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 Brume

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l'Ombre
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MessageSujet: Brume   Mar 17 Mai 2016 - 5:17

Bon, étant donné qu'il n'y a plus personne, je suppose que c'est contre moi-même que je vais devoir parier donc : je parie que je ne dépasserai pas deux chapitres, et que pas plus d'une personne ne vomira derrière son écran pour cause d'immondice littéraire.
Mais promis, j'essayerai de m'améliorer.
Sur cette base, et en essayant de partir sur un épisode hebdomadaire :

Chapitre 1 :
Dans la Brume



Partout, de la brume. Ses pas s'enfoncent dans la boue qui remplace désormais le chemin. Les arbres qui l'environnent, sentinelles silencieuses et décharnée, semblant lui faire une haie d'honneur, comme d'anciens camarades morts qui accueilleraient au purgatoire le dernier de leur frère d'arme, tombé au combat.
Pourtant, tout ce qui lui reste c'est la survie. Pas de volonté ici, ni de désir, à peine, peut-être, pourrait-on appeler cela «instinct»... Mais en fait d'instinct, il s'agit simplement d'une séquence d'actes à effectuer quotidiennement, que les précédentes semaines ont gravé dans son être.

Avancer, toujours, sans jamais s'arrêter, chercher les traces d'ennemis, humains comme animaux, vérifier tous les bâtiments susceptibles de contenir de la nourriture, des médicaments, des vêtements ou des armes, mais surtout, des informations, car ces dernières sont la clé de la survie.
Avec les cartes, les passages les plus risqués sont facilement repérables et évitables, avec de petits livrets de papier décrivant quantité de choses incompréhensibles et également  des endroits insoupçonnés se révèlent, avec des livres sur la flore de la région, ce qui peut-être consommé est connu et reconnu. L'information, c'est la survie.

Alors il marche, il avance, mécaniquement, encore et encore, un pas après l'autre, chacun pesant plus lourd que le précédent, et moins que le suivant. Ses pas seuls rythment ses jours désormais, le linceul de brume couvrant les environs dissimulant au survivant le Soleil et la Lune. Seuls subsistent quelques livides rayons que viendront accrocher des gouttes de rosée, ou les flaques de boue.

L'air s'épaissit encore, semblant vouloir se faire liquide, l'étouffer dans une mortelle étreinte.
L'atmosphère se charge de vapeurs délétères exhalées par quelque abject végétal, il enfile son masque sans s'arrêter, il faut continuer, à tout prix.

Au détour d'un chemin, une trace de loup. Un solitaire, à plus d'un jour de distance. Quelques mètres plus loin, la charogne d'un jeune cerf, presque entièrement dévoré. Les orbites laissent voir des marques de dents, de même que les côtes, sur lesquelles sont encore accrochées quelques touffes de poile éparses à des fragments de cuir. Les jarrets rongés, les os brisés, un moignon de langue dépasse de la gorge et les corbeaux disputent aux vers les rares morceaux que le loup a laissé. La terre alentour est teintée de rouge et exhale une odeur pestilentielle, une odeur de cadavre. Il faut s'éloigner, faire un détour, qu'il ne s'imprègne pas de l'odeur de la proie, celle-ci exciterait les prédateurs, et il en est maintenant de plus dangereux que le loup.

Il continue à progresser. Des lambeaux de brume s'effilochent entre les doigts crochus des arbres qui bordent le sentier. Il est interminable. Mais cela en vaut la peine.
Si les registres du cadastre sont encore valides, alors le chemin devrait aboutirait à une ferme, un refuge à la nourriture souvent abondante.
Encore faut-il l'atteindre. La fatigue et la faim rongent son corps et son esprit depuis plusieurs jours, et l'eau croupie des flaques du chemin n'arrange rien, il a rendu plusieurs fois. Il dû lécher le sol pour ne pas laisser perdre cette eau.
Le froid également le terrasse, aidée de ses amies, vent et humidité, s'infiltrant par les trous de ses vêtements, s'enroulant autour de son corps malingre et sale, le lardant de piques de glace. Son corps tout entier le lance, monstrueux nid de douleur où la morsure du froid ronge les blessures du feu et de l'acier, où l'esprit pétri de souffrance se tord dans la folie.

Il n'a aucun espoir d'atteindre cette ferme. Mais il avance. Il faut toujours avancer.
Alors qu'il se traîne de plus en plus et que même la routine sans-cesse répétée qui l'avait fait tenir jusque là semble l'abandonner, une forme semble émerger de la brume : son but, enfin.

S'il en avait était capable, il se serait élancé à grand pas vers la bâtisse de pierre... mais l'on ne quitte pas si facilement une armure qui nous protège si bien, quand bien même elle a la forme d'un cercueil.
Alors, il l'examine, en fait le tour plusieurs fois, à la recherche de traces, de signes, mêmes infimes, que quelque chose pourrait habiter ces lieux.
D'infructueuses recherches rendent son cœur à l'espoir, c'est une braise qui s'allume, mais pour lui, elle est un brasier.

Finalement, il ose s'approcher de la maison, scrutant chacune de ses pierres, surveillant chacun de ses pas, afin de s'assurer qu'il ne risquait pas de se faire repérer.
Arrivé devant la porte en chêne massif, il lève la main, hésitant, l'approche de la poignée.

Sans un grincement, le panneau de bois pivote sur ses gonds, le laissant dans l'entrée.
Après de rapides coups d'œil, il rentre et ferme derrière lui. L'intérieur laisse voir un sofa aux coussins déchirés desquels sortent des panaches de laine, salie par le temps, et des fauteuils devant une cheminée, dans laquelle repose des cendres depuis longtemps refroidies. Un tapis aux motifs anciens et complexes orne le sol, sur lequel gît une table sculptée renversée. Un antique buffet repose contre le mur opposé à la porte, encadré de fenêtres, dont une possède un volet arraché. En face de ce buffet, une série d'étagère sur lesquelles reposaient livres et bibelots.

Il s'avance dans la pièce, et se dirige vers la porte de la cuisine, de l'autre côté de la pièce, en face de la cheminée. Là, sans surprise, la même scène de saccage, tout ce qui aurait semblé comestible manquait, mais ce n'était pas l'endroit où chercher.
À côté de la cheminée, il trouve une porte, en dessous d'un escalier donnant sur les étages supérieurs.
Cette porte franchie, une nouvelle salle, plus vide que les précédentes et ayant visiblement été plus épargnée. Derrière un comptoir de bois, une trappe donnant sûrement accès à un cellier, mais verrouillée par un épais cadenas.

Pour l'instant, il allait dormir.
En dehors de la maison, la brume en volute s'enroule autour de la maison, semblant vouloir qu'il lui soit rendu, qu'il la rejoigne à nouveau, qu'il reprit sa place dans les limbes. Il monte les marches et s'effondre sur le premier lit qu'il trouve, sombrant immédiatement dans une profonde torpeur.

Au dehors, un faible vent souffle. Et la brume encercle la bâtisse.
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l'Ombre
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MessageSujet: Re: Brume   Dim 22 Mai 2016 - 20:59

Chapitre 2 :
Réveil

Lorsque l'aube pointa, une pâle lueur traversa les lambeaux de tissus diaphanes qui furent appelés des rideaux, illuminant le salon d'une douce lueur argentée, travestissant étrangement, dans cet étrange calme d'un matin naissant, ces lieux en leur restituant leur apparence d'autrefois.
Depuis l'escalier, seules les traces que l'homme avait laissé la veille au soir dans l'épaisse couche de poussière ainsi que la table renversée démentaient cette apparence de normalité.

Un cri terrifié traverse soudain la maison, son auteur, paniqué, scrute les lieux qui l'environnent. La peur aux tripes, l'échine parcourue de tressaillement nerveux, sa peau sale couverte de sueur froide, il finit par se rappeler qu'aucun danger ne le menace dans l'immédiat, quand bien même son esprit est convaincu du contraire. Quelques minutes passent avant qu'il n'arrive à reprendre son souffle, laissant quelques sanglots hystériques secouer sa carcasse fatiguée.
La chose faite, il sort de son lit et se descend pesamment les escaliers pour se rendre devant la trappe qu'il avait trouvé la veille. S'il n'arrivait pas à l'ouvrir, cela ne lui servirait à rien de s'attarder plus de deux jours.

Mais d'abord il allait trouver de l'eau et la purifier. Une ferme comme celle-ci contiendrait nécessairement une sorte de réservoir et des récipients qu'il pourrait mettre sur le feu, il ne lui resterait plus qu'à trouver un peu de combustible, et la maison semblait contenir tout le nécessaire, avant de pouvoir se désaltérer à loisir.
Il se dirige alors vers la longère, trouver une multitude de seau ne servirait à rien sans eau. Là, des abreuvoirs pour vache se présentent à lui, tous pleins et la plupart, comme il s'en doutait, plus ou moins vaseux et ne contenant que de l'eau croupie. Il s'en contenterait si nécessaire, mais préfère continuer à chercher. C'est le dernier de la rangée, bien qu'il soit rempli de plantes, qui fait son bonheur, ne s'y trouve que de l'eau claire et propre. En y regardant plus attentivement, il comprend que cela provient de deux coïncidences.
La première, une série de fissure et de trous, plus ou moins obstrués, laissant l'eau s'écouler petit à petit hors de l'abreuvoir, l'empêchant de trop stagner. La seconde, l'effondrement d'une partie de la gouttière qui permet à l'eau de se déverser dans l'abreuvoir dès que la pluie tombe ou que la rosée s'est suffisamment condensée, prévenant ainsi que l'abreuvoir se vide. Comme quoi, le hasard peut bien faire les choses. Plus tard il lui faudrait sans doute réparer la gouttière et construire un système pour que tous les abreuvoirs puissent lui fournir la même eau, mais pour l'heure il s'estime déjà heureux d'avoir trouver cela. Assoiffé, il se laisse tenter par l'apparente pureté de l'eau pour en boire quelque goulées. Ces gorgées froides comme la neige le revigorent comme s'il s'était agi d'une fontaine de jouvence.

En toute logique, si seau il y a, ils devraient s'en trouver dans la longère, aussi l'homme rentre dans la longère, en quête d'un outil pour ramener l'eau et s'en faire bouillir suffisamment pour la journée. Il y passe plusieurs minutes avant de trouver son bonheur, une petite bassine métallique qui servait probablement à recueillir du lait, s'il en croyait son nez. Une poignée d'herbe suffirait à enlever le gros de la saleté, la rincer à l'eau plusieurs fois à ôter le reste, y faire bouillir de l'eau une première fois achèverait probablement de la laver.

Il s'attelle donc à cette tâche jusqu'au milieu de la matinée. Lorsqu'il s'estime enfin satisfait, il met la bassine sur un feu qu'il avait allumé dans l'ancienne cheminée, priant pour ne pas faire brûler la maison, et retourne devant la trappe.
Il l'examine sous toute les coutures pour en voir les éventuelles faiblesses, ne songeant même pas à chercher la clé tant les marques qu'il peut voir autour de la trappe le convaincs de la futilité de la chose.
Pourtant, lorsqu'il s'estime satisfait de son inspection, il renonce à son projet d'entrer dans le cellier à l'aide d'un pied-de-biche de fortune et préfère plutôt se tourner vers l'option qu'il avait écarté dès le départ : la clé.
Retourner les placards, le buffet et la table de nuit de la chambre qu'il avait probablement emprunté à l'ancien maître des lieux ne lui étant visiblement d'aucune aide, l'homme se décide à arrêter ses recherches, le temps de boire un peu d'eau enfin complètement purifiée. La faim lui tord les entrailles. Il ne peut même pas espérer attraper un peu de petit gibier à l'aide d'un piège, outre le fait qu'il lui manque la plupart des connaissances qui y seraient nécessaires, il ne possède même pas de nourriture pour les appâter. Quelle ironie.

L'homme finit par retourner chercher la clé, il fouille méthodiquement bureau, grenier, chambres et salon, mais finalement c'est dans un endroit des plus inattendus qu'il les retrouve : dans les toilettes, posées à côté d'un lavabo et d'une panière de linge sale, salie par le temps et les déjections de vermine.
Étrangement, il n'en avait pas vue la moindre trace, cette dernière exceptée.
Il espère qu'ils n'auront pas dévoré toute la nourriture qui se trouvait dans le cellier.

L'homme se dirige vers ce dernier à pas lents, persuadé que cette clé non plus ne servira à rien. Lorsqu'il comprend son erreur, sa joie et sa surprise le paralyse un instant, l'empêchant même d'ouvrir.
Quelques secondes passent encore avant qu'il surmonte la peur de la déception et ouvre la trappe menant vers le cellier.

Un simple trou de ténèbres se présente à lui, à peine dissipées par la faible luminosité ambiante, dont émane une odeur nauséabonde, probablement dégagée par de la nourriture désormais avariée.
Après avoir pris dans le feu de quoi éclairer la pièce, il y retourne pour voir enfin de quoi il retourne.
Là, tout ce dont il se souvenait avoir toujours voulu lui est offert : provisions, même s'il lui faudrait recharges pour lampes à huile, bougies, et, ce à quoi il s'attendait sans être sûr de les y trouver, les arcs, flèches et cordes à arc promis par les livrets que l'homme avait trouvé à sa dernière étape, où il était question d'une ville médiévale proche dans laquelle l'ancien propriétaire des lieux tenait le rôle de maître archer.

Enfin, il pourrait se rassasier et, pour un temps au moins, ne plus craindre ni la faim, ni les bêtes. Il avait là de quoi défendre la bâtisse, et lui même si elle cessait un jour d'avoir une quelconque utilité.
Il voit également des outils qui lui permettront de faire des réparations sur la maison, des scies, des marteaux et des clous, des haches, et tutti quanti.

Alors que la nuit tombe et que la Lune se lève au-dessus du brouillard et pour la première fois depuis une éternité, des volets passe une faible lueur dorée : la ferme est de nouveau habitée.

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Tenkaranpu
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MessageSujet: Re: Brume   Mer 1 Juin 2016 - 19:21

Je l'ai lut. Malheureusement, je ne trouve pas grand chose à en dire, surtout que j'ai lut récemment quelques nouvelles qui ont fait forte impression. Désolé. ^^'

_________________
 


Les Primarques devaient être des exemples frappant d'hommes guéris de la souillure de la corruption. L'énergie du Warp non corrompue coulerait en eux comme elle coulait par l'Empereur lui-même, les fortifiant et leur conférant des pouvoirs comme en possédaient les anciens chamans (...) Employant ses pouvoirs psychiques, l'Empereur les localisa petit à petit et retrouva chacune de ces créations originales qui furent réunis avec les chapitres Space Marines créés à partir de leurs empreintes génétiques. Ils ne semblaient pas avoir été touchés par le Chaos (...) [Mais] En fait, leur apparence physique était décevante, nombre de Primarque furent souillés par leur contact précoce avec le Chaos.

- Realms of Chaos : The Lost and the Damned, page 174 et suivantes, extrait.

Russ avec de l'ADN canin, les Primarques crées avec l'aide des dieux du Chaos... la saga de l'Hérésie d'Horus de la BL est écrite par des hérétiques... ♪

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l'Ombre
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MessageSujet: Re: Brume   Lun 13 Juin 2016 - 17:36

Chapitre 3 :
Le miroir

L'homme se soulève brusquement de sa couche, le visage convulsé de terreur, l’œil hagard, la poitrine serrée, au bord de l'explosion, tentant à tout prix de libérer la peur qui lui étreint les entrailles, les lèvres scellées dans une tentative désespérée de retenir les cris qui pointent dans la gorge, aidé dans cette entreprise par ses mains qu'il plaque contre sa bouche.
Il s'effondre en larmes, tentant à grande peine de se libérer des démons sans-visages qui l'assaillent dans son sommeil et dont les griffes se font sentir sur son visage bien après que ses cauchemars se soient dissipés.

Alors qu'il tente de se remettre droit, une violente douleur lui cisaille le flanc, une fleur de sang éclos sur la blancheur perdue des draps tandis qu'un nuage rouge voile sa vue.
Souffrance, terrible, accablante.
Après avoir commencé à cicatriser, ses plaies rouvertes par ses violentes convulsions se rappellent à lui de la plus douloureuse des façons.

Si le sang ne coule déjà plus si abondamment, contrairement à l'humeur jaune et visqueuse qui lui succède, il ne doit pas tarder à s'occuper de ses blessures. Alors il déchire les portions de drap encore épargnées par son sang et sa crasse et les enroules autour de lui pour se donner du temps.

Il descend dans le cellier cherche de la cordelette, des aiguilles, des bandages, de l'alcool, tout ce qui pourrait l'aider.
Ne trouvant que cette dernière chose, et pas la sorte qu'il eut voulu, l'homme se dirige vers le salon, puis le boudoir, afin de trouver ce que Madame aurait pu laisser.

Une fois cela trouvé, l'homme ranime son feu et fait chauffer dessus une partie de l'alcool, et en même temps les bouts de draps qu'il conserve encore, ainsi que les aiguilles et le fil.

Lorsque ses mains sont pleines de son matériel, il se dirige vers la salle de bain, sans espoir d'y trouver des bandages, même s'il vérifie par acquis de conscience, mais plutôt afin de profiter du miroir pour parer au mieux à la situation, le flanc toujours tiraillé par la douleur, laissant derrière lui des gouttes de sang et de pue, filtrant au travers du drap déchiré enroulé autour de son torse.

Il verse dans sa plaie l'alcool brûlant, suivi d'alcool non chauffé, qui lui font l'effet d'un tison ardent appliqué sur ses blessures.
L'homme utilise ensuite les aiguilles et le fil pour recoudre en recoudre les bords, grimaçant de douleur chaque fois que la pointe pénètre sa peau déchirée et que le fil glisse dans le trou ainsi fait contre ses chairs déchirées.
Plusieurs fois, il manque de s'évanouir, et lui même ne saurait tenir compte des instants où la conscience le quitte, s'échappant par ce trou béant qu'il tente de refermer.

Et finalement, quand il arrive au terme de son supplice, et qu'il finit de nouer le nœud qui achève sa tâche, il sombre dans l'inconscience, terrassé par la douleur.

Lorsqu'il se réveille, le nœud tient toujours, ainsi que le fil. Il imprègne des bandes d'alcool, qu'il enroule autour de sa taille.

Alors qu'il se relève, une vision le frappe et il marque un temps d'arrêt, d'abord d'une frayeur toute animale, puis de stupéfaction, devant le miroir.
Il s'en approche et tend la main, suivant sur le verre les traits émaciés et sales de l'homme qui se tient en face de lui.

En vérité, celui qui se tient en face de lui tient plus de la bête que de l'homme.
Hirsute, la peau noircie par la crasse et la sueur de ses récents efforts, mais que l'on devine blême. Quelques traînés de sang sur le visage et des croûtes qui témoignent de la rudesse de sa vie d'avant la bâtisse.
Un corps affreusement maigre, mais que l'on devine ayant été fort autrefois. En dessous de ses côtes, aussi sales que le reste de son corps, une tache pâle de peau lavée par l'alcool, ceinte de bandages rendus gris par la poussière tranche avec le reste.
Sur cette anatomie décharnée, sa tête squelettique ne détone pas.
Les joues sont creuses, les yeux caves, profondément enfoncés dans les orbites, les pommettes semblent suffisamment pointues pour blesser, les lèvres rétractées par la disette laissent voir des dents étonnements blanches et tranchantes, comme si le crâne blanchie par la mort qui succède au visage décidait de poindre avant l'heure.
Mais s'il était bien caché par une barbe, comme celle qui lui mange le visage, drue et rendue épaisse et dure par la boue.

Une bûche qui claque dans le feu le fait sortir de son effarement. L'homme regarde alors le reste de la salle d'eau et se rue à l'extérieur, bien décidé à faire partir le cadavre qui le remplace.

Après avoir décidé de faire chauffer l'eau avant de s'en servir, soucieux de ne pas se rendre malade si stupidement, il remplit deux bassines de l'eau de l'abreuvoir, l'une plus petite que l'autre, dans laquelle il fera bouillir ce dont il a besoin.

Une fois décrassé, il part à la recherche d'une lame pour rendre à sa figure une allure plus humaine, en commençant par le matériel à couture laissé dans la salle de bain.
Si le résultat est approximatif, il a le mérite de ressembler à quelque cose.

Entre ses diverses pertes de conscience et ses ablutions, le soleil est déjà haut dans le ciel quand il en a fini.
L'homme descend dans le cellier, y prend quelques bouts de viande séchée et des haricots en boîte et s'en fait une pleine ventrée devant le feu, regardant par la fenêtre les volutes de brume qui s'étendent entre la bâtisse et la forêt.
Son abri le protège, le nourrit, lui permet de se laver, quelles ressources cache-t-il encore ?
Pour en avoir le cœur net, il examine le salon et jette un œil à tout ce qui s'y trouve.
Rapidement, son attention se porte sur les livres éparpillés par terre, certains pourraient êtres utiles, contenir des savoirs faire de l'ancien maître archer qui occupait les lieux, peut-être aurait-il une flore, ou quelques tomes d'une encyclopédie. Plus simplement, des brochures sur des lieux intéressants autours de la bâtisse, des manuels, ou autre.

Après son frugal repas, il commence à faire l'inventaire méthodique de l'endroit, une chose qu'il aurait dû faire depuis le départ.

Des livres de cuisine, d'Histoire, un Atlas, beaucoup de romans, policiers, fantastiques, de très vieux romans d'aventure, des contes régionaux. Également, quelques livres sur l'art, architecture, peinture, un certain nombre d'ouvrages sur l'archerie, comme prévu, des dictionnaires, et, véritable trésor, une dizaine de volumes de l'encyclopédie universelle.
Ce cadeau du ciel le ravit d'étonnement, en ces temps posséder tel ouvrage serait se voir ouvert le royaume des cieux, agriculture, chimie, ingénierie, architecture, telles sont les portes s'ouvrant grâce à cet ouvrage. Il ne comprendrait probablement pas la moitié de ce qui y est écrit, mais cela resterait une source considérable de savoir-faire qui lui serait d'une grande aide.
En plus des livres il trouva quelques fragments d'un ancien service de porcelaine, des verres, des couverts, auxquels manquaient la plupart des grands couteaux, des casseroles, marmites, poêles, des bols et tasses, et avec les linges trouvés dans le cellier, une dizaine de couverture, autant de couettes, de draps, une vingtaine d'oreillers avec leurs taies, quelques pains de savon, et un vieil alambique ayant probablement servie à faire l'alcool dont il s'était servie plus tôt, et qu'il lui faudrait réparer.
Aucun équipement électronique de taille dans la maison, ni télévision, ni ordinateur, et pas non plus de plate-forme multimédia, ni tablette numérique, ni rien de ce genre, seulement trois ventilateurs, deux radiateurs électrique et un robot pour la cuisine.
Parmi ses trouvailles figurent également de bonnes réserves de papier, crayon, stylographes, plumes, et carnets.

L'homme termine son inventaire en même temps que le soleil se couche, la lumière filtrant par les carreaux léchés par le brouillard est rouge orangée.
Un dernier repas, frugal afin d'éviter de se rendre malade, et il repart dormir, appréhendant déjà la nuit à venir. Afin d'être sûr de ne pas être dérangé, il veille, cette fois, à éteindre le feu, rabattre les rideaux, bloquer les portes du mieux qu'il peut, et veille à remettre les lieux dans un état qui n'éveille aucun soupçon, autant que possible.

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