coup de pied dans les parties génitales, avant de lui frapper la tempe d'un coup de coude, ce qui l'envoya rouler au sol, évanouis.
Alors que celui qu'elle avait envoyé au sol précédemment commença à se relever, elle le frappa à la nuque d'un coup de pied retourné, le rallongeant tout de suite.

Une fois sure que plus aucun de ses adversaires ne bougeait, elle se détendit, et reprit sa route sereinement, tout en espérant que ces types n'allaient pas parler d'elle, elle préférait rester connue comme une simple serveuse. Ceci dit il y avait peu de chances qu'il se vante d'avoir été allongé au sol par une simple gamine. Elle regagna tranquillement son appartement et se coucha, fourbue de sa journée.


Zack se relevait doucement. Il mit un certain temps à voir de nouveau normalement, enfin sans compter les troubles dus à l'alcool. Ses deux compagnons étaient allongés au sol, et il voyait la fille qui les avait mise dans cet état s'éloigner sans lui prêter attention.
Il se releva tout en récupérant son pistolet caché sous son T-shirt. Ah elle le prenait comme ça, elle pensait pouvoir s'en tirer en les humiliant, elle allait voir.

Il visa rapidement la fille qui s'éloignait, son bras ne tremblant plus sous l'effet de la colère. Il allait appuyer sur la gâchette quand il sentit le froid s'introduire soudainement dans sa poitrine. Il baissa la tête, pour voir la pointe d'une épée saillir de ses côtes, recouverte de sang. Son bras trembla alors que la douleur l'assaillait.
Il sentit d'un coup le froid se retirer et s'effondra au sol, face contre terre et rejoignit les bras doux et glacés de la Mort sans plus de cérémonie.

L'assassin se pencha pour essuyer sa lame courte recourbée sur les vêtements de sa victime, avant de la rengainer. Il était vêtue d'une combinaison de plates noire légère et d'un casque noir, laissant seulement deux fentes rougeoyantes apparaître dans la nuit.
Il regarda pendant quelques secondes encore la petite silhouette de Luuçaliia s'éloigner, puis se remit rapidement en mouvement, pris appuis sur une benne et sauta par dessus un mur, disparaissant sans un bruit dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Mar 8 Mar 2011 - 17:08

Toujours un style d'écriture agréable mais toujours ce petit manque de quelque chose qui fait que ton texte n'est pas tout à fait passionnant. Le personnage de Luuçaliia est intéressant mais il me semble qu'il lui manque un petit truc... genre... je ne sais pas mais elle semble s'adapter parfaitement à toute situation, être aussi à l'aise lorsqu'il s'agit de faire le ménage que d'évoluer parmi une élite, de déboiter des gangers à main nue que de mener une enquête.
C'est peut être un avis personnel mais je trouve que l'on s'attache bien moins à un personnage qui ne fait montre d'aucune faiblesse. A la rigueur un guerrier invincible, ça n'est guère profond mais au moins c'est épique, là... je sais pas, j'ai vraiment du mal à m'attacher à ce récit en particulier alors que j'aimais beaucoup Luu sur le RP. Etrange.

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Helhorn
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Mer 9 Mar 2011 - 3:22

Pareil qu'au prologue, je me suis ennuyé, j'ai même eut du mal à finir. Il semblerait que cette fic ne soit pas pour moi :-(

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When you scream in the night, who knows what creatures respond ? Who knows what's hiding in the shadows, watching for any sign of fear? Who can say what hands trying to grab you to draw you in darkness? We can answer...

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Arghit
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Sam 26 Mar 2011 - 20:51

J'aime bien moi. Ca fait très RP, peut etre un peu trop, notamment quand elle achète ses armes au tout début, mais c'est pas très problématique. C'est un peut léger mais agréable tout de meme, je t'encourage à continuer. :fier:

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Jarlaxle
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MessageSujet: Re: Provocatrice   Sam 26 Mar 2011 - 20:54

Pas évident de se détacher du style que j'utilise dans 95% de mes écrits en effet What a Face

Puis j'aime bien la précision sur l'équipement que possède mes persos :noel:
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