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 Tales of the Rising Sun

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Aleph



Messages : 44
Date d'inscription : 07/06/2013

MessageSujet: Tales of the Rising Sun   Ven 7 Juin 2013 - 18:28

Hello,

Ainsi que je l'ai mentionné dans ma présentation voici le prologue de ma fanfic, entre Rogue Trader et Deathwatch...
Elle tiens probablement plus d'un scenar de jdr (quoique je jure que ce n'en est pas un) que d'une nouvelle "canon". Au moins je l'ai dit et j'assume.

Bonne lecture (ou devrais-je souhaiter bon courage ?)

Prologue

Port l'errance.
Vaste île spatiale à la faune bigarrée à la frontière entre le secteur Calixis et les étendues de Koronus.
Alerith, l'officier en second, avait toujours aimé ce moment où, debout au coté de son capitaine sur le pont du Rising Sun, elle apercevait le point lumineux de la station spatiale grossissant.
Évidemment, ce n'était pas pour elle une promesse d'escale et de repos mais le travail d'intendance qui l'y attendait alors offrait un changement bienvenu dans la routine qui accompagnait les longues mission du vénérable navire stellaire.
Pourtant aujourd'hui, assise au côté de son supérieur dans un des tripots de l'anneau extérieur elle ne pouvait s’empêcher de se demander une fois encore - elle avait perdu le compte exact aux environs de la cinquantième - pourquoi ce dernier avait tenu à quitter le vaisseau pour accueillir un simple passager de dernière minute.
« Ce n'est pas un SIMPLE passager, avait finit par répondre le vieil homme. C'est un invité de marque, peut-être le plus important que le Rising Sun ai eu l'honneur d'accueillir. Ou plutôt le second, avait-il ajouté.
Vois-tu, il est des gens dont même nous devons ménager la susceptibilité. Tu ne devrais jamais l'oublier, ma chère.
- Oui, père, avait-elle répondu sans grand enthousiasme. »
L'idée qu'une personne soit assez importante pour justifier l'attention particulière d'un libre-marchand ne la surprenait pas outre mesure. Malgré leur puissance, même les capitaines de vaisseaux aussi imposants que le croiseur cuirassé Rising Sun étaient tôt ou tard confrontés à des gens à qui ils cédaient le pas en terme de puissance personnelle ou de prestige.
Que l'un d'entre eux puisse vouloir les rencontrer dans un troquet aussi miteux la Pierre de Sang... Ça, en revanche, c'était surprenant !
« Une idée à moi, avait répondit laconiquement le capitaine, un sourire soulevant les coins de son épaisse barbe noire. »
Il avait semblait à Alerith qu'il venait de lui donner la chute d'une bonne blague sans la lui raconter au préalable.
C'en était frustrant.

Les artères de la station étaient encombrées à toute heure d'une foule hétéroclite d'hommes, de femmes, de serviteurs et même de créatures qu'une âme aussi charitable qu'inexistante dans cette univers aurait pu qualifier de vaguement humanoïdes.
Tous se pressaient, se bousculaient et parfois s'écrasaient, poursuivant leur agenda personnels sans guère se préoccuper de leurs contemporains.
Aussi était il surprenant, pour quiconque aurait eu l'idée saugrenue de vouloir perdre du temps à contempler la cohue d'une position élevée, de voir celle ci se fendre en son milieu, formant une sorte de sillage aux bords constitués de gens s'amassant et se grimpant dessus dans leur hâte de laisser la place à l'homme qui formait l'étrave d'un navire imaginaire.
Celui ci marchait d'un pas tranquille mais résolu qui donnait l'impression qu'il n'aurait ni ralenti ni même dévié d'un iota quelque soit l'obstacle ou le nombre de personnes sur lequel il aurait du marcher.
Il dominait le monde de trois bonnes têtes. Engoncé dans son armure énergétique noire, il occupait la place de quatre homme.
Les lumières de la rue semblaient danser sur la céramite laquée, renvoyant un éclat métallique presque aveuglant lorsqu'elle venait frapper le bras droit plaqué d'adamantium ou prenant une teinte plus terne au contact de l'épaulière gauche, d'un blanc cassé orné d'un corbeau surplombant une goutte de sang. Parfois, lorsqu'il soulevait ses lourdes bottes, l'éclat bleu d'une genouillère fusait.
L'homme venait d'un autre monde, un univers que les badauds fuyant ne pouvaient concevoir. Les rares, assez loin ou assez braves, qui osaient lever les yeux vers lui ou se retourner le contemplait avec un mélange de terreur et d'émerveillement presque enfantins. Expressions que devrait toujours éviter d'afficher un visage couturé de cicatrices et bouffi d'alcool sous peine d'infraction capitale au respect de l'univers.
L'homme, lui, ignorait superbement son environnement. Bien sûr ce dédain ne l’empêchait pas de suivre chaque mouvement et d'analyser chaque risque, aussi minime soit-il. Il savait en son for intérieur qu'il ne risquait pas grand chose dans un port de l'Imperium mais des décennies de conditionnement et de batailles étaient à l’œuvre.
Du reste, qui aurait été assez stupide pour se mettre sur le chemin d'un Space Marine ?

Alerith vida d'un trait son verre d'Amasec et grimaça lorsque l'alcool lui brûla l'œsophage.
Bon sang, elle ne s'en serait même pas servit pour refroidir les moteurs du navire !
Elle en était encore à se demander comment soutirer des informations sur leur invité à son père lorsque le Space Marine franchit la porte de la Pierre de Sang.
Baissant un instant la tête pour passer l'entrer, il se redressa aussitôt et regarda à l'entour.
Les conversations se turent progressivement alors que les clients se rendaient compte du nouvel arrivant.
Alerith resta bouche bée un moment, ses yeux faisant des va-et-vient entre son capitaine, le visage impassible, et le nouvel arrivant.
« C'est... commença-t-elle avant de déglutir. Mais...
- Reprenez vous, ma fille. Oui, c'est notre invité.
- Mais... tenta-t-elle à nouveau.
Elle se racla la gorge pour retrouver une contenance.
« Pourquoi ? Pourquoi est-il ici ? »
Le capitaine sourit de plus belle.
« Voyez vous, ma chère, un de mes amis, ou plutôt deux à la réflexion, m'ont demandé de leur faire la faveur d'accepter ce jeune homme à notre bord. J'ai accédé à leur requête. »
Elle détailla l'homme imposant qui continuait de balayer du regard la salle a présent silencieuse. Elle n'aurait jamais penser qualifier de « jeune » un guerrier sacré de l'Empereur, qu'il veille sur nous dix mille autres années. A la réflexion elle n'aurait trouvé aucun qualificatif approprié parce qu'elle n'avait jamais pensé en rencontrer un jour.
Une seconde pensée chassa la première. Son père avais des amis capables de lui confier un space marine ? Et le lui demandant comme une faveur ? Elle sentait l'italique de ses pensées glisser sur son cerveau.
Le capitaine, lui, se demanda un instant si le terme de requête était bien formulé. A dire vrai il aurait pu difficilement refuser. Et n'aurait eu aucune raison de le faire.
Dès la réception du message, il avait imaginé mille situations où un dieu vivant trouvait sa place. Il n'avait bien sûr pas été question de déléguer qui que se soit pour l'accueillir. Non qu'il ne se soit inquiété de l'éventuelle réaction de son hôte mais plutôt de celle qu'affichait à cet instant Alerith, pourtant connue pour son sang-froid marmoréen, ainsi qu'il seyait pour son héritière désignée.
Tout en se levant et en faisant signe au surhomme, il constata que cette dernière et se mettant également debout venait de retrouver son habituel expression de calme déterminé.
Il sourit et s'inclina devant le space marine qui venait d'arrivé devant leur table. Toute la salle le suivait des yeux mais c'était prévu. Que tous sachent que le capitaine du Rising Sun avait des amis au sein de l'Astartes. Les légendes tiennent parfois à de petits détails.
Il sentait comme une bulle autour d'eux trois. Une subtile, mais néanmoins réelle séparation entre eux et le reste de l'univers.
« Monseigneur, dit-il en relevant la tête. C'est un plaisir de vous recevoir.
- Capitaine Oquida, annonça le space marine d'une voix profonde. Je suis le frère-archiviste Alahan des Blood Raven, marine exterminateur de la Deathwatch. Enchanté de vous rencontrer.
Son débit était mécanique, Alerith eu l'impression qu'il lisait un holo-prompteur situé quelque part au dessus de sa tête.
Elle cru un instant que le capitaine allait proposer de s'asseoir et réprimé un rictus à cette idée en voyant le tabouret minuscule au pied du guerrier géant.
« Je vous propose de regagner le bord, annonça l'officier. Nous y serons plus à l'aise pour discuter. »
Faisant signe au guerrier de le suivre, il se dirigea vers la sortie. Alerith fermant la marche. La bulle invisible les accompagna, écartant tout ce qui les séparaient de la porte.

Loin de là, à l'autre bout de la galaxie, littéralement, le frère-capitaine Celestius reposa la tablette de données contenant les minutes du procès en nomination du frère-archiviste Alahan au statut de frère exterminateur sur son bureau.
Celui-ci était peut-être le vétéran de décennies de combat mais l’expérience de Celestius, elle, se mesurait en siècles.
Il avait perdu le compte exact des années depuis le jour où il avait franchi les portes de la forteresse d'Erioch, base de la Deathwatch, la marque de son chapitre noircie sur son épaule. Il avait décidé de se donner corps et âme à l'organisation sans limite de temps pour des raisons qui n'appartenaient qu'à lui seul.
Il n'avait jamais voulu devenir capitaine. En entrant au service de la Deathwatch, il n'y avait vu qu'une manière, la seule qu'il avait alors jugé honorable, de mourir en servant une dernière fois l'Imperium et de rendre à l'Empereur de l'humanité l'honneur qui lui avait été fait en devenant frère de bataille.
Mais il avait survécu. Au fil des années il était monté en grade et avait lui aussi parcouru la galaxie en tant que marine exterminateur avant d'accéder au rang de capitaine.
Il soupira. L'Empereur lui était témoin que la sienne, de nomination, n'avait pas eu lieu dans des circonstances aussi... ridicules ?
Son regard revenait sans cesse sur les mêmes phrases, lesquelles illustraient parfaitement la raison de son sentiment. Un morceau de l’entretien qu'il avait eu avec le frère Alahan.
« Il refusait d'avancer, avait dit de frère-archiviste.
- J'aimerais que l'on soit clair une bonne fois pour toute, avait-il alors répondu. "Si tu, et là je vous cite. Si tu bouge pas ton cul de grox caparaçonné fissa je te colle mon bolter si loin dans ton cul de marinette que son guidon va te chatouiller la mucranoïde !" N'est pas, et ne seras jamais, une phrase d'encouragement réglementaire ni même toléré au sein de la Deathwatch ni dans aucun chapitre de l'Adeptus Astartes. »
A l'exception des Angry Marines avait-il alors pensé. Fort heureusement la forteresse avait jusque là échappée à leur présence.
Revenant à ses affaires courantes, il leva les yeux vers le visiteur, jusque là silencieux qu'il honorait de son accueil.
Les space marines étaient l'élite de l'Imperium, certes, et ne rendaient de compte qu'à eux-même. Mais parfois, pour la bonne marche de la défense des domaines de l'Empereur, il leur fallait interagir avec d'autres personnes qu'il valait mieux, en gardant un minimum d’objectivité - voir de bon sens - traiter en égal.
Les deux hommes n'évoluaient pas dans un monde d'amitié. Pour Celestius le concept le plus proche était peut être la fraternité qui l'unissait aux autre Spaces Marine quant à l'autre... Eh bien, il était de notoriété publique que, pour un inquisiteur, la galaxie se divisait entre leur propre personne et un nombre incalculable de gens plus ou moins suspects.
Pourtant il reconnaissait à cet inquisiteur là une distinction proche de frère d'arme, forgé par plusieurs années de combats communs. Distinction qu'il avait attribué à une seule autre personne en dehors de l'Astartes. Un capitaine qui, pour l'heure, se trouvait à l'autre bout de l'univers.
Ils se faisaient tous trois mutuellement confiance. Un luxe hors de prix mais qui avait été rentabilisé de nombreuses fois. Assez pour lui confier un frère de bataille. Archiviste de surcroît.
« Je ne peux toutefois pas me débarrasser d'un doute sur le bien fondé de cette décision, dit-il. Si vous n'étiez pas intervenu dans cette histoire je l'aurait renvoyé dans son chapitre.
- Monseigneur, murmura l'inquisiteur d'un voix douce. On ne renvoie pas un archiviste, Blood Raven de surcroît, s'il existe une autre voie. »
Le frère Celestius regardait le bloc de donné d'un air morne. L'argument lui avait paru censé sur le moment, d'autant plus qu'il l'avait formulé le premier à bien y repenser. Lorsqu'il avait reçu le rapport de discipline du frère Alahan il s'était revu quelques siècles plus tôt et avait eu un instant aussi fugace qu’inapproprié de compassion.
Son regard se porta sur la conclusion du procès. C'était ses propre paroles.
« En conséquence vous accédez à la fonction de marine exterminateur. Votre première mission sera de vous rendre à bord du Rising Sun, sous les ordres du capitaine Oquida afin d'apprendre le sens de la fraternité au combat en dehors de votre chapitre d'origine. Vous me ferez un rapport détaillé régulier sur vos avancés en la matière. »

Et le premier message était arrivé, relayé par les astropathes.

+++ A l'attention du frère-capitaine Celestius, membre de la Chambre de Vigilance de la forteresse d'Erioch,

Par la présente, j'ai l'honneur de vous rendre compte de ma prise de contact avec le capitaine Oquida, commandant le croiseur cuirassé Rising Sun.
Contact établi dans le débit de boisson dénommé « la Pierre de Sang » sis sous les artères Dorées de Port l'errance.
Prise de fonction ce jour au rang de maître d'arme et maître d'abordage en second à bord du croiseur sus nommé pour une durée indéterminé.

Respectueusement,

Frère-archiviste Alahan, du chapitre Blood Raven, marine exterminateur de la Deathwatch

Pensée du jour : Dans les ténèbres, l'Empereur guide vos pas. +++
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Tenkaranpu
La chienlit c'est lui!


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Localisation : Quelque part, en train de regretter Araxyrie, sniff sniff...

MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Ven 7 Juin 2013 - 19:44

J'en connais qui vont faire un test de moral en lisant le titre de la fic... :rire2:

Ce début de fic est prometteur. Le style est agréable à lire, les idées sont intéressantes, la surprise pour le moins... surprenante ! Oui, ça ressemble à un début de RP, mais je pense qu'avec quelques efforts tu pourrais le développer en une fic avec pas mal de chapitres. ;)

_________________
 


Les Primarques devaient être des exemples frappant d'hommes guéris de la souillure de la corruption. L'énergie du Warp non corrompue coulerait en eux comme elle coulait par l'Empereur lui-même, les fortifiant et leur conférant des pouvoirs comme en possédaient les anciens chamans (...) Employant ses pouvoirs psychiques, l'Empereur les localisa petit à petit et retrouva chacune de ces créations originales qui furent réunis avec les chapitres Space Marines créés à partir de leurs empreintes génétiques. Ils ne semblaient pas avoir été touchés par le Chaos (...) [Mais] En fait, leur apparence physique était décevante, nombre de Primarque furent souillés par leur contact précoce avec le Chaos.

- Realms of Chaos : The Lost and the Damned, page 174 et suivantes, extrait.

Russ avec de l'ADN canin, les Primarques crées avec l'aide des dieux du Chaos... la saga de l'Hérésie d'Horus de la BL est écrite par des hérétiques... ♪

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Aleph



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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Mar 11 Juin 2013 - 19:10

Bonjour, deuxième partie de ma fic au titre Ô combien original...

J'ai conscience de faire quelques petites entorses au canon (et de manier les euphémismes avec beaucoup de bonheur), quoique si l'on considère bien les différents encarts des suppléments du JdR pas tant que ça en fait...

Cette phrase constitue mon plaidoyer.

Cela étant dit : Bonne lecture (le texte est un bon pavé, j'espère que la mise en page ne fera pas trop saigner les yeux)


Chapitre Premier – Ship Rumble

Debout, silencieuse, à la droite du capitaine, Alerith parcourait la titanesque passerelle du navire stellaire d'un œil inquisiteur.
Il lui revenait souvent en mémoire la première fois où elle avait franchi le lourd sas blindé qui isolait la salle du reste du vaisseau.
Elle n'avait alors qu'une dizaine d'années et la pièce lui avait semblé être une caverne aux proportions cyclopéennes, encombrée de consoles et de tables hololithiques devant lesquelles s'étaient affairées des générations entières de timoniers.
Tout bien considéré, la taille de la passerelle était insignifiante en comparaison des quelques cinq kilomètre du croiseur.
Au centre de cette débauche de technologies pluriseculaires, dominant son monde sur une haute estrade, trônait le fauteuil du pacha, à la droite duquel elle se trouvait à cet instant.
A l'époque, un autre homme s'était tenu sa place.
Le pourtour de la salle, pourtant séparé de l’extérieur par plusieurs dizaines de mètres d'adamantium, rendait une vue panoramique de l'espace alentour via un ensemble de dalles holo.
Aujourd'hui les quais de Port l'Errance étaient visibles à tribord.

Depuis sa nomination au poste de commandant en second, quelques années plus tôt, elle avait appris à apprécier cet instant, lorsque les moteurs, qui avaient préchauffé des jours durant, revenaient brusquement à la vie dans une vibration parcourant l'antique bâtiment de la poupe à la proue.
« A vous l'honneur, ma chère, dit le capitaine en lui tendant le communicateur sans lever les yeux de la tablette de données qu'il était en train de lire. »
Alerith acquiesca en prenant l'appareil. L'objet tenait dans la paume de la main. Un simple micro équipé d'un bouton poussoir, qui transmettait ses moindres désirs et auxquels s’efforçait de répondre le vaisseau.
« Poste de manœuvre général, annonça-t-elle en le portant à ses lèvres. L'officier en second à la manœuvre. »
Elle imaginait sans peine les milliers d'hommes d'équipage, immobiles à leurs poste, dans l'attente de l'ordre suivant.
A ses pied, une femme, jusque là à l'écoute des informations diffusées dans son implant auriculaire, leva la tête vers elle.
« La capitainerie nous donne l'autorisation d'appareiller, ma dame. 
- Reçu. »

Bien sûr, l'appareillage ne serait pas immédiat. Il allait encore falloir deux bonnes heures avant que les chefs de zone rendent l'appel de leurs équipes.
Elle apercevait déjà les énormes ombiliques se retirer du flan du navire, soutenus par d'immenses grues, et les manœuvriers en scaphandre spatiaux, simples points noirs s'affairant sur les tuyaux.
Elle parcourut de nouveau la passerelle et avisa le frère-archiviste Alahan. Il avait troqué sa lourde armure contre une simple robe de bure et se tenait pour l'heure immobile, les mains dans le dos, contemplant les manœuvres de quai.
Il n'avait pas dit grand chose depuis qu'il était monté à bord. Se contentant d’acquiescer lorsqu'elle lui avait montré sa cabine.
Une pièce nue, en dehors des cinq lits qu'il avait fallut accoler pour lui offrir une couche suffisamment grande pour qu'il puisse s'y allonger. Elle avait été tenté un instant de s’excuser de ne pas pouvoir lui offrir de table de travail à sa taille avant de se raviser.
Des rumeurs couraient que les Space Marines dormaient sur de simples dalles de pierre. En comparaison, un matelas – ou cinq en l’occurrence – devait relever du luxe le plus décadent.
Elle se demanda un instant si elle avait commis un impair.
De part son statut d'héritière désignée de la lignée des Oquida, elle se devait de connaître l’étiquette à adopter en toute situation et s'était toujours acquittée de sa tache sans le moindre faux pas. Mais, depuis l'arrivée du guerrier, elle avait l'impression d’avancer à l'aveuglette, sans même le secours de son père qui semblait traiter leur invité comme n'importe quel autre passager.
Elle soupçonnait le vieil homme de lui cacher des informations capitales et, que l'Empereur la garde d'en concevoir de la rancœur, d'éprouver un grand plaisir à la voir se débattre. Elle s'avisa qu'il s'agissait peut-être d'un test. Si tel était le cas elle avait bien l'intention de le réussir haut la main.
Elle revint à la réalité lorsqu'elle entendit l’opérateur des communications rendre l'appel.
« Toutes zones, complet! »
Elle haussa un sourcil. Au moins, aujourd'hui le machinarium ne se faisait pas tirer l'oreille pour finir ses prières de synchronisation à temps.
La manœuvre de désaccouplement venait également de se terminer, les technoprètres des auxiliaires ayant finit leur liturgie de mise en route.
« Communication de la passerelle, annonça-t-elle. Rupture des liaisons filaires avec la terre. Le bord est alimenté par les auxiliaires avant et arrière. »
Elle fit un signe au chef de quart, l'homme acquiesça d'une rapide inclinaison du menton et se tourna vers le pupitre auquel il était relié par un réseau de câbles, portant deux doigts à sa gorge.
« Le Rising Sun appareil ! »
La voix amplifiée tonna sur la passerelle et, Alerith le savait, dans chaque recoin du navire. Donnant aux équipes d'amarrage le signal d'enclencher les macro-treuils qui allaient sous peu reprendre sur les lourdes haussières, larges comme trois hommes, qui stabilisaient le navire contre le quai.
L'annonce n'était pourtant qu'un symbole. Le vrai signal avait été donné plus tôt, transmis par les antiques cogitateurs qui avaient relayé l'information jusqu'aux machines esclaves dédiées à la gestion des treuils. Mais il était important de se rappeler que c'était l'Homme et ses prières qui poussaient les esprits de la machine à agir et non ces derniers qui étaient amenés à prendre des décisions de leur propre chef.
Lentement elle égrena les ordres à l'attention du timonier : cap et vitesse puis accélération et vecteur.
Doucement le Rising Sun s'éloigna de la station, négociant un virage en direction de l'espace profond.
Il lui faudrait encore une demi journée de voyage dans l'espace normale avant qu'il ne soit à distance suffisante pour enclencher ses moteur warp en direction des étendues de Koronus et alors... à la grâce de l'Empereur.
« Rompre du poste de manœuvre général annonça-t-elle. La demi-bordée Charlie au poste de navigation. Le premier-maître Carnélia prends le quart. »
Elle soupira en rendant le communicateur à son père. L'appareillage venait de prendre fin et avec lui le moment d’excitation qu'il procurait. Devant elle s'étendait l'espace vide. Elle savait qu'elle aurait pu apercevoir la station rapetisser rapidement si elle avait tourné la tête mais elle avait depuis longtemps appris à ne pas le faire, cette vision lui procurait toujours un vague sentiment de nostalgie.
« Une manœuvre impeccable, commenta le capitaine en levant les yeux de sa tablette. Comme toujours.
- Merci, monsieur, répondit-elle simplement. »
Le capitaine était son père. C'était un fait connu de tous sur le navire. Tout comme chacun à bord savait qu'un jour elle serait appelé à lui succéder sur le fauteuil de commandement.
Mais à cet instant, lorsqu'ils étaient tous les deux sur la passerelle, il était le capitaine Oquida, commandant du Rising Sun, et elle... Eh bien ! Elle était l'officier en second Oquida.
« Je pense qu'il est temps d'aller présenter notre invité aux membres de l'état major, dit-il. Et de lui faire faire un rapide tour des lieux. 
- Reçu, acquiesça-t-elle. De tout l'état-major, monsieur ? »
Le capitaine donna l'impression de réfléchir un instant, quoiqu'elle ne douta pas qu'il avait déjà un ordre tout prêt à ce sujet.
« Peut-être serait-il mieux de ne pas lui présenter tout de suite son supérieur direct. Si l'Empereur et les courants Warp le veulent bien nous arriverons sur zone dans trois semaines. Nous avons encore du temps avant le débarquement. »
Elle s'inclina en signe d’acquiescement, soulagée, et se dirigea vers le frère de bataille qui n'avait pas quitté des yeux la large baie holo-lithique et le vide stellaire.
L'homme la mettait toujours aussi mal à l'aise. Elle se porta à sa hauteur, contemplant elle aussi les écrans un instant et se racla la gorge pour attirer son attention.
« Hum, premier appareillage, monseigneur ? »
Alahan baissa les yeux vers elle. Bon sang ! Cet homme la dominait de plus de quarante centimètres !
« Non. »
La voix était calme, monocorde. Elle se dit qu'elle venait de poser la question la plus stupide de sa vie. Évidemment que non ! Il devait avoir cinq fois son age et avait probablement passé sa vie sur tout les champs de bataille de la galaxie !
« Puis-je vous proposer un tour du vaisseau, reprit-elle gaillardement. Et vous présenter les membres haut-gradés de l'équipage ? »
Il lui sembla que l'homme évaluait la question, elle sentait qu'il estimait la pertinence de la demande et probablement les risques qu'elle présentait.
« Oui, finit-il par répondre. »

Le capitaine les suivit du regard jusqu'à ce qu'ils aient quitté la passerelle puis reporta son attention sur sa tablette. Il relut une dernière fois son contenu et le transmis au chœur astropathique pour un envoi prioritaire et sécurisé.
« Prenez le commandement, monsieur Carnélia, ordonna-t-il au chef de quart en se levant. »
Quittant la passerelle, il s'engagea dans un ascenseur qui le mena quelques ponts au dessous.
Lorsque la porte de la cabine s'ouvrit, il prit soin de vérifier l'état de la batterie de son arme et s'engagea dans la coursive sombre qui s'étendait devant lui.
Elle faisait partie de ces secteurs peu empruntés du bâtiment. Presque à l'abandon, elle ne bénéficiait que de l’éclairage rouge de secours. Lequel s’éteignait par moment.
Remontant la coursive en prenant soin d'éviter les dalles gravitique défectueuses, il arriva devant une soute dont la porte blindée avait été arrachée depuis longtemps.
Le local était vaste mais pour l'heure encombré de piles instables de mécanismes hors d'âge et pour la plupart hors d'usage, réduisant d'autant la place disponible.
Un espace avait été dégagé au milieu de la pièce, délimitant les contours d'un élévateur au centre duquel trônait un vieux VAB Rhino à moitié désossé.
Un fredonnement grave et décousu montait de la trappe supérieur ouverte, entrecoupé de chocs métalliques.
« Pouvez-vous sortir et m'écouter un instant ? Appela le capitaine »
Le martèlement s'interrompit, remplacé par le cliquetis d'une clef à douille.
«Suis un peu coincé là, patron. Mais j'vous écoute. »
La voix, grave et étouffé, provenait des environs de la chenille droite. Oquida s'approcha et se baissa à l'endroit où il pensait trouver son propriétaire, il entrevit une grosse main noire de cambouis s'agiter en un vague salut.
« Mais comment avez vous réussi à vous loger la dedans ?
- Ai glissé. Tête la première dans la trappe. Mais hey ! Y'a un super accès au moteur avant ! »
Quel que soit l'inconfort de sa position, le mécanicien invisible semblait très heureux de sa situation.
« Qu'importe, reprit le capitaine. Votre nouveau subordonné est arrivé récemment. J'aimerais que vous quittiez ce Rhino un instant pour allez l’accueillir.
- Va pas être facile, patron. Faut que j'arrive à m'virer le pied de l’affût du bolter mais si j'tire trop fort, j'le casse. »
Comme pour illustrer ces propos l'arme se balança de gauche à droite.
« Faites le nécessaire pour vous sortir de là et rejoignez le. Alerith lui fait faire le tour en ce moment même. »

Alahan suivait l'officier en second dans le dédale de coursive, prenant soin de mémoriser le chemin.
Si quelqu'un lui avait posé la question, à supposer qu'il consente y répondre, il aurait admis se sentir mal à l'aise.
Le statut de marine exterminateur n'était pas courant.
Il exigeait une bonne autonomie et une certaine volonté d'indépendance, choses rares chez un guerrier conditionné dès son plus jeune âge à se battre entouré de ses frères.
Alahan savait que sa nomination tenait d'avantage de la sanction disciplinaire que de la promotion méritée. Il avait néanmoins bénéficié des modules de formations et d'hypno-endoctrinement standard dédié à son nouveau statut.
Mais aucuns ne l'avaient réellement préparé à être un géant solitaire au milieu d'une multitude de nains.
Les vaisseaux de son chapitre et de la Deathwatch avaient été conçu pour accueillir les guerriers de l'empereur et leurs armures sacrées.
Ici, il devait sans cesse baisser la tête dans des coursives aux plafonds encombrés de faisceaux de câbles qu'on aurait dit tirés au hasard et passer de profil dans des portes trop étroites pour qu'il se permette de porter son armure.

Alerith l’entraînait de plus en plus profondément dans les entrailles du Rising Sun. Se fendant parfois d'un commentaire.
« Voici le carré des officiers. » annonçait-elle en désignant une salle occupée par de nombreuses tables rondes certainement trop petites pour qu'il puisse s’asseoir devant.
« Et là, le central opération. » cette phrase concernait une petite pièce où un technoprètre, qui avait certainement eu un problème avec son implant-télémètre, avait jugé possible de faire rentrer l'équivalent des cogitateurs de la passerelle dans un local trois fois plus petit. Et avait réussi.
Et la visite se poursuivait.

« Nous arrivons maintenant à la chambre de navigation warp, annonça-t-elle en lui désignant une énième porte blindée. »
Tournant le lourd volant centrale qui la fermait, elle l'ouvrit lentement. Il la vit jeter un regard à l’intérieur et pousser un soupir avant d'y pénétrer.
Il la suivit en baissant un peu plus la tête pour éviter le chambranle.
La pièce était sombre, seule une dalle holo-lithique horizontale figurant une carte l'éclairait.
Rapidement ses yeux s'accoutumèrent à la pénombre, lui offrant une vision aussi parfaite que dans la coursive.
Deux hommes étaient penché sur la cartes, relevant la tête à leur arrivée. Les yeux du premier s’écarquillèrent à sa vue, quant au second...
« Je vous présente maître Menelas, notre Navigator en chef, dit Alerith en désignant celui qui le regardait d'un air ébahi. »
Alahan nota effectivement le troisième œil, caractéristique du gène des navigator, qui ornait le front largement dégarni du petit homme en robes qui venait de lui être présenté. En dépit de sa calvitie, il semblait jeune et, en tous les cas, dépourvu des déformations qui atteignaient couramment les membres âgés de son espèce.
Il était difficile de qualifier son comparse. Guère plus grand mais beaucoup plus malingre, il portait une sorte de long manteau gris sur une tunique noire, un chapeau à large bord plongeait la plus grande parti de son visage dans les ténèbres les plus impénétrable.
« Et voici maître Garett, dirigeant le chœur astropathique du bord. »
Ce dernier salua en soulevant le bord avant de son couvre-chef, révélant un instant le bandeau blanc qui lui couvrait les yeux.
« Lequel maître Garett devrait à l'heure actuelle se trouver à son poste, ajouta-t-elle d'un ton de reproche. Dans la chambre du chœur. »
Celui-ci haussa les épaules.
« J'aidais Menelas, répondit-il d'une voix nonchalante. Faire du tri dans les vieilles cartes, ce genre de choses. »
Alerith lui jeta un regard mauvais avant d’entraîner son visiteur vers la sortie.
Avant qu'elle ne referme la porte blindée, il fut certain d'entendre l'Astropathe murmurer au Navigator.
« Putain, tu vois, le vieux a vraiment dégoté un Astartes ! Où... »
La porte claqua sur la fin de la phrase.
Elle l’entraîna bien vite vers la suite de la visite, il lui sembla qu'elle avait accéléré le pas, cherchant à mettre le plus de distance en la chambre de navigation et eux.

« Ah ! Voici maintenant l'infirmerie, annonça-t-elle soudain. Bien sûr, ce n'est que celle de ce pont mais c'est ici que ce trouve notre infirmière en chef. »
La double porte s'ouvrit sur une vaste salle grise où s'étalait des rangés de lits vides. Au fond se trouvait une petite pièce aux vitre miroirs qui devait donner un visuel sur l'ensemble de l'endroit.
L'officier en second le conduisit vers cette dernière, frappa à la porte et entra sans attendre de réponse.
La pièce était petite, bien éclairé et bordée de placards. Au milieu se trouvait un siège inclinable et contre le mur du fond se trouvait un bureau de fer et un tabouret.
Occupé pour l'heure par une jeune femme en robe noire, aux cheveux décolorés coupés au carré, un respirateur pendant à son cou.
« Je vous présente la Soeur Mégane. »
La femme se leva et s'inclina.
«L'ordre hospitalier de l'eau purifiée a détaché sœur Mégane en la qualité de missionnaire et médecin de bord, le renseigna l'officier.
- Un Astropathe sans manière, une sœur hospitalière et moi-même ? Votre capitaine aime à s'entourer de suivants originaux, officier, constata Alahan. Avez-vous d'autres curiosités en réserves ? »
Il vit la sœur lancer un regard paniqué à Alerith qui secoua la tête.
« Le capitaine est à la tête de la maison Oquida depuis très longtemps, monseigneur, répondit cette dernière d'une voix mesurée. Le Rising Sun est encore plus ancien. J'aimerais d'ailleurs vous montrer maintenant une des merveille de ce vaisseau. »
Sans attendre de réponse elle tourna les talons, l’entraînant à sa suite. Laissant seule la sœur Mégane dans la petite infirmerie.

« Quand rencontrerai-je mon... supérieur ? »
Alahan n'aimais pas l'idée d'être subordonné à qui que ce fût à bord de ce vaisseau et quel que fût le rang de ce dernier.
« Bientôt, promit Alerith en accélérant encore le pas. »
Ils empruntaient à présent une large coursive où il pouvait enfin se redresser de toute sa hauteur. Le couloir était jalonné d'une série de portes étanches qu'ils devaient ouvrir et refermer au fur et à mesure de leur progression.
L'officier en second finit par s’arrêter devant l'une d'elle.
« Vous allez entrer dans le plus bel endroit du Rising Sun, annonça-t-elle, une main sur le volant. Un des miracle du moyen-age technologique. »
Elle ouvrit le battant et s'effaça, lui faisant signe d'entrer.
Une fraction de seconde, Alahan cru qu'elle venait de lui faire passer un sas menant sur le vide.
L'habituel plafond encombré de câbles venait de disparaître, laissant la place à la nuit spatiale.
Mais il y avait une atmosphère. Ils venaient d'entrer sous un gigantesque dôme de transparacier donnant sur le vide.
Baissant les yeux, il vit que les plaques gravitiques étaient devenues un parterre d'herbe rase, montant en pente douce jusqu'au centre de la pièce, formant une petite colline au sommet de laquelle était planté un arbre immense dont les frondaisons touchaient presque la coupole.
Il sentait une brise fraîche aux odeurs d'humus.
« Nous voici dans l'arboretum, le renseigna Alerith. »
Sans attendre de réponse, elle passa devant lui, l’entraîna sous l'arbre et le contourna. Arrivant à sa hauteur, Alahan vit qu'à ses pieds on avait disposé une petite table ronde de faire forgé entourée de chaises.
« On dit que c'est un ancêtre Oquida qui l'a trouvé sur une épave à la dérive. Le dôme était éventré et l'arbre mort.
Par chance la plupart des machineries étaient intacts et il a pu les installer ici avec l'aide de prêtre de Mars. 
- Et l'arbre ? demanda Alahan, la tête levé vers la cime. »
Il devait faire plus de dix mètres de haut, noueux, il lui rappelait...
Étrange, de vagues souvenirs lui revenait en mémoire. Il ne devait pas avoir plus de huit ans et un homme lui expliquait comment déterminer l'age d'un arbre en comptant les anneaux du tronc...
Il les pensait effacé depuis longtemps.
« Mon ancêtre la planté là après avoir remit l'arboretum en état, la voix d'Alerith venait de très loin, étouffée. La légende dit que la graine venait de Sainte Terra et qu'aucun contrat signé à son ombre ne peut être rompu. »
Le space marine reporta son attention sur elle.
« Est-ce vrai ? »
La jeune femme eut un sourire mauvais, rompant le charme et faisant disparaître la vague de souvenir. Sans s'expliquer pourquoi il lui en voulut.
« Peut-être, répondit-elle. Les personnes invités à signer un accord ici passent habituellement par la « Voie d'Honneur ».
« Merci d'avoir signé. » leur dit-on. « Nous allons vous raccompagner à votre navette. Le chemin est simple, il suffit de remonter la coursive sur un kilomètre. Oui celle qui passe au dessus des hangars de chasseur et des soutes où vous avez pu apercevoir nos servants de macro-canons. Oh, à propos, vous ais-je parlé de la lance stellaire ?
On peut faire beaucoup de chose avec un bel arbre et une torpille cyclonique. »
Alahan soupira alors qu'ils redescendait la colline. L'espace d'un instant il avait sentit... quoi au juste ? Ça n'était pas d'ordre psychique, il en était certain.
Mais, s'il existait une magie qui ne provienne pas de l'Immaterium, alors cet arbre gigantesque en était une incarnation. Il se demanda un instant si passer plus de temps à son pied pour étudier le phénomène était pertinent.
Il venait de franchir de nouveau l'accès à la coursive et ses réflexions volèrent en éclats.
« 'lors c'est toi, l'marine boy ? »
Il resta interdit. A quelques mètres de lui, occupant tout l'espace de sa carrure massive se trouver une créature aussi haute que large, verte, à la figure prognathe fendue d'un grand sourire.
Il baissa les yeux vers Alerith qui avait blêmit.
« Un... Ork ?
- Oh... merde, souffla l'officier en second. »
Ca ne pouvais pas être possible sur un navire impérial, même sur un vaisseau Libre-Marchand...
Il y avait un ork dans la coursive.
Peut-être Oquida avait-il fait un prisonnier... Mais on emprisonnait pas un Xenos... On l'exterminait.
Là, devant lui. Avec une clef à molette.
Des décennies de conditionnements prirent le relais.
Un ork...
Dans un tonnerre de statique une boule d'énergie naquit au creux de ses mains, des décharges bleutées se mettant à la terre, laissant de petites marques noires sur les dalles.

Alerith, pétrifiée de terreur, sentit qu'on la tirait en arrière. Elle fut entraînée à nouveau dans l'arboretum.
Elle entrevit Menelas qui fermait la porte étanche au moment un flash d'un blanc pur inondait les lieux, accompagné d'un roulement de tonnerre.
Déséquilibrée, elle s'écroula aux pieds de Garett qui venait de la lâcher.
Elle leva les yeux vers le visage masqué de l'Astropathe.
« C'est vous ! Accusa-t-elle en se relevant. Vous avez appelé Bob ?
- Nope, m'dame, réfuta l'homme, levant les main en signe d'apaisement. Mais on a entendu dire qu'il était remonté de sa soute. Quelqu'un lui aura sans doute annoncé l'arrivé... »
Il fut interrompu par un choc sourd. La porte trembla mais tint bon.
« ...de son nouveau jouet, apparemment, termina-t-il.
- Il se bat contre un Space Marine ! hurla-t-elle 
- Ne vous inquiété pas, ma dame, intervint Menelas. Nous avons tout prévu. »
Il écarta un pan de sa robe, révélant une grenade, l'objet ressemblait à une bouteille aérosol équipée d'un détonateur.
« C'est un Space marine ! répéta Alerith. Ils sont connus pour résister aux toxiques !
- Pas de soucis, renchérit l'Astropathe. J'ai ses p'tites sœur. »
Écartant son manteau, il saisit les deux grenades qu'il portait à la ceinture.
« Faut toujours s'attendre à l’imprévu, ajouta-t-il d'un air bonhomme. »
Il hocha la tête en direction de la porte, forçant Alerith à reculer pour ne pas être heurtée par le bord de son chapeau.
« Menelas, dit-il en dégoupillant successivement les deux détonateurs, gardant un doigt sur les verrous de sûreté. A toi l'honneur d'ouvrir. »
Le navigator s’exécuta. Une main sur le volant, il saisit sa propre grenade, entrouvrit la porte et la fit rouler dans la coursive, imité par Garett.
Avant de la refermer, il eut le temps d'apercevoir l'ork et le space marine entremêlés en un furieux pugilat au milieu du couloir noirci.
Il ne put voir le visage d'Alahan mais celui de Bob semblait afficher une joie intense.
Les clameurs du combat, couvrant à peine le sifflement des trois grenades disparurent dans un claquement sec lorsqu'il referma le lourd panneau de métal.
Il toussa. En dépit de sa rapidité, il venait d'inhaler un peu du gaz qui devait maintenant avoir saturé l'air de la coursive.
Garett colla son oreille à la porte. Il lui sembla entendre de lourdes quintes de toux suivit de deux bruits sourds.
« Très efficace, commenta-t-il.
- Qu'est-ce que c'était ?
- Encens sacré de l'Ecclesiarchie. Production artisanale de la soeurette.
- Mégane fabrique des gaz de combats en secret ?! Cette journée va de mal en pis.
- Je crois que le capitaine lui a demandé personnellement un mélange suffisamment puissant pour assommer un troupeau de grox. Plutôt efficace. »
Il saisit un communicateur à sa ceinture et l'activa.
« Très bien, escouade rouge. Vous devriez pouvoir les récupérer. »
Ils entendirent un bruit de bottes de l'autre côté. Alerith imagina les forces de sécurité du bord, en livrées rouges et pantalons noirs, équipés de respirateurs, arriver, se saisir des deux protagonistes et les emmener l'Empereur et le capitaine seuls savaient où.

Alerith remonta la coursive jusqu'à la cabine de son supérieur de père et entra sans frapper.
« C'est vous ! l'accusa-t-elle en faisant claquer la porte contre la cloison. Vous aviez prévu de faire remonter Bob de sa cale pour qu'il croise le Space Marine « par hasard » ! »
Oquida, assis derrière son bureau, face à la porte, releva la tête de la tablette qu'il était en train de lire.
« Une chance pour ce pauvre arboretum qu'ils se soient croisés dans la coursive, n'est-ce pas ? répondit-il d'un ton calme.
- Une chance ? J'ai faillit me retrouver coincée entre un ork et un psyker !
- Tu serais un bien mauvais second si tu n'avais pas pu t'en sortir sans dommage, éluda-t-il.
Comprends moi bien : Employer un Xenos, même assermenté, n'est pas anodin. Encore moins lorsqu'un frère de la Deathwatch monte à bord. Qu'aurais-je du faire selon toi ? Les faire se rencontrer dans une semaine ou deux ? Lorsque nous aurions été dans le Warp, hors de portée de toute communication astropathique ? »
Alerith ne sut quoi répondre, se contentant de lui jeter un regard furieux.
« J'ai ici de quoi calmer notre jeune Marine, continua-t-il en saisissant la tablette de données posée devant lui. Quant à vous, officier en second. J’apprécierai qu'à l'avenir vous ne maltraitiez plus ma porte et que vous ayez la politesse réglementaire d'y frapper avant d'entrer. »
Alerith serra les dents et inspira avant de se redresser.
« Reçu. Monsieur, répondit-elle d'un ton roide »
Elle effectua un demi-tour si impeccable qu'il en était devenu exagérément théâtral et sortit, fermant la porte sur un Oquida qui ne put réprimer un sourire.
Ce dernier attendit que l'écho des pas de sa fille se soit estompés avant de se lever à son tour.
Saisissant la tablette de donnée il prit le chemin des quartiers disciplinaires.

La prison du bord était un endroit sombre. Nul ne savait si elle avait été conçue de cette manière mais, après des siècles d'entretiens sporadiques, elle avait pris l'apparence d'une longue enfilade de cellules métalliques des murs desquels suintait une couche épaisse de rouille.
Faisant signe au gardien des lieux de lui ouvrir, Oquida pénétra dans l'une d'elle.
Elle contenait l'ork, pour l'heure tranquillement allongé dans le fond, une large estafilade venant de s'ajouter à la collection de cicatrices qui ornait son visage.
Il ouvrit un œil et décocha un grand sourire à son capitaine.
« 'z'en avez recruté un bon, patron, dit-il visiblement ravi. Vais bien m'amuser.
- Vous l'avez attaqué.
- Hey, c'est lui qu'a commencé ! J'devais quoi faire ? L'envoyer des roses ?
- Ne pas tenter de l'envoyer sur les roses aurait été un bon début.
- Bah, c't'un marine boy. Sont solides. Par contre ça va être duraille de bosser avec.
- Je me charge de cette partie. Assurez vous seulement de ne pas lui sauter dessus lorsque vous serez amené à travailler ensemble. Maintenant, sortez d'ici et retourner à vos réparations.
- C'est vous l'big boss, patron, répondit l'ork en se levant. »

Oquida s'assura que Bob passe la porte du quartier disciplinaire avant d'entrer dans la cellule suivante.
Il y trouva Alahan, assis en tailleur, qui ouvrit grand les yeux à son approche et tenta de se jeter sur lui.
Le guerrier s’arrêta net, entravé dans son attaque par les lourdes chaînes couvertes de runes hexagrammiques qui le retenaient prisonnier au mur, une légère corrosion était visible au niveau des anneaux sur ses poignets.
« Traître ! cracha-t-il en tirant sur ces liens.
- Veuillez excuser ce manque de courtoisie, répondit le capitaine en l'ignorant. »
« Veuillez également considérerez ceci, ajouta-t-il en lui jetant la tablette sur les genoux. Je l'ai reçu du capitaine Celestius. »
Alahan saisit l'objet et en commença la lecture, son visage se décomposant au fur et à mesure.
« Impossible, répondit-il lorsqu'il eut finit. Je suis de la Deathwatch.
- Monsieur Alahan. Au moment même où vous avez mis les pieds sur ce bâtiment vous êtes passé sous mon commandement. Vous êtes Space Marine, soit, mais ici je suis seul maître à bord après l'Empereur. Ce qui, en substance, est le contenu du message du capitaine Celestius.
De plus, le maître d'abordage Borgrub est votre supérieur direct. Vous avez pu constater que le frère-capitaine était également au courant de ce détail. Cela faisait parti de notre accord initial, d'ailleurs.
Enfin, j'aimerais vous signaler que le maître d'abordage est un Xenos assermenté. La procédure est rare mais existe même si je dois avouer, à votre décharge, que sa marque d'assermentation était, au moment de votre rencontre, couverte par la couche de cambouis qui le quitte rarement.
En conséquence de quoi, il serait bon que vous mettiez de côté une partie de votre condition de Space Marine le temps de votre séjour parmi nous.
Celestius compte sur vous mais, je sais que vous en êtes conscient, votre nomination tiens à la fois de la mesure disciplinaire et de la formation continue.
Vous êtes ici pour servir dans un cadre externe à votre environnement habituel et, lorsque le moment sera venu, vous reviendrez au sein de la Deathwatch avec le bagage fraternel qui jusqu'ici semble vous avoir fait défaut.
Jusqu'à ce que ce moment arrive, je souhaiterais ne plus avoir de soucis disciplinaire avec parce que comprenez bien que tout Archiviste Space Marine que vous soyez, le capitaine Celestius me connais depuis bien avant votre naissance et portera toujours plus de crédit à ma parole qu'a la votre.
Ais-je été assez clair ? »
Si les Space Marines avaient disposé d'implants oculaires permettant de tuer, Oquida serait mort sur le coup.
Il savait qu'Alahan ne s'avouait pas définitivement vaincu mais il fut satisfait de le voir acquiescer.
Il venait de gagner la première d'une longue série de bataille.
Il quitta la cellule, laissant le soin au geôlier de libérer le frère de bataille.
Revenant à sa chambre il se dit que le frère-capitaine Celestius lui avait confié une tache dont il ne viendrai jamais à bout de son vivant.
Il s'y était pourtant engagé mais il devait parer à toute éventualité.

S’asseyant à son bureau il saisit une plume, un parchemin et s'attela à la rédaction d'un message à transmettre via le chœur astropathique.

+++ Cher frère-capitaine Celestius,...
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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Mer 12 Juin 2013 - 21:58

"Avant de la refermer, il eut le temps d'apercevoir l'ork et le space marine entremêlés en un furieux pugilat au milieu du couloir noirci.
Il ne put voir le visage d'Alahan mais celui de Bob semblait afficher une joie intense. "


Petite hérésie fluffique. Un archiviste peut ne pas avoir besoin du corps à corps (moins d'un mètre) pour tuer un non-psyker. Et surtout un archiviste Deathwatch contre un ork de carrure moyenne.
 Un télépathe peut lui griller le cerveau. Un télékinésiste peut essayer d'arracher le coeur des veines et artères. Un pyromancien... même en càc, si on lui fait une prise, il n'a qu'à chauffer son armure énergétique. Lui-même ne sentira que peu ou pas les brûlures (l'armure énergétique disperse très bien l'énergie cinétique et la chaleur) mais celui qui essaie de lui faire une prise aura l'impression de faire une prise à une casserole bouillante géante, sinon encore plus chaud. Et c'est pareil pour toutes les autres disciplines psychiques du fluff contemporain... bref. 


C'était quand même marrant. :rire2:


Ce n'était pas totalement imprévisible, et je me suis dis "c'est quand même pas un ork mekano, le mécanicien du rhino, là ?" Bah si en fait ! XD


J'attendrais la suite.

_________________
 


Les Primarques devaient être des exemples frappant d'hommes guéris de la souillure de la corruption. L'énergie du Warp non corrompue coulerait en eux comme elle coulait par l'Empereur lui-même, les fortifiant et leur conférant des pouvoirs comme en possédaient les anciens chamans (...) Employant ses pouvoirs psychiques, l'Empereur les localisa petit à petit et retrouva chacune de ces créations originales qui furent réunis avec les chapitres Space Marines créés à partir de leurs empreintes génétiques. Ils ne semblaient pas avoir été touchés par le Chaos (...) [Mais] En fait, leur apparence physique était décevante, nombre de Primarque furent souillés par leur contact précoce avec le Chaos.

- Realms of Chaos : The Lost and the Damned, page 174 et suivantes, extrait.

Russ avec de l'ADN canin, les Primarques crées avec l'aide des dieux du Chaos... la saga de l'Hérésie d'Horus de la BL est écrite par des hérétiques... ♪

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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Jeu 13 Juin 2013 - 21:34

Ben, l’énergie psychique de 40k m'a toujours paru extrêmement dangereuse, plus proche de la magie de l'appel de cthulhu (corruptrice physiquement et surtout mentalement) que du spam de boule de feu à l'AD&D...

Le premier jet d’énergie qu'il lance tiens plus de la réaction instinctive (suddenly ork=>éliminer menace) précédant une réflexion (très rapide : c'est un SM) en tenant compte qu'un archiviste est aussi compétent sur le plan physique qu'un marine tactique (enfin presque, à Deathwatch ça se joue après sur l'attribution des talents, etc.)

Considérons également le fait qu'Alahan est un "jeune" (c'est très très relatif) Space Marine : Promotion 1, trois, éventuellement quatre, "sorts" selon mes besoins futur...

Bob, lui, est un korsaire (profil de Rogue trader), mekano effectivement, promotion 6 ou 7 donc avec pas mal de bouteille est d'une puissance à peu près équivalente au SM, suffisante pour lui tenir tête un certain temps mais le fait qu'il soit seul est un argument pour qu'il se batte avec des moyens conventionnels et ne pas risquer un péril du warp malheureux dû à la haine, la colère, et tout un tas d'émotions incontrôlées qui mène au côté obscur du... bref... 

Et puis ça aurais été moins fun (pour moi surtout) de perdre bêtement un personnage et de me priver du coup d'un bon comic relief... What a Face

J'ai conscience de tordre de plus en plus  sévèrement le paradigme et ça n'est pas fini, le but étant de voir jusqu’où aller sans qu'il ne casse...

D'ici là j'essaierai de porter plus d'attention à ce genre de détail :)
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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Jeu 25 Juil 2013 - 17:57

Bonjour à tous.

Suite des aventures de l'équipage du Rising Sun. Voici la première partie du chapitre 2, la suite viendra... beh quand j'aurais moins de boulot... :) 

Bonne lecture...

Chapitre Deux – Trial of fire – Première partie

Debout à la barre du Rising Sun, câblé à la machinerie baroque de la chambre de navigation, Menelas luttait contre l'Immaterium déchaîne.
Un bandeau de métal couvrait son visage. Son troisième œil, grand ouvert sur son front, contemplait le warp.
Il voyait un mensonge.
Chaque Navigator percevait l'Empyrean d'une manière qui lui était personnelle, il le savait. Si l'un d'entre eux le voyait comme une jungle, un autre percevait les détails d'une cité plongée dans l'ombre. Ou de mille autres façons différentes.
Lui voyait une mer.
Son troisième œil et son corps entier lui indiquaient qu'il se trouvait sur un océan démonté.
Il voyait la proue du croiseur fendre les vagues noires, entendait le roulement des éclairs qui striaient l'air nuageux et devait rétablir son équilibre lorsqu'une lame balayait le pont du navire, crépitante au contact du champ de Geller.
Dans la pièce obscure, éclairée par les pupitres de contrôle et la lumière pâle de l'astronomican visible à travers la couche nuageuse, il pilotait le navire vers sa destination.
Il savait que tout cela était une illusion. Tant que le champ de Geller tiendrait, maintenant  la  réalité interne en place, l'ensemble de l’équipage ne percevrait rien de tout cela. Ni roulis, ni bruit de tonnerre.
Et mieux valait pour eux que cela continu ainsi.

« Pas très causant, l'bonhomme. »
Adossé au VAB sur lequel s'échinait Bob depuis bientôt trois semaines, Garett avala une rasade au goulot de la flasque que lui tendait l'ork.
« Bah, l'kaptaine il a dit comme ça : C'est ton boy et il a pas l'choix. Alors moi un boy tout c'que j'lui demande c'est d'taper fort. Si y cause ben... c'est du temps qu'y perd. »
L'astropathe aimait bien descendre parler avec l'ork. Bob avait toujours été simple à vivre : nourriture, combats et parfois quelques trônes. Nul ne savait ce qu'il faisait de son argent parce qu'il  préférait récupérer et chaparder ici et là le matériel dont il avait besoin plutôt que de faire ses achats dans une boutique de Port l'Errance, une solution qui avait également la faveur du capitaine.
Il sourit en repensant à la première fois qu'il l'avait aperçu à bord du vaisseau, haranguant ses hommes juste avant un abordage.
Le Xenos était le membre le plus ancien de la fine équipe qu'Alerith se plaisait à appeler « l'état-major ». Pour ce qu'en savait Garett le capitaine l'avait trouvé bien des années auparavant et lui avait fait une offre qu'il n'avait pu refuser. La teneur exacte de la-dite proposition restait un mystère pour l'astropathe.
Lui même était le second par ordre d'ancienneté et il aimait à penser qu'il travaillait pour Oquida de son propre chef, en reconnaissance de l'admiration qu'il portait au capitaine, plutôt qu'en raison d'un placement imposé par l'Astra Telepathica.
Oquida...
Le vieux avait recruté pas mal de monde au fil de sa carrière. Certains étaient morts, d'autres venaient, partaient et, parfois, revenaient...
Il s'était dit un jour que le bonhomme aimait rassembler tout ces gens comme d'autres collectionnaient des artefacts Xenos. L'important était de trouver l'exemplaire unique parmi la multitude.
Et de le faire travailler avec d'autres de ses trouvailles, juste pour voir...
Et ça marchait... La plupart du temps.
Mais, aujourd'hui, faire cohabiter un Space Marine (sûrement le clou de sa collection) et un mekano ork...
Le résultat promettait un futur... intéressant.
Le mekano le tira de sa rêverie en le poussant du bout de sa lourde clef à molette.
« Eh, boy ! Tu m'écoute ?
- Hein ?
- J'te demandais qu'est-ce qu'on allait faire sur c'coup-ci. 
- Alerith m'a parlé d'un système perdu de la bordure interne de Koronus, répondit l'astropathe en se relevant. Appen d'après les cartes. La dixieme planète serait habitée. Des humains. Apparemment.
- Oh... bah... »
L'ork était visiblement déçu.
« Allez ! Souris, gars ! le consola Garett. Les rapports préliminaires parlent d'une tribu Xenos sur l'un des continents. Avec un peu d'chance tu pourras sûrement demander au capitaine de t'y envoyer. Juste pour voir. Et puis imagine que les humains vénèrent le mauvais dieu... T'attends un peu et... Banco ! 
- Ah, Ouais ! J'avais pas pensé. »
L'astropathe se cala un peu plus confortablement contre la coque du Rhino et sourit.
« Non, hein ? Vaux mieux que tu laisse ça à ceux qui en ont l'habitude. »

La tempête Warp s'était calmée. Les lourds nuages voilaient un peu moins l'Astronomican et Ménélas pouvait apercevoir au loin les côtes approchante, indication illusoire de la fin du voyage.
« Communication de la chambre du Navigator : Nous réintégrerons le Materium dans trois heures. »
Sa voix, grinçante et monocorde, se répercuta dans les coursives du vaisseaux. Dans le Machinarium, les technoprètre entonnèrent leurs litanies de louanges à l'adresse de l'omnimessie et du moteur à plasma.
La voix du capitaine retentit à son tour :
«Réunion d'état-major en passerelle ! »

La passerelle était plongée dans l'ombre. Les dalles holo-lithiques, coupées des transmetteurs pix extérieurs pendant les traversées Warp, projetaient une vue schématisée du système d'Appen comprenant les trajectoires des corps principaux le composant et une première analyse des données recueillies.
La dalle centrale, qui en temps normal montrait une vue de la proue du navire, projetait pour l'heure une vue détaillée de la dixième planète.
Alerith fit rapidement l'inventaire du monde présent.
Outre son capitaine de père, se tenaient devant elle : la sœur Mégane, à qui elle réservait aujourd'hui un autre rôle que celui d'infirmière, le maître de vol, le frère Alahan, qui semblait avoir mis de côté ses velléités guerrières à l'encontre du maître d'abordage, ce qui était en soi une petite victoire et le chef du chœur astropathique, qui, elle en était certain, préparait un de ces coups tordus dont il avait le secret.
Ni l'ork, qui n'avait jamais été adepte de ce genre de préparatifs, ni le Navigator en chef, trop occupé à superviser la navigation Warp, même lorsqu'il n'était pas de quart, n'étaient présents.
Une équipe aussi hétéroclite que celle-ci était une gageure à diriger, elle le savait, mais elle pouvait se montrer beaucoup plus efficace que la multitude sans visage qui faisait tourner les entrailles du Rising Sun.
Tout était une question de tact. Il fallait apprendre à composer avec la sensibilité de chacun.
Un tâche que lui confiait de plus en plus souvent le capitaine.
« Bien, annonça ce dernier à l'assemblée. Dame Alerith va vous présenter le programme de la mission à venir. »
Elle acquiesça d'un hochement de tête à son intention, fit un pas en avant et pris la parole :
« Voici Appen X, que les autochtones appelle Jamir, commença-t-elle. Elle présente trois intérêts majeurs :
La densité de population, tout d'abord, est faible. Nos rapports indiquent de petites colonies humaines ayant régressé à un NT 3, pré-industrielles, sans contact avec l'imperium depuis l'ère des luttes, peut-être depuis plus longtemps. Ils n'y a aucun gouvernement planétaire centralisé, elles ne devraient pas présenter de grand danger. Nos éclaireurs rapportent un monothéisme qui peut être compatible avec le credo impérial. »
Elle se tourna vers la sœur Mégane qui semblait prise d'un grand désir de se trouver ailleurs.
« Voici votre rôle, ma sœur. »
Cette dernière affichait un air de bête traquée. Ne voyant aucune échappatoire, elle hocha la tête en silence.
« Il y a un foyer de peuplement de faible taille sur la masse continentale Nord-Est. Vous serez chargée d'évaluer la nature exact de leur foi et les points de convergences qu'il est possible de tracer avec le canon du Ministorum. 
Nos auspex ont détecté d'importantes ressources minérales, du fer notamment, mais également fossile. Fort heureusement, les autochtones les ont très peu exploitées. L'équipe qui vous accompagnera sera chargée de collecter des renseignements sur le terrain quant aux possibilités exactes d'exploitation à grande échelle. La coopération locale serait un plus appréciable mais non nécessaire.
Sur ce même continent il y a un complexe de ruines Xenos. Même si nos rapports les disent inhabitées, les légendes locales témoignent d'activités non-humaines sur la planète. Sur ce point j'aimerais votre concours, monseigneur. »
Alerith s'adressait à présent au frère Alahan qui avait écouté la présentation les mains dans le dos, monolithique.
Il reprit soudain vie et se tourna vers l'officier en second.
« Vous l'avez. 
- Merci, monseigneur. »
Alerith hésita un instant. Elle ne pouvait pas lui donner un ordre direct et, malgré le temps qu'elle avait passé à y réfléchir, elle n'arrivait toujours pas à trouver la manière exacte de s'adresser au guerrier.
L'homme avait évité le reste de l'équipage trois semaines durant ce qui n'avait pas aidé à briser la glace.
« Je souhaiterais donc que vous alliez sur le terrain en éclaireur et que vous nous fassiez un rapport circonstancié, finit-elle par dire. Votre avis sur le sujet nous serait précieux. Les ruines se trouvant au milieu d'une végétation assez dense, nous n'avons pas pu relever de présence de vie évoluée avec certitude mais aucune source électromagnétique artificielle n'a été détecté.
- Reçu.
- Bien. L'officier de contrôle, Monsieur Guillam, vous transmettra les plans de vol de vos équipes. Bonne opération à tous.
- Et moi, m'dame ? »
La question venait de l'astropathe, qu'Alerith avait trouvé bien silencieux jusqu'ici.
« Maître Garett, soupira-t-elle. Il est bien évidemment inutile de vous rappeler que votre place se trouve à bord et non au sol ? Tout particulièrement en phase de reconnaissance. »
L'astropathe grommela une réponse indistincte.
« Ceci étant clos. Vous pouvez disposer. »
La passerelle se vida, ne laissant qu'Alerith et son père. Celui-ci sorti une bouteille d'Amasec d'un compartiment dissimulé dans le capiton de son siège et regarda sa fille qui refusa d'un hochement de tête.
« Une nouvelle campagne commence, dit-il en se servant un verre avant de porter un toast. Espérons qu'elle sera fructueuse. »
Il bu une gorgée.
« Maintenant, dis-moi : Pourquoi la sœur de bataille et le space marine pour ces deux missions sommes toute plus adapté à des membres d'équipages classique ? »
Alerith s'adossa à une console de commande et croisa les bras. L'intimité de la passerelle leur fournissait un bref instant de détente.
« J'aimerais que sœur Mégane sorte un peu de son rôle d'infirmière où vous l'avez cantonné jusque là, si vous me le permettez – le capitaine accepta la remarque d'un hochement de tête. En tant que représentante de l'Ecclesiarchie, elle a beaucoup à nous offrir. Notamment une image auprès de la population locale qui favorisera notre implantation futur.
- Elle n'a, jusqu'ici, jamais eu l'âme d'une missionnaire, objecta Oquida.
- C'est vrai mais c'est à nous de lui fournir l'occasion d'étendre son domaine de compétence.
- Admettons. Et concernant le frère Alahan ?
- Le faire travailler avec l'ork est une chose mais j'aimerais connaître ses capacités sur le terrain, en solo, avant de lui affecter un environnement de travaille plus... exotique. Et les Xenos et les missions de terrain font parti de son champ de compétence premier.
- C'est une ressource précieuse. Risquer un space marine, psyker de surcroît, dans une simple mission d'éclaireur n'est peut être pas le choix le plus judicieux, ne crois-tu pas ?
- C'est un risque très minime. J'envisage également sa mission comme un moyen pour lui de s'habituer à nos méthodes de travail. »
Elle regarda le capitaine finir son verre en silence. Elle hésitait à poser la question qui lui brûlait les lèvre depuis le début du voyage.
Elle se décida.
« Père, finit-elle par dire, si vous me le permettez à nouveau, j'aimerais émettre une remarque.
- Je t'en prie.
- Depuis quelques temps vous me déléguez de plus en plus souvent les manœuvres. De plus les contact avec le reste de la famille se font de plus que rare. Se passe-t-il quelques chose avec le fief Oquida ? »
Le capitaine la regarda un long moment avant de répondre.
« Vois-tu, commença-t-il lentement. Vois-tu, cela fais maintenant près de vingt ans que je te forme à ma succession, tu le sais. Je pense... qu'il est important pour un capitaine de transmettre le commandement lorsqu'il est au fait de ses capacités plutôt que d'attendre la fin d'un déclin et de laisser à la génération suivante la charge de reconstruire un empire en ruine. Nous sommes les dépositaires de la lettre des Oquida mais elle ne nous appartient pas, tout ce que nous pouvons faire c'est de perpétuer le nom et veiller à ne pas le ternir aux yeux de l'impérium et de nos pairs.
- Vous avez encore du temps ! objecta Alerith. »
Elle s'était redressée vivement et faisait à présent face à son père, raide d'indignation. Elle sentait également poindre un soupçon d’inquiétude.
« Oui. J'ai encore tout le temps dont j'ai besoin mais n'oublie pas qu'en toute chose dans cette galaxie et tout particulièrement envers la famille, l’échec n'est pas tolérable. Nous nous devons de tout faire pour la sauvegarder même après notre passage ici bas. »

Les côtes lointaines étaient devenues de hautes falaises battues par les marées. Ménélas transmit ses ordres aux technopètres et au navigator de quart.
Les falaises s'estompèrent dans un fondu au noir qui se piqueta d'étoiles. Une planète bleue marbrée de brun et d'ocre apparût.
Le Rising Sun venait de réintégrer l'espace matériel.
Ménélas expira lentement, comme à chaque sortie de l'Immaterium.
Son troisième œil se ferma. Il retira le masque de métal qui protégeait son regard du warp.

Le hangar d'appontage contenait deux transports de classe Arvus, de lourds astronefs sans armement qui servaient autant au transport de matériel que de personnel.
Alahan ne put s’empêcher de les contempler d'un air dubitatif.  
« Y a-t-il un soucis, monseigneur ? demanda la sœur Mégane à ses côtés.
- Nous avons l'habitude de transports plus... sophistiqués. Ces choses volent vraiment ?
- Vous en faites pas pour vos transports, m'seigneur. J'suis sûr que votre pilote saura vous emmenez au septième ciel. Ou pas...»
L'astropathe semblait s'être matérialisé à ses côtés, le gratifiant d'un grand sourire sous son chapeau à large bord.
« Maître Garett ! Que faite vous ici ? s'exclama une sœur Mégane qui venait de virer au rouge pivoine.
- T'occupe pas de moi, sœurette. Et si Alerith passe, vous ne m'avez pas vu. »
Et il s'éloigna, disparaissant entre les deux transports.
« Vous avez un astropathe des plus étranges.
- Oh ! Euh... Maître Garett est... C'est... Le capitaine lui fait confiance ! »
Son visage avait à présent la même teinte que le surcot bordeau qui couvrait son armure.
« Il n'est pas vraiment... essaya-t-elle de nouveau. Je sais qu'il vient d'une cité ruche. »
L'explication semblait lui demander tant d'effort qu'Alahan se surprit à la prendre en pitié.
Jusqu'ici son existence avait été dure mais simple. Elle procédait en tous cas d'une certaine logique qui lui avait été inculqué plus de cinquante ans durant. Aujourd'hui, il devait composer avec des gens qui, pour certains, semblait le tenir pour... il ne trouvait même pas les mots. Mais en tout cas aucun ne se comportait comme les rares représentants de l'imperium non Astartes à qui il avait eu affaire jusque là.
Il n'avait jamais vu une sœur de bataille bégayer pour commencer.
« Bonne mission, lui dit-il avant de se diriger vers le transport qui lui avait été assigné. »
Il passa la coupée de l'astronef. La soute avait été aménagé pour le transport de personnel. Les installations n'étaient pas à sa taille mais, après trois semaine passé à bord du vaisseau libre-marchand, il commençait à en avoir l'habitude.
Engoncé dans l'armure de scout qu'il avait revêtu pour l'opération, il se carra du mieux qu'il pu dans un siège et se mit à prier à l'adresse de son primarque, aussi inconnu que fut ce dernier.
Il ne demandait pas grand chose. Un frère d'arme serait le bienvenu toutefois.  
Les portes des navettes se fermèrent, le hangar fut évacué et dépressurisé.
Dans une secousse silencieuse, les deux Arvus s'élancèrent vers la surface d'Appen X.

Assise dans le compartiment passager de sa propre navette, la sœur Mégane récitait elle aussi une prière. À l'adresse de l'Empereur en ce qui la concernait.
Il y avait un petit monde impérial, parmi les étoiles, qui avait désespérément besoin de sa présence. Un monde peuplé de bons et loyaux sujets de l’Empereur de l'humanité. Dans le sous-secteur Malfien peut-être...
N'importe où ailleurs que sur le siège de cet astronef qui la menait vers une mission pour laquelle, elle en était sûr, elle n'avait aucune qualification.
Une navette dont le pilote, au vu des secousses, ne semblait pas avoir les... yeux en face... des... non !
Bondissant de son siège, elle se précipita vers la cabine de pilotage, ouvrant la lourde porte étanche à la volée pour faire face à Garett qui se retourna en l'entendant arriver.
« Yop, sœurette !
-  Qu'est-ce que vous faites ici ?! s'étrangla-t-elle.
- Tu semblait tellement tendue que je me suis dit que j’allais venir te filer un coup de main.
- Mais... et Alerith ?
- T'inquiète, je lui ai laissé un mot. Elle comprendra. »
Se concentrant à nouveau sur son pilotage, il sourit.
« Ou pas... »

Au dessus d'eux, devant les portes à présent closes du hangar, Alerith fulminait devant l'équipage originel de l'Arvus.
« Vous dites que vous avez laissé mon astropathe vous remplacer ?! »
La dizaines d'hommes, pilotes, copilotes et équipe d'exploration, s'entre regardèrent, penauds.
« Euh,... Ma Dame, s'il vous plaît, Ma Dame, dit le pilote en hésitant. Il a dit que c'était sur votre ordre.
- Et vous l'avez cru ?
- C'est à dire que... Sur le moment ça avait semblé logique. »
L'homme ne répondit pas. C'est vrai, sur le moment les mots de l'astropathe lui avait semblait couler de source.
« Il a laissé ça, dit-il en tendant un morceau de parchemin. »
Alerith le saisit d'un geste rageur, le parcouru et le froissa.
Elle inspira profondément pour se calmer. Sans succès.
« Bande d'imbécile, c'est un télépathe ! Maintenant disparaissez et si ça se reproduit je vous envoie dans les pont inférieur traquer la Hullghast ! Sans armes ! »

Les deux astronefs pénétrèrent dans l’atmosphère, laissant deux traînées de feu qui devaient être visible à des lieux à la ronde.
Mégane voyait par le hublot l'Arvus d'Alahan qui prenait de la vitesse tandis que Garett commençait à ralentir pour négocier son atterrissage.
Elle vit le sol de la planète se préciser sous eux. Les tons ocres de la surface laissaient penser à une terre aride ou sablonneuse. Au loin se trouvait un ensemble de plateaux verdoyants vers lesquels se dirigeait le Space Marine.
L'astropathe entama un virage qui les rapprocha d'un ensemble d'habitations.
« Tu vois, fallait pas t'inquiéter. Je t'emmène dans l'bon patelin. Pas de soucis.
- Vous ne vous inquiétez pas de ce que va dire Alerith à notre retour.
- Pourquoi ? C'est pas comme si elle pouvait se débarrasser de l'astropathe du bord. »
Il sourit.
« J'vais te dire, p'tite sœur : l'important c'est que le boulot soit fait. La manière on s'en tape. Et Alerith s'en foutra aussi quand elle se sera calmée. Et puis respirer un air qu'a pas été retraité pendant trois millénaire ça vaut bien l'engueulade qui m'attends. »
Il décéléra encore un peu.
« On va se poser en dehors de leur village, si tu veux bien. Vu le coin de bouseux que ça à l'air les mecs doivent même pas connaître les bases de l'aéronautique. »
La bourgade qu'ils survolaient à présent se résumait à une longue rue, fermée à une extrémité par une longue bâtisse. Un petit cours d'eau se trouvait à proximité, irriguant un ensemble de champs à l'aide d'un système assez sommaire.
Une piste partait du village en direction des champs, traversait le cours d'eau par un pont de bois et disparaissait à l'horizon.
Garett alluma la rétropropulsion, amenant l'Arvus à proximité de la piste et la posa dans un nuage de poussière jaune.
« Mesdames, Mesdemoiselle, Messieurs. Bienvenus sur Jamir et merci d'avoir choisi la Garett Air... euh... merde, t'as pas un autre mot qui commence par G ?
- Non.
- Tant pis. La température au sol est de trente-six degrés et nous espérons vous revoir sur un prochain vol.
- Vous savez, j'aimerais vraiment pouvoir m'en dispenser. »

A quelques centaines de kilomètre de là, la navette d'Alahan venait d'atteindre sa destination, au cœur des plateau verdoyants.
Un survol du lieu lui avait permis d'apercevoir plusieurs ensembles de vastes constructions de pierre et ce qui avait du être une pyramide à degrés avant que la nature ne reprenne ses droits.
Un réseau de routes reliait les différents complexes, distants de plusieurs kilomètres les uns des autres.
L'Arvus arriva au point de largage. Un petit promontoire qui émergeait de la sylve.
L'astronef se posa en douceur, prêt à repartir dès que le space marine serait descendu.
« Vous voici arrivé, monseigneur, annonça le pilote par le système de communication interne de la navette. Bon courage. »
Alahan ne répondit pas et se contenta de se diriger vers la rampe de chargement qui venait de s'ouvrir.
Un fois à terre, il regarda un instant l'Arvus redecoller avant d'activer le système com de son casque.
« Rising Sun, d'Alahan. Vous me recevez ?
- Faible et clair, répondit la voix distante d'Alerith. »
Il nota le ton agressif de la jeune femme.
« Y a-t'il un soucis, officier ? demanda-t-il.
- Non, monseigneur, répondit l'autre qui semblait s'être calmé. Je vous pris de m'excuser, un soucis avec un... subordonné. Mais rien qui ne concerne cette opération.
- Bien. Veuillez vous concentrer sur la mission en cours, je vous prie. Je reste en contact. »
Il passa son bolter en bandoulière et entreprit de descendre la butte.

Ils arpentaient la piste en direction des habitations, la chaleur faisait ondoyer l’atmosphère. Garett regretta un instant d'avoir conservé son lourd manteau noir.
Il troqua le bandeau qui lui couvrait les yeux pour une paire de lunettes noires sortie des profondeurs de l'habit.
A ses côtés, la sœur de bataille ne semblait pas s'émouvoir outre mesure de la température, quand bien même elle portait sa lourde armure sacerdotale couverte du tabard de son ordre.
« Tu parle d'une planète de merde, siffla-t-il. J'espère au moins qu'il ont un bar décent dans ce bled.
- Maître Garett ? Ne me dites pas que vous êtes descendu avec moi dans le seul but de vous perdre dans le premier débit de boisson que vous pourrez trouver.
- A ton avis... J'aurais du proposer à Ménélas de venir parce que j'ai dans l'idée que t'es pas la meilleure candidate pour m'accompagner.
- Mais nous avons une mission !
- Nope, tu as une mission. Mais pendant que tu iras voir les chefs de la communauté et toutes ces choses moi j'vais aller prendre la température, vachement élevée, je le redis, auprès de l'homme de la rue.
- Dans un bar ?  
- voilà. »
Ils finirent par arriver à hauteur des premiers bâtiments. De simples boites de bois blanchies par le soleil, posées à même la poussière.
« Tu parle d'un trou. Y a même pas assez d'habitants pour remplir le réfectoire des off'. Le capitaine aurait plus vite fait de tout raser plutôt que de perdre son temps à traiter avec eux.
- Notre mission consiste aussi à les ramener dans le giron de l'empereur. »
A ses côtés, Garette mima un archet frottant un violon invisible.  
« Arrêtes tu vas m'faire pleurer. Et tous les sous-ruchards de la galaxies avec. »
Il avisa un bâtiment dont les volets de bois en guise de porte et l’abreuvoir proclamaient qu'ici on avait de quoi désaltérer les bêtes et les hommes.
« J'espère au moins qu'ils ont quelques chose de frais. J'me rappelle d'un monde où ils servait un jus de céréale fermenté tiède. T'imagine ?Tiède ! Les barbares !
- Il semblerait que vous ayez eu une vie particulièrement difficile.
- Ah ! Laisses les sarcasmes à ceux qui savent y faire. Je t'attendrai là. »
Et, sans attendre de réponse, il laissa la sœur au milieu de la route.
Mégane soupira. Elle n'était pas naïve, elle savait que dans le monde des libres-marchands le prosélytisme n'était qu'un moyen comme un autre de s'accaparer les ressources d'un monde et non une fin en soi.
Elle n'avait rien d'une missionnaire, hormis peut-être la tenue. Elle avait vu des zélotes bavant sur des mondes impériaux prêcher un crédo de feu et de sang ; à des lieux de l'adoration contemplative dans lequel était confiné son monastère isolé sur un monde chapelle.
La galaxie était vaste et les ennemis de l'humanité nombreux. Peut-être le meilleurs moyen, ici et maintenant, consistait à l'expliquer aux gens et à les convaincre que leur absorption permettrait leur sauvegarde futur.
Elle remonta la rue, le bâtiment qui lui faisait face devait être une mairie ou peut-être un temple. De taille modeste, quoique probablement imposant selon les critères locaux. Il pouvait sûrement contenir la totalité de la population de la localité.
Il était surmonté d'un clocher.
Arrivée devant la double porte d'entrée, elle inspira à fond et la poussa.
Le bâtiment n'était qu'une vaste pièce sombre, seulement éclairée par de hautes fenêtres et quelques lampes à huile disposées sur les poutres soutenant le toit.
Au fond se dressait un petit autel dont elle ne pouvait distinguer l'iconographie.
Un temple donc...
Un homme était en train de passer le balai. En la voyant entrer il s’arrêta et leva les yeux vers elle.
Vêtu d'une soutane noire, et portant un chapeau de la même couleur dont la taille aurait pu rivaliser avec celui de Garett, elle en conclu qu'il devait être le prêtre de la paroisse.
Sœur Mégane se creusa un instant la tête. Elle aurait voulu trouver une phrase d'accroche percutante, partir dans un panégyrique apte à convaincre cet homme d’Église d'abandonner sa foi pour la sienne.
Les morceaux d'oraisons qu'elle avait préparés tourbillonnèrent et se mélangèrent dans son esprit et devinrent la phrase type de tous les prêcheurs de pas de porte sans charisme ni inspiration depuis l'aube de l'humanité :
« Bonjour, je vous apporte la parole de l'Empereur. »

Il devait exister, quelque part dans la galaxie, une manufactoria qui produisait des bars en kit à partir d'antiques SCS. À moins que ce soit encore un exemple de la fameuse évolution parallèle.
En poussant les battants du mastroquet local, Garett savait exactement se qu'il allait trouver : quelques tables, des chaises, un comptoir situé face à la porte et un gigantesque miroir permettant aux habitués de tourner le dos à l'entrée tout en gardant un œil dessus.
Les joueurs de cartes devaient être une option, souvent sélectionnée, du kit sus-cité.
L’habillage de l'ensemble changeait d'une planète à l'autre, selon les goûts des propriétaires ou la disponibilité des matériaux mais le concept de base permettait, de par sa simplicité, au voyageur de savoir où trouver de quoi se désaltérer. Que le breuvage soit issu de la fermentation de chenille pourpre consommé au fin fond d'une caverne (zinc de pierre en sus) ou du distillat du liquide de macro-batterie des sous-ruche de Fenk n'était qu'un détail.
Quoique son abus puisse être mortel dans le second cas.
Les conversations s'étaient tues lorsqu'était apparue la silhouette dégingandée de l'astropathe, à qui le long manteau et le large chapeau donnait, dans le contre-jour, un air de champignon géant.  
Il se dirigea vers le comptoir sans prêter attention aux regards chargés de soupçons alcoolisés.
« Un truc frai, demanda-t-il au gargotier. En grande quantité.
- Bière ? »
L'astropathe haussa les épaules.
« Bière, confirma-t-il.
- Tu paies d'avance. »
Nouveau haussement. Garett sortie de sa poche une poignée de devises diverses, quelques coquillages, trois pierre semi-précieuses et deux pépites d'or.
L'impérium avait presqu'autant de devises que de planètes, il avait à bord un coffre rempli de billets et de pièces diverses dont la plupart ne valait même pas leur valeur faciale.
Il y avait peu de chance que le trone gelt soit accepté ici. Il finit par sélectionner la plus petite pépite et la lança à l'homme qui la fit disparaître aussi vite.
« Vous êtes seul, étranger ? S'enquit le tenancier.
- Une amie est avec moi. Elle rends visite au... prêtre ? J'imagine que c'est ça. Au temple.
- C'est un pasteur. L'pasteur Jedediah.
- Voilà. Sinon j'ai quelques amis à quelques heures d'ici. On compte s'installer dans le coin.
- On aime pas les problèmes par ici. Ni les étrangers.  
- Même les marchands ? »

Descendant la colline, Alahan finit par rejoindre une piste bordée de quelques ruines en partie enfouies sous la végétation.
Elles semblaient avoir été taillées dans un seul bloc de pierre, sans signe visible de maçonnerie.
Les ruines étaient visiblement abandonnées depuis longtemps mais le sentier, lui, semblait régulièrement emprunté. Par des bipèdes.
Accroupit il examina les traces sur le sol. Petites et guère profondes certaines étaient dues à des semelles, d'autres à des pieds nus à quatre orteils.
« Rising Sun, d'Alahan, appela-t-il.
- Rising Sun écoute ?
- Y'a-t-il des trace d'activités dans le secteur.
- Vous mis à part ? Négatif. »
Difficile d'être plus précis. La présence d'un écosystème fourni masquait tout autre signe d'activité biologique aux scanner orbitaux.
Il reprit sa marche.
La végétation se faisait moins dense au fur et à mesure de sa progression jusqu'à ce qu'il se retrouve finalement dans une vaste espace dégagé.
Il se trouvait en bordure de ce qui avait du être une route.
La pierre blanche unie de la chaussée était craquelée par endroit, laissant place à des touffes d'herbe.
Elle continuait sur sa gauche avant de disparaître, masquée par le relief. A quelques centaines de mètres sur sa droite les anciens architectes lui avait fait longer la colline, taillant et renforçant le flanc en une pente abrupte et lisse avant de percer un tunnel.
« J'arrive au abord d'une route, je continu Sud-Est. 
- Reçu. »

Loin au dessus du Space Marine, Alerith se pencha sur la dalle holo qui lui fournissait une image satellite tremblotante.
« Des signes d'activités ? Demanda Oquida par dessus son épaule.
- Pas encore, capitaine, répondit la jeune femme en déplaçant son casque pour se découvrir une oreille. Et Garett est porté manquant. Il est avec la sœur Mégane.
- Je sais.
- Je vous demande pardon ?
- C'est le rôle du capitaine : Tout connaître, y compris la personnalité de ses serviteurs. Et faire preuve d'anticipation. Qu'allez vous faire à présent ?
- Concernant la mission de la sœur Mégane ? Rien pour le moment. Concernant Alahan... »
Alerith soupira. Elle savait qu'elle aurait du voir le coup venir. L'astropathe avait toujours été un franc-tireur. La seule chose dont elle ne pouvait pas douter à son sujet c'était sa loyauté à Oquida. Exclusivement. Sa dernière action visait probablement à le lui rappeler.
« Diffusez moi Bob ici. Quand il sera là, passez la communication d'Alahan en diffusion passerelle, ordonna-t-elle à l'officier chargé des transmissions. »
Le capitaine sourit.
« Qu'envisages-tu exactement ?
- J'anticipe. »

Garett soupira. L'espace d'un instant il avait oublié une autre constante de l'univers.
Laquelle disait ceci : Si un étranger entre dans un bar de redneck sur une planète pré-industrielle, il y aura toujours un fâcheux prêt à déclarer à la cantonade qu'il n'aime pas les étrangers.
Règle qui se vérifiait d'autant plus vite lorsque le bar possédait une fenêtre donnant sur un abreuvoir. Ou un pianiste.
Celui-ci possédait les deux et le plouc de service tenait présentement l'astropathe par le col de son menteau.
« C'pas compliqué, étranger ! J't'ai demandé de voir tes yeux !
- Okay, gars mais là on va avoir un problème parce que... commença Garett, que l'autre forçait à se tenir sur la pointe des pieds.
- J'fais pas confiance à un étranger que j'peux pas voir le regard. On sait pas s'il est pas honnête.
- Oui mais l'soucis c'est que j'suis pas équipé pour.
- De quoi ? Être honnête ? Tu t'fous d'moi ?
- T'as tout compris. Bon tu m'lache et je te paye un vers. Qu'est-ce que t'en pense.
- J'bois pas avec un étranger que j'peux pas voir ses...
- Ouais, c'est bon, j'ai pigé. »
L'individu devait avoir un grox quelque part dans son arbre généalogique. Lequel grox devait lui être tombé sur le crane tout petit.
Garett passa ses options en revue :
Une bagarre de saloon ne portait pas à conséquence, ça permettait de mieux faire connaissance.
Tant qu'il n'y avait pas de mort. Pas d'arme à feu donc.
Une rafale psychique... promettait une réaction très mauvaise dans la plupart des cas et était donc hors de question.
Mieux valant s'en tenir au premier choix.
« T'sais, garçon, reprit-il. Par chez moi on évite de tenir les gens comme ça. Tu connais l'expression « à la malfienne » ? »
- Quoi ?
- C'est comme ça ! »
Garett remonta vivement son genou. L'homme glapit et le lâcha, titubant en arrière, plié en deux. Les yeux des spectateurs s'embuèrent de sympathie.
La suite aurait pu très mal tourner pour Garett, qui n'était vu que comme un étranger venant de porter un coup bas à un gars du coin. Pas le plus fin, certes, mais enfin c'est quelqu'un qu'on connaît quoi...
Heureusement pour lui, l'homme tout à sa douleur, venait de reculer et de trébucher contre une table, renversant son contenu sous les cris indignés de ses occupants.
L'un d'eux se leva, saisit sa chaise et arma un coup, frappant par inadvertance son voisin de derrière et donnant le signal universel de la bagarre de saloon standard.
« Tu sais, dit Garett au barman. Je s'rais toi je rangerais ton miroir. Et j'veux bien une autre bière.»
Il se rassit, tendant la main vers la pinte que l'homme venait de lui resservir sans pouvoir s'en empêcher.
L'astropathe se trouvait dans une zone de calme. La bagarre semblait s'arrêter dans un rayon de deux mètres autour de lui.
Le répit fut de courte durée. L'homme qui l'avait saisit par le col précédemment, trop énervé, ou peut-être trop stupide pour être affecté par son pouvoir de suggestion, venait de le saisir de nouveau par le col, l'envoyant voler dans la mêlée.
Un revers anonyme lui fit sauter son chapeau.
Esquivant un coup qui ne lui était pas destiné, il se baissa vivement et balaya le sol de sa jambe, déséquilibrant un combattant.
Il se redressa brusquement, sa tête heurtant la mâchoire d'un autre homme avec un craquement satisfaisant.
Esquivant un coup d'un pas de côté, il envoya un crochet à son nouvel agresseur. L'homme frémit à peine.
C'était l’inconvénient d'avoir une carrure d'asperge. A main nue il ne valait pas grand chose.
Saisissant une bouteille pleine sur une table miraculeusement intacte ; il lui porta un coup au visage d'un revers ; aspergeant d'alcool les pugilistes alentours lorsqu'elle éclata sous le choc.
Mieux valait sortir avant que...
Un bouteille l'atteignit à la tempe, faisant voler ses lunettes.
Dans le chaos qui régnait dans le bar personne n'entrevit ses orbites vides avant qu'il n'ait eu le temps de les couvrir d'un bras.
A moitié sonné, ramassant son chapeau de sa main valide, il reprit sa progression.
Si on l'avait interrogé, il aurait reconnu jusque sous la torture qu'il était vraiment désolé que les choses aient tourné ainsi, quoiqu'à la vérité après trois semaines d'un voyage calme il avait bien besoin d'un peu d'animation.
La bagarre était en train de se calmer, faute de combattants valides. L'un d'eux lui fourni le petit plus d'animation dont il se serait bien passé.
Occupé à rejoindre la sortie, il ne perçut pas l'homme dans son dos qui le saisit à deux mains et le porta au dessus de sa tête.
Autant pour le sixième sens des astropathes !
Son bras tenant son chapeau battant l'air, il fut projeté à travers la fenêtre et, pour satisfaire aux conventions scénaristiques, atterrit tête la première dans l'abreuvoir.
Il redressa la tête, recracha un peu d'eau croupie et se revissa sur le crane son chapeau dont les bords détrempés lui tombaient à présent sur le visage.
Et perçut la sœur Mégane qui ouvrait de grand yeux horrifiée, un main devant la bouche, accompagnée du pasteur.
« Tiens, salut, p'tite sœur ! Pas trop chaud dans ton armure ?
- Maître Garett !? Mais c'est... Qu'est-ce que vous avez fait ?
- Oh, détends toi. Et aide moi à sortir de là, s'il te plaît.
- J'étais venu vous chercher pour parler au pasteur Jedediah de notre entreprise ! Et vous, vous avez déclenché une bagarre dans ce débit de...
- C'est bon, calme toi. C'est une coutume de bienvenue dans les tous les bars de la galaxie. Salut mon père, comment allez vous ? »
Il tendit une main dégouttante d'eau au pasteur qui la serra lentement.
« Sœur Mégane m'a parlé de vos activités et de la protection que vous pouvez nous apporter mais je dois dire que j'imaginais les serviteurs de son maître plus... tempérant.  
- Oh le bar ? Hem... Ne vous inquiétez pas, je paierais pour la casse. Et puis ça met un peu d'ambiance. C'est mort par ici. »
A l’intérieur du bar la clameur s'était tue. Un homme franchit en titubant les volets de l'entrée et s’effondra entre eux, apportant un point final à l’événement.

La route avait mené Alahan au sommet d'un dénivelé, lui offrant une vue dégagée sur la masse de végétation qui couvrait l'ensemble du plateau jusqu'au bord de ses versants. Au-delà, loin à l'horizon, il apercevait l'ocre des plaines arides.
Les habitants humains préféraient vivre dans les régions désertiques plutôt qu'ici. Mais même la plus forte des superstitions devait tôt ou tard céder le pas au besoin de confort.
Il y avait donc forcément ici quelque chose qui les empêchait de s'installer.
Quelques chose de réel et d'actuel qui laissait des empreintes sur les chemins.
Suffisamment avancée pour fabriquer des semelles mais trop primitive pour entretenir ses bâtiments.
À supposer que ces créatures soient les descendants des bâtisseurs originels.
Il descendait la route de pierre tout à ses réflexions lorsqu'un éclat de lumière sur le bas-côté attira son regard.
C'était un éclat de cristal. Il en trouva un autre coincé dans le tronc d'un des arbres qui bordaient la route. Peut-être était-ce des munitions.
En inspectant le sol, il vit des traces brunâtre sur l'herbe.
Du sang séché.
Il frotta les taches du bout des doigts et les porta à ses lèvres. Le sang avait le goût de celui des mammifères mais n'était pas humain.
Des chasseurs ?
Il ramassa un éclat et se concentra, expirant lentement. Il n'avait besoin que d'informations générales. Inutile de faire appelle à la pleine puissance de ses capacités de divination.
Le warp autour du fragment de cristal se déchira lentement, laissant s'écouler des images.
Une créature l'insérait dans un long fusil d'aspect primitif.
Alahan pu détailler le xenos. La peau bleu clair . Efflanqué. Glabre. Il avait un visage humanoïde sans nez et des yeux jaunes unis.
Il venait d'épauler son fusil et visait un petit herbivore gracile.
L'image se distordit lorsque le coup de feu parti et sa vision vola en éclat.
Reprenant son souffle, il entendit des craquements provenir des frondaisons sur sa gauche.
Il les aperçu dans les sous-bois. Trois Xenos bleuâtres, vêtus de cuir à peine tannés, qui épaulaient leurs longs fusils.
Roulant à couvert d'un tronc au moment où les trois faisaient feu de concert, il empoigna son bolter d'une main et activa son communicateur de l'autre.  
« Rising Sun, d'Alahan ? Présence Xenos confirmée. »

« Tu vois, fit Garett à Mégane. Je t'avais dit que ça se passerait bien. Rien ne vaut une bonne bagarre pour briser la glace. Et quelques côtes. »
Ils marchaient côte à côte sur la piste poussiéreuse en direction de l'Arvus.
La jeune femme était effondrée.
« C'était lamentable, répondit-elle.
- Quoi donc ? Les gars nous ont invités à boire un coup, enfin les moins abîmes et le curé veut te revoir... M'est avis que tu lui a fait d'l'effet. Enfin il l'air d'avoir adoré son immense hem... charisme. Celui qu'est moulé dans ton armure, j'entends. J'dis ça parce que pour le reste, t'es pas foutue d'aligner deux mots en publique sans te prendre les pieds dans l'troisième. »
La sœur se planta soudainement au milieu de la route, les poings sur les hanche.
« Je parlais de votre comportement ! Vous n'êtes pas las d'être grossier et aussi... aussi... Mais par l'Empereur, comment avez vous pu survivre aussi longtemps et même transmettre Ses messages ? Vous ne respectez rien ! Ni personne !
Il s’arrêta et se tourna vers elle.
«  'vache, je ne t'avais jamais vu sortir autant de mots d'affilé. Du reste, écoute moi bien : Je suis un putain de dispositif com' ambulant, ça c'est ce que je vaut. Et j'bosse pour Oquida. Et j'le respecte parce qu'il m'a un jour proposé autre chose que la merde crasse dans laquelle je me trouvais jusqu'au coup quand on s'est rencontré. Du reste, ici on est trop loin de Terra ou du trou qui te sers de couvent pour s'en remettre à tout bout de champ au vieux qui pionce sur son trône dorée !
- Blasphème ! »
Garett se retrouva nez-à-nez avec un pistolet bolter surgi de nul part. Il fut étonné à plus d'un titre. Il n'avait jamais pensé que la sœur hospitalière puisse être armée ni la voir un jour trembler de rage.
Enfin à bien y réfléchir c'était une sœur de bataille mais quand même...
Il écarta légèrement les pans de son manteau.
« Ouais, vas-y, descends-moi. Mais avant ça, pour répondre à ta remarque, laisse moi finir en disant ceci : Je viens de la sous-ruche de Gunmetal City. Où il y a beaucoup de flingue et peu d'Empereur. C'est pas toi, petite sœur, et ton jouet qui vont m'intimider. Et ici on est hors de Ses domaines au cas où t'aurais oublié. Tu peux rester, t'habituer à mon attitude lamentable et à bosser avec des Xenos comme Bob et, puisque ça te tiens à cœur bosser pour la gloire du Grand Patron Celeste. Sinon tu peux demander au capitaine de te renvoyer dans ton monde merveilleux, entre tes quatre murs de pierre, où Saint Drusus et consort chient des arcs-en-ciel ! En noir et blanc ! »
Le bolter s'abaissa un peu.
« Il vous a parlé de moi ?
- Ouaip.
- Et vous n'êtes pas seulement venu avec moi pour boire un verre et mettre la pagaille partout.
- Bravo, finement observé. Je te l'ai dit : Je bosse pour Oquida. Ça c'est le seul truc à mon sujet dont je ne permet pas qu'on doute. »
Mégane rengaina son arme et tourna les talons sans un mot. Derrière elle, Garett ne pu réprimer un soupir de soulagement.
Alors qu'ils se rapprochaient de la navette, il espéra un moment que le capitaine ait fait ce qu'il fallait pour ne pas essuyer une autre tempête de fureur féminine à son retour.
Ça ne serait probablement pas le cas.
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Aleph



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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Lun 4 Nov 2013 - 22:46

Hello, après une trèèès longue absence, voici la seconde partie qui conclue le deuxième chapitre.

Est-ce de la nécromancie de continuer une histoire ?

Désolé d'avoir lachement abandonné mon poste (je suis preneur de toute insulte, jet de plasma et autres reproches)...

Bonne lecture.


Tales of Rising sun – Chapitre Deux – Trial of fire – Deuxième partie


« ...Présence Xenos confirmée. »
La voix d'Alahan retentit dans la passerelle. Bob se tourna vers Alerith et se gratta la tête.
« Euh... m'dame. M'avez fait monter pour que j'entende que l'marine boy, il s'amuse sans moi ?
- Vous êtes notre maître d'abordage et son supérieur. Il est normal que vous supervisiez les mouvements de vos homme. Non ?
- Nan, nan, nan. Moi vise peut-être super mais j'vise pas mes hommes. J'vise mes ennemis avec mes hommes. J'peux descendre, là ? »
Alerith afficha étonnement de mauvaise facture et soupira.
« Je vous en prie, répondit-elle, faussement résignée. De toute façon c'est la dernière mode en date. Que ceux qui n'ont rien a faire sur cette planète y aille.
- Mais j'ai plein d'chose à y faire, moi, sur la planète. Faut que j'teste le Rhino déjà. Pis 'crabouillé le Xenos et l'hérétiques. Pis brûler ses maison. Pis... euh, chaipu c'qui faut je fasse avec ses femmes.
Alerith ne pu s'empêcher de lever un sourcil d'étonnement, sincère cette fois ci.
« Je vous demande pardon.
- Bah ouais, c'est Garett qui m'a dit ça l'autre jour. C'est vachement 'portant, j'crois mais j'avais pas tout compris.
- Aucune importance, allez-y. Mais ne me parlez pas de cet imbécile ! »
L'ork fit un grand sourire.
« Ouais, pas d'soucis. Je vais aller au Rhino pis vous pourrez ouvrir la soute où il est.
- Mais il ne resistera pas à une rentrée dans l'atmosphère !
- Pas d'soucis, j'ai dit. J'ai tout prévu. »

Accroupi sur une branche, sa cape de caméléoline déployée, Alahan observait les cinq créatures progresser sous lui, inspectant les alentours.
Les trois premiers Xenos était tombés rapidement, remplacé tout aussi vite par quatre autres, lesquels avaient précédés une horde sauvage qui avait coûté cher à sa réserve de bolt.
« Rising Sun, d'Alahan, murmura-t-il. Forte présence de Xenos. Je gagne le point d'extraction.
- Négatif, répondit Alerith. Des renforts vont arriver.
- Annulez. La mission de reconnaissance est achevée, j'ai l'emplacement de leur camp de base et je ne suis pas équipé pour une mission d'extermination.
- Négatif. Les renforts sont déjà largués. Impossible de les rappeler. »

L'arvus, en remontée dans la haute atmosphère, croisa un objet en chute libre.
Assise à la place du copilote, Mégane écarquilla les yeux.
« Je viens de voir... Une énorme boite de métal chauffée à blanc nous passer devant ?
- Non, répondit l'astropathe. Tu viens de voir la dernière création de Bob le brikolo.

Ivre de vitesse, cramponné aux commandes du Rhino, Bob voyait la planète grossir à toute vitesse.
La vue qui le plongeait dans un état extatique lui était fourni par le réseau pix qu'il avait installé en surface de l'amalgame de plaques et de tubes de refroidissement qui gaînait le VAB proprement dit.
L'ensemble était prévu pour se désintégrer lors de l'entrée en atmosphère, de fait le sillage du bolide était parsemé de morceau de métal plus ou moins intact à mesure que se désagrégeait le revêtement ablatif de fortune.
Il avait décidé de baptiser son modèle unique de Rhino, repeint en noir et blanc pour l'occasion, le Komet.
Il fut une époque où il aurait hurlé à pleins poumons le cri traditionnel des orks gavés d'adrénaline. Aujourd'hui, il préférait employer celui d'un lointain humain.
« Ooh Yeah ! »
L'image se brouilla et disparu, la chaleur avait du faire fondre le dernier transmetteur pix.
Bah, il restait le plan B !
Le maître de vol lui avait transmis les coordonnées d'atterrissages avant le largage et l'altimètre lui fournirait le moment où il devrait activer les grav-chutes.
Sur ce dernier point il lui faudrait penser à signaler que le régiment aéroporté du bord risquait de ne plus pouvoir effectuer de frappe en profondeur avant rééquipement complet en matériel d'assaut.
Et pour compléter le dispositif...
Il enclencha une série de boutons qui noya l'habitacle et l'extérieur du blindé d'une lumière bleu-blanche.
Il fait un grand sourire, découvrant largement ses dents.
« Bleu, c'est chanceux, chantonna-t-il. »

Alahan était sur son arbre, en train d'envisager de se débarrasser des cinq Xenos au corps à corps lorsqu'il vit apparaître la boule de feu au centre de laquelle se trouvait le Rhino, de plus en plus découvert, fendre le ciel, laissant derrière elle une traîné de débris.
Trop tard pour les interrogations et si les renforts promis se résumait à une salve de macro-canon, il connaissait un certain officier en second qui n'allait pas faire de vieux os.
Oubliant ses cibles, il sauta à terre et commença à courir, cherchant à mettre le plus de distance entre lui et la boule incandescente.
Il ne sut jamais si les Xenos avait tenté d'en faire autant. La boule de feu passa au dessus de lui, enflammant la cime des arbre et la terre trembla dans un bruit de fin du monde.
Alahan fut projeté à terre, roula sur lui même pour amortir le choc et se redressa, à moitié sonné, les oreilles sifflantes.
Les arbres sur le passage du bolide étaient calcinés, les ultimes morceaux du revêtement de protection du Rhino jonchaient la traîné laissée dans le sol.
Remontant la piste de destruction, il arriva sur le blindé, flottant juste au dessus de son carnage.
L'engin descendit de quelques centimètre avant de terminer son atterrissage dans un grondement sourd alors que les derniers grav-chutes rendaient l'âme.
Le Space Marine le détailla. Peint en blanc sur la moitié avant, en noir sur la moitié arrière, trois gyrophares pulsaient leur lumière bleu à l'entour, un à chaque coin. Le quatrième n'avait pas résisté au choc.
Une série de bonbonnes renforcées disposées sur la coque se déclenchèrent, projetant un écran d'eau sur le métal brûlant, qui s'évapora en sifflant en un épais nuage.
Puis la vapeur s'estompa et le silence se fit, seulement troublé par les petits claquements du métal qui finissait de refroidir.
La trappe supérieur s'ouvrit en claquent et Bob apparu, triomphant.
« Whoop whoop, s'exclama-t-il ! C'est police du secteur Delve !
- Que... Toi ?! Mais par l'Empereur et le Primarque Inconnu ! Pourquoi fallait-il que ce soit toi ?
- Pasque j'allais pas laisser mon boy s'amuser sans moi ! C'te question ! Allez, grimpe là d'dans, on s'arrache !
- Hors de question !
- Hey, boy ! L'cap'taine il a dit je suis l'boss mais si tu veux on peut régler ça avec concours de coups d'tronche. Pas d'soucis pour moi !
- Qu'importe ce que peut dire Oquida ! J'en ai... J'en ai marre de ces conneries ! »
Voilà, c'était ça ! Les mots qu'il cherchait depuis plus de trois semaines. Depuis qu'il avait mit les pieds sur ce croiseur.
Ils avaient mis du temps à remonter à la surface parce qu'un Space Marine, qu'il vienne d'un monde sauvage ou d'une cité ruche, apprenait à oublier son passé en devenant un guerrier sacré de l'Empereur.
Un Space Marine ne ressentait également que la fureur du juste et non pas la colère puérile qui... qui l'avait poussé à insulter un camarade quelques mois plus tôt et qui lui avait valu cette punition.
Ah ! Marine Exterminateur ! Quelle blague ! Aux ordres d'un Ork, qui plus était !
Un sifflement aigu se fit entendre, quelque part derrière les arbres, interrompant nettes ses pensées.
Évidemment, la traînée de feu avait du être visible à des kilomètres à la ronde.
« Allez montes, boy ! J't'ouvre la rampe !
- Ais-je vraiment le choix ?
- Bah, tu peux monter ou mourir glorieusement comme bouse de Brute, c'ton choix. »
Le sifflement alla crescendo, devenant un hurlement lorsqu'apparu un navire flottant au dessus de la cime des arbres, sur le bord du chemin créé par le Rhino en s'écrasant.
« On dirait une sorte de voilier antigrav...
- Raconte pas ta vie ! Montes !»
Alahan s'engouffra par la rampe à demi ouverte.
Le VAB avait été vidé de l'essentiel de son équipement interne. Une grosse boite de métal était fixée à la cloison en vis à vis du panneau d'accès latéral, deux affûts d'autocanons avaient été installés derrière un poste de pilotage modifié pour convenir aux dimensions de l'ork.
Déjà Bob refermait la rampe arrière lorsque le blindé fut ébranlé par une explosion cristalline. Le coup venait de frapper le bord de la rampe, dispersant une volée de fragments dans l'habitacle, infligeant une multitude de petites coupures aux deux occupants.
« Ghast ! Y'a un truc qui m'a piqué ! »
L'ork se passa la main sur la nuque, ramenant ses doigts couverts de sang sombre au milieu duquel luisait un éclat bleuté.
« Leurs armes ! Leurs fusils tirent des espèce de cristaux tranchants ! Ferme l'accès!
- Euh... Tu vas rire, c'est bloqué. »
Alahan s'approcha de panneau arrière, le coup avait atteint le mécanisme de la rampe au trois quart refermée.
« Alors fait demi-tour et accélère !
-Oki doki ! »
Bob empoigna les deux leviers face à lui, tirant l'un, poussant l'autre. Le blindé opéra un demi-tour sur place.
« Whoop whoop ! hurla-t-il en les poussant simultanément. »
Le Rhino fit un bon en avant, déséquilibrant Alahan qui roula au fond avant de se redresser, s'agrippant à la cloison pour gagner le siège de copilote.
« Whoop whoop ? demanda-t-il en se laissant tomber dedans.
- Ouaip ! C'est le son de la police de l'espace ! »
Le blindé remontait la trouée laissée par son crash, bringuebalant sur les souches renversée.
Bob se tourna vers Alahan, un grand sourire au lèvres.
« Roule bien, hein.
- On arrive au bout de la trouée, fit observé le Space Marine en l'ignorant.
- T'inquiète, c'est pas l'décor qui va m'ralentir. Y'a mélange spécial à moi, prométhéum-nitro, dans l'réservoir et si j'appuie sur bouton rouge, là, j'ai turbine à gaz avec additif qui s'enclenche, capable de l'envoyer en orbite. Y'a deux autocanons jumelés de coque et un multi-melta en tourelle. Vont pas faire les malins longtemps 'vec leur bateau volant.
- Magnifique. »
L'ork lui jeta un coup d'œil et soupira.
« Il te plait pas, hein, fit-il, déçu.
- Il ne me plaît pas. »
Bob se concentra sur l'orée de la forêt qui était maintenant à une poignée de mètres. Il écrasa le bouton rouge ajouté grossièrement sur le tableau de bord.
Le Rhino fit une embardée et se jeta sur la forêt, renversant les arbres sur son passage en se frayant un chemin.
« Prends à gauche ! hurla Alahan par dessus la cacophonie de craquements, de chocs et du rugissement du moteur. On va rejoindre la route ! »
Il devait se cramponner de toute ses forces à son siège pour éviter se cogner contre la minuscule verrière.
Une série de chocs cristallins retentit contre partie supérieure de la coque. Un groupe de voyants passèrent au rouge.
« Qu'est-ce que ça signifie ?
- Qu'y a pu de melta ! Dommage, j'avais pas testé ! Pis ils m'ont bousillé un gyro aussi !
- Mais pourquoi ces gyrophares bleus ?
- L'bleu ça porte chance ! J'avais autre concept de Rhino discret ! Pour les mission d'infiltration, t'vois ! Avec des gyro violet !
-Parce que...
Peut-être était-ce les secousses. Peut-être sa prise de conscience récente que tout ce qui lui arrivait récemment était trop incroyable pour vraiment se produire. Une fraction de seconde, il cru comprendre la logique de l'ork.
« Parce que violet c'est discret, c'est ça ? Alors une grosse lumière violette c'est... très discret.
- Tu vois, boy ! T'es pas si bête que t'en a l'air. »
Alahan, les muscles de ses bras tétanisés par l'effort, secoué dans un véhicule tenant du blasphème à l'Omnimessie était dans un état second.
Non, hein... Il n'était pas si bête. Il était archiviste. Des décennies durant, il avait partagé son temps entre les champs de bataille et le librarium. Il avait été désigné pour faire partie de la Deathwatch et avait fait équipe avec un Space Wolf et un Black Templar pour qui les énergies psychiques relevaient forcement de l'hérésie.
Ça n'avait pas marché, qu'importe le sens du devoir qui unissait les frère de batailles, il avait été nommé chef de l'escouade parce que les frères de la forteresse d'Erioch avaient estimé qu'il était le plus réfléchi des trois.
Les Space Marines n'étaient pas portés sur les rumeurs et les racontars. Ce genre de bassesses étaient à des lieux de la manière d'être d'un guerrier sacré de l'Empereur mais... il y avait des bruits qui couraient sur les Blood Ravens et les disparitions étranges de reliques lorsqu'ils intervenaient quelque part.
Lorsqu'il avait fallut prendre une décision à son sujet, plutôt que de l'affecter à une autre escouade ou de le renvoyé au sein de son chapitre, ils avaient préféré l'envoyer au loin, seul.
Et maintenant, il se trouvait au côté d'un ork qui l'avait jugé " pas si bête" !?
Tout cela n'était qu'une vaste blague qui allait s'arrêter bientôt.
Comme pour lui donner raison, les cahots cessèrent brusquement. Les arbres venaient de disparaître.
Le blindé venait de sortir de la foret, décollant à grande vitesse au dessus du dénivelé qui la séparait de la route.
Les chenilles tournèrent un instant à vide avant de reprendre violemment contact avec le sol, le blindé tournoya follement au milieu de la route dans un hurlement de métal et de pierre torturées. Le choc éjecta Alahan de son siège, le faisant rouler contre la noria du bolter tribord, la lourde boite de métal se détacha et lui tomba sur les jambes.
« Hey, boy, ça va? »
L'ork se dégagea du siège qui n'avait pas résisté à son poids combiné au choc et s'approche du Space Marine qui reprenait ses esprits, envoyant voler la boite d'un revers de tibia.
« Il suffit ! »
La voix d'Alahan était caverneuse, la dernière syllabe rebondissant en écho contre les parois de l'habitacle.
L'archiviste leva vers Bob des yeux brillants de colère à peine contenue. Des décharges statiques se mettant à la masse sur le sol métallique.
« Hey ! Tu vas pas m'refaire le coup de l'aut' jour, quand même ? »
Alahan rouvrit la bouche avant de se raviser, se relevant brusquement, il se dirigea vers la rampe arrière que le choc avait décroché.
L'esquif antigrav s'était arrêté à quelques mètres au dessus d'eux, il pouvait voir les servants recharger le canon à cristaux.
Une bourrasque se leva, couchant l'herbe en un cercle dont Alahan était le centre, la faisant flétrir à son passage. La réalité céda au creux de ses mains, le warp s'infiltra, prenant la forme d'une boule blanche crépitante.
« Corbasu ! hurla-t-il. Senkou ! Ken ! »
La rafale d'énergie foudroya le navire volant, le précipitant au sol avec son équipage.
Bob assista au crash bouche bée. Il lui vint à l'esprit que leur première rencontre n'avait pas été si violente que ça.
La peur n'était pas une composante de la psychée orke, quant au respect...
« T'sais quoi ? Chuis quand même 'achement content d'être de ton côté. On continue ? Enfin si l'komet redémarre, bien sûr. »
Alahan avait déjà un pied sur la rampe dévastée, une main posé sur l'un des vérins pour assurer son équilibre.
« Faudra que tu répares le multi-fuseur, dit-il. »

« Puis-je avoir un rapport de la situation, officier ? demanda le capitaine à son second. »
Alerith leva les yeux de l'image satellite affichée par la table hololithique devant elle.
« Nous avons perdu le contact avec Bob et le Space Marine depuis l'atterrissage du Rhino. Les Xenos indigène ont envoyer un véhicule à découvert. Le transport blindé s'est déplacé sur cinq cent mètres à travers la foret avant de gagner la route. Là, ils ont détruit le véhicule Xenos, d'une explosion psychique, semble-t-il. Les deux n'ont pas l'air de s'être entre-tués.
- Ce qui est encore une petite victoire. »
La jeune femme acquiesça en silence, son regard fixé sur la planète dont l'image étai retransmise par les dalles murales et sur la ligne du crépuscule qui s'approchait des plateaux où se trouvaient l'ork et le Space Marine.
« La nuit va bientôt tomber, dit-elle. Peut-être serait-il temps de les rapatrier à bord.
- Je vous laisse seule juge. »
Alerith se retourna vers la projection topographique de la table, manipulant les commande pour obtenir une image agrandie de la zone.
« Nous avons un point d'extraction possible ici, dit-elle en pointant un endroit sur la carte. Compte tenu des activités Xenos de la région c'est suffisamment éloigné de leur position pour risquer un Arvus. Mais ils devront abandonner le VAB.
- Excusez-moi, ma dame, l'interrompit l'officier chargé des transmissions. Nous avons un message du rhino.
- Diffusion passerelle, s'il vous plait. »
La voix du Space Marine retentit dans la salle, noyée dans les crachotement des haut-parleurs.
« … d'Ala...n, m...recev...
- Fort mais pas clair du tout. Amplifiez-moi le signal ! ordonna-t-elle à l'adresse l'officier des transmissions. »
Les crachotements décousus continuèrent un instant avant que la voix d'Alahan ne reviennent, compréhensible cette fois.
« Les Xenos ont une technologie antigravitique, disait le Space Marine.
- Reçu, nous vous avons envoyés les coordonnées pour une extraction, c'est à soixante kilomètres de votre position. Pouvez-vous y arriver avant la tombée de la nuit ?
- Négatif, le blindé doit rouler au pas, nous avons perdu une chenille. A pied nous pouvons y être demain à l'aube.
- Il y a un tunnel à trois cent mètre au Nord-Ouest, vous pouvez vous y mettre à couvert.
- Wep, c'était la voix de Bob, mais ça va prendre du temps parce que l'coté gauche y roule sur les barbotins. Rien qu'ça, ça va le flinguer.
- Vous avez une autre solution ?
- Nope, m'dame. Mais j'devrais pouvoir bricoler un truc là-bas.
- Six heure, heure locale.
- Ça devrait suffire.
- On vous récupère demain matin, soyez là.
- Reçu d'en bas. Bob, terminé. »

Bob conduisait lentement le Rhino sur la route, devoir se traîner à moins de dix kilomètres-heure le rendait malade.
Les autocanons se balançaient selon un rythme régulier, leurs esprits à l'affût de la moindre activité Xenos. Alahan se tenait debout devant la trappe d'accès arrière béante, son bolter prêt à faire feu.
« J'vais nous bricoler un truc rapide, on devrait arriver à temps demain, annonça l'ork. »
Le Space Marine grogna d'assentiment tout en balayant du regard les alentours. Tout étaient calme, il n'y avait plus de trace des créatures bleues. Il voyait le soleil descendre derrière les arbres, loin à l'Ouest.
« C'était quoi à ton avis ? demanda encore Bob.
- Qu'est-ce qui était quoi ?
- Bah les gus qui nous ont attaqué ? Tu les a vus d'près. »
L'archiviste réfléchi un instant.
« Tu connais les Tau ? demanda-t-il.
- Nan... C'est quoi ?
- Une race Xenos de la bordure orientale. En fait ils viennent de l'autre bout de la galaxie mais ils n'ont pas de moteur warp. Pas vraiment.
- T'en sais des trucs.
- C'est ma fonction... mais de toute façon ils sont trop différents, leur technologie est différente et leurs membres inférieurs se terminent par des sabots.
- Moi y m'rappelaient un peu des énouliens, des vraies salop'ries, ces gars là. Le même genre, à t'balancer des cailloux coupant à la tronche. Mais z'ont pas la bonne couleur.
- Peut-être une de leur colonie qui a dégénérés.
- Ouais, d'toute façon on arrive au tunnel. »
La route passait sous une arche culminante à près de dix mètre de haut avant de s'enfoncer sous terre.
Bob alluma les phare du Rhino, éclairant la voie qui s'interrompait brusquement à quelques dizaines de mètres de l'entrée.
« C'est une impasse, fit observer Alahan. Il faut qu'on sorte d'ici si l'on ne veut pas être prit au piège.
- Attends, j'ai une autre idée. »
Bob arrêta le blindé au milieu de la route, sorti un bâton sur lequel était planté une grosse fusée peinte de couleurs criardes.
Il descendit du Rhino, planta le bâton dans le sol et visa vaguement la lointaine entrée du tunnel, de moins en moins visible dans le jour déclinant.
« Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Lance-roket', t'inquiète...
- Si, justement ! Tu comptes nous ensevelir ?
- Mais nan ! »
L'ork tira rapidement sur la ficelle actionnant le mécanisme de mise à feu, la roquette partit en crachotant son carburant, zigzaguant en direction de l'entrée.
L'explosion fit trembler le sol, faisant s'écrouler un pan du plafond dans un grondement accompagné d'un énorme nuage de poussière.
Dans les ténèbres qui suivirent, Alahan craqua une des torches au phosphore de son équipement. Baignant la scène d'une lumière rouge tremblotante.
« Qu'est-ce que tu as fait ?!
- J'ai fermé porte d'entrée. On est a l'abri.
- Tu as fermé porte d'entrée ? Tu as fermé porte de sortie, oui ! Comment espères-tu la rouvrir ?
- Chaque chose en sont temps. C'est pour ça que je suis le chef et toi l'boy. »
Il vit le regard d'Alahan et, avec une présence d'esprit dont il n'était pas coutumier, décida de ne pas pousser plus à bout la patience de l'archiviste.
« On a tout un stock d'explosifs, on f'ra sauter l'bouchon au moment de sortir. »
Il se tourna vers son véhicule qui tenait désormais plus de l'épave que du blindé et le contempla avec tristesse.
« Qu'est-ce que j'vais bien pouvoir faire de toi, soupira-t-il. »
Plongeant dans les ténèbres du VAB, il ressortit bientôt chargé d'une caisse à outil et d'une torche à plasma. Un sourire affreux illumina son visage.
« J'ai trouvé, dit-il ravi. »

Laissant l'ork a ses réparations, Alahan s'éloigna un instant pour inspecter leur prison.
L'éboulement devant eux laissait quelques ouverture par lesquelles il ne pouvait que voir les ténèbres du reste du tunnel. Les murs nus étaient faits de la même pierre que les bâtiments et la route. Il avait d'abord pensé à une sorte de lithobéton mais l'ensemble était trop lisse. Il lui semblait que les architectes du lieu avaient fondu la pierre en un matériau uniforme.
Il revint vers le blindé.
Bob avait déjà bricolé un groupe électrogène de fortune à l'aide des phares du Rhino, palliant le feu chimique faiblissant de sa torche.
L'ork fredonnait un air sans suite, gribouillant fiévreusement un dessin sur une chute de ce qui avait du être une boite de ration, à en juger par le morceau de dessin qu'il voyait sur un coin.
« Tu peux le remettre en état ? lui demanda-t-il.
- Hein ? »
L'ork leva la tête, distrait dans son élan créatif.
« Nan, pas possib'. On a pas les pièce. Et pis même ce s'rait pas marrant.
- Marrant ?
- Ouais ! Passque tu vois... la technologie ork... bah ça tiens plus du lard, t'vois.
- Du lard ?
- Bah ouaip, passque nous les mekano on invente, on créé des trucs mais avant de mettre le contact bah... tu sais pas si c'est du lard ou du... 'fin bref, t'vois quoi ?
- Je vois. »
Bob continua de s'échiner sur son bout de carton un instant avant de s'estimer satisfait du résultat, puis il alluma sa torche à plasma et entreprit de découper la carlingue du blindé.
« Tu n'es pas... déçu de devoir le détruire ? »
Alahan se demanda un instant si c'était bien lui qui avait posé la question. A sa grande horreur il s'aperçut que c'était le cas.
Plus de cinquante ans de conditionnement se battait sous son crane contre se qu'il ne pouvait s'empêcher de qualifier de curiosité malsaine.
Ignorant son conflit intérieur, Bob répondit sans lever la tête de son ouvrage.
« Naan, t'inquiète. L'komet a fait son boulot. J'voulais un truc qui soit capab' de franchir l'atoms... l'asthmo... d'arriver depuis l'espace sans s'désintégrer. Et ça l'a fait! L'pouvoir des gyros bleus, t'vois. Maintenant, bah... Il est temps d'en faire autre chose. »
Il arracha un large pan du blindage qu'il venait de découper, mettant à nu une partie du mécanisme.
« Aaah, bah t'sais quoi ? C'est plus facile d'y accéder, comme ça, fit il distraitement. 'videmment ce s'ra pas mon chef d'œuvre mais ça va nous sortir de là. Tiens, et pendant que j'démonte ça regarde sous la partie arrière pour me choper la roue d'secours. »
Alahan se dirigea vers l'endroit indiquer avant de s'arrêter brusquement.
« La roue de secours ? Sur un engin chenillé ?
- Évidemment, répondit Bob sans s'interrompre. Très à ch'val sur la sécurité. J'ai la roue d'secours. Le p'tit ballon qu'on gonfle avant de démarrer. C'est Garett qui m'la filé, il est rose mais franchement je ne sais pas à quoi il sert mais faut le faire, apparemment. Pis j'ai l'triangle, ça y m'a dit que c'est pour que les gens y s'approchent pas trop, alors j'l'ai aiguisé. C'est plus efficace.
- C'est.. logique. J'imagine. »
Il trouva la roue, doté d'un pneu épais, comme celles qui équipaient les motos de l'Astartes.
A nouveau, l'ork s'arrêta et se tourna vers lui, s'essuyant le front d'une main pleine de cambouis et y laissant une large trasse noir. Il plongea l'autre dans une poche pour en sortir une étui de carton ciré. Il le tendit à un Alahan dubitatif.
« Cighalos, annonça-t-il. T'en veux un ?
- Non merci, les Space Marine ne fument pas¹.
- Comme tu veux. »
L'ork en prit un d'un coup de dent et l'alluma à l'aide de la torche mourante. Satisfait, il tira un longue bouffée qu'il recracha en un nuage acre.
« T'as tord. C'est p'tet la seule invention humaine valab'. »
Puis il se remit au travail.
Il continua de désosser le Rhino quelques temps, séparant les pièces en plusieurs tas dont la logique échappait à Alahan.
Le Space Marine décida un moment de faire contre mauvaise fortune bon cœur et d'aider l'ork avant de renoncer.
Finalement il s'adossa contre l'une l'un des montant d'adamantium du blindé, désarmé à nu, et, mu par la curiosité fini par demander :
« Bob, je peux te poser une autre question ? »
A fond de lui sa conscience, qui prenait étrangement la forme d'un frère de bataille en armure noir portant un casque figurant un crane, se frappa le front de dépit et tourna le dos.
« Ouaip, vas-y.
- Pourquoi ? Pourquoi fais-tu parti de la suite d'Oquida ? »
Pendant un moment seul les coups sourds d'un marteau lui répondirent. Remplacé par le cliquetis d'une clef.
Finalement, il entendit l'ork inspirer pour répondre.
« Passque... Passque... Pose toi la question. Pourquoi une ork se bat ? »
L'archiviste haussa un sourcil.
« Parce que c'est un ork ? C'est une question piège ?
- 'xact. Les humains y mangent et respirent. Les orks aussi, remarque. Mais les orks, nous, on s'bat passqu'on est des ork. Et on est des ork passqu'on s'bat.
- Et alors ?
- Ben la différence c'est que j'aime me battre.
- Je ne saisis pas. »
Bob soupira.
« 'videmment. Mais c'est j'essaye de t'explquer c'est comme... tiens, tu sais qu'y a des humains y aiment le gaz trop... la gaz astronomie ? Quand ils ne mange que des bon trucs.
- La gastronomie ? Ça c'est pas exactement mon domaine de compétence.
- Ouais, voilà. La gaz-trop-gnomie. Ben moi c'est pareil mais avec la baston. Ça m'intéresse pas de taper la chair-à-grot. J'aime les vrais combats, t'vois. Ceux contre un seul adversaire mais que tu sais qu'il va te donner du fil à retordre. »
Alahan s'aperçut soudain qu'il était en train de mener la plus longue discussion depuis près d'un mois. Depuis qu'il était à bord du Rising Sun, il avait prit soin d'éviter tout contact avec le reste du personnel, lequel le lui avait bien rendu.
Et aujourd'hui, il la menait avec un Xenos au fin fond d'un planète perdue au-delà des domaines de l'Empereur.
« Donc voilà, poursuivait l'ork cahin-caha, ignorant des pensées de l'archiviste. J'aime que les bonnes bastons. La qualité avec un K majuscule.
- Ça n'est pas... commença Alahan avant de renonçer.
- Pis un jour Oquida y m'a trouvé. Pis y m'a parlé d'un big boss dans la galaxie. Mais c'est l'big boss des big boss, t'vois. L'gars, il a réunis vingt nobz et eux y z'avaient des centaines de milliers d'boyz et il ont mené la plus grande Waaagh jamais vue dans la galaxie. »
Alahan écarquilla les yeux, sa conscience lui bourrant le cerveau de coup de son crozius arcanum.
« Mais ce n'est pas... commença-t-il.
- Pis y a un des nob qu'a voulu prendre la place du big boss et qu'à cause de lui bah la waaahh, elle s'est cassée la gueule.
- Mais c'est l'Empereur ! parvint à hurler Alahan ! Tu parles de la Grande Croisade !
- 'videmment. Je sais bien que l'plus grand boss de la galaxie c'était c'ui des humains. Ça fait réfléchir, hein ? »
L'archiviste le regarda sans pouvoir articuler un mot. Il avait envie de... de le calciner ! De le réduire à une pulpe verte tremblotante ! Là sur place ! Pour une hérésie aussi flagrante !
Il avait aussi envie d'entendre la fin de l'histoire... Le second choix l'emporta.
« Donc, t'vois. Oquida y m'a dit comme ça qu'y s'battait pour l'big boss des humains et qu'y pouvait m'offrir les meilleurs bastons. Alors j'ai dit :"okay !". Pis là y m'a dit que j'étais un Xenos assez-remonté... Mais j'ai pas tout compris là passque j'étais pas trop en colère sur le moment. Et ça fait super longtemps que j'me bas pour lui et pour big boss des big boss qu'est dans l'ciel. Voilà l'histoire. »
Il sourit devant le teint cireux du Space Marine. Alahan le regardait bouche bée, sans pouvoir prononcer un mot devant l'énormité de l'explication. Des orks se battaient comme mercenaires. La procédure était peu connue mais parfois les Libres-Marchands utilisaient des Xenos comme d'autres des bolters lourds pour arriver à leurs fins. Et celui-ci se battait pour l'empereur de l'humanité parce qu'il croyait en lui ?
« C't'une belle histoire, hein ? rencherit Bob. »
Il vint à l'esprit d'Alahan que, ici et maintenant, cette créature verte, épaisse et avec la manie de balancer les mot dans une phrase comme d'autres lançaient des grenade sur un champ de bataille, ce Xenos grossier était plus proche d'un frère de bataille que ne l'avaient été ses compagnon de la Deathwatch.
Peut-être l'ironie de la comparaisons avec ses anciens frère de l'ordo Xenos était elle de trop ? Peut-être y avait-il eu un défaut dans ses années de conditionnement, une légère fêlure qui avait progressée avec le temps ? Ou bien était-ce sa condition de psyker, plongé trop régulièrement dans des ouvrage capable de faire vaciller la santé mentale du plus aguerri des guerriers de l'Epereur, qui avait provoqué ce soudain trouble dans son esprit ?
Alahan partit dans un grand éclat de rire, le torrent d'hilarité emporta le petit chapelain de sa conscience, devant un Bob perplexe.
Il rit de ces années à combattre les Xenos et les démons, sans jamais remettre en question le dogme et les traditions de son chapitre.
Il rit de ces anciens compagnons d'armes de la Deathwatch, si méprisants et dont l'avenir ne pouvait s'achever que dans une gerbe de sang hilarante.
Il rit enfin de cet ork qui, au delà de l'Imperium, travaillait à sa grandeur parce que c'était...amusant !
Quand il finit enfin par se calmer, il s'aperçut que Bob était retourné à son ouvrage et que ce Xenos était envers et contre tout le seul compagnon d'arme qu'il puisse espérer de ce côté ci de la galaxie.

Le travail de Bob avait duré une bonne partie de la nuit.
Alahan ne sut jamais réellement combien de temps il avait perdu la tête mais quand il se releva, plus sain d'esprit que jamais, l'ork avait finit son œuvre.
Il avait cannibalisé le Rhino, récupérant le maximum de pièces pour créer un nouveau moyen de transport.
« 'videmment, c'est qu'un trak. »
Le nouveau véhicule était chenillé à l'arrière, l'avant ressemblant à une moto, la roue monté sous un guidon servant à diriger l'ensemble.
Une petite plate-forme à l'arrière comportait un lance-flamme de fortune, alimenté par un réservoir de prométhéum grossièrement renforcé.
« C'moins efficace que l'melta mais ça va permettre de dégager la voie. Bon maintenant, si tu m'excuses...»
Bob se dirigea vers la carcasse démontée du Rhino, attrapant au milieu du métal coupé sans soin la lourde boite qui avait été sanglée à la cloison.
« Qu'est-ce que c'est ? demanda Alahan
- Ah ! Bonne question ! »
L'archiviste remarque qu'elle était pourvue de bretelle, permettant à l'ork de se la fixer sur le dos.
La boite avait du être une ancienne cantine de l'adeptus arbites, il distinguait encore des traces de l'aquila. À demi effacées, elles étaient, sur la face arrière, en grande partie recouverte par une applique sommaire figurant une tête d'orque. De la bouche de la tête pendait quelques maillons d'une chaîne au bout de laquelle était fixée un large anneau de métal.
« C't'une ancienne boite des arbites de Scintilla, confirma l'ork. Alors je l'ai appelée "boite de pandore". Mais c'est pas l'plus intéressant. Tires sur l'anneau.
- Qu'est-ce que...
- T'inquiète, ça explose pas. Enfin normalement... Vas-y. »
Alahan s'exécuta. Il tira sur l'anneau sortant de la gueule du l'ork en bas relief et aussitôt les pans de la boite se rétractèrent, révélant un étrange assemblage de métal jaune qui se déploya, enveloppant l'ork de ses extensions arachnéennes jusqu'à former autour de lui une armure qui renvoyait l'éclat du groupe électrogène.
« Et voilà ! Annonça Bob, triomphant. Je suis ceint de bronze ! Tu veux je fasse la même avec ton armure de marine boy ?
- Ne pousses pas trop loin non plus.
- Bon, d'accord. Maint'nant aide moi à mettre les explosifs, on sort d'ici. »
Tout en aidant Bob a placer la pâte explosive au endroits idoines, Alahan consulta l'horologium fixé à son armure.
Cinq heure quinze. Ils disposaient de trois quart d'heure pour rejoindre le point d'extraction.
Leur tache accomplie, ils prirent place sur le trak flambant neuf.
« Tiens, lui dit Bob en lui tendant une paire de lunette de soudeur. C'est pour te protéger du prométhéum. Le lance-flamme il est pas... 'fin mets les, quoi. »
Il mit le contact, le véhicule vint à la vie dans un grondement de sourd.
« Très bien, alors... commença Alahan. Nous sommes à soixante kilomètres du point d'extraction, nous avons un lance-flamme plein de prométhéum, la moitié d'un paquet de cighalos, il fait encore noir et nous portons des lunette de soudeurs noirs...
- En route, conclut Bob. »
Découvrant largement les dents, l'ork enclencha les explosifs, pulvérisant le mur de pierre et tourna la poignée des gaz sans attendre que la poussière ne se dissipe.

Le trak jaillit du tunnel, entraînant des volutes du nuage sur son passage.
Ses chenilles firent voler des morceaux de la route lorsqu'il reprit brutalement contact avec le sol.
« On va d'voir rester à découvert ! hurla l'ork pour couvrir le rugissement du moteur. L'explosion a du rameuter les p'tits xenos bleus.
- Reçu !
- T'es prêt à les renvoyer dans leur pays merveilleux ?
- Affirmatif !
- Alors c'est parfait. »
Sanglé sur la plate-forme boulonnée au-dessus du moteur, maintenant solidement les grips du lance flamme, Alahan s'aperçut qu'il ne s'était pas sentit aussi bien depuis longtemps.
S'il faisait abstraction – et quelle abstraction – du pilote Xenos et du véhicule relevant de la plus haute hérésie, il était dans son élément.
L'équipage fila sur la route aussi vite que le permettait le moteur sur-gonflé qui, dans une autre vie, avait propulsé un blindé quinze fois plus lourd.
« Sur la route ça va l'faire niquel. Une demi-heure, on y est ! »
- Véhicules antigravs dans le 180 ! Deux! »
Il était évident que l'explosion avait du être perceptible à des centaines de mètres à la ronde mais ils ne pensaient pas voir leurs adversaires surgir si vite.
« Ils nous rattrapent ! »
L'ork jura. Il aimait la vitesse mais il y avait un temps pour écraser le champignon et un autre pour négocier la courbe de la route qui s'annonçait à quelques dizaines de mètres.
Les véhicules antigrav, eux, n'avaient bien sûr pas ce problème.
Une grêle cristalline s'abattit sur eux.
« Bande de tricheurs ! Hurla-t-il. Mais j'ai solution ! R'garde dans sac derrière mon siège ! »
Toujours harnaché, Alahan tendit le bras pour fouiller le sac du bout des doigts. Il sentit une poignée, tendant un peu plus la main il la saisit et sortit un objet oblongue.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? »
L'objet ressemblé vaguement à la protection naturelle de certains reptiles², de forme ovoïde, il avait été peint en rouge.
« Vas-y! Tire un bon coup sur la poignée et balance ! »
L'archiviste s'exécuta. La poignée servait de mécanisme de mise à feu. Aussitôt qu'il eut lancé l'objet, il s'envola en tournoyant, quatre petit jets de flammes fournissant la poussée.
« Bombe 'telligente ! Y'a p'tits zesprits de recherche dedans ! »
La bombe amorça une trajectoire zigzaguante, volant à toute vitesse vers leurs poursuivant de tête. Elle toucha la proue du véhicule. Quel que fut sa propulsion il ne pouvait pas voler si son intégrité était compromise.
« Yay ! s'exclama Bob en jetant un coup d'œil au jet de flamme résultante du crash de l'antigrav. Et la course, elle continue ! »

« L'aube s'en vient ! commenta Bob.
- J'ai vu !³ On a un quart d'heure d'avance ! »
Les coordonnées communiquées par Alerith correspondaient à une élévation dégagée, s'élevant au milieu de la forêt, pas si différente de celle sur laquelle Alahan avait été déposé, moins d'une journée plus tôt.
Le véhicule Xenos avait disparu quelques minutes auparavant.
Peut-être avaient-ils abandonné la poursuite mais Alahan n'en aurait pas juré.
Bob amena le trak au sommet et coupa le contact.
« On tient la position en attendant l'extraction.
- J'aurais pas dit mieux, boy. En tout cas c't'une sacré mission d'infiltration.
- Elle aurait du se terminer hier. Il me fallait un transport ! Pas un bombardement orbital !
- Hey ! T'as eu bombardement de transport depuis l'orbite ! C'est l'meilleurs des deux mondes !
- J'imagine... »
Alahan s'interrompit. Ils y avait des ombres mouvantes en contrebas, à l'orée de la forêt.
« Ils reviennent, ils nous ont encerclés.
- Pas d'soucis, branlés comme y sont ça doit être des tanches dans la mélée. M'dit pas qu't'as peur, marine boy.
- Les Marines Boyz ne connaissent pas la peur.
- Ouais, et j'vais t'dire un truc, fit l'ork alors que les premiers Xenos s'engageaient à découvert. Le secret d'une bonne baston ça tient autant des mecs en face que d'la qualité des boyz avec qui t'es. Et celle là, j'sens qu'ça va être la deuxième meilleurs de ma vie.
- Je ne sais pas vraiment comment le prendre.
- T'en fais pas, vas. Si tu t'poses la question c'est qu't'es en bonne voie pour rafler la première place. »
Il surprit le regard d'Alahan.
« J'te l'ai dit, chuis un ork 'achement intelligent. J'aime faire le z'off.
L'archiviste esquissa un rictus. Ainsi qu'un rapide geste de la main qui drapa son armure d'un voile issu du warp.
« C'est à ce moment que tu charges en hurlant ?
- J'avais plutôt un chant d'guerre dans la tête.
- Au point où nous en sommes, je peux tout entendre, je pense. »
Alors que leurs premier adversaires épaulaient leurs armes, la voix gutturale de l'ork s'éleva, manquant peut-être d'un accompagnement à la guitare sèche :
« There is a big guy who watch for fighters in galaxy
Lookin' for da best, he want da big'st, da more shooty
Wearing his bright armor, armed with a heavy chainsword
Seated on his golden throne, ev'ry battle he can... saw (et merde!)
Leading a Waagh of Waagh with twenty legion of steel »
Le reste de ses paroles furent couvertes par les détonations combinées du bolter d'Alahan et du fling' intégré à l'armure de bronze.
Le Space Marine réussi néanmoins à saisir le refrain :
« Yippie yi Yaaaaay
Yippie yi Yaaaaay
Da Big boss in da sky »
C'était peut-être également le deuxième meilleurs combat de sa vie.

L'Arvus perça les nuages dans l'aube naissante.
« Nous arrivons en vue du point d'extraction, annonça le pilote à Alerith, restée en orbite.
- Maître Garett ! S'exclama cette dernière via la radio. Quel intérêt avez-vous à outrepasser mes consignes ?
- Relax, patronne. Avouez que je vous ai bluffée sur ce coup.
- Nous en reparlerons. Où avez-vous mis le pilote ?
- Il est dans un placard du pont six, près des hangars. Pensez à lui amener une couverture. »
L'astropathe entama sa phase d'approche.
Il distinguait le trak au sommet de la colline, fumant. Un tir Xenos avait peut-être fait mouche. Un grand nombre de corps bleus était éparpillé sur l'herbe.
Il soupira.
« Et en plus, j'ai manqué le meilleurs. »
Quant à l'ork et au Space Marine...

Assis près du trak, dos à dos, Alahan et Bob reprenaient leur souffle.
« Tu m'crois si j'te dis que j'commence à être trop vieux pour ces conneries, boy ?
- Non.
- Ouais, j'y crois pas non plus. »
L'ork sortit un cighalos de son paquet et l'alluma avec la veilleuse du lance-flamme, détaché durant le combat. Expirant une bouffée, il jeta le paquet derrière lui, qui atterrit sur les genoux d'Alahan.
« T'as pas l'droit d'le refuser cui-là.
- Passe moi le lance-flamme, alors.
- Encore une journée qui commence comme j'les aimes. Queques écorchures et une bonne baston.
- Pas de soucis. Nous étions en mission pour l'Empereur. »

+++ A l'attention du frère-capitaine Celestius, membre de la Chambre de Vigilance de la forteresse d'Erioch,

Par la présente, j'ai l'honneur de vous rendre compte de mes avancées concernant la signification de la fraternité.
Nous, Space Marines, sommes amenés à nous battre en Son nom à travers la galaxie.
Parfois, il nous arrive de rencontrer des alliés dont nous ne soupçonnions même pas l'existence. Le capitaine Oquida m'a fourni cette occasion.
Je continuerai donc à Le servir au-delà des frontières de l'imperium afin de ramener dans son giron les peuples n'ayant pas encore reçu son message.
Et je les protégerai parce que tel est notre devoir.

Respectueusement,

Frère-archiviste Alahan, du chapitre Blood Raven, marine exterminateur de la Deathwatch

Pensée du jour : Ci-joint un paquet de Cighalos de la marque Bright Eagle, mon supérieur les apprécie particulièrement. +++



¹ Enfin plus depuis la V2. Quoique concernant les salamanders, j'ai toujours un doute.
² Et je ne veux lire aucune remarque sur la classification phylogénétique des tortues.
³ La réplique originale était « Merci, frère-capitaine Obvious ! » Mais je trouvais que ça faisait too much. Je la garde pour plus tard...
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l'Ombre
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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Mar 5 Nov 2013 - 10:45

''Incongrus, excitant, intriguant, un chef d’œuvre en son genre''
                                                                                                 
Le Figuaro

Plus sérieusement cette histoire est vraiment génial, bien qu'à la limite de l'hérésie absolue (chose que j'apprécie de façon aléatoire, mais particulièrement dans ton histoire), donc bravo et merci pour cette petite perle (à mon sens), les erreurs (à mon sens) sont rares, notamment la syntaxe de l'ork, c'est surement fait exprès, mais je le trouve beaucoup trop intelligent. Sinon il n'y a vraiment pas grand chose. Au fait j'espère qu'ils vont t'accepter dans l'association des nécromans, j'ai bien essayé, mais malgré plusieurs essais... rien.
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Tenkaranpu
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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Sam 9 Nov 2013 - 20:39

Ne t'inquiète pas, Aleph, tu peux continuer. Pour ma part, je n'ai pas réagis tout de suite en raison de mon absence, c'est tout. ;)

Pour ma part, quant aux hérésies fluffiques, je pense que tu te débrouilles bien. Vu le nombre de fics officielles ou non qui sont supposées fluffiquement hérétiques, on va pas chipoter. La Galaxie est assez vaste pour qu'on y fasse de tout.


Citation :
Une bourrasque se leva, couchant l'herbe en un cercle dont Alahan était le centre, la faisant flétrir à son passage. La réalité céda au creux de ses mains, le warp s'infiltra, prenant la forme d'une boule blanche crépitante.
« Corbasu ! hurla-t-il. Senkou ! Ken ! »
La rafale d'énergie foudroya le navire volant, le précipitant au sol avec son équipage.
Bob assista au crash bouche bée. Il lui vint à l'esprit que leur première rencontre n'avait pas été si violente que ça.
La peur n'était pas une composante de la psychée orke, quant au respect...
Les Sorciers de Tzeentch pouvaient faire ça aussi avant... ^.^'



Citation :
« Donc voilà, poursuivait l'ork cahin-caha, ignorant des pensées de l'archiviste. J'aime que les bonnes bastons. La qualité avec un K majuscule.
- Ça n'est pas... commença Alahan avant de renonçer.
- Pis un jour Oquida y m'a trouvé. Pis y m'a parlé d'un big boss dans la galaxie. Mais c'est l'big boss des big boss, t'vois. L'gars, il a réunis vingt nobz et eux y z'avaient des centaines de milliers d'boyz et il ont mené la plus grande Waaagh jamais vue dans la galaxie. »
Alahan écarquilla les yeux, sa conscience lui bourrant le cerveau de coup de son crozius arcanum.
« Mais ce n'est pas... commença-t-il.
- Pis y a un des nob qu'a voulu prendre la place du big boss et qu'à cause de lui bah la waaahh, elle s'est cassée la gueule.
- Mais c'est l'Empereur ! parvint à hurler Alahan ! Tu parles de la Grande Croisade !
- 'videmment. Je sais bien que l'plus grand boss de la galaxie c'était c'ui des humains. Ça fait réfléchir, hein ? »
L'archiviste le regarda sans pouvoir articuler un mot. Il avait envie de... de le calciner ! De le réduire à une pulpe verte tremblotante ! Là sur place ! Pour une hérésie aussi flagrante !
Il avait aussi envie d'entendre la fin de l'histoire... Le second choix l'emporta.
« Donc, t'vois. Oquida y m'a dit comme ça qu'y s'battait pour l'big boss des humains et qu'y pouvait m'offrir les meilleurs bastons. Alors j'ai dit :"okay !". Pis là y m'a dit que j'étais un Xenos assez-remonté... Mais j'ai pas tout compris là passque j'étais pas trop en colère sur le moment. Et ça fait super longtemps que j'me bas pour lui et pour big boss des big boss qu'est dans l'ciel. Voilà l'histoire. »
Il sourit devant le teint cireux du Space Marine. Alahan le regardait bouche bée, sans pouvoir prononcer un mot devant l'énormité de l'explication. Des orks se battaient comme mercenaires. La procédure était peu connue mais parfois les Libres-Marchands utilisaient des Xenos comme d'autres des bolters lourds pour arriver à leurs fins. Et celui-ci se battait pour l'empereur de l'humanité parce qu'il croyait en lui ?
« C't'une belle histoire, hein ? rencherit Bob. »
Ouais... ça m'émeut tellement. :snif2: :fete: :coeur: :aquila: 

_________________
 


Les Primarques devaient être des exemples frappant d'hommes guéris de la souillure de la corruption. L'énergie du Warp non corrompue coulerait en eux comme elle coulait par l'Empereur lui-même, les fortifiant et leur conférant des pouvoirs comme en possédaient les anciens chamans (...) Employant ses pouvoirs psychiques, l'Empereur les localisa petit à petit et retrouva chacune de ces créations originales qui furent réunis avec les chapitres Space Marines créés à partir de leurs empreintes génétiques. Ils ne semblaient pas avoir été touchés par le Chaos (...) [Mais] En fait, leur apparence physique était décevante, nombre de Primarque furent souillés par leur contact précoce avec le Chaos.

- Realms of Chaos : The Lost and the Damned, page 174 et suivantes, extrait.

Russ avec de l'ADN canin, les Primarques crées avec l'aide des dieux du Chaos... la saga de l'Hérésie d'Horus de la BL est écrite par des hérétiques... ♪

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Aleph



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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Mer 27 Nov 2013 - 21:06

Merci à tous les deux pour les retours

@l'Ombre : la syntaxe de l'ork tiens surtout au fait que, après m'être essayé au parlé ork "canon" dans les premiers jets... Bah...C'était chiant, très lourd et au final peu agréable à lire.
Le parlé ork en VF n'est, à mon avis, que la pauvre traduction d'une Vo qui, elle, a sa logique et qui est bien plus sympa à lire (l'essayer, c'est l'adopter).
Je ne prétendrai pas "plus respecter l'esprit ork" que les trad' officielles mais... disons que c'est ma vision de l'esprit ork. ^^

Tenkaranpu a écrit:
La Galaxie est assez vaste pour qu'on y fasse de tout.
C'est l'idée :)
Tenka a écrit:
Ouais... ça m'émeut tellement.
C'est parce que Bob est un grand poète, doublé d'un philosphe de combat...

Et sans plus attendre, le troisième chapitre.

Bonne lecture,

Tales of Rising sun – Chapitre Trois – Legacy


Il y avait dans les étendues de Koronus, au delà des limites de l'Imperium, une petite planète.
D'ocre et de bleu, elle orbitait en compagnie de ses sœurs autour d'une naine jaune dans un système sans grande originalité. Ses occupants actuels étaient arrivés un beau jour, des millénaire plus tôt, à bord d'un vaisseau de colonisation comme il en existait tant à l'époque.
Elle n'offrait pas grand intérêt. Elle ne disposait que de quelques ressources minérales, d'un peu d'hydrocarbure et d'un sol trop pauvre pour l'installation d'une industrie agroalimentaire de grande envergure.
Aussi avait-elle été colonisée puis oubliée. Ses habitants étaient revenus à un stade primitif lorsque les derniers restes de la technologie dont ils dépendaient étaient tombés en panne.
La situation avait duré plusieurs millénaires, de petites communautés nomades vivotaient de chasses et de cueillettes.
Un beau jour, un homme – appelons le Roger – avait inventé un objet. Un objet tout simple, cylindrique, qui permettait, en l'ajustant d'une certaine façon avec d'autres objets tout aussi simple, de transporter de lourdes charges.
Quelques temps plus tard un autre – peut-être était-ce un descendant de Roger – avait découvert que certaines pierres, lorsqu'elle était chauffées suffisamment longtemps, donnaient un matériau solide et facilement transformable en outils, ouvrant la voie à des siècles d'innovations dans les domaines des armes et de l'agriculture. À moins que ces deux domaines n'en aient été qu'un seul depuis le début.
Et la machine s'était emballée. De puits artésiens en aciers trempés, un petit malin – quel ancêtre formidable ce Roger – en était venu à créer une poudre détonante aux nombreuses applications.
Et le monde progressa, loin des diktats de Mars.
Les habitants de ce monde ne s'étaient guère intéressés à ce qu'il pouvait y avoir dans les étoiles. Oh ! Bien sûr ! D'anciennes légendes parlaient d'un peuples descendu du ciel pour leur enseigner leur savoir, à moins que ce ne fut leurs aïeux qui étaient venus d'un lointain paradis nommé Terra. Allez savoir, les histoires n'étaient pas très claires.
Un beau jour, un vaisseau s'était matérialisé en orbite...

Seul dans son bureau, debout devant la large baie donnant sur l'espace, le capitaine Oquida contemplait Appen X.
Il ne lui restait plus beaucoup de temps.
Il aurait bien été en peine de préciser comment mais le fait était là. Bientôt il allait mourir.
Ce n'était pas une prémonition, il ne sentait aucune douleur nul part mais... c'était un fait. Il le savait.
Il avait toujours fait preuve de pragmatisme, sa famille était connue pour son sens des réalités. Ils laissaient volontiers aux aventuriers sans cervelles les pistes les plus dangereuses et aux bigots ardents les populations les plus récalcitrantes.
Il s'était toujours considéré à mi-chemin entre ces deux tendances. Son devoir était d'offrir à l'Imperium de nouvelles ressources. Il se devait donc de préserver sa lignée et le fief qu'elle administrait en Son nom pour que ses successeurs puissent en faire autant.
Dans une institution aussi monolithique que l'Imperium de l'humanité où la vitesse de traitement d'une doléance pouvait se mesurer à l'aune d'une ère géologique, et donc nécessiter de sérieuses notions en stratigraphie, l'affaire demandait une certaine dose d'anticipation.
Se détournant du spectacle de la petite planète, le capitaine se dirigea vers son bureau et dicta un court message à l'auto-plume. « Faites-moi diffuser le maître Garett dans mon bureau, demanda-t-il par com à la passerelle lorsqu'il eu terminé. »
Il se souvenait de la première fois qu'il avait mit les pieds dans les quartiers du capitaine. Son père se tenait à la place qu'il occupait actuellement. Il venait de suivre près de dix années de formation, dispensées par des professeurs particuliers.
Certaines dynasties de Libre-Marchands chérissaient les luttes entre héritiers comme un moyen de s'assurer que seul le plus fort puisse accéder à la tête de la famille.
Le fief Oquida avait réglé ce problème bien des siècles plus tôt.
Il était bien temps de faire preuve de nostalgie maintenant.
Tout avait commencé par un appareillage...

...Il y avait près de trois siècles.
Le jeune garçon parcourait les coursives du vaisseau. Il était vêtu d'un uniforme inspiré de celui de la marine impériale. La tenue était conçue pour inspirer le respect et magnifier l'aura d'autorité sensée se dégager de son porteur. Sur un enfant de dix ans l'impression qu'il donnait n'était probablement pas celle qu'avait escompté son créateur.
Un homme venait à sa rencontre. Il avait une démarche étrange, dandinante. Chaque pas semblait lui demander un effort extrême. Son front ridé s'ornait d'une large cicatrice, souvenir d'une ancienne trépanation qui avait libéré son potentiel de Navigator.
« Vous êtes en retard, maître, dit-il en se portant à ma hauteur.
- C'est le capitaine Oquida qui vous envoie ? demanda le garçon d'une voix hautaine.
- Oui, votre père est en passerelle. Il souhaiterait vivement que vous l'y rejoignez pour l'appareillage.
- Je visitais le bord.
- Sans escorte ? Ce n'est pas votre place.
- C'est mon vaisseau. Je dois pouvoir aller où je veux.
- Pas encore, maître. Ce n'est pas encore votre vaisseau. Aujourd'hui commence votre formation à la fonction de Commandant Adjoint Équipage. Et vous apprendrez rapidement qu'un navire de la taille du Rising Sun est... comme une ville. Il y a des endroits mal famés. »
Et la discussion s'était arrêté là parce qu'on ne parlait pas bien longtemps au vieil Athanase. Un homme qui donnait la plupart du temps l'impression de voir à travers ses interlocuteurs, quand bien même son troisième œil ne s'ouvrait que pour les plongées dans le Warp.


Longtemps, le capitaine Oquida s'était demandé ce qui avait bien pu arriver au vieux Navigator. La plupart des anciens compagnons de son père avaient disparu. L'exceptionnelle longévité dont pouvait jouir un homme de la puissance d'un Libre-marchand n'était pas donnée à tous.
Bob était peut-être le plus ancien de ses compagnons encore en vie. Personne ne connaissait l'espérance de vie exacte des orks mais Oquida le soupçonnait d'avoir vécu plusieurs décennies d'aventures avant leurs rencontre.
Il y avait également l'astropathe Garett...
L'homme avait été un gamin des sous-ruches, un wyrd perdu au fin fond de Gunmetal City sur Scintilla.
L'astropathe qui le servait alors avait été placé à son bord par la maison Oquida. Le système avait toujours fonctionné ainsi. Le Libre-marchand en titre possédait le vaisseau et la lettre de marque, le conseil dirigeant le fief s'occupait de l'administration et de l'intendance.
S'il pouvait toujours déplorer d'avoir moins de pouvoir personnel que d'autres capitaines, l'arrangement avait profité à la lignée dans son ensemble des siècles durant.
Sur le moment il avait considéré le gamin comme... un bonus. Faire affaire avec la fange de l'Infernis et tomber sur un psyker illégal... L'occasion avait été trop belle.
Le gamin parlait à la vermine, sa capacité à survivre à l'enfer et aux Vaisseaux Noirs lui avait permis d'arriver jusqu'à Terra. Il était devenu astropathe.
Oquida aurait aimé dire qu'il avait pressenti son potentiel mais sur le moment il n'avait été qu'une gène vite expédiée.
Lorsqu'il avait appris que le gamin avait survécu près d'une décennie s'était écoulée. Ce jour là le maître du chœur astropathique avait eu un accident. Garett était entré à son service peu de temps après.
On frappa à la porte.
« Entrez, maître Garett. »
L'astropathe se présenta et fit un vague salut. Deux doigt portés nonchalamment à la tempe aurait probablement inspiré des envies de meurtre à n'importe quel officier de la marine impériale mais le protocole n'avait jamais été le fort de cet homme.
« Cap'taine ? »
Oquida ne put réprimer un sourire. Il allait falloir faire avec.
« Maître Garett, commença-t-il, j'aimerais aborder avec vous le problème de votre comportement. Vis-à-vis de mon second, principalement. »
L'astropathe se racla la gorge, mal à l'aise.
« Avant que vous ne me proposiez une excuse concernant votre déshydratation ou le manque d'ensoleillement des coursives, j'aimerais porter à votre attention le fait qu'elle reste votre supérieure. Je ne vous demanderez bien évidemment pas d'arrêter parce que je sais que ce serait en pure perte. Je ne vous poserez donc qu'une seule question : "Pourquoi ?"
- Je suppose que l'produit de six par neuf en base treize vous intéressera pas, ce coup-ci ?
- Non et "Parce que pourquoi pas ?", non plus.
- Elle... elle est vraiment chiante, vous savez. Elle me donnerait envie de m'arracher les cheveux, si j'en avais encore, à chaque fois qu'elle l'ouvre.
- Est-ce que pour une fois je pourrais parler à l'astropathe de cinquante ans et non au gosse qui me fais une crise perpétuelle depuis bientôt trente ans ? »
Garett ouvrit la bouche et la referma aussitôt.
« Je vous remercie infiniment. Le message que je vais vous confier dois être transmis sans délai au fief. Quant à sa réponse, j'ai bien peur de ne jamais la connaître. »
Il leva le parchemin qu'il venait de cacheter. Oquida savait que l'astropathe n'avait pas vraiment besoin de l'avoir sous les yeux pour le lire, il n'en avait plus. Les sourcils de se dernier se levèrent au-dessus de ses lunettes noires.
« Capitaine... C'est...
- Ai-je déjà eu l'air de plaisanter lors de mes rapports avec la maison Oquida ?
- Non mais comment le savez-vous ?
- C'est un de mes privilèges, j'imagine.
- Si vous voulez mon avis c'est un privilège de merde.
- Je vous remercie pour votre fine analyse de la situation. La seule question que je me pose encore est "Où ira votre loyauté ?". »
Garett garda le silence un moment. Son visage était tourné vers un point, situé quelques part derrière Oquida, lorsqu'il finit par répondre sa voix avait perdue sa nonchalance.
« Capitaine, j'aimerai que vous sachiez que je vous suis redevable de m'avoir sorti de l'Infernis. Vous m'avez offert la possibilité de quitter la sous-ruche et de contempler le trône d'or. »
Il eu un sourire fugace et repris son débit habituel.
« Bah, évidemment ça m'a un peu cramé les rétines...
- Vous allez blasphémer, le coupa Oquida.
- Naan, vous inquiétez pas, j'allai pas du tout parler de chiottes jaunes. Chuis pas iconoclaste à ce point. Mais bon, ce que j'voulais dire c'est que sans vous j'aurais perdu beaucoup plus que mes yeux à l'heure qu'il est. J'fais confiance à votre jugement et je servirai l'héritier que vous avez désigné.
- Quoiqu'il puisse vous en coûter ?
- C'est une sacré chieuse, capitaine, c'est certain. Mais bon, je serai pas tout seul à la supporter. Si ?
- Je sais que Menelas vous suivra. Bob et Mégane prendront son parti. En ce qui concerne notre Space Marine, je pense qu'il suivra l'ork.
- Drôle de pari, quand on y pense.
- Je sais. Pour terminer, j'ai quelques objets à vous confier. »
Il prit un livre posé sur son bureau.
Il était assez épais mais tenait facilement dans la main. Sa couverture de cuir noir était craquelée.
« Vous remettrez ceci à la sœur Mégane. »
Il lui tendit ensuite une longue boite laquée. Elle mesurait un bon mètre. En bois rouge, elle portait les armes de la famille Oquida.
« - Votre rapière ?
- Elle est destinée à Alerith. Et ceci est pour vous. »
Il lui tendit un petit étui de cuir brun.
« Vous regarderez ce qu'il contient une fois que le message sera envoyé. Ce que vous devriez faire sans tarder.
- Capitaine, j'ai jamais douté de votre jugement. J'veux dire... C'est maintenant que je vous dis adieu ?
- À moins que vous ne redescendiez me voir dans les heures à venir, oui.
- Ah oui, quand même... Mais c'qui y a c'est que... Alerith... vous allez lui expliquer ?
- Je place mes espoirs en elle mais elle doit encore se montrer capable de me succéder. Et ça commence maintenant. Je ne vous demande pas de la protéger. J'espère que Bob sera là pour ça. Je vous demande de garder le groupe unis autour d'elle, quoiqu'il puisse advenir.
- Je pense... qu'après avoir transmis votre message j'irai faire un tour à l'armurerie. Et dans le hangar...
- Je vous laisse prendre toutes les dispositions que vous jugerez utiles. Comprenez que je ne peux rien faire de plus, je suis désolé.
- Je sais capitaine. »

La porte du bureau se ferma en claquant.
Oquida aurait aimé parler à Alerith des épreuves qui l'attendaient. Il avait eu cette pensée de nombreuses fois ces derniers temps.
L'enseignement qui avait été donné à la jeune femme n'était que parcellaire, faute de temps. Il avait veillé à ce qu'elle puisse faire preuve d'autonomie, faisant confiance à son instinct pour pallier son manque de connaissance.
Il lui avait trouvé les meilleurs alliés dont elle puisse rêver. Quoique, une fois encore, ce serait à elle d'en tirer le meilleurs parti.
L'inertie de l'Imperium avait depuis longtemps déteint sur ses sujets. Du dernier des technoprètres enferré dans ses routines d'entretien à la lignée de Libre-marchand qui s'était faite spolier son indépendance des siècles plus tôt sans s'en apercevoir, empêtrée qu'elle était dans ses traditions.
La prise de conscience avait été lente et douloureuse mais le fait était que le capitaine Oquida, comme ses ancêtres avant lui, n'avait jamais été maître de son destin.

Son père venait de mourir.
Il venait de passer un siècle à le servir et aujourd'hui la charge de capitaine lui revenait.
L'affaire était simple. Il commandait le vaisseau, il possédait la lettre de marque, il était le nouveau chef de la famille Oquida.
Le vieil homme n'avait jamais manifesté un attachement excessif à son endroit. L'homme n'était pas mauvais, juste déterminé à remplir sa tache. Il n'avait guère plus de panache que n'en aurait eu un adepte relié à son scriptorium.
Sa prise de commandement avait été menée avec toute la pompe requise : les cuivres assourdissant avaient sonné ; les serfs désignés volontaires, parterre sensément représentatif de ses domaines, s'étaient agenouillés ; les membres du conseil, l'instance qui administrait le fief au quotidien, avaient renouvelé leurs vœux de le servir et à travers lui de servir l'Empereur et... et c'était tout.
Merci d'être passé. Voici les clefs du vaisseau. Partez dans l'espace et ramenez nous de nouveaux mondes à exploiter.
Les notes de frais ? Oui, faites les suivre, nous réglerons ces détails pour vous. Amusez-vous et profitez de la vie. Ramenez des richesses. Le fief avant tout.


Le fief Oquida. Pas le capitaine Oquida.
C'était là le problème. La lettre de marque, la source du pouvoir d'un Libre-marchand, reposait dans les profondeur d'Arisen, la planète capitale du domaine.
Et il ne pouvait pas s'échapper parce que sans elle il ne serait qu'un pirate au commande d'un navire bien trop gros pour survivre longtemps loin de toute installation logistique.
Le capitaine Oquida avait compris ce jour là qu'il ne serait jamais libre. Il ignorait précisément ce qui s'était passé.
Les archives avait été modifié.

Un jour, alors qu'il revenait sur Arisen pour se ravitailler on l'avait invité dans une des techno-cryptes du Mechanicus.
Là un Magos Biologis lui avait présenté son futur fils.
« +++ Voici l'unité HO03-12 +++, avait-il annoncé. »
La pièce n'était qu'un entrelacs de câbles et de tuyaux de différents diamètres. L'ensemble des raccords convergeaient vers une machine trônant en son centre.
« Où sommes nous ?
+++ Matris cubiculum. Ceci est une unité d'élevage. +++ »
La machine ronronnait doucement, elle était organisée autour d'un tube de verre épais rempli d'un fluide jaunâtre.
Au milieu du tube flottait un embryon, relié à la base du tube par un cordon ombilical.
« Qu'est-ce que c'est ?
+++ Votre héritier. Votre tâche dans le processus est de nommer l'unité HO03-12. +++ »
Le petit être était destiné à être le futur capitaine Oquida, comme lui, et son père avant lui.
Chaque capitaine successif était le symbole de l'alliance entre le Libre-marchand et le conseil dirigeant le fief. Une partie de son patrimoine provenait du capitaine en titre, le reste provenait des différents membres du-dit conseil.
Il n'y avait pas de place au hasard. Tout était déterminé à l'avance, y compris la fin, programmée dès sa conception, du Libre-marchand.
Ce n'était pas tant ce dernier point qui avait gêné Oquida que la certitude de ne disposer d'aucune liberté dans le processus. Autre que celui de choisir une dénomination pour la marionnette à venir.
Ce jour là il avait juré de trouver une solution. Pas pour lui ni même pour son successeur en cours de gestation mais pour la famille Oquida qui avait perdu son libre-arbitre des siècles plus tôt.
Il avait cherché des alliés.


Seul dans la chambre de navigation, assis sous le dais de navigation, son troisième œil grand ouvert, Menelas contemplait le warp en quête de réponse.
Sa vie avait pris une tournure intéressante des années plus tôt lorsqu'il avait rencontré le capitaine Oquida à une réception sur Scintilla.
Il avait été un héritier de la navis nobilite, un ambassadeur pour sa famille. Choisi dès sa naissance en raison de son absence de mutations visibles pour la représenter auprès des pairs de l'Imperium.
En dépit de l'importance de sa fonction, il avait toujours eu la sensation de n'être qu'un trophée, exhibé dans les soirées de la noblesse des ruches de Calixis.
Le capitaine lui avait offert l'occasion d'exercer le rôle pour lequel était né tout navigator : guider les navires de l'Imperium à travers le Warp.
L'Immaterium était un lieu dans lequel le temps n'avait guère de signification, tout était une question de perception.
En méditant il pouvait percevoir écheveaux de possibilités. Devant lui, offert à son troisième œil, se trouvait un décor cyclopéen.
Une plaine parcourue de polyèdres réguliers titanesques, roulant au gré du vent du destin.
Face à lui s'élevait une haute falaise. Sa surface était lisse, il voyait ses quatre pans de largeur égale s'élever à l'infini.
Elle était gravée d'une scène à demi effacée représentant un homme.
S'il ne pouvait passer par dessus, il devait trouver un moyen de la contourner. La connaissance se trouvait au-delà.
Soudain un raz de marée brun déferla sur la plaine, accompagné des hurlements de dieux en colère.
Le monde vola en éclat.
Menelas ferma son troisième œil et revint à la réalité.
Garett le tenait fermement par les épaules et le secouait.
« Arrête de pioncer ! criait-il. C'est la méga-tuile. »
Revenant difficilement à la réalité, le navigator se dégagea d'une bourrade.
« Tu es dans ma chambre. Sans ma permission, fit-il observer de sa voix grinçante.
- Je sais bien ! Mais c'est pas le moment ! Prépare tes affaires, on s'arrache !
- Je te demande pardon ?
- Je viens de transmettre un message d'Oquida, il nous reste peu de temps avant son arrivée.
- De qui parles-tu ?
- Pas l'temps, ils ont prévu l'coup. Je sais pas comment mais ils savaient. »
Menelas regarda d'un air dubitatif l'astropathe surexcité.
« Hem... Très bien. Ils ont tout prévu. Qui donc ?
- Tu sais bien que je ne peux pas parler des messages que j'envoie !
- Mais tu peux exprimer ta panique à leur sujet ? »
L'astropathe s'arrêta net et réfléchi un instant.
« Ça c'est pas écrit, personne n'a du y penser. »
Le navigator leva les yeux au ciel.
« Tu m'étonne.
- Maintenant, arrêtes de causer et fais tes valises. Tu passe prendre du matos à l'armurerie, tu fonces au hangar trois et tu fais chauffer la navette. Je rassemble les autres et on se casse.
- Et où comptes-tu nous emmener ?
- N'importe où ailleurs qu'ici. »

Le capitaine Oquida suivait un homme dans un dédale obscur.
Il suivait son guide depuis maintenant deux heures. Quelques temps plus tôt il avait contacté un vieil ami – enfin, il ne l'aurait jamais qualifié ouvertement d'ami parce que l'homme avait dû oublier la signification du concept des siècles auparavant – pour lui demander une pénultième faveur.
Il comptait formuler la dernière dans quelques mois, un an tout au plus. Pour l'heure il avait besoin d'un digne représentant de l'Ecclesiarchie.
« Nous sommes arrivés, finit par annoncer l'homme d'une voix monocorde. »
Ils venaient d'arriver devant une lourde porte de bois noircie.
« Qu'y a-t-il derrière ? demanda le capitaine.
- Ce que vous avez demandé, répondit l'homme en sortant un lourde clef. Mon seigneur pense qu'elle pourra vous intéresser. »
Il déverrouilla le lourd panneau et le poussa, révélant une petite pièce aux parois métalliques gravées de minuscules inscriptions.
La pièce était séparée en deux par un épais panneau de verre. Le capitaine vit derrière lui une jeune fille à genoux, les poignets attachés au sol par deux lourdes chaînes.
« Qui es-ce ?
- C'est une novice. Il y a quelques temps, elle a confessé un don tout particulier à la mère supérieure. Elle prétends pouvoir lire les âmes. »
Oquida leva un sourcil interrogateur.
« Une psyker ? Dans les rangs des sœurs de bataille ?
- Pas exactement. Elle n'est pas assez puissante pour développer quoique ce soit d'autre. Elle ne survivrait même pas aux Vaisseaux Noirs. Mon seigneur répugne à s'en servir et je crains qu'elle n'ai plus sa place auprès de ses sœurs.
- Ni même au sein de l'Imperium.
- C'est exact, poursuivit l'autre sans un once d'émotion. Évidemment nous pensions la détruire mais mon seigneur pense qu'elle pourra vous servir. »
Le capitaine Oquida contourna le panneau de verre et s'accroupit pour examiner la jeune fille.
Elle avait les joues creusées par la privation de nourriture, recouvertes en partie par des mèches emmêlées de cheveux décolorés.
Elle leva vers lui des yeux sans expression.
« Je t'offre l'occasion de sortir d'ici et de servir l'Empereur au delà de Ses domaines, lui souffla-t-il. Le choix t'appartient. »
Elle continua de le fixer sans répondre.
« Vous l'avez droguée ? demanda-t-il à l'adresse de l'homme.
- Elle était condamnée. Malgré cela elle est venue se confesser de son propre chef. Ce n'est que miséricorde. »
Le capitaine Oquida la considéra un long moment. Il cherchait à voir au delà de l'épave qui se tenait face à lui.
La gamine n'avait certainement pas choisi de développer une affinité quelconque avec le warp. Son astropathe pourrait garder un œil sur elle, au besoin.
Fatiguée par l'effort qu'elle venait de fournir pour le regarder, elle venait de s'affaisser.
Il lui saisit doucement le menton et la força à le regarder.
« C'était une vraie question, dit-il. »
Elle articula un son difficilement interprétable.
« Je considère cela comme un "oui". Soignez là. Je la veux à mon bord demain. »
Il se releva et quitta la pièce.
L'homme le précédait dans les couloirs, silencieux.
La jeune sœur avait été une heureuse surprise.
Il craignait de manquer de temps.


Ahanant et pestant, Garett gravissait une échappée entre les ponts 033 et 035 – fantaisie d'un lointain architecte atteint de dyscalculie. Haletant, il s'arrêta au beau milieu de son ascension pour reprendre son souffle.
Il maudissait les technoprêtres du bord pour leur incapacité à entretenir correctement les élévateurs ; l'obligeant à effectuer à pied la moitié de son voyage au sein d'un bâtiment cyclopéen.
Il maudissait le concepteur de ce même bâtiment. À son avis, l'homme avait dû se sentir obligé de compenser un sérieux complexe d'infériorité.
Enfin il se maudissait lui même pour toutes les fois ou il s'était promis d'arrêter de fumer. Souvent vers quatre heure du matin devant trois bouteilles vides d'amasec.
Bon sang ! Sur la plupart des navires de la galaxie, l'astropathe en chef standard ne devait rien faire de plus fatiguant de ses journées que quitter ses quartiers aux heures des repas !
Il inspira une grande goulée d'air et reprit sa progression. L'infirmerie ne se trouvait plus très loin. Il ricana. Courage ! Il ne lui restait plus que cinq cent mètres à parcourir.

Outre le bureau de l'infirmier en chef et la salle de repos pour les patients, l'infirmerie principale du Rising Sun comportait un petit jardin hydroponique dans lequel le praticien faisait pousser ses simples.
La pharmacopée impériale traditionnelle comprenait un grand nombre de plantes qui permettaient bien souvent de se passer des engins medicae, efficaces, certes, mais très onéreux.
La sœur Mégane aimait y passer du temps. La pièce, avec son plafond et ses murs de métal nu, n'avait pas la majesté de l'arboretum sous le grand dôme mais se promener entre les bacs et entretenir le système d'irrigation lui procurait un sentiment de paix.
Elle avait toujours préféré la proximité des plantes à celle de ses congénères. La végétation ne criait pas, ne l'interrompait pas sans cesse avec des questions idiotes ni ne lui assignait de missions pour lesquelles elle ne s'était jamais sentie qualifiée.
Pourtant, ces derniers temps, un point noir obscurcissait son horizon bucolique sous la forme d'un cancer fongoïde qui grossissait au fond de la pièce.
Depuis son arrivée sur le vaisseau, elle avait toujours tâché de conserver un caractère égal, ne demandant que peu de chose. La préservation de son coin de paradis en faisait partie.
Elle jeta un regard haineux sur le massif de champignons verdâtres, regard qui se changea en une attitude implorante lorsqu'elle le porta sur le responsable du désastre.
« Vos spores sont en train de contaminer mes autres plantations, vous savez. »
Son ton laissait transparaître l'indignation, mêlée de tristesse pour l'état de son jardin, qui l'habitait. Mais très légèrement. Une importante couche d'hésitation enrobait généreusement le tout.
Face à elle, Bob se gratta l'occiput et jeta un coup d'œil à la masse informe puis à Alahan qui se tenait à ses côté, les bras croisés, avant de le reporter sur la jeune fille.
L'archiviste, derrière son visage impassible, se sentait gêné. Bob l'avait amené ici pour lui montrer sa dernière création lorsque la sœur de bataille était arrivée. Apparemment il avait omis de lui demander la permission d'utiliser le jardin.
« C't'une toute nouvelle espèce, expliqua l'ork en guise de défense. Y m'fallait un coin humide pour qu'y finissent leur croissance. Faut pas croire, y sont super fragiles.
Les deux humains considérèrent le tas de champignons. L'ensemble bougeait légèrement et donnait l'impression de respirer.
« Mais c'est... peut-être...Voyez-vous...
- Pis c'est pas pour longtemps, l'interrompit l'ork. Y vont bientôt éclore, d'toute façon.
- Je vous demande pardon ? »
- Ouais, c't'une nouvelle espèce de squig. 'voyez les cochonneries mange-face ? Pareil mais en plus vicieux.
- Mais ils vont tout détruire ! »
Bob la regarda, interdit.
« Bah... C'est l'but, non ? »
Mégane inspira profondément, rougissante. Les deux autres firent instinctivement un pas en arrière.
Et elle donna l'impression de se dégonfler et de se recroqueviller sans même bouger.
« S'il vous-plait ? »
Alahan se résolut à intervenir en sa faveur lorsque la porte claqua, révélant un Garett hors d'haleine qui hurla :
« Bob... 'lahan... Alerith... M'gane... Hang... Hangar trois... Vite ! »
Avant de s'effondrer.
« Bah, alors ? Qu'est-ce t'arrive ? demanda un Bob soudain heureux de changer de sujet. »
Alahan couru vers l'astropathe pour l'aider à se relever.
« On... on part. Immédiatement, répondit Garett en s'appuyant sur la main que lui tendait le Space Marine. Bob... et Alahan, montez en passerelle chercher Alerith. Assommez là s'il le faut. Mégane, rejoins Menelas au hangar trois. On se retrouve tous là-bas dans une heure.
- Excusez-moi, le capitaine Oquida est au courant de tout ça ? demanda une Mégane soupçonneuse.
- Justement, C't'à cause de lui, expliqua l'atropathe. Alerith est en danger parce que... »
Il s'arrêta soudainement. Il ne pouvait pas le leur dire. Ça n'était pas une adhésion à un hypothétique code d'honneur des astropathes. D'une part parce qu'il n'y en avait pas, d'autre part parce que sinon il l'aurait transgresser depuis longtemps. Juste pour le principe.
Il y avait d'implanté, quelque part au plus profond de son esprit, un verrou qui l'empêcher de divulguer la teneur d'un message.
« Parce que ? demanda Mégane. »
Garett inspira profondément.
« OQUIDA VA MOURIR ! hurla-t-il. »
Avec un à propos parfait, la pièce fut plongée dans le noir.

Le capitaine Oquida regarda encore un instant Jamir tourner sur elle même et se détourna de la baie vitrée.
Il considéra le pistolet laser à sa ceinture. L'arme était ancienne. Il l'avait arraché à un rival, des décennies plus tôt.
Il se demanda comment fonctionnait son mécanisme d'auto-destruction. Il avait toujours été soigné par les techniciens medicae de la famille. Les meilleurs, censément. Cette bande de petits salauds devait avoir une idée sur la question.
Il saisit l'arme.
Bah ça ne ferait guère de différence, au final.
Il se demanda quelle serait la réaction d'Alerith.

La fillette parcourait les coursives du vaisseau, vêtue d'un uniforme qui, quel que soit le temps qui passe, n'avait définitivement pas été conçu pour être surmonté d'un visage juvénile.
Elle venait de passer les dix premières années de sa vie à la Schola Progenium. Elle n'avait pas vraiment de souvenir de ses parents. Tout juste savait-elle qu'ils faisaient partis de la garde impériale.
Un jour, peut-être, se demanderait-elle où un soldat du huitième cadien avait bien pu trouver le temps de concevoir et de mettre au monde un enfant. Pour l'heure elle se contentait de remonter la vaste coursive nommée familièrement la "Voie d'Honneur" à la rencontre de l'homme qui avait suffisamment de puissance personnelle pour adopter une progenia.
Elle finit par arriver devant une double porte étanche.
Elle tourna le lourd volant de l'un des battant et le poussa.
La coursive disparut, laissant la place à un gigantesque jardin sous dôme. La pelouse montait en pente douce jusqu'à un arbre, planté au centre de la grande pièce. Ses frondaisons touchaient le verre qui le séparait de l'espace. Au dehors elle apercevait la nuit étoilé et une partie des infrastructures de Port l'Errance.
Au pied de l'arbre se trouvait un petit salon de jardin en fer forgé près duquel était assis un homme.
« C'est vous le capitaine Oquida ? demanda-t-elle. »
L'homme esquissa un sourire dans sa barbe.
« Je pensais que la Schola apprenait la discipline à ses élèves. »
La gamine ne répondit pas.
« Sais-tu pourquoi je t'ai choisis ?
- Parce que je suis la meilleure. »
Ce n'était pas une question. Ce n'était pas une vantardise non plus. Juste une simple observation.
« Oui. Je t'offre la possibilité de rejoindre la maison Oquida. Je t'offre une chance de me succéder aux commandes de ce navire, le moment venu. Je t'offre l'occasion de mettre ton potentiel à profit pour prendre la tête de la famille et devenir Libre-marchand à ton tour. »
Son interlocutrice garda le silence. Les sourcils froncés, elle semblait examiner la proposition sous toutes ses coutures.
« Vous me faites beaucoup d'offres, capitaine, finit-elle par répondre. Que demandez-vous en échange ? »
Le capitaine Ouida sourit.
« Un seule chose. Quand le moment sera venu, ce sera à toi de saisir l'occasion d'accéder à ces promesses. »
Nouveau silence d'intenses réflexions.
« Très bien, finit-elle par répondre.
- Alors, bienvenue à bord du Rising Sun, officier en second Alerith Oquida. »


Le pistolet s'écrasa au sol avec un claquement définitif.

« Ma dame, un vaisseau vient de se matérialiser sur bâbord ! »
Dans la pénombre de la passerelle de commandement, l'excitation était à son comble. Les rapports affluaient de toutes les zones du navire pour rendre compte de ce qui semblait être un dysfonctionnement généralisé de l'éclairage.
Le moteur principal s'était éteint également. Seuls les auxiliaires fonctionnaient encore, fournissant le minimum d'énergie requit pour les systèmes de survie. Les technoprêtres cavalaient en tout sens pour tenter de trouver une solution mais jusqu'ici leurs prières avaient été inefficaces.
« Je veux un visuel ! »
La dalle bâbord grossit une portion de l'espace environnant jusqu'à ce qu'apparaisse une petite frégate.
« Communication entrante ! annonça-t-on ailleurs. »
Seules les dalles de contrôle fournissaient un semblant de lumière.
Alerith se cogna la hanche en se tournant pour repérer l'origine du cri. Jurant, elle se dirigea vers l'officier chargé des transmissions.
« Passez-le en diffusion passerelle.
- …sing Sun, annonçait une voix masculine par les systèmes com. Ici le capitaine Oquida, dépositaire de la lettre de marque Oquida. Veuillez vous préparer à être abordés.
- Mais qu'est-ce qu'il raconte, ce cul d'Ogryn ? demanda Alerith à un officier des transmissions qui ne pu que hausser les épaules en signe d'incompréhension. »
Ailleurs dans la pièce, un cri de victoire retentit. La passerelle fut baignée d'une faible lumière qui n'avait d'autre mérite que de souligner un peu plus les ombres.
« Je ne suis pas sûre qu'il faille vraiment se réjouir d'un si piètre... commença Alerith avant d'être interrompu par un violent claquement. »
Elle se tourna vers la porte de la passerelle dans l'encadrement de laquelle se tenait Bob. L'ork portait sa "boite eud' pandore" sur le dos. Il était suivi du frère Alahan, vêtu de son armure énergétique, la garde d'une large épée dépassant de son unité dorsale.
« Bob, j'ignore ce que vous faites ici mais ça n'est pas le moment.
- T'vois, fit l'ork à l'adresse du Space Marine en l'ignorant, elle veut pas. J'peux l'assommer du coup ?
- J'aimerais faire observer que tu ne lui a rien demandé.
- Pas faux. Euh... J'y demande quoi, au fait ? »
Alerith se pinça l'arrête du nez et inspira profondément. Les moteurs ne répondaient plus. L'intégralité du navire était en éclairage de combat et un inconnu sur une frégate venait de s'annoncer comme étant le capitaine Oquida.
Elle se demanda un instant où était le vrai capitaine Oquida en ce moment. Bon sang ! Il avait bien dû s'apercevoir de la situation.
Expirant profondément, elle chercha au plus profond d'elle même des trésors de sang-froid.
Elle les trouva.
Solidement cadenassés.
« Dites, les duettistes ! J'aimerais vraiment que vous me laissiez travailler...
- Ma dame, annonça Alahan sans une once d'ironie. Garett nous à demandé de venir vous chercher, nous quittons le bord immédiatement. »
Les mots et l'oxygène lui manquèrent un instant.
« Mon Seigneur, répondit elle lentement, avec tout le respect que je dois à un guerrier sacré de l'Empereur, je vous prierais, s'il plaît à mon Seigneur, de bien vouloir foutre le camp ! Et l'ork avec vous !
- Maintenant tu peux, dit Alahan à l'adresse de Bob. Mais évite de la frapper. »
Bob était quelqu'un de simple à vivre et aimait rendre service mais, si les jeux de hasards n'avaient pas été interdit au sein de l'Astartes, Alahan aurait parié qu'une claque enthousiaste de l'ork pouvait tuer n'importe quel humain normalement constitué.
« Oah, pô drôle... »
Il s'approcha d'Alerith et la chargea sans façon sur son dos.
« C'est bon ? On peut y aller, maint'nant ? »
Il se dirigea vers la porte, un officier en second vociférant sur l'épaule et suivit d'Alahan.
« Que personne ne bouge ! annonça celui-ci à une assistance médusée. Nous sommes en mission pour l'Empereur. »

Menelas inspira profondément.
L'intégralité de l'équipage du Rising Sun nageait en pleine confusion. Dix milles hommes et femmes étaient plongés dans le noir.
Les technoprêtres ne savaient plus à quel rituel se vouer.
Les matelots cherchaient conseil auprès de leurs quartier-maître qui à leur tour en référaient à leurs supérieurs et la panique remontait l'ensemble de la chaîne de commandement vers une tête qui n'existait plus.
Des rumeurs avaient rapidement commencé à circuler : le capitaine avait disparu, le capitaine s'était suicidé ; le xenos assermenté avait dévoré l'officier en second, l'officier en second était un traître mutant commie, le Cogitateur était votre ami ; la marine impériale avait pris le contrôle du bâtiment. Mais si ! Le Space Marine avait dit qu'il était mandaté par l'Empereur ! J'vous jure !
La peur enflait et se répandait dans les coursives, débordant dans le warp.
Alors même que le navigator cherchait à entrevoir un indice ou un signe sur la marche à suivre, dix mille âmes en pleine confusion brouillaient la vue de son troisième œil.
Le casque lourd qu'il avait déniché à l'armurerie et qui menaçait sans cesse de lui tomber sur le visage n'aidait pas à sa concentration.
Il le remonta une fois encore, écarquilla l'œil et regarda autour de lui.
Des volutes de brume rouge tourbillonnaient autour de lui. Il entraperçut la frégate qui s'approchait. L'image d'un tunnel d'abordage perçant le flan bâbord du croiseur fusa. Un groupe de personnes remontait la coursive principale menant à l'arboretum. Alahan et Bob quittaient la passerelle en compagnie d'Alerith.
« Hey ! Menelas ! »
Les images volèrent en éclats lorsque retentit la voix de Garett. Derrière lui se trouvait Mégane, harnachée dans sa cuirasse noire et rouge. Elle portait en bandoulière un sac et était armée d'un bolter qui, à en juger par l'expression qu'elle affichait, serait resté cadenassé à l'armurerie si elle avait eu voix au chapitre.
L'astropathe reconnu le regard vague de son ami qu'il affichait lorsqu'il tentait de faire le point sur la réalité.
« T'as vu un truc d'intéressant dans l'Immaterium ?
- Le chaos.
- Sans rire... Celle-là je la garde sous le coude, j'la ressortirai. Et sinon ? »
Le navigator reprit son souffle et essaya de faire le tri dans sa théorie d'images mentales.
« Alahan et Bob sont en chemin, finit-il par répondre. Mais un groupe d'abordage va arriver. Ils vont se croiser. »
Garett se gratta pensivement le menton. Les aperçus du futur manquaient notoirement de précision.
« T'as une idée du lieu ?
- Après l'arboretum, probablement. »
Il n'y avait pas beaucoup de chemin que pouvaient emprunter un ork et un Space Marine en armure.
Beaucoup de coursives étaient trop étroites.
« Restes-là et que personne ne nous fauche la navette. Mégane et moi on va arranger le coup.
- M... moi ? chevrota l'intéressée. Mais pourquoi ?
- Parce qu'on va aux cuisines. »
Menelas eu la vision fugace d'une sœur de bataille enragée écrasant un poing gantelé sur le visage de l'astropathe goujat.
Mégane baissa la tête et accepta.
Le navigator soupira. Lorsque l'on pouvait voir les possibilités, on percevait quelques fois les plus improbables.

Un portion de la coque du Rising Sun sauta. Plusieurs mètres d'épaisseur d'armature et de blindage d'adamantium se retrouvèrent projetés dans une gerbe d'étincelles, laissant un passage circulaire suffisant pour laisser passer la cohorte d'hommes en arme qui patientait devant le tunnel d'abordage.
L'homme à leur tête était le capitaine Oquida.
Ah! La bande de vieux débris du conseil l'avait nommé deux semaines plus tôt en prévision du décès prochain de son père.
L'événement était sans précèdent parce que la coutume voulait que le fils serve au côté du père sur le vaisseau et soit donc logiquement à ses côtés lorsque sa fin arrivait. Sa présence assurait la transition.
L'ancien mourait et le vaisseau avec lui ; son successeur accomplissait le rituel du leg en passerelle et le vaisseau renaissait. Et la tradition était respecté.
Son père s'était rebellé.
Oh, ça n'avait pas été une révolte ouverte mais il était devenu clair au bout de quelques années que le fief Oquida ne pouvait plus lui faire confiance.
Ils lui avaient retiré son fils afin de le former à sa succession loin de son influence. Ils lui avaient confié un autre navire.
Mais le père avait eu le temps d'informer le fils du contrôle exercé par le conseil.
Aesteban Oquida avait profité de sa liberté anticipé pour chercher un moyen de se débarrasser du contrôle du fief.
Il avait trouvé.
Il dirigeait sa troupe en direction de la passerelle, remontant les coursives plongées dans la pénombre rouge.
Les environs étaient déserts. Son nouvel équipage se terrait, priant l'Empereur pour que la situation revienne à la normale.
Il était peu probable que celui-ci puisse les entendre depuis Terra. Lui, en revanche, était là. Et il allait les sauver.
C 'est alors qu'un grondement se fit entendre au loin.
Le sol tremblait légèrement.

Garett se targuait de connaître le Rising Sun comme ça poche. Il avait passé trente années à servir feu le capitaine Oquida et les avait mises à profit pour s'aventurer dans des endroits où aucun autre astropathe n'avait mis les pieds avant lui.
Un exemple parmi d'autres : les cuisines.
Un bâtiment de cette taille exigeait une sérieuse unité culinaire. Et si la piétaille se nourrissait exclusivement de rations réhydratées et d'alcool distillé au petit bonheur ; les officiers, en revanche, aimaient à prendre des repas sains, composés d'ingrédients de première fraîcheur.
Des ingrédients qui, pour l'heure dégageaient beaucoup de chaleurs, entre autre chose.
« Excusez-moi mais je ne comprends toujours pas en quoi ma présence était indispensable, fit une Mégane en nage dans son armure énergétique. C'est insupportable. »
La plate-forme élévatrice, fonctionnelle celle-ci – l'Omnimessie soit loué –, sur laquelle ils se trouvaient avait été conçue pour le ravitaillement des stocks de nourriture sur pied et de leur fourrage.
Elle était, pour l'heure, pleine à craquer de grox. Les créatures reptiliennes soufflaient et grognaient, sans un centimètre pour bouger, obligeant la sœur de bataille et l'astropathe à se tasser derrière le pupitre de commande, hors de portée de leurs excroissances osseuses.
« Ouais, je crois qu'un bon bain ne sera pas de trop après cette histoire. Qu'est-ce t'en dit ?
- Maître Garett... commença lentement la jeune fille. Vous ne m'avez tout de même pas obligée à venir uniquement dans le but de forcer à me baigner.
- Détends-toi, gamine. T'es née trente ans trop tard, si on veux aller par là. Nan, le truc c'est que les animaux c'est vachement plus facile à diriger que les humains, t'vois. 'fin pour un télépathe. Mais il faut leur donner un coup d'envoi parce qu'il sont trop nombreux pour que je les contrôle efficacement. Le truc c'est qu'il faut que j'ai qu'à les guider. Tu saisis ?
- Je pense.
- Génial parce qu'on arrive a destination. »
La plate forma s'arrêta.
Garett ouvrit la double porte et sonda mentalement la coursive : Alahan, Bob et Alerith arrivaient sur sa gauche ; un important groupe d'hommes venait par la droite.
Doucement, il enjoignit aux bêtes de pénétrer dans la large coursive.
« Okay, alors voilà le plan : tu tire un coup de bolter en l'air quand je te le dis et tu accompagne les trois autres au vaisseau. Moi je vous rejoints aussi vite que possible. Ça marche ?
- Je... je crois.
- Génial ! »
Il enfourcha la bête de tête et se tourna vers la sœur.
« Quand tu veux, sistah ! »
Mégane leva son bolter vers le plafond, un modèle Godwyn-D'eaz impressionnant. Rentrant la tête entre les épaules, elle ferma les yeux et se boucha une oreilles de sa main libre.
La double détonation du bolt se répercuta dans la coursive. Comme une seule bête, les grox énervés fuirent à l'opposé, Garett fermement cramponné aux cornes du premier.
La cavalcade remonta la coursive. Bientôt, l'astropathe aperçut la troupe d'abordage qui voyait le troupeau débouler sur elle, interdite.
« STAMPEDE ! hurla un astropathe Garett ivre d'adrénaline. »
Les hommes les plus vifs se ressaisirent et tentèrent de battre en retraite. Certains réussirent à s'enfuir par les coursives latérales. Quant aux autres...
Un sourire dément aux lèvres, Garett empoigna plus fermement d'une mains l'une des cornes de sa monture tout saisissant son chapeau de l'autre pour faire de grands signes aux fuyards restants.
« Yeee-haaa ! »

« Reposes-moi im-mé-diate-ment ! s'époumona un fois encore Alerith. »
Elle avait perdu le compte. Passant de l'ordre à la supplique, puis à la colère, sans plus de résultat.
Alahan et Bob suivaient la sœur Mégane dans les entrailles du vaisseau. Ils avaient été obligés de faire de nombreux détours pour trouver un chemin accessibles aux larges carcasses de l'ork et du Space Marine.
« Désolé, cap'taine, j'peux pas, Garett l'a été très clair.
- Je me fiche des desiderata de ce demeuré, je... »
Elle se tut brusquement.
« Capitaine ? C'est "ma dame" en ce qui te concerne.
- Oups, j'ai gaffé, là. »
De sa position inconfortable, elle ne pouvait qu'apercevoir le visage impassible d'Alahan qui suivait en petites foulées la cadence qui passait pour un sprint chez la sœur de bataille.
Elle décida de changer de registre.
« Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ? demanda-t-elle.
- Le capitaine Oquida est mort, d'après l'astropathe, répondit Alahan sans une once d'émotion. Je suis désolé.
- Pardon ?
- Ma dame, le moment n'est sûrement pas le plus opportun, poursuivit le Space Marine. Je suis sûr que maître Garett vous apportera plus amples détails. »
Alerith resta silencieuse. C'était... elle savait qu'elle aurait dû être effondrée, ce qui n'était guère évident lorsque l'on était jeté en travers de l'épaule d'un ork – position qui de surcroît lui comprimait la vessie.
Elle ne voulait, avant tout, pas le croire. Pas annoncé de manière aussi clinique.
À dire vrai, elle aurait préféré l'entendre de la bouche de Garett. L'homme était un crétin mais le capitaine Oquida était la seule personne qu'il ait jamais respecté.
Elle revint à la réalité. Le pragmatisme était une des qualités principales d'un Libre-marchand. Elle devrait en faire preuve plus souvent dorénavant.
« Si je suis capitaine, qui est cet homme qui nous a abordé ?
- L'héritier officiel, la renseigna la voix de Garett. »
L'astropathe venait de surgir d'un conduit de ventilation.
« Par l'aut'croulant, vous êtes tellement lent que j'ai réussi à me dégager du troupeau et à vous rejoindre en passant par les gaines d'aération.
- Je suis désolé, maître Garett, s'excusa Mégane.
- Ouais, enfin, c'pas grave. Je disais donc que c'est l'héritier choisi par le conseil. Désolé m'dame mais Oquida n'avait pas le choix. L'ancien capitaine meure, son gamin le remplace. J'ai même envoyé le message qu'il avait préparé mais ces connards le savaient et l'autre est arrivé trop vite. »
Alerith le regarda, bouche bée. Elle avait envie de crier : « Et moi ! ». L'astropathe donna l'impression de lire dans ses pensées. Ce qui devait être le cas.
« Votre adoption a pas plu au fief. Ma nomination non plus mais c'est une autre histoire...
- Sans blague ?
- Ouais, bon. J'ai pas tout les détails mais c'que je sais c'est que l'capitaine avait prévu le coup, c'est pour ça qu'on est là. Tous les quatre. Plus Menelas mais lui attend à l'arvus.
- Où nous emmenez-vous ? »
Garett soupira.
« On descend sur Appen X. La suite, je sais pas mais je suis sûr que le capitaine n'a pas prévu une mission ici par hasard. On a un peu de temps parce que tout le monde est désorganisé là-haut. Y a des grox qui broutent l'arboretum et qui divaguent dans les coursives. »
Garett afficha un grand sourire satisfait.
« J'imagine que vous vous y entendez pour mettre la pagaille.
- C'est pour ça que chuis là, m'dame. Ça et puis parce que j'ai promis à Oquida de veiller sur vous.
- Je suis vraiment maudite. »
Ils finirent par arriver devant la porte du hangar.
Menelas les attendait devant la navette, un fusil laser en joue, son casque de guingois sur le crane.
« On monte, on boucle sa ceinture et on s'arrache ! cria l'astropathe. »
La navette appareilla, glissant dans l'espace en direction Jamir.

À bord du Rising Sun le calme et la lumière étaient revenus.
Aesteban jura. Il lui faudrait des jours pour se débarrasser de l'odeur.
« Capitaine, l'interpella son nouveau radariste, un arvus a quitté le hangar trois. Doit-on lancer la chasse ?
- N'en faites rien. Mettez le cap sur Arisen. Nous devons rejoindre le domaine Oquida au plus vite pour entériner ma nomination. »
Il regarda sur la dalle holo-lithique la petite navette disparaître dans l'ombre de la planète.
Les arvus n'étaient pas conçus pour les voyage warp.
Il connaissait l'existence de celle que son père avait désignée comme étant son héritière mais les volontés de l'homme n'avaient plus aucun poids désormais.
La fille avait pris avec elle le navigator en chef du croiseur mais, sans moteur warp, il ne lui serait d'aucune utilité.
Quand bien même, cinq personne n'avaient jamais fait un équipage de navire interstellaire.
« Passez-moi la passerelle du Rokh, ordonna-t-il à l'officier des transmissions. En ligne privée. »
Il passa le casque que lui tendait l'homme et regarda en direction de la passerelle de la frégate, à peine visible à cette distance.
« Monsieur, annonça-t-il. Je viens de prendre le commandement du Rising Sun. Préparez vous au désaccouplement. Cap sur Arisen. »
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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Sam 30 Nov 2013 - 10:03

Ca y est, j'ai tout lut. Il y a beaucoup de retours à la ligne (et de révélations aussi :p), alors ça donne l'impression que c'est plus long que ça ne l'est réellement, mais en fait ça passe tout seul. Un grand tournant dans l'histoire, qui pour le coup prend vraiment un tournant de campagne Role-Play ! A côté, le bon vieux coup de "vous êtes tous assis dans une taverne, quand tout à coup, Togashi Yokuni déferle, vous saisis au collet et vous expédie en mission !" fais figure de bas de gamme comparée à cette entrée en matière ! :rire2: 

Allez, bonne chance pour la suite. ;)

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Les Primarques devaient être des exemples frappant d'hommes guéris de la souillure de la corruption. L'énergie du Warp non corrompue coulerait en eux comme elle coulait par l'Empereur lui-même, les fortifiant et leur conférant des pouvoirs comme en possédaient les anciens chamans (...) Employant ses pouvoirs psychiques, l'Empereur les localisa petit à petit et retrouva chacune de ces créations originales qui furent réunis avec les chapitres Space Marines créés à partir de leurs empreintes génétiques. Ils ne semblaient pas avoir été touchés par le Chaos (...) [Mais] En fait, leur apparence physique était décevante, nombre de Primarque furent souillés par leur contact précoce avec le Chaos.

- Realms of Chaos : The Lost and the Damned, page 174 et suivantes, extrait.

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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Sam 15 Fév 2014 - 16:15

Pourquoi ça s'est arrêté, ça partait si bien pourtant
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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Ven 21 Fév 2014 - 0:05

Si tu veux lire la suite, il l'a postée sur un autre forum. Me demande pas pourquoi.

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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Ven 21 Fév 2014 - 12:18

... je résisterais à l'envie de te demander pourquoi (mais tu es sur que je ne peux pas ?  :o)) ) et à la place te demanderais juste quel est ce forum ? (et est ce qu'il y a moyen de le contacter pour lui demander de poster la suite sans quoi une partie de mon anatomie, coutumièrement appelée ''pied'', risque fort de se loger dans la partie de son anatomie appelée ''fessier'' ?)
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MessageSujet: Re: Tales of the Rising Sun   Dim 2 Mar 2014 - 19:31

Mec, j'arrive pas à croire que t'ais pas pensé à Google, je croyais que c'était évident, je suis sérieusement désolé d'avoir attendu tout ce temps pour répondre et te donner l'adresse... XD


http://www.warhammer-forum.com/index.php?showtopic=205849&st=25



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