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 Spetsnaz GRU

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Milleuros
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MessageSujet: Spetsnaz GRU   Dim 27 Mar 2011 - 22:00






- Prêt ?
L'homme encagoulé regardait fixement son camarade, attendant une réponse. Il portait la même tenue d'assaut, la même cagoule, et semblait ailleurs.
L'homme répéta sèchement sa question : « Orlov, t'es prêt ? » L'intéressé acquiesça, avant de se plaquer contre le mur, tenant fermement son fusil entre les mains. Ayant enfin sa réponse, l'homme fit de même, puis décrocha un engin de sa ceinture, et le plaqua contre le mur, à un mètre seulement de chacun des deux. Orlov appuya sur son oreillette, et lança :
- Gamma, paré.
- Bien, reçut-il comme réponse. N'oubliez pas que nous sommes là pour sauver les otages. A trois, on y va. 1 ...
Orlov se tassa encore un peu plus contre le mur, baissant la tête pour pointer son casque contre l'engin attaché au mur. Sa seule vision était son fusil An-94 entre ses mains. Il était encore neuf, mais plus pour longtemps.
- 2 ...
C'était le moment. Il respira un grand coup, évacuant en un seul instant tout le stress accumulé. Son camarade, complètement écrasé contre la paroi, rapprocha lentement son pouce du bouton rouge dans sa main.
- 3, Go !
En un seul instant, l'engin plaqué contre le mur avait disparu dans une terrifiante déflagration, ouvrant un trou béant dans le béton. A peine le souffle s'était-il propagé qu'Orlov se précipitait dans l'ouverture. Profitant de la confusion générale, il se rua sur un couvert tandis que son camarade lançait une grenade fumigène, puis inspecta rapidement la pièce dans laquelle ils étaient, à la recherche d'hostiles. Pendant ce temps, l'autre soldat avait mis son arme en joue et avançait dans un couloir. Orlov s'engouffra dans le second corridor, le doigt sur la gâchette de son arme. Rapidement, il aperçu à travers la fumée des formes humaines portant différents fusils, courant partout sous la confusion. En un instant, il les avait alignés et ouvrait le feu. En une seule rafale, il avait fait tomber le premier. Il changea de cible en un éclair et tira une deuxième fois. Les coups se succédèrent sans riposte jusqu'à la disparition de tous les hostiles.


Au-dehors, la tension était à son comble. Les forces armées qui avaient encerclé l'usine avaient été mises au courant de l'attaque prévue, mais avaient perdu tout contact depuis que d'inquiétantes explosions avaient éclaté sur l'ensemble du bâtiment. Les nombreux soldats se tenaient prêt à charger, dès qu'ils en recevraient l'ordre. Les rares journalistes autorisés dans la zone avaient cessé de commenter les événements, et braquaient leurs caméras vers les colonnes de fumée. Il y avait d'énormes chances que la situation dégénère en un incroyable bain de sang, scénario que tous avaient en tête.
Soudain, à peine une dizaine de minutes après le début de l'assaut, les radios crépitèrent : « Ne tirez pas ! Je répète, ne tirez pas ! » Un instant après, les portes de l'usine s'ouvraient gentiment, laissant apparaître une quinzaine de soldats, avançant lentement, le fusil pendant à leur main. Ils étaient suivis par tout un groupe d'hommes et femmes pâles, tremblants, mais enfin libres. Orlov avançait un peu en retrait, portant une femme blessée.
Les autres soldats, les journalistes et les secours se ruèrent à leur rencontre. Immédiatement, les libérateurs étaient pris d'assaut par les micros et caméras, chose à laquelle ils n'avaient pas été très bien préparés.
- Belle réussite, n'est-ce pas ? lança l'un des journalistes.
- Tous les terroristes ont été abattus, cracha l'homme en tête de l'escouade, un otage a été exécuté et plusieurs ont été blessés. Je n'appelle pas ça une réussite.


« Les événements d'aujourd'hui montrent clairement ce que nous réservons aux terroristes, où qu'ils se terrent. Il est hors de question que nous dialoguions avec des monstres de la pire espèce. Jusqu'ici, nous avions peur d'eux et nous cédions trop facilement à leurs dangereuses revendications. Mais aujourd'hui, nous voyons que nous n'avons rien à craindre, et qu'au contraire, c'est eux qui devront nous craindre ! Messieurs, ... »

Orlov pressa le bouton rouge de la télécommande. Il avait à peine eu le temps de manger un morceau devant le pathétique discours d'il-ne-savait-quel politicien. Déjà, ses camarades rejoignaient les vestiaires et changeaient leurs tenues d'assaut. Il n'était cependant pas question de quitter la caserne, car une autre mission d'importance attendait déjà les Spetsnaz.


Dernière édition par Milleuros le Mer 26 Oct 2011 - 20:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Dim 27 Mar 2011 - 22:00

SPETSNAZ GRU



Un lourd vrombissement résonna dans le ciel de fin de journée. Magnifiquement éclairé par le soleil, un avion bimoteur s'approchait lentement d'une piste bétonnée. Perdant petit à petit de la vitesse, il survola tout un complexe militaire qui, malgré un âge certain, semblait encore tout à fait fonctionnel. Finalement, les roues arrières du transport touchèrent le sol, suivies rapidement de la roue avant. Il fit un bref tour de piste, puis alla se garer vers une caserne.
De la soute de l'Ilyushin sortirent lentement les quinze Spetsnaz. Déjà en tenue d'assaut, de lourds bagages dans leur dos, ils s'avancèrent sur la piste vers les baraquements. A leur tête se trouvait le chef de l'escouade, Maksim, sûrement le plus imposant de tous. Il ne portait pas de cagoule, et laissait ainsi apparaître ses traits fermes et son regard sévère. Derrière lui, Orlov laissait également apparaître son visage, plus fin et tendre que celui de son supérieur. Ses yeux gris scrutaient la base qui les accueillait. A y regarder de près, les bâtiments manquaient d'entretien, et beaucoup d'équipements n'avaient pas servi depuis bien longtemps. De rares chasseurs et hélicoptères étaient alignés sur la piste, mais ressemblaient plus à des tas de ferraille qu'à des engins de guerre. Le tout était encastré entre de lourdes montagnes, sous un ciel particulièrement bleu.
- Chef ! appela-t-il. Où sommes-nous ?
- Une base officiellement désaffectée que nous avons utilisée dans les années 80.
- Officiellement ?
Maksim ignora la question, donnant ainsi la réponse. L'escouade continua jusque dans les baraquements, soupçonnant déjà ce qu'il s'y trouverait. Le chef poussa une lourde porte rouillée, les laissant pénétrer dans cette mystérieuse base. A l'intérieur, le contraste y était saisissant. Les couloirs étaient propres, les murs semblaient neufs, et quelques militaires traversaient rapidement les pièces sans prêter attention aux nouveaux venus. Orlov, peu surpris de la mascarade, continua à suivre le mouvement jusqu'à arriver dans des vestiaires. « Rendez-vous au briefing dans cinq minutes ! » lança Maksim avant de quitter la pièce. Et c'est exactement le temps qu'il fallut aux Spetsnaz pour poser leurs affaires et rejoindre le secteur de commandement.
« Messieurs ! » commença un officier qui leur était inconnu. « Vous avez déjà été briefé au départ de Moscou, et on vous a entre autres dit que vous recevrez un complément d'informations ici. Comme vous l'avez deviné, cette base constitue une cachette idéale pour nos opérations dans le secteur, y compris et surtout l'opération Prizrak. Ce soir, à huit heures précises, vous décollerez dans un des hélicoptères de la base, qui vous déposera près de la frontière. » Il s'interrompit et appuya sur un bouton. Une carte fut immédiatement projetée contre le mur dans son dos. Il reprit en montrant différents points de l'image. « Vous longerez cette vallée ici, puis devrez traverser ce village. Ensuite, vous avancerez vers cette montagne, qui semble abriter les installations adverses. Une fois votre mission accomplie, vous grimperez par ce chemin, et vous dirigerez vers le nord. A cinq heures, un Mil viendra vous récupérer ici. Attention, toute la zone est hostile. De plus, des patrouilles de la coalition surveillent de temps à autres ce secteur. Vous avez le feu vert pour éliminer les insurgés, mais interdiction formelle d'ouvrir le feu sur des soldats étrangers. Questions ? Parfait, alors rendez-vous sur la piste à huit heures moins cinq. Rompez ! »


Alors que ne subsistaient du soleil que de pâles rayons au-dessus des montagnes commençait la journée des Spetsnaz. Plongés dans l'obscurité, ils entraient un à un dans la soute spartiate d'un Mil. A huit heures, les montagnes commencèrent à résonner du sifflement de deux puissantes turbines. En dix minutes seulement, l'hélicoptère disparaissait à travers une vallée.

Il ne leur fallut qu'une petite demi-heure pour rejoindre la frontière. L'aéronef se posa sur une route de montagne, laissant débarquer l'escouade. En trente secondes, l'hélicoptère redécolla et quitta les lieux.
Les Spetsnaz étaient plongés dans leur élément. La nuit était totale, seules quelques rares lumières étaient visibles au loin. Ils armèrent leurs fusils, activèrent les dispositifs de vision nocturne, et se volatilisèrent dans la nuit. L'opération Prizrak pouvait commencer.





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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Dim 27 Mar 2011 - 22:01

Le sifflement du Mil disparut rapidement derrière l'imposante chaîne de montagnes, mais Orlov ne s'en soucia guère. Toute son attention était dirigée sur l'instant présent. Tous ses sens étaient en alerte, à leur maximum. Il scrutait sans cesse l'obscurité, observant les moindres détails des alentours, cherchant du regard toute chose anormale, tout danger potentiel. Il écoutait les pas pourtant silencieux de ses équipiers, il les entendait glisser furtivement sur le chemin rocailleux. De ses mains, il sentait le métal froid de son fusil silencieux. Il allait jusqu'à distinguer les moindres variations dans l'air frais de la montagne.
Il ignorait pourquoi, mais il se sentait vivant. Bien plus vivant qu'aucun homme avant lui ne l'avait été. Face aux dangers d'une telle mission, il abandonnait enfin ses préoccupations routinières, pour ne se concentrer que sur son devoir. Peut-être était-ce dû à l'adrénaline, ou peut-être était-ce l'injection faite quelques minutes auparavant, mais Orlov s'en moquait. Il ne se souciait que de cette mission, la vengeance tant désirée par son gouvernement, et le peuple derrière lui.

Peu de temps auparavant, la branche antiterroriste du FSB avait réussi à déterminer les responsables d'une série d'attentats sanglants qui avait ébranlée la Russie. La récente prise d'otage n'avait que confirmé ce que les services de sécurité soupçonnaient déjà.
Et cette nuit, les Spetsnaz se dirigeaient droit vers la cachette de l'ennemi. Ils seraient l'incarnation de cette vengeance tant désirée, une lame sombre frappant depuis les ténèbres, pour disparaître ensuite sans laisser de traces.

Leur avancée était rapide, mais non précipitée. Ils descendaient une petite route escarpée, encastrée entre de terrifiants monolithes de pierre. A quelques centaines de mètres devant eux s'étendait une petite vallée rocailleuse, ponctuée de cultures et de fermes. Là où la vallée se refermait se trouvait un petit village, signalé comme appartenant à l'ennemi.
En avançant, Orlov se répétait toutes ces informations, pour être sûr de ne rien oublier de crucial. Il se remémora qu'une équipe de reconnaissance à distance devait les assister.
- Chef ! appela-t-il silencieusement. Des nouvelles de la reco ?
- Excellente idée ! répondit Maksim, un grand sourire visible à travers la cagoule, avant d'empoigner sa radio. Prizrak-0, êtes-vous en position ? Rien à signaler ?
Une seule seconde s'écoula avant que la radio ne commence à crépiter.
- Salut chef ! fit une voix puissante mais rustique. En position, je vous ai en visuel, ainsi que toute la vallée devant vous. Ah pis, je signale qu'il n'y a rien à signaler !
Maksim poussa un profond soupir, alors que de petits ricanements s'entendaient dans l'escouade.
- C'est d'ailleurs pas normal qu'y ait rien à signaler ! continua Prizrak-0. Y a pas une seule lumière autour des fermes ni dans le village. Même pas un groupe de vieux qui jouent aux cartes, ou des gosses qui jouent à foot ! Surveillez vos fesses, ça m'étonnerait pas que ça saigne sévère !
- Bien reçu Prizrak-0, merci du conseil. Euh, vous êtes seul ?
- Ouais ouais, ils n'ont envoyé que moi. Oleg, pour vous servir !
- Dites, les noms de code, c'est pour les chiens ? On en reparlera à la caserne ! Prizrak leader terminé.

« Leur meilleur sniper ... » chuchota Maksim pour lui-même, une grimace d'inquiétude incrustée derrière sa cagoule, avant de se remettre en route. Ils n'avaient pas vraiment de temps à perdre.

En une dizaine de minutes, ils avaient rejoint la première ferme. Ils avaient avancé dans les angles morts des fenêtres, baissés et silencieux. L'un des soldats jeta un œil rapide à l'intérieur, profitant des lunettes de vision nocturne pour voir comme en plein jour. Mais il n'y avait rien. La maison était vide. Quelques rapides signes de main en guise de discussion et d'ordres, et deux soldats se levèrent pour aller inspecter l'intérieur. Fusil en joue, ils poussèrent lentement la porte, l'empêchant de grincer. Ils ne voyaient que quelques rares meubles parfaitement rangés. Les tiroirs et les armoires étaient vides. Même la cuisine avait été dénuée de ses plats, ses services et ses casseroles. Pourtant, cela semblait avoir été habité peu de temps auparavant. L'un des soldats poussa un meuble, attiré par des traces sur le sol. Derrière, il vit avec horreur une série de fils rouges …
En un éclair, les deux soldats plongeaient par la porte : « Bombe ! » beugla l'un d'eux. L'instant d'après, une époustouflante déflagration secoua la ferme, faisant voler portes et fenêtres en éclats. Les Spetsnaz se jetèrent au sol juste à temps pour éviter le souffle. Ils n'eurent même pas le temps de récupérer que la radio s'alluma.
- Chef, vous foutez quoi ?! Cette putain d'explosion a résonné dans toute la vallée, et ça a ameuté du monde. Deux jeeps armées foncent sur vous ! En plus, ces chiens sont trop loin pour que je les abatte !
- Ils nous attendaient, je sais pas comment … Merci de la reco. Prizrak leader terminé.
Maksim fit une rapide évaluation de la situation. Personne n'avait été blessé, c'était l'essentiel, même s'ils avaient perdu l'élément de surprise. Il hurla une poignée d'ordres rapide, et toute l'escouade se rua derrière un amas de roche, quelques dizaines de mètres plus loin. « Ils ne savent pas exactement où on se cache, » chuchota l'officier, « Ils doivent être maximum une dizaine, on les descend en une seule salve. Pas de précipitation. »

Moins d'une demie-minute plus tard, les deux véhicules repérés arrivèrent à côté de la ferme. Des mitrailleuses étaient installées à l'arrière, et les hommes qui en sortirent portaient d'imposants fusils d'assaut. Leur matériel était cependant vétuste, comme en attestaient les vieilles lampes torches attachées au canon avec du scotch et de la ficelle. Ils portaient des habits en tissu très fin, sans aucune protection, pas même un casque. Alors que les tireurs restaient sur les tourelles, les autres se séparèrent, cherchant en vain ceux qui avaient déclenché leur petit piège. Ils baladaient le faisceau de leurs lampes un peu partout, espérant voir l'invisible, sans se rendre compte que ça ne les rendait que plus visibles, de véritables phares en pleine nuit.
Soudain, les bruits de pas se turent pour laisser place à quelques petits glapissements, et au bruit sourd des corps qui s'effondrent. Les Spetsnaz avaient ouvert le feu exactement en même temps, une seule balle par cible. Pas un seul bruit n'avait trahi leur déploiement, et pas un seul son n'était parti de leurs fusils.
Maksim s'avança au milieu des cadavres, les dévisageant à la fois avec le mépris envers un terroriste, et le respect envers un guerrier. Il examina leurs armes, leurs uniformes, sans savoir exactement ce qu'il cherchait. Il en vit un qui avait gardé les yeux grand ouverts, dans une grimace de terreur désormais ineffaçable. Il lui ferma les paupières d'un geste lent, poussant un léger soupir. « Nous avons perdu assez temps, go. » lança-t-il en se relevant.



- Y a plus rien chef ! Faut croire que c'étaient juste des gars en embuscade. Désolé de pas les avoir vu venir …
- Pas grave, on évite les fermes à présent. Prizrak leader, termi...
- Attendez, j'ai cru voir du mouvement sur le village. Je sais pas ce que c'était, ça s'est à peine montré. Faites gaffe à vous, vous m'avez promis une engueulade !
- Je n'y manquerai pas ! Terminé.

Les Spetsnaz avaient repris leur traversée de la vallée. Ils avançaient constamment à couvert, évitant chaque endroit pouvant dissimuler une charge. Ils avaient perdu leur plus grand atout, l'avantage de la surprise. Désormais, ils savaient que l'ennemi serait en alerte maximale. Ils devaient faire vite, avant qu'une défense ne soit organisée. Au moins, se disaient-ils, ils n'étaient toujours pas repérés.
Ils avaient informé le QG que les événements ne se passeraient pas comme prévu. La réponse fut rapide, et claire : l'opération Prizrak devenait l'opération Mectb : vengeance. Pas de pitié. Pas un seul hostile ne devait revoir le soleil. « Et, lieutenant ... » rajouta le commandement. « Pas de votre satané honneur martial, ou je ne sais plus quelle connerie. Est-ce clair ? » La communication se coupa.
Orlov observait son supérieur tout en avançant. Il le voyait raide, le sentait énervé. Il n'était pas ivre de rage, ce n'était en fait qu'une poignée de gestes à peine perceptibles. Cela suffisait néanmoins pour inquiéter le Spetsnaz. Si le chef n'arrivait plus à garder son calme, se disait-il, la mission risquait de très mal se passer.


Une bonne vingtaine de minutes s'était écoulée depuis le changement de statut de la mission. L'escouade avait progressé dans la vallée, sans que la moindre activité ne soit signalée, malgré le piège déclenché. Les Spetsnaz se savaient repérés, et étaient donc surpris de n'avoir aucune résistance. Ils n'en étaient que plus vigilants.
Ils arrivaient aux abords du village, lorsque la voix de la reco se fit entendre dans les oreillettes.
- Les gars, bougez plus ! La maison juste devant vous, celle en retrait du village. Y a une vingtaine de soldats lourdement armés juste derrière. Ils surveillent la route. Vous pouvez les contourner en …
- Vous avez entendu les ordres ! le coupa sèchement Maksim. C'est leur toute dernière nuit ! On se met en position, et vous, préparez votre fusil !
- B... bien reçu ! hésita Oleg avant de couper la communication.
L'escouade se rapprocha lentement de l'habitation, aussi silencieuse qu'un spectre. Ils se plaquèrent contre les murs en pierre, évitant soigneusement les fenêtres. Un rapide signe de main, et l'un des Spetsnaz s'avança jusqu'à l'un des angles de la maison. Il avança lentement sa tête, pour voir si la voie était libre. A peine ses yeux avaient l'angle du mur qu'un énorme beuglement se dégagea du groupe ennemi. En un instant, une volée de balles vint se fracasser contre le mur, ratant de peu le soldat russe, qui s'était caché juste à temps pour voir le mur se désintégrer sous les impacts.
« Bordel ! » jura Orlov avant de se ruer au combat. Cinq soldats contournèrent la maison pour prendre l'ennemi de flanc, tandis qu'il entrait de force dans la ferme, espérant profiter des fenêtres. Au même instant, une grenade vola par-dessus l'habitation.
Orlov examina en un coup d’œil l'intérieur du bâtiment, entraîné à repérer instantanément les couverts, postes de tirs et pièges éventuels. Il repéra une fenêtre qui donnait sur le groupe ennemi, juste à temps pour voir une explosion tuer deux d'entre eux. Les autres s'étaient réfugiés derrière des rochers. Il mit son fusil en joue et avança en tirant au coup-par-coup à travers la fenêtre, abattant ceux qui avaient eu la mauvaise idée de sortir après la détonation. Soudain, deux fusils dépassèrent du couvert et ouvrirent le feu en sa direction. Il plongea au sol, entendant le plomb siffler juste au-dessus de son casque. Le temps de se reprendre, il rampa jusqu'aux meubles sous la fenêtre, puis se releva juste à côté, protégé par le mur. De sa position, il vit ses équipiers qui tiraient violemment contre l'ennemi, probablement pour garder la supériorité du feu. « Continuez de les contenir ! » hurla Maksim. « Ils ne sont pas à couvert de notre sniper, empêchez les de sortir ! » En effet, depuis les montagnes bordant la vallée, Oleg avait ouvert le feu. Malgré la distance, ses tirs faisaient mouche, neutralisant un à un les hostiles, sans possibilité de riposte. Ceux-ci, cherchant à combattre en restant à couvert, laissaient parfois dépasser une kalachnikov par-dessus les rochers, et vidaient le chargeur à moitié dans le vide, espérant toucher quelque chose. Les balles partaient dans toutes les directions, et, dans le pire des cas, ricochaient contre les couverts des Spetsnaz. Mais rapidement, les armes se turent. Les hostiles étaient toujours présents, ils subissaient toujours le tir du sniper, mais ne réagissaient plus.
Soudain, un petit groupe se rua hors des rochers, fusil à la hanche, tirant au hasard dans une tentative extrême de rester en vie. Le tout dernier bruit qui résonna fut leurs corps qui s'effondraient sur le sol. « Zone sécurisée » lança Oleg.


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Milleuros
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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Dim 27 Mar 2011 - 22:01

Un signe de main furtif. Un homme s'avance, regarde de l'autre côté d'un mur, se replie. D'autres signes de main. Un groupe entier traverse la rue à la course.
L'escouade avait progressé dans la vallée et évoluait maintenant dans les rues du village. L'obscurité y était totale. Il n'y avait pas la moindre lumière, ni le moindre son. Il ne s'y entendait pas d'autre bruit que le sifflement du vent aux coins des habitations. Les rues n'étaient arpentées que par le sable rocheux, et les lourdes bottes des Spetsnaz.
Orlov était nerveux. Il regardait sans cesse autour de lui, se retournant à chaque instant, comme atteint de paranoïa. Il guettait les fenêtres, les coins de rue, à la recherche de la moindre ombre, de la moindre silhouette. Mais il n'y avait rien. Le seul mouvement qu'il voyait était son ombre, projetée par la lune sur les murs en chaux. Cette silhouette armée, omniprésente, qui l'imitait jusque dans le plus minime des mouvements ne faisait qu'aggraver la situation. Il en espérait presque une attaque, le combat serait plus vivable que cette atmosphère pesante. Mais le village restait désespérément désert. Il y avait pourtant des traces récentes de vie : des déchets par terre, de la lessive fraichement nettoyée pendant au bas d'une fenêtre. Un village ne pouvait pas se vider aussi rapidement, se disait-il. Il aurait aimé fouiller toutes les habitations, une par une, mais le temps était un luxe dont l'escouade ne disposait pas.

Les Spetsnaz progressaient lentement dans les ruelles. La tension était palpable, mais aucun ne la laissait transparaître. Leurs gestes restaient précis, leurs mouvements étaient réfléchis. Ils devaient traverser cette zone, vite, mais sans précipitation. Ils restaient en contact permanent avec la reco, qui, entre deux « toujours rien, chef », tentait de détendre l'atmosphère à grands renforts de blagues vaseuses, mais en vain. Maksim restait concentré, mais rêvait du moment où, rentrés à la base, il pourrait lui coller tout ce qu'il faut pour lui apprendre la discipline. Mais c'était pour plus tard. Le groupe approchait d'un lieu signalé comme dangereux. Une grande route traversait le village, et il fallait l'emprunter pour rejoindre les montagnes, là où se trouvait le campement ennemi. Mais surtout, il n'y avait pas le moindre couvert, pas la moindre cachette. C'était l'endroit idéal pour une embuscade.

Après plusieurs longues minutes de tension, le groupe arriva enfin aux abords de la sortie. Il ne restait plus qu'une cinquantaine de mètres à parcourir avant de rejoindre un amas rocailleux, parfait pour se cacher. Mais, même si la reco ne signalait rien, tous craignaient l'embuscade, sans pour autant avoir le temps de fouiller les environs.
L'escouade était plaquée contre un mur, dans l'ombre de ce qui ressemblait à une auberge. Orlov s'approcha de l'angle de la maison, pour jeter un œil furtif au passage. La route rocailleuse était déserte, et il n'y avait aucun signe suspect. Un amas rocheux situé à la sortie du village, vingt mètres plus loin, faisait un couvert idéal. Maksim examina à son tour, hésitant sur la suite des événements. Il réfléchit un instant, puis leva sa main à la hauteur de sa tête, montrant distinctement tous ses doigts. Une longue, interminable seconde s'écoula, jusqu'à qu'il abatte d'un seul coup ses cinq doigts. A ce signal, les quinze Spetsnaz se ruèrent derrière le chef, cherchant à passer le plus vite possible. Ils contournèrent l'auberge en un éclair, et se retrouvèrent dans la rue.
Soudain, au moment exact où l'escouade entière s'était engagée dans le passage, un groupe d'une dizaine d'hommes armés surgit à l'autre extrémité, se retrouvant face à face avec les Russes. Ceux-ci cherchèrent machinalement un couvert, tout en sachant qu'il n'y en avait pas. En un instant, ils s'étaient dispersés, avaient plongé au sol, et avaient mis leurs fusils en joue, s'attendant à riposter à un feu nourri. Mais rien ne vint. En face, les hostiles avaient fait de même, mais n'avaient pas ouvert le feu.
Orlov examina rapidement la situation à travers le viseur de son arme. Les hommes en face étaient lourdement armés, et bien équipés. Trop bien équipés. Ils portaient des tenues de combat lourdes, des casques avec lunettes de vision nocturne, et des fusils silencieux.

Les deux groupes restèrent immobiles pendant d'interminables secondes. Personne ne pouvait savoir ce qu'il allait se passer, et chacun restait dans l'attente. Les Spetsnaz connaissaient leurs ordres : ils ne devaient pas ouvrir le feu sur des militaires étrangers. Ces derniers, quant à eux, étaient surpris de cette rencontre inattendue, et restaient comme interdits. L'un d'eux osa soudainement briser le silence, dans un magnifique anglais américain trahissant immédiatement ses origines. Cette langue n'était pas un mystère pour les Spetsnaz, qui comprirent sans problèmes tout ce qui se disait.
- C'est qui ces mecs ?
- C'est des Russes, répondit un autre américain.
- Quoi ?! Comment tu sais ça toi ?
- Regarde leurs armes et leurs équipements … ça me paraissait évident tiens.

Maksim se leva, laissant son arme choir sur le sol. Il s'avança, mains bien visibles vers les soldats, qui le mirent immédiatement en joue, craignant la moindre entourloupe.
- Nous ne sommes pas vos ennemis, lança-t-il dans un anglais presque parfait. Nous combattons les mêmes personnes. Laissez-nous continuer et oublions cette rencontre.
- Oh, attendez ! rétorqua immédiatement un américain. Vous êtes qui, vous vous prenez pour qui ?! Vous n'avez rien à faire ici, alors vous...
- La ferme ! le coupa un autre soldat, visiblement le chef du groupe, avant de se lever en laissant son arme pendre à la main. Je ne sais pas ce que vous foutez dans un coin aussi paumé, mais ça ne peut que nous rendre service. Promis, on ne vous a pas vu.
- Mais ? Sergent …
- J'ai dis la ferme ! Tu penses vraiment que s'ils étaient dangereux, ils ne nous auraient pas déjà tous massacrés ? Un groupe seul au milieu de nulle part, mais aussi bien équipés, c'est des forces spéciales, y a aucun doute. Et je suis sûr qu'ils vont nous rendre un sacré service.
Maksim ne put s'empêcher de sourire, mais reprit rapidement son sérieux. Il se recula, rejoignant ses hommes.
- Merci sergent. Promis, on va vous rendre un sacré service.
Les Spetsnaz se levèrent lentement, les uns après les autres. Leur leader leva la main, attendit un court instant, avant de la rabattre violemment. Tout le groupe partit alors à la course, et disparut rapidement dans la montagne, laissant les soldats américains dans la surprise de cette rencontre inattendue ...


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Arghit
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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Lun 4 Avr 2011 - 15:42

Alors, c'est assez léger pour le moment, les personnages restent assez anonymes et la situation obscure. Je vais pas trop faire de commentaire sur le fond, y a pas assez d'élément pour, ça reste plutôt vague du coup. Sur la forme, y a quelques répétitions dans le premier post, c'est pas trop grave mais sur un extrait aussi court ça rend pas très bien.

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20:10 - [GiF] Melcor: je suis un papillons
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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Ven 1 Juil 2011 - 20:04

Orlov jeta un dernier regard au village qui s'éloignait derrière lui, plusieurs mètres en contrebas. Des embryons de questions naissaient en lui, avant d'être rapidement avortés par son besoin en concentration. Il aperçut le groupe américain en plein rassemblement. "Bonne chance" chuchota-t-il pour lui-même, avant d'accélérer le pas entre les rochers, rattrapant le reste du groupe.

Après une courte dizaine de minutes d'ascension, les Spetsnaz arrivèrent sur un mince replat. La roche et les cailloux avaient été dégagés, ne laissant qu'une infime surface de terre desséchée, à peine suffisante pour planter une tente. De là, on avait une vue simplement atterrante sur l'ensemble de la vallée. Avec une lunette de vision nocturne, il était possible de distinguer jusqu'à la route sur laquelle l'hélicoptère s'était posé. Si l'ennemi en disposait, cela expliquerait comment ils avaient été repérés.
Mais la particularité de ce replat ne résidait pas en son point de vue. A l'endroit où continuait la montagne, creusée à même la roche se trouvait un étrange trou dans la pente, la colossale entrée d'un tunnel, suffisamment grande pour laisser une voiture y pénétrer. Les bords droits, les angles nets, le sol propre, et la lumière qui se dégageait du fond attestaient que l'oeuvre était artificielle. Pour les Spetsnaz, le doute n'était pas vraiment permis. Ils se regardèrent mutuellement, puis s'enfoncèrent dans les entrailles de la Terre, laissant la reco surveiller l'entrée.

Ils progressèrent ainsi dans une longue galerie, très bien construite, renforcée par endroits avec du béton ou des matériaux similaires. Tout les vingt mètres, une ampoule au tungstène vissée au plafond donnait au tunnel un semblant de lumière, suffisant néanmoins pour que les Spetsnaz désactivent leurs lunettes de vision nocturne. Plus loin, la construction s'ouvrait sur une salle relativement grande, bien éclairée, mais peu spacieuse. A l'intérieur se trouvaient des dizaines d'étagères, d'armoires et d'autres meubles, regorgeant d'armes de guerre. Les Russes avaient trouvé un véritable arsenal : des fusils d'assauts, mitrailleuses et armes de poing étaient posés par dizaines sur les tables et jusque par terre. Cà et là, des tubes lance-roquettes étaient appuyés contre les murs, tenant à leur pied les dangereuses munitions antichar. Les étagères étaient pleines de grandes caisses métalliques, elles-mêmes remplies de balles de tout calibre.
L'un des Spetsnaz ne put retenir un juron, qu'il lança en contemplant leur découverte, avant d'être réprimandé du regard par son supérieur. Ce dernier restait aussi froid que l'exigeait la situation. Il se contenta de lancer : "Huit, explosifs," puis s'avança vers la suite du tunnel. L'un des soldats s'agenouilla, posa son arme à terre, et récupéra le lourd sac qu'il portait sur le dos. De là, il sortit deux morceaux d'une espèce de pâte grise, desquels sortaient une série de câbles reliés à un boîtier noir. Il en dissimula un derrière une armoire, puis alla cacher l'autre derrière un autre meuble, à l'autre bout de la pièce. "Explosifs armés", lança-t-il une fois qu'il avait rejoint le reste du groupe. Le chef hocha la tête, et s'engouffra dans la galerie devant lui, suivi des autres Spetsnaz.

Une dizaine de mètres plus loin, une autre salle s'ouvrait. Elle était bien plus grande que la précédente, et bien plus espacée. De longues tables étaient agencées en rangées, et un buffet se trouvait tout au bout. Du réfectoire sortaient quatre galeries, dispersées aux quatres points cardinaux. Il était également muni de plusieurs colonnes en béton, qui en maintenaient la structure.
- Huit ! lança Maksim
- Je sais, grinça l'intéressé avant de sortir de nouvelles pâtes de son sac, et de les coller au pied de ces colonnes.
Orlov s'avança, fusil toujours en joue, examinant du regard les moindres recoins de la salle. Elle était étrangement vide. Il n'y avait strictement rien ni sur les tables, ni sur le buffet. Derrière celui-ci, un semblant de cuisine était lui-aussi vide. Cependant, les tiroirs regorgaient de casseroles et de nourriture : boîtes de conserve, fruits secs, que des aliments qui peuvent se garder longtemps. Mais rien qui ne pouvait attester d'une présence récente. Ses recherches s'avérant infructueuses, Orlov regagna le reste du groupe. En arrivant, il vit son supérieur qui gravait d'un couteau une croix sur le sol, devant la galerie d'où ils venaient. Ce dernier se redressa en rangeant sa lame, et se dirigea vers l'une des colonnes. Un panneau en bois y était attaché, sur lequel se trouvait une inscription en un langage étranger. "Orlov !" appela-t-il.
L'intéressé s'avança et s'approcha de l'écriteau.
- A gauche, toilettes, lut-il à haute voix. Devant, dortoir. A droite, salle de réunion. Derrière, sortie. Il s'arrêta et se tourna vers ses camarades. C'est bien gentil à eux de nous montrer le chemin !
- L'endroit est désert, lança Maksim en ignorant son subordonné. Il vaut mieux s'assurer qu'ils ne soient pas en train de nous attendre quelque part. Et ce quelque part, ça pourrait bien être les dortoirs : l'un des derniers endroits qu'on penserait à visiter en infiltrant une base ennemie. Soldats, derrière moi. Quinze, tu surveilles nos arrières.

L'escouade s'enfonça dans l'une des galeries qui sortaient du réfectoire. Malgré toute la lenteur imposée par leur formation, il ne fallut qu'une petite minute pour atteindre la porte du dortoir. Celle-ci était composée de simples planches de bois clouées entre elles. Une petite fissure serpentait au milieu, laissant apercevoir une partie de la pièce de l'autre côté.
Orlov s'en approcha, restant sur ses gardes. Il plaqua sa tête contre la porte, et observa ce qui les attendait. Il ne voyait qu'une poignée de lits spartiates, et une ou deux tables de nuit. Le tout bien rangé, en ordre impeccable, mais surtout désert. Il se recula et fit part de ses observations à son chef. Quelques signes de main plus tard, et trois soldats s'avancèrent contre la porte. L'un resta en léger retrait, au milieu de la galerie, tandis que les deux autres se plaquèrent contre les murs, très près de l'entrée, fusil en joue. Une longue seconde s'écoula, avant que le premier ne charge, défonçant la fermeture d'un violent coup de pied. En un éclair, les deux autres pénétrèrent le dortoir, balayant du viseur toute la pièce, à la recherche d'hostiles. Les autres Spetsnaz suivirent immédiatement, examinant du fusil les moindres recoins de la pièce. Mais, encore une fois, tout était désert. Orlov souffla et baissa son fusil. Il profita du court répit pour examiner les lieux. La pièce était orientée en longueur : trois rangées de couchettes à deux étages s'étendaient sur quelques mètres. Il devait y avoir de la place pour bien 150 personnes. Les lits étaient tous identiques, recouverts d'un drap vert kaki parfaitement uniforme. De petites tables se trouvaient le long des rangées, toutes les cinq couchettes. L'ambiance en était dérangeante : tout était étrangement en ordre, curieusement vide. Pris d'un doute, Orlov se baissa et regarda sous les lits, mais toujours rien.
- Mais c'est quoi ce bordel ? laissa-t-il s'échapper en se relevant.
- Aucune idée, lui répondit Maksim en haussant les épaules. Spetsnaz, on fait demi-tour. On reste sur nos gardes, ce n'est pas possible qu'il n'y ait personne, avec l'embuscade dans la vallée.
L'officier s'avança vers la sortie, mais s'arrêta presque immédiatement.
- Oui, je sais ! lança le soldat numéro huit en ouvrant son sac à dos.
- Pas ici Huit ! La destruction du réfectoire sera suffisante. N'agis que lorsque je t'en donne l'ordre, termina Maksim sur un léger ton ironique, qui ne fut répondu que par un grognement.

Les Spetsnaz sortirent les uns après les autres du dortoir, toujours plus inquiets de la forme dont tournait la mission. Orlov en venait presque à espérer une fusillade, quoi que ce soit qui rapproche cette mission d'une mission normale.
Devant lui se rapprochait l'entrée du réfectoire. A seulement une poignée de mètres de là, l'escouade s'arrêta. Un des Spetsnaz s'avança, le dos plaqué contre le mur de la galerie. Il arriva à l'angle du mur, vérifiant depuis là la partie dégagée de la pièce. Il se pencha, laissant juste dépasser une infime partie de son corps.
Soudain, une détonation sèche melée à un hurlement proche se fit entendre. Des gravillons de roche se détachèrent du mur avec une gerbe de sang. Le Spetsnaz s'effondra lourdement sur le sol. "Un homme à terre !" hurla Maksim en se jetant sur lui. Il s'en empara et, le voyant toujours en vie, le traina plus au fond de la galerie. Exactement au même moment, Orlov et un de ses camarades lançèrent des fumigènes devant eux, plus en avant de la pièce pour ne pas être dans la fumée. Immédiatement, le réfectoire s'inonda d'un large écran de fumée, à travers lequel fusèrent une quantité incroyable de munitions. Orlov observa les balles traçantes et les impacts, déterminant ainsi la position et le nombre des tireurs. Ils devaient être une vingtaine, probablement à couverts, dispersés. Un avantage beaucoup trop important. Orlov se retira pour ne pas être blessé par des éclats, mais restant prêt à tirer. Il jeta un oeil derrière lui. Dix de ses équipiers étaient en joue, prêts au combat, et les autres s'affairaient autour du soldat touché.

- Il va bien ! cria Maksim. Il a été touché à l'épaule, rien de grave, il va bien !
- J'pourrais aller mieux ! ironisa l'intéressé d'une voix faiblarde. Butez moi ces salopards, ça me remettra sur pied !

Bien qu'à priori négligeable, le soulagement apporté par cette petite phrase était juste ce qu'il fallait aux Spetsnaz. Orlov s'avança à nouveau et porta la main à sa ceinture, attendant une confirmation. "Flash !" hurla quelqu'un à côté de lui. Il dégoupilla une grenade aveuglante, et la lança dans le réfectoire. Il aperçut quatre autres grenades filer derrière, juste avant de se protéger les yeux. Cinq détonations légères sifflèrent, signal pour la contre-attaque. Orlov se rua hors de la galerie, courant vers l'un des piliers. En se déplaçant, il vida son chargeur vers l'ennemi, plus pour reprendre la supériorité du feu que pour tenter d'atteindre quelqu'un. Il finit sa course par une roulade vers sa future cachette, puis se plaqua contre le béton et rechargea son arme. Il vit l'un de ses camarades faire de même jusqu'à atteindre une autre colonne. La seule chose à laquelle il pensait, c'était que l'ennemi pouvait avoir des balles perforantes. Mais ces couverts constituaient leur seule possibilité de contre-attaque, il fallait donc prendre le risque.

Orlov arma son fusil, et pencha la tête au-dehors, du côté où il estimait qu'il y avait le moins d'hostiles. Il voyait une série de tables retournées, qui agissaient comme couverts de fortune. Soudain, un ennemi sortit de derrière de l'une d'elles. Le Spetsnaz se remit aussitôt à l'abris. Il y resta une poignée de secondes, attendant une éventuelle contre-attaque. Mais aucun coup ne siffla vers lui. Il mit donc son fusil en joue et sortit de nouveau. En un éclair, il aligna l'homme précédemment repéré, et appuya sur la gâchette. La balle vola à travers le combat et alla se loger en pleine tête de la cible. Le Russe ne le regarda même pas tomber et enchaîna un second tir, vers un hostile qui s'apprêtait à ouvrir le feu. Ce dernier n'eut même pas le temps d'aligner son arme qu'il fut également atteint à la tête.
Orlov se cacha de nouveau derrière la colonne, évitant de justesse une imposante rafale de plomb. Il reprit son souffle et jeta un oeil à ses coéquipiers. Ils étaient quatre à pouvoir combattre : trois derrière des piliers, et un à la sortie de la galerie. Les autres restaient en retrait, pour ne pas gêner leurs camarades. Chacun d'entre eux devait rester à couvert, car une quantité impressionnante de balles sifflaient juste à côté d'eux.

La situation semblait bloquée. Orlov avait profité du fait que l'ennemi ne connaissait pas sa position exacte, mais ce n'était désormais plus le cas. Il posa machinalement la main sur une des petites boules métalliques attachées à sa ceinture, mais il ne continua pas plus loin. Si l'un des piliers cédait, le réfectoire risquait de s'effondrer. Il jaugeait ainsi les risques, alors que des balles continuaient de siffler à quelques centimètres de sa tête. Il n'y avait aucun autre moyen de s'en sortir, se disait-il, même si le risque était présent. Il décrocha l'engin de sa ceinture et entra un doigt dans la goupille.
Soudain, une détonation sèche couvrit le bruit des autres tirs. Immédiatement après, un terrifiant beuglement digne d'un guerrier qui charge se dégagea de la galerie de sortie, suivi de la même détonation. Les tirs hostiles cessèrent soudainement. Orlov en profita pour sortir, mais fut simplement estomaqué par ce qu'il vit. A quelques mètres devant lui, un fusil à lunettes volait littéralement à travers la pièce. L'arme traversa le réfectoire pour finir dans le crâne d'un hostile. A son origine, un homme dans la même tenue que les Spetsnaz traversait les lieux en hurlant, tenant un autre fusil à lunette plus petit dans la main droite, et dégainant un pistolet de sa main gauche. Il s'appuya sur une table et bondit par-dessus les fortifications de fortune, tirant de son Vintorez contre les insurgés. Il tournait dans les airs tout en libérant un véritable déluge de plomb. En ratterrissant, il lâcha la gachette de son sniper, et l'envoya contre un autre ennemi, avant de rouler vers un couvert. "Spetsnaz, GO !" hurla-t-il finalement en russe.
Ce dernier cri fit sortir Orlov de sa stupéfaction. Il laissa tomber la grenade qu'il tenait, et mit son fusil en joue en sortant des couverts. Les insurgés étaient dans la confusion la plus totale, et faisaient des cibles faciles. En un éclair, les Spetsnaz les abattirent jusqu'au dernier.

Le héros du jour sortit de son couvert. Il arborait un gigantesque sourire, visible à travers la cagoule. Les autres Spetsnaz ne savaient pas vraiment comment réagir, ils le considéraient avec un regard où se mélangeaient incompréhension et respect.

- Prizrak zéro ! rugit une voix terrifiante derrière l'escouade.
Les Spetsnaz s'écartèrent pour laisser passer un Maksim dans une colère noire. Il retira sa cagoule et la jeta sèchement à terre, dévoilant un visage rouge vif, où en ressortaient les veines.
- Présent ! lança le sniper Oleg en se mettant au garde-à-vous, à mesure que son chef s'approchait de lui.
- Mais vous êtes malade ?! lui tonna l'officier au visage, crachant jusqu'à chaque syllabe. Ca va pas de charger comme un gros malade mental, un barbare décérebré ?! Vous avez mis en péril votre propre vie et le succès de la mission !
- Ca va chef, je ...
- Silence ! Je devrais vous envoyer en cour martiale et vous faire enfermer pour fou dangereux ! Une fois rentrés, je vous colle ma petite spécialité, vous allez supplier Satan de venir vous chercher sur place !
Maksim laissa s'écouler une longue seconde.
- Bon ... continua-t-il d'une voix largement plus calme. Maintenant que vous êtes là, vous faites partie de l'escouade. Prizrak zéro, faites moi votre rapport !
- Avec plaisir chef, dit-il comme si rien ne s'était passé. Donc, je vous ai vu rentrer dans la montagne, et je suis resté à proximité pour surveiller. Quelques minutes après, j'ai vu un groupe de ... ouais, une vingtaine d'hommes armés qui sont rentrés derrière vous. J'ai essayé de vous contacter, mais vous répondiez pas, j'imagine que c'est la montagne. Alors j'ai décidé de les suivre ! En descendant, j'ai vu d'autres hommes qui sortaient d'une autre grotte plus loin. Ils étaient cinq, dont notre colis. Ils sont montés dans une jeep et sont partis.
- Et vous l'avez laissé partir ?! le coupa l'officier, de retour dans une colère noire.
Oleg leva un doigt contradicteur et laissa paraître un léger sourire à travers la cagoule. Il décrocha un engin électronique de sa ceinture, et le tendit à son supérieur. Sur l'appareil se trouvait un écran, où était montrée une carte de la région. Au milieu, un point rouge vif clignotait lentement.
- Ca ne se met pas à jour à cause de la montagne, continua le sniper, mais dès qu'on sortira, on aura sa position en temps réel ! J'ai pensé à contacter le QG, ils ont également la position, et vont envoyer des hélicoptères pour venir nous chercher.
- D'accord, nous n'avons donc plus rien à faire ici. La suite de votre rapport ?
- Négatif chef ! On doit continuer à explorer pour voir ce qu'on découvre, ordres du QG. Et je les ai enregistrés au cas où vous ne me croyez pas.
Maksim laissa échapper un grognement entre ses dents, mais le laissa continuer.
- Donc, j'ai descendu de la montagne et j'suis entré derrière les gars qui étaient derrière vous. Et comme d'autres pouvaient venir derrière, j'ai miné l'entrée.
- En condamnant la seule sortie sure que nous connaissions ! mugit l'officier, de nouveau hors de lui.
- Négatif, des rapports font état d'une autre sortie, celle par laquelle est sorti le colis.
- Je vous hais, cracha Maksim.
- Et donc, une fois que j'ai miné l'entrée - qui est également une sortie - j'ai rejoint ce réfectoire à la course. En vous voyant au combat, bin j'ai chargé. Si mes comptes sont exacts, j'ai abattu deux hostiles au Sv-98, assommé un troisième, sept au Vintorez, et achevé l'assommé au Grach.
- D'accord, d'accord ... repos, fit l'officier, plus calme, en retournant vers les autres soldats.
- Et je vous ai quand même sauvé la vie ! lança-t-il comme un gosse en manque de reconnaissance.
- On se débrouille très bien seuls ! cracha de nouveau Maksim, sans même se retourner.
Oleg se tourna et vit l'un de ses frères d'armes, pâle, avec un bandeau légèrement ensanglanté qui lui serrait l'épaule. "M ... mouais" dit-il pour lui-même, peu convaincu des paroles de son officier.

Le silence n'était tombé que depuis deux courtes secondes qu'un nouveau "Chef !" retentit. L'intéressé se retourna et vit l'un de ses hommes debout au milieu des corps ennemis. Il tenait d'une main un fusil d'assaut inhabituel, le tenant suffisamment haut pour le montrer à tout le monde. L'arme était d'une couleur bleue-noire. Le canon était surmonté d'une poignée, partant de l'avant de la crosse jusqu'au dessus de la gâchette. L'arme n'avait pas une conception habituelle, car le chargeur se trouvait au centre de la crosse.
- QBZ-95, continua le Spetsnaz. Fusil d'assaut bullpup, construit par les industries nationales de Chine.
- Intéressant ... dit l'officier en remettant sa cagoule. Photographiez moi ça, et pour les croyants, faites une petite prière. Je sens que la situation internationale va se dégrader d'un coup, d'un seul.
Il s'éloigna, laissant le temps nécessaire à immortaliser les preuves. Puis, il se dirigea vers l'entrée d'une galerie. Il s'arrêta, dos au réfectoire, et leva la main, paume ouverte.
- Spetsnaz, fit-il, on a assez perdu de temps. Prizrak zéro, posez encore une mine, et aidez Cinq à marcher. Les autres, derrière moi, on fonce.

Maksim resserra le poing, et s'engouffra hors du réfectoire. Derrière lui, les Spetsnaz s'avancèrent les uns après les autres, alors qu'Oleg minait un terrain par lequel ils ne voulaient plus jamais passer.


Dernière édition par Milleuros le Lun 19 Sep 2011 - 22:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Mar 12 Juil 2011 - 18:18

L'escouade continuait d'avancer dans les galeries. Au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient dans la montagne, les tunnels se faisaient plus amples, mieux bâtis, mieux éclairés, et commençaient même à être sommairement décorés. L'atmosphère se faisait un peu moins oppressante, mais les Spetsnaz restaient sur leurs gardes. Ils savaient qu'une future embuscade était plus que probable, mais ils devaient faire vite. Les hélicoptères étaient en route pour l'extraction, et il ne fallait surtout pas laisser le colis s'échapper.
Ils progressèrent ainsi jusqu'à arriver dans une nouvelle salle. Celle-ci était ronde, très grande. Son bord formait un petit couloir, délimité par une série de colonnes. Son centre, circulaire lui-aussi, abritait une grande table de la même forme. Le tout était plaqué de faux marbre, donnant un air de luxe à ce qui semblait être une salle de réunion. Des tableaux de différents styles étaient accrochés aux murs, et de splendides chaises en bois massif entouraient la table centrale. Au plafond, face à l'entrée, se trouvait une petite armature métallique, visiblement un support pour un écran ou similaire. Un vieux projecteur était posé à même le sol, contre l'une des colonnes.
Orlov laissa s'échapper un sifflement de stupéfaction, mais reprit rapidement ses esprits. Quelques signes de mains, suivis de quelques regards, lui avaient permis de s'assurer que la pièce était déserte. Il s'avança au milieu de ses camarades, quittant les galeries pour aller inspecter la pièce. Il passa lentement entre les colonnes, observant le détail du faux marbre. Il s'approcha de la table centrale, et caressa le meuble, surpris par son élégance.

« Contact ! » hurla soudainement un homme juste derrière lui. Orlov se retourna en un éclair, arme en joue. Il vit l'homme qui avait crié mettre son fusil devant lui, comme pour se protéger le visage. La cause ne se fit pas attendre. Deux lames métalliques vinrent s'échouer sur l'arme, manquant de trancher le canon, et courbant le Spetsnaz sous la force de l'impact. A son origine, une silhouette féminine se tenait en l'air, deux sabres en main, s'appuyant de tout son poids sur sa cible. Cette dernière se pliait, fermant les yeux sous l'intensité de l'effort. Le Russe trouva juste l'énergie nécessaire, et poussa sur son arme avant de rouler sur le côté. La jeune femme fit un bond en arrière, puis, sans laisser le temps aux soldats de se reprendre, se rua vers un autre Spetsnaz. Elle se retrouva en un instant au milieu de l'escouade, et laissait tourbillonner ses épées autour d'elle. Le métal fendait l'air, tentant à chaque passage de trancher la chair de quiconque à portée. Les malheureuses cibles s'affairaient à les éviter ou les contrer, la cadence des coups empêchant de faire quoi que ce soit d'autre.
Orlov, en retrait, avait mit son fusil en joue et observait cette danse macabre. Il cherchait une solution de tir, mais en vain. Bien qu'il se savait bon tireur, la présence de ses équipiers au milieu de la mêlée l'empêchait d'appuyer sur la gâchette. Il se demandait par quel miracle elle n'avait pas encore découpé la moitié de son escouade, mais savait que ça arriverait à un moment ou à un autre. Il baissa son arme, prit une profonde respiration et, soudain, se rua comme l'éclair au milieu du combat. « Spetsnaz, dispersion ! » hurla-t-il de toute sa voix, en se jetant sur l'agresseur. Il se rapprochait de sa cible à une vitesse folle, cherchant juste l'ouverture nécessaire. D'un coup, il lâcha son arme, et réussit à empoigner le bras de la guerrière, avant de la bousculer de toute sa force. Le choc fit tomber les deux protagonistes. Orlov se releva en un instant, et vit son ennemie, sonnée, se redresser péniblement. Elle avait cependant perdu une de ses armes. Le Russe regarda rapidement les environs, et vit une épée à même le sol, à moins de deux mètres. Il plongea, s'empara de la poignée métallique dans une roulade, et se releva juste à temps pour contrer l'autre lame. D'autres coups vinrent presque instantanément, forçant l'épéiste débutant à reculer en les contrant. Sans vraiment savoir comment, Orlov faisait bouger son arme à la quasi-perfection, parvenant à parer et à dévier la moindre attaque. Les deux lames sœurs sifflaient à chaque impact, poussant un hurlement métallique à leur rencontre, comme si elles refusaient de se combattre. Les taillades fusaient dans toutes les directions. La guerrière frappait à une vitesse folle, comme prise d'une frénésie meurtrière. Son adversaire continuait à reculer, cherchant une ouverture ou une erreur pour contre-attaquer. Soudain, il sentit une masse lourde s'appuyer contre son dos. Il avait atteint l'un des piliers de la salle, et ne pouvait plus se replier. L'agresseur cru profiter de la surprise pour donner le coup de grâce, et laissa filer son épée à la verticale, vers la tête de son ennemi. Orlov réagit à temps, et mit son épée à l'horizontale, à la hauteur de ses yeux. Encore une fois, les deux lames se rencontrèrent, mais restèrent collées l'une contre l'autre. La guerrière appuya du plus fort qu'elle pouvait, réussissant à faire plier le Spetsnaz. Il voyait le tranchant du métal qui se rapprochait lentement de ses yeux, sans que rien ne puisse l'arrêter. Derrière l'épée, deux yeux menaçants fixaient son regard, contenant à eux seuls toute la haine qu'elle pouvait exprimer. Le Russe, retranché dans son dernier rempart, examinait celle qu'il n'avait vu que par silhouette. La jeune femme cachait son visage derrière une cagoule. Elle ne portait qu'une courte tenue de cuir noirci, visiblement conçue pour ne pas gêner ses mouvements. Elle portait deux couteaux accrochés aux avant-bras, et deux poignards aux cuisses. A sa taille se trouvaient également deux étuis de pistolets, desquels ressortaient des crosses en bois. Cette jeune femme, qui qu'elle soit, était taillée pour le combat.
Orlov était acculé. Il commençait à sentir la lame ennemie contre sa cagoule. Le face à face n'avait duré qu'un instant, mais il avait l'impression qu'il avait passé plusieurs heures dans ce duel. Il était comme une bête blessée que l'on traquait, qui avait atteint son dernier bastion, sans possibilité de fuir. Mais, réalisa-t-il, ce sont les bêtes blessées qui sont les plus féroces. Le Spetsnaz souleva sa jambe, et appuya son pied contre le mur derrière lui. Il ferma les yeux un infime instant, puis poussa contre la colonne du plus fort qu'il pouvait. La guerrière fut violemment repoussée et manqua de tomber à la renverse. Orlov profita de l'ouverture pour charger à pleine puissance. Il tailla une première fois à l'horizontale, mais manqua une cible qui reculait encore sous l'effet de la contre-attaque. Il enchaîna rapidement, rabattant son épée vers la gauche. La pointe de la lame effleura le ventre, déchirant le cuir sur quelques centimètres. Ne s'en contentant pas, il tenta une autre taillade, mais celle-ci fut bloquée d'un simple coup opposé. Il retira la lame et la fit tournoyer en l'air, avant de la rabattre à la verticale. La guerrière bondit sur le côté et dévia le coup de sa lame. Orlov tenta d'autres attaques, mais toutes furent parées avec une aisance dérangeante. Il tentait sans cesse de briser la garde de son ennemie, sans succès. Il décida de changer de stratégie. Il recula d'un pas et arma une taillade, laissant l'adversaire deviner l'imminence du coup. Il frappa à pleine puissance, et fut paré comme prévu. La violence du coup déstabilisa cependant la guerrière, qui manqua de tomber. Le Russe savait qu'il n'aurait pas le temps d'en profiter, et dégaina alors un petit couteau caché dans sa veste. Il tenait ainsi son épée de la main droite, en garde, tout en pointant sa nouvelle arme vers l'ennemi. Le pari était risqué, car en ne tenant son épée que d'une main, il serait facilement désarmé. Mais il comptait justement là-dessus. Voyant la nouvelle position, la guerrière arma sa lame, l'amenant jusque derrière son épaule, puis se rua vers Orlov. Ce dernier souleva alors son pouce gauche, et le rabattit sur un bouton à même le manche de son poignard. La lame en fut soudainement éjectée dans une détonation sèche. Elle fendit l'air pour aller transpercer l'épaule de l'agresseur, se logeant au plus profond de la chair. La guerrière hurla en portant sa main à l'épaule, se courbant sous la douleur.
C'était l'ouverture attendue. Orlov empoigna son épée et se rua sur l'hostile. Il porta un premier coup, mais la jeune femme réussit à le parer, sans se relever. Un deuxième coup fusa juste après. Encore paralysée, elle ne put que le dévier. La pointe de la lame toucha la tête, ouvrant la cagoule et laissant une entaille dans la joue. Ignorant cette nouvelle blessure, elle parvint à se relever avant le coup suivant, qu'elle réussit à contrer. Mais elle ne put maintenir sa garde à cause de la douleur. Le Russe vit une ouverture, et tenta un coup d'estoc. La guerrière ne contra pas le coup, mais réussit malgré son état à esquiver le coup. Elle frappa de sa propre lame pour éloigner l'épée adverse, puis envoya un violent coup de pied vers le ventre d'Orlov. Ce dernier fut éjecté d'une force inouïe, vola sur une poignée de mètres pour aller s'échouer dans les chaises en bois, inanimé.

Satisfaite, la guerrière se tourna pour choisir une autre cible. Cependant, il n'y avait aucun autre Spetsnaz à portée. Les soldats s'étaient dispersés dans toute la pièce, et la tenaient en joue. Ils avaient profité du duel pour reprendre l'avantage. La combattante eut à peine le temps de maudire son erreur qu'elle sentit un violent coup sec sur la nuque …


La jeune femme s'effondra dans un bruit sourd, inerte. Une lourde botte se glissa sous son épaule ensanglantée, pour la retourner et la mettre sur le dos. Maksim se pencha, et retira la cagoule de l'inconnue. Ses yeux étaient fermés, et sa bouche entrouverte. La plaie sur la joue achevait de saigner. Une poignée de cicatrices étaient visibles çà et là, et ses cheveux étaient noirs comme la suie. Curieusement, malgré la férocité avec laquelle elle s'était battue, la guerrière arborait un regard serein, innocent, presque attendrissant. Mais surtout, ses yeux étaient bridés, et sa peau arborait un léger jaune pâle.
- Orlov est blessé ? demanda Maksim sans se retourner, le regard toujours fixé sur ce visage.
Derrière, deux Spetsnaz aidaient leur camarade à se relever. Il avait retiré sa cagoule, montrant un visage très pâle et quelques gouttes de sang qui perlaient sur ses lèvres.
- Ca va chef, lança-t-il, essoufflé. Donnez moi une minute pour récupérer …
Haletant, il se laissa tomber dans une chaise intacte. Il étendit ses jambes, pencha la tête en arrière. Il sentit sa botte buter contre quelque chose. Il se redressa et se saisit de l'objet en question. C'était l'épée qu'il venait d'utiliser. Il passa sa main gantée sur la lame, et se regarda dans le métal lisse. Puis, il se tourna vers l'un de ses équipiers, lui montrant une grimace d'hésitation. Son camarade haussa les épaules : « Comme tu veux ... » Orlov sourit, se redressa et accrocha l'arme à sa taille.

- Bon … commença Maksim dans un soupir avant de hausser le ton. Après le gars qui fonce dans le tas avec un sniper dans chaque main, voici la fille qui nous attaque à l'épée ! On est déjà tombé sur deux embuscades de mecs lourdement armés, mais là non, des épées, des armes blanches ... En plus, c'est pas vraiment leur style d'engager des femmes, et encore moins des étrangères ! Et après, j'apprends que l'un de mes soldats, que je pensais connaître, se bat à l'épée comme les gars qu'on voit dans les films ! Qu'est-ce qu'on va encore avoir de bizarre ?!
- Il y avait encore le village entièrement vide ! rajouta Oleg d'un ton moqueur, comme pour piquer encore une fois son supérieur
- Et encore ! J'ai l'impression d'être dans un mauvais roman, ceux qu'on met sous la table pour pas qu'elle bouge. Je me demande encore ce que va inventer cet enfoiré d'auteur !

Maksim eut à peine le temps de finir sa phrase que la radio se mit à crépiter.
- Escouade Otlichie, vous me recevez ? Répondez bon sang !
- Ici Prizrak leader, répondit Maksim, soudain bien plus calme. On vous capte difficilement. A vous.
- Ah enfin ! Ici Vihodnoï, on tente de vous joindre depuis bien dix minutes ! On arrive pour extraction, cinq minutes, soyez prêts !
- Bien reçu Vihodnoï, on se bouge. Prizrak Leader terminé.

La communication se coupa. Maksim ferma les yeux et porta la main à son front. Comment sortir de là en moins de cinq minutes ?
- Chef … hésita Orlov, visiblement déjà rétabli. Si on a pu recevoir le signal radio, c'est que la sortie est toute proche.
Maksim resta comme paralysé une courte seconde.
- Mais c'est parfait, pas de temps à perdre ! hurla-t-il, l'enthousiasme retrouvé dans les lèvres. Huit, les explosifs ! Noyons cette horreur sous la roche !
- Et elle ? demanda l'intéressé en montrant la jeune femme au sol, toujours inconsciente. On peut pas la laisser là, quand même …
- Un petit attachement ? lança-t-il d'un ton moqueur.
- Non, c'est pas ça ! répondit-il immédiatement, gêné. C'est que … continua-t-il, hésitant. Ca se fait pas … pis faut savoir ce qu'elle fait là. Elle doit être chinoise, on a trouvé des armes chinoises, c'est bizarre quand même.
- Vous avez raison ! Puisque vous vous proposez, attachez la et transportez la jusqu'à l'hélico, après que vous ayez posé les charges.

Le soldat huit hésita entre un grognement et un sourire, mais s'exécuta sans un bruit. Pendant ce temps, Orlov fit rapidement le tour de la salle, examinant les trois galeries qui en sortaient. La première était en descente et semblait s'enfoncer encore plus au cœur de la montagne. La seconde revenait en arrière, c'était celle qu'ils avaient déjà empruntée. La troisième enfin montait légèrement sur quelques mètres. Une échelle était visible au fond, et un semblant de lumière filtrait d'en haut.
Il communiqua rapidement l'information aux autres soldats. Maksim vérifia que les charges étaient posées, puis appela ses camarades. « Rentrons chez nous, » dit-il simplement. Il se rua en un instant dans la troisième galerie, suivi de près par les autres Spetsnaz.
Orlov ferma la marche. Il lança un dernier regard à l'étrange salle ronde, s'assurant que personne ne les suivrait, puis fonça derrière l'escouade. Il parcourut rapidement la distance jusqu'à l'échelle, puis bondit et s'accrocha à un échelon à mi-hauteur. Il se hissa d'un bras, l'autre tenant son arme, jusqu'à une petite ouverture au-dessus de lui. Il arriva dans une minuscule grotte, ressemblant plus à un trou au sein de la montagne. Devant lui s'ouvrait la roche pour donner sur un petit plateau, qui redescendait ensuite vers le désert. Dans le ciel, les étoiles laissaient lentement la place aux prémices de l'aube.

« Les hélicoptères ! » entendit-on. Deux imposants Mi-24 s'approchaient du sol à une centaine de mètres, dans un vrombissement de tonnerre. Les Spetsnaz quittèrent la grotte en un éclair, et se ruèrent en leur direction. Les lourdes bottes frappaient le sable froid à une cadence folle, tandis que l'air s'écartait pour laisser passer les soldats. Soudain, ils entendirent un puissant cri derrière eux, dans une langue étrangère. Ils n'eurent même pas envie de se retourner et continuèrent leur course effrénée. Maksim sortit un petit cylindre noir de sa poche. D'un doigt, il en retira un capuchon, dévoilant un bouton rouge sang. Alors que les premières balles commençaient à siffler, il pressa sèchement le détonateur. Un grondement sourd sembla émaner de la terre, avant qu'une fantastique secousse ne manque de projeter l'escouade au sol. Le sable sembla se soulever alors que d'époustouflantes déflagrations brûlaient l'air derrière eux. Instinctivement, l'escouade se sépara en deux au moment où ils approchaient des hélicoptères. Ils bondirent les uns après les autres dans la soute des engins, qui restaient à un demi-mètre du sol, prêts à repartir. Orlov ferma la marche. Il aida Cinq, toujours blessé, à embarquer dans le premier Mil, puis grimpa et s'assit au bord, osant enfin se retourner. Il vit un groupe d'une quinzaine d'hostiles, sonnés par l'explosion, qui tentaient d'aligner les Russes. Instantanément, il ouvrit le feu en leur direction, vidant son chargeur à mesure qu'il sentait le sol s'éloigner sous ses pieds.
- D'où ils sortent ?! hurla-t-il suffisamment fort pour couvrir la turbine.
- J'sais pas, répliqua une voix dans le cockpit, mais je sais où on va les envoyer ! Accrochez-vous là-derrière !
Orlov roula à l'intérieur et s'accrocha à la première poignée à portée. Il regarda au-dehors et vit l'horizon descendre jusqu'à disparaître sous le sol. L'hélicoptère fit un virage serré tout en reprenant de l'altitude. Soudain, un puissant sifflement électrique se fit entendre, suivi d'une série de violentes détonations qui secouèrent la carlingue. Le canon gatling était entré en action, frappant les hostiles quelques mètres plus bas. Orlov jeta un œil par le cockpit, et les vit tomber les uns après les autres, noyés dans un nuage de poudre et de sable.
Le sifflement s'interrompit, et le canon cessa de cracher le plomb, pour qu'on n'entende plus que le bruit de la turbine. Au-dehors, la montagne continuait de trembler. Soudain, un fantastique panache de fumée se souleva. D'énormes morceaux de roche quittèrent les parois, et se précipitèrent dans le nuage dans un fracas apocalyptique. La base n'était plus.

Mais il restait un petit détail à régler. L'hélicoptère se mit en formation à côté de l'autre Mil, et tous deux foncèrent vers le désert. Le colis avait quitté la base au début de l'assaut, il était hors de question de le laisser s'échapper. Les deux appareils perdirent le maximum d'altitude possible, afin de rester en-dessous de la couverture radar, jusqu'à soulever le sable sous leurs pales. Au loin, le ciel était déjà rougeoyant, de la couleur du sang versé pendant la nuit.
« Véhicule en vue ! » hurla le pilote. Au loin, une jeep noire ouverte roulait vers le soleil, seule au milieu du sable.
- Ici Vihodnoï-2, continua-t-il à la radio, cible en vue. Demandons permission d'attaquer.
- Négatif Vihodnoï, répondit une voix. Assurez vous de l'identité du colis.

Le pilote grogna et poussa légèrement sur les gaz, accélérant un peu plus son appareil. Le Mil était au ras du sable, avançant à toute allure comme un prédateur se ruant sur sa malheureuse victime. La cible était déjà verrouillée par les systèmes d'armes, et le canonnier gardait la jeep au centre de son écran, cherchant la confirmation attendue. L'hélicoptère se rapprochait toujours plus, attendant l'ordre de frapper. On pouvait maintenant distinguer cinq individus à l'intérieur, qui semblaient inconscients du danger. Soudain, l'un d'entre eux se retourna, montrant son visage aux caméras des Mi-24.
- Ici Vihodnoï-2, confirmons l'identité de la cible ! Demande permission d'attaquer ! Je répète, nous avons la cible en visuel !
- Vihodnoï, vous pouvez tenter une capture ?
Un petit silence envahit alors l'appareil.
- QG, ici escouade Otlichie ! fit la voix de Maksim à la radio. Nous avons déjà un colis important, et celui que nous traquons nous serait plus utile mort !
Un nouveau silence, bien plus lourd.
- Vihodnoï, ici QG. Permission accordée, attaquez !

Le pilote du Mil tira sèchement sur le manche, freinant d'un coup son appareil et le faisant prendre de la hauteur. Il revérifia qu'il avait bien le verrouillage, et abattit son index sur un bouton, laissant un puissant missile filer droit vers sa cible ...


Un timide soleil apparut derrière les montagnes, réchauffant lentement le désert. Inconscient de ce qui s'était joué à la faveur de l'obscurité, l'astre du jour ne vit que deux hélicoptères qui filaient vers le nord, l'équipage empli de la satisfaction du devoir accompli.


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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Mar 23 Aoû 2011 - 2:42

Ceci termine cette courte nouvelle sur les Spetsnaz GRU.


J'espère que vous avez apprécié suivre les folles aventures d'Orlov, Maksim, Oleg et les Spetsnaz. Bien entendu, des questions restent sans réponses : Comment le gouvernement russe va-t-il réagir aux évidences de l'implication chinoise ? Et comment la Chine va-t-elle s'en défendre ? Qui était cette mystérieuse guerrière, qui transcende les lois de la logique ?


Orlov reviendra, dans un futur incertain. Mais pour le moment, il se doit de se reposer.




Critiques, commentaires ? Tout est bienvenu :)


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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Sam 24 Sep 2011 - 22:13

- Muette comme une tombe …
L'homme se tenait en retrait, caché dans l'obscurité de la pièce. Il portait un impeccable costard noir sur chemise blanche, indice de son importance dans ces lieux. A côté de lui se trouvait Maksim, splendide dans un uniforme gris-bleu. Tous deux regardaient à travers une grande paroi vitrée, se savant invisibles depuis l'autre côté. Dans la petite chambre qui captait leur attention étaient assis, face à face, un autre homme en costard et la jeune guerrière.
- Je vous le redemande, lança le premier, qui êtes-vous, d'où venez-vous, et que faisiez-vous dans cette base ?
L'interrogée ne répondit que par un sourire provocateur, sans quitter l'enquêteur des yeux.

De l'autre côté de la vitre teintée, Maksim observait la scène depuis déjà plusieurs dizaines de minutes. L'homme répétait sans cesse la même phrase, à intervalles extrêmement réguliers, sans laisser la moindre distraction à la prisonnière.
- Je devrais peut-être essayer … proposa Maksim à demi-voix.
- Négatif capitaine, répondit le premier homme d'une voix neutre. Vous avez déjà fait un très bon travail en nous ramenant cette pièce à conviction.
- Désolé de ne pas avoir pu capturer le chef …
- Je ne pense pas qu'il se serait avéré plus loquace. Il n'y avait sûrement pas grand chose à en tirer, si ce n'est un torrent de palabres fanatiques. Celle-ci est plus intéressante, on en tirera quelque chose, ce n'est qu'une question de temps. Je le répète, vous avez fait du très bon travail.
Maksim resta silencieux un instant, comme hésitant.
- Vous avez pensé à des méthodes plus … radicales ? demanda-t-il.
- Oui, on y a pensé. Mais on sait très bien ce que ça donne. Le prisonnier exténué aura tendance à avouer n'importe quoi, juste pour faire cesser le calvaire. Ce n'est jamais fiable.

Maksim hésita à rajouter quelque chose, mais préféra se taire et se tourna vers la vitre, derrière laquelle l'interrogateur entonnait un énième : « Je vous le redemande ... »



- Expliquez moi donc pourquoi vous avez chargé …
L'homme était assis devant un grand bureau en bois massif, la tête penchée dans un énorme dossier duquel s'éjectaient des dizaines de paperasses manuscrites. Il portait un magnifique uniforme vert recouvert de médailles et de rubans colorés. Il écrivait des dizaines de lignes, les lisant à travers d'épaisses lunettes, ne pointant que son crâne chauve vers l'interrogé.
Orlov se tenait au milieu du bureau, dans un garde-à-vous complètement statique. Il était lui dans un uniforme un peu plus immaculé, d'une belle teinte bleue-grise.
- C'est assez simple, colonel, commença-t-il le regard dans le vide. Lorsque la présence d'un hostile m'a été communiquée, je me suis immédiatement retourné et j'ai vu cette inconnue au milieu de mon escouade, menaçant de les couper en pièces. J'ai mis mon fusil en joue et j'ai cherché une solution de tir, sans succès. Je ne pouvais pas tirer alors que l'ennemi était au milieu de mes alliés, n'est-ce pas ?
Le colonel acquiesça, sans quitter son dossier des yeux.
- Comme j'étais en retrait, continua Orlov, je pouvais voir tout le combat, et mieux distinguer ce qu'il se passait. C'était clair que mon escouade risquait de lourdes pertes, s'il n'y avait rien pour occuper l'ennemi. J'ai donc décidé d'être ce quelque chose, et j'ai chargé juste au bon moment.
- Et en aucun moment vous n'avez craint pour votre propre vie ?
- Non colonel. Après coup, je me dis que ma seule mort aurait été un meilleur bilan que la moitié de l'escouade déchiquetée.
L'officier acquiesça, avant de continuer.
- Et ensuite ?
- Je ne sais plus comment, mais j'ai réussi à m'emparer d'une de ses armes. Je l'ai ensuite combattue à l'épée, la blessant légèrement à la joue et violemment à l'épaule. J'ai commis une erreur, et elle m'a donné un coup suffisamment fort pour que je m'évanouisse. Quand je me suis réveillé, l'agresseur était à terre, maîtrisé.
- Parfait, merci beaucoup. Vous pouvez disposer, capitaine Vintovsky.
- Capitaine … ? hésita Orlov, perdant sa staticité, une grimace de surprise au visage.
- On ne vous a pas prévenu ? posa l'officier tout innocemment, en relevant les yeux de son passionnant dossier. Suite à vos actions lors de votre dernier engagement, ainsi que des précédents, il a été décidé de vous nommer capitaine.
- Merci colonel ! lança-t-il tout haut en se redressant d'un coup.
- Pensez à remercier le capitaine Maksim Zelin, c'est lui qui a beaucoup insisté.


La porte de la caserne s'ouvrit, émettant un léger grincement. Orlov entra dans les quartiers des Spetsnaz. A peine les autres le virent qu'ils cessèrent leurs occupations et se dressèrent dans un garde-à-vous impeccable. Le nouveau capitaine soupira, et les fit retourner à leurs occupations. Il allait devoir s'y habituer : ceux qui étaient auparavant ses frères d'armes étaient maintenant ses subordonnés. Mais bon, se disait-il, en dehors des missions et procédures, il n'y avait aucune raison de perdre cette camaraderie.
Il s'avança à travers une grande pièce, qui était le seul endroit de la base où on pouvait espérer quelques distractions. Quelques soldats entouraient une table de billard, tandis qu'une partie mouvementée de cartes se jouait plus loin. Une télévision était allumée, diffusant un résumé du téléjournal national. Orlov s'avançait vers sa chambre, lorsqu'il s'arrêta un instant pour prêter attention aux nouvelles :
« Si le gouvernement chinois persévère dans son silence, il faudra s'attendre à de lourdes conséquences, a déclaré le premier ministre, interrogé sur les récentes découvertes des services de renseignement. De lourds soupçons sur une implication dans les récents attentats pèsent sur la Chine, principalement suite aux découvertes effectuées dans les opérations antiterroristes. Notre voisin n'a répondu a aucune des demandes d'explication du gouvernement, mais continue de mener une guerre violente contre la Corée du Sud et le Japon. Tous les détails sont sur notre site internet.
En Afrique, alors que la pluviométrie bat des records historiques, d'étranges témoignages ... »
Orlov n'écouta pas la suite, et s'en alla dans la petite pièce qui lui servait de chambre. Il accrocha son béret à un porte-manteau, et resta immobile, pensif.
- Capitaine !
Orlov se retourna, encore surpris qu'on l'appelle comme ça. Devant lui se tenait Maksim, un sourire amical au coin des lèvres. Le récemment gradé se mit au garde-à-vous par réflexe, ce qui fit rire son ex-supérieur. Gêné, il détourna le regard et se mit à classer machinalement quelques paperasses sur un bureau.
- C'est une belle arme … lança Maksim après quelques secondes de silence.
Orlov se retourna de nouveau. Son camarade fixait un mur, auquel était accroché une grande épée argentée, à la poignée noire.
- Trophée de chasse ?
- On peut dire ça, répondit l'intéressé en décrochant la lame de son support, et en la tendant vers son ex-supérieur.
Ce dernier la prit délicatement, la tourna doucement dans les airs en passant sa main sur le métal brillant. Malgré le combat qu'elle avait subi, l'épée ne portait pas la moindre griffure, pas la moindre imperfection.
- C'était de la folie … dit-il en continuant d'examiner l'arme. Charger comme tu l'as fait, dans le mépris le plus total de ta propre vie … tu n'as personne qui tient à toi ?
- Non capitaine, répondit Orlov, le nez de nouveau dans ses dossiers.
- Et elle ?
Maksim regardait une petite photographie, très discrète, juste au-dessus du lit. On y voyait une jeune femme. Elle avait une longue chevelure brune, et d'envoûtants yeux bleus. Elle arborait un superbe sourire, signe d'une joie si pure qu'on la ressentait rien qu'en croisant son regard.
- Même pas … soupira Orlov.
Il se replongea dans ses paperasses. Puis, devant le silence du capitaine, il se redressa et raconta :
- On était ensembles il y a … longtemps. Ça fait déjà plusieurs années. On est restés ensembles plusieurs mois, mais on s'est vite rendu compte que ça ne jouerait pas. Elle ne savait rien de mon travail, mais remarquait que je n'avais pas beaucoup de temps pour elle. Elle me disait que ce n'était pas grave, mais je savais qu'elle s'en lasserait rapidement. Alors un jour, elle n'a plus trouvé de moi qu'une petite lettre manuscrite. Et j'ai coupé tout contact.
- Et tu es sûr que tu ne lui manques pas ?
- Absolument. Elle s'est mariée il y a quelques mois.
Maksim resta silencieux. Il replaça doucement l'épée sur son support, puis fit mine de partir. Il s'arrêta en franchissant la porte.
- Au fait, la prisonnière n'a absolument rien dit. On l'a replacée dans une cellule, l'interrogatoire reprendra demain.
Orlov se redressa, mais son ex-supérieur était déjà parti. Il se tourna vers l'épée, une petite étincelle lisible dans son regard.


Un lourd bruit de pas résonnait dans les environs. Orlov, en tenue d'assaut et encagoulé, avançait d'un pas ferme à travers un long couloir faiblement éclairé. A côté de lui défilaient de lourdes portes grises, numérotées, ne laissant pas voir ce qui se trouvait de l'autre côté. Il comptait dans sa tête, tout en continuant d'avancer : 83, 84, 85, …
Il s'arrêta net. Le numéro 86. Il entrouvrit une petite fenêtre et regarda à l'intérieur. Elle était là, assise à même le sol. En costume rayé blanc et noir, elle gardait les yeux fermés, comme si elle méditait. Orlov referma l'ouverture, et s'arrêta quelques instants. Il fixa le vide pendant de longues secondes. Il se redressa d'un coup, sortit une petite pièce métallique de sa poche et l'inséra dans la serrure. La porte s'ouvrit dans un terrifiant grincement. Le Russe s'avança dans l'entrée, maintenant grande ouverte.
Elle n'eut pas la moindre réaction. Totalement immobile, les paupières figées, elle ne semblait pas prêter la moindre attention au nouveau venu. Le Spetsnaz porta alors la main à sa ceinture, et dégaina lentement l'épée qu'il avait gardé. Il l'approcha d'un mur, et la fit glisser contre le béton, laissant doucement siffler la lame. A ce bruit, elle entrouvrit enfin les yeux. Elle se leva tranquillement, sans quitter du regard les deux yeux gris de la cagoule. Elle resta droite, figée, attendant simplement ce qui allait se passer. Mais, devant l'absence de réaction du nouveau venu, elle osa briser le silence :
- Toi … hésita-t-elle dans un Russe avec un très fort accent. Tu es celui avec qui j'ai combattu.
- Orlov Vintovsky, répondit-il en ôtant sa cagoule.
Ce dernier resta en attente quelques secondes, mais en vain. La jeune femme le dévisageait d'un regard incroyablement froid, comme si sa présence ne lui importait pas plus que la couleur grise des murs.
- Et toi ? continua-t-il.
- Ça ne change pas grand chose.
Orlov soupira. Décidément, elle n'était pas d'humeur à bavarder.
- Mon arme … commença-t-elle, à la plus grande surprise du Spetsnaz. Pourquoi l'as tu ramenée ?
- C'est une belle arme … élégante, souple, légère mais solide. Comment as-tu eu une telle merveille ?
- On me l'a forgée quand j'étais petite. Pourquoi l'as tu ramenée ?
- Tu y tiens, n'est-ce pas ?
La guerrière ne répondit pas, mais une minuscule grimace, presque imperceptible, se dessina au coin de ses lèvres.
- Je te propose un marché, continua Orlov sur sa lancée. Dis nous quelque chose qu'on voudrait savoir, et je te rends cette épée.
Il la vit hésitante, peu convaincue.
- Promis, je te la mettrai dans le casier avec tes affaires. Pourquoi je la garderais ?
La guerrière effaça le doute sur son visage, prit sa respiration, et commença, d'une voix étrangement neutre.
- Je m'appelle Cao Lei, je viens de Chine. Mon père était un guerrier, il m'a enseigné tout l'art de la guerre. Ma mère était très attachée aux traditions, et m'a faite participer à des cours de Wushù. J'ai rapidement dépassé mes maîtres. On m'a alors fait prendre d'autres cours, et à chaque fois je surpassais mes professeurs. J'ai rejoint l'armée, même s'ils n'aimaient pas trop les femmes. Ils m'ont fait monter en grade. Souvent. Je me suis retrouvée parmi les instructeurs, et mes talents n'ont échappé à personne. Il y a deux ans, on m'a demandé si je voulais participer au Grand Projet Patriotique. J'ai dit oui. Mon rôle a été d'entraîner des paysans pour en faire des soldats. Je leur ai appris à se servir de nos armes, de nos stratégies et de nos techniques de combat. A une ou deux reprises, j'ai combattu à leur côté. C'est dommage, ils s'en servaient bien. Puis, vous êtes arrivés. J'ai décidé de couvrir leur fuite. Mais si j'ai compris, ils n'ont pas réussi.
- Grand Projet Patriotique ?
- Je ne leur ai pas demandé. Ils voulaient vous tenir occupés, vous et l'OTAN.
- Et pourquoi ?
- Je n'en sais rien. Vous pouvez toujours leur demander.
Orlov resta pensif un court instant.
- Merci, dit-il avec un petit sourire. Je vais vous laisser méditer, et comme promis je vais poser votre arme dans le casier.
- Où est l'autre ? demanda-t-elle, insensible, comme si rien ne s'était passé.
- Je suis désolé … je ne l'ai pas prise avec moi. Elle est restée là-bas.

Lei soupira, puis se rassit en fermant les yeux. Orlov se retira, prenant bien soin de ne pas lui tourner le dos. Il sortit de la cellule, et referma la lourde porte d'acier. Il se dirigea vers les casiers contenant les effets des prisonniers.
- Vous avez tout entendu ? lança-t-il sans se retourner ni s'arrêter.
Juste derrière lui se trouvait son ex-supérieur, Maksim.
- Très bien joué Orlov. J'aurais parié trois ans de solde que ça ne marcherait pas, et pourtant …
- Et pourtant …
Orlov ouvrit l'un des casiers, et déposa l'épée à côté d'une tenue en cuir noir, avant de le refermer.
- A votre avis, quel est ce Projet Patriotique ? demanda-t-il en se dirigeant vers la sortie.
- Je l'ignore, mais avec un nom pareil, ils ont du trouver un nouveau Mao. Soit ils vont se planter lamentablement, soit on va en prendre plein la gueule. On va aller faire notre rapport au colonel – et rendre la clé que tu as volée – puis on pourra rentrer chez nous.
- Euh oui, la clé, oui … vous avez dit "rentrer" ?
- Vu le succès de la mission, tout le groupe a un petit congé d'un mois. Ils nous ont conseillé de bien nous reposer, car ça risque d'éclater d'ici pas longtemps.
- Nous tombons de Charybde en Scylla …

La porte de la prison s'ouvrit, laissant sortir les deux camarades. Le court espace d'un mois, ils allaient pouvoir oublier le poids de la guerre, la dureté du combat. Leur rôle s'achevait, mais il ne s'agissait là que d'une entracte. Bientôt, sans que rien ne puisse l'arrêter, le rideau s'ouvrira sur un nouvel acte des Spetsnaz.


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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Sam 24 Sep 2011 - 22:14

J'ai décidé de rajouter un petit épilogue à la nouvelle. Elle le méritait, je crois :oui:


Mais j'ai toujours pas de lecteurs :snif:

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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Ven 4 Nov 2011 - 13:51

J'ai finalement décidé de lire la nouvelle, par respect pour l'auteur et son travail. Bon, voyons voir ce que vaut la concurrence amateur de l'Oncle Tom...

... Et la première chose qu'il faut applaudir, c'est le réalisme et la documentation poussée qui ont permis cette... Nouvelle ? C'est un terme trop léger, trop inapproprié : oeuvre ou composition me semblent être plus aptes à qualifier ce travail, que si je le pouvais, je récompenserais par Mille Euros (histoire de... :p).


Citation :
- Bien, reçut-il comme réponse. N'oubliez pas que nous sommes là pour sauver les otages.
Vile propagandiste, va... :rire:


Citation :
Maksim s'avança au milieu des cadavres, les dévisageant à la fois avec le mépris envers un terroriste, et le respect envers un guerrier. Il examina leurs armes, leurs uniformes, sans savoir exactement ce qu'il cherchait. Il en vit un qui avait gardé les yeux grand ouverts, dans une grimace de terreur désormais ineffaçable. Il lui ferma les paupières d'un geste lent, poussant un léger soupir. « Nous avons perdu assez temps, go. » lança-t-il en se relevant.
J'approuve. De nombreux gens ont à apprendre d'une attitude aussi honorable.


Citation :
Ils avaient informé le QG que les événements ne se passeraient pas comme prévu. La réponse fut rapide, et claire : l'opération Prizrak devenait l'opération Mectb : vengeance. Pas de pitié. Pas un seul hostile ne devait revoir le soleil. « Et, lieutenant ... » rajouta le commandement. « Pas de votre satané honneur martial, ou je ne sais plus quelle connerie. Est-ce clair ? » La communication se coupa.
Pour un soldat, la discipline est la seule chose qui soit absolument essentielle - d'où l'attitude du commandant. Mais l'honneur martial est ce qui différencie le guerrier du soldat ; et par conséquent, la courtoisie est ce qui différencie la guerre de la boucherie. Si tant de guerres ont été si horribles, en particulier à l'époque moderne, c'est par ce qu'elles étaient vierges de toute forme de courtoisie. C'est bien joué de ta part, d'attirer la sympathie sur le guerrier.


La rencontre avec les commandos américains est digne d'anthologie. :oui:


Citation :
Le héros du jour sortit de son couvert. Il arborait un gigantesque sourire, visible à travers la cagoule.
Héros ? Tu veux pas plutôt dire Demi-Dieu (Scion inside :ange: ) ? Oleg est un bon soldat et un excellent guerrier.



Citation :
« Contact ! » hurla soudainement un homme juste derrière lui. Orlov se retourna en un éclair, arme en joue. Il vit l'homme qui avait crié mettre son fusil devant lui, comme pour se protéger le visage. La cause ne se fit pas attendre. Deux lames métalliques vinrent s'échouer sur l'arme, manquant de trancher le canon, et courbant le Spetsnaz sous la force de l'impact. A son origine, une silhouette féminine se tenait en l'air, deux sabres en main, s'appuyant de tout son poids sur sa cible. Cette dernière se pliait, fermant les yeux sous l'intensité de l'effort. Le Russe trouva juste l'énergie nécessaire, et poussa sur son arme avant de rouler sur le côté. La jeune femme fit un bond en arrière, puis, sans laisser le temps aux soldats de se reprendre, se rua vers un autre Spetsnaz. Elle se retrouva en un instant au milieu de l'escouade, et laissait tourbillonner ses épées autour d'elle. Le métal fendait l'air, tentant à chaque passage de trancher la chair de quiconque à portée. Les malheureuses cibles s'affairaient à les éviter ou les contrer, la cadence des coups empêchant de faire quoi que ce soit d'autre.
Inspiration Cultiste de Parque ? La preuve que les lames sont encore utilisables sur un champ de bataille ! :banzai:


Citation :
Le Russe regarda rapidement les environs, et vit une épée à même le sol, à moins de deux mètres. Il plongea, s'empara de la poignée métallique dans une roulade, et se releva juste à temps pour contrer l'autre lame.
Attention, il est dit un peu plus haut qu'il s'agit d'une paire de sabres. J'en appelle à une correction sommaire, du moins pour apporter une précision sur la nature des armes. Selon ce qu'on apprend par la suite de ces lames et de la femme qui les manient, se sont sans doute des épées chinoises de type Jian. Les sabres chinois étaient davantage utilisé par la piétaille... Mais d'un autre côté, le Jian se prête plus à un style à une lame qu'à deux, tandis qu'on voit plus souvent des techniques de Kung Fu à deux sabres. C'est toi qui voit, Milleuros.

Les Spetnaz ont étés trop chanceux d'être complètement épargnés par l'assaut à l'épée. Remarque, dans bien des cas, si elle en avait tué ne serait-ce qu'un seul, ça aurait suscité des envies de vengeance chez beaucoup de soldats, incapables de mettre davantage en valeur le fait que c'était un combat non-seulement inégal mais très valeureux. L'auteur est gentil avec sa mascotte féminine, on dirait ? ^^'


Citation :
- Et encore ! J'ai l'impression d'être dans un mauvais roman, ceux qu'on met sous la table pour pas qu'elle bouge. Je me demande encore ce que va inventer cet enfoiré d'auteur !
Ouais moi aussi. ^^


Citation :
- Vous avez pensé à des méthodes plus… radicales ? demanda-t-il.
- Oui, on y a pensé. Mais on sait très bien ce que ça donne. Le prisonnier exténué aura tendance à avouer n'importe quoi, juste pour faire cesser le calvaire. Ce n'est jamais fiable.
Ah... La par contre, tu nous sors encore de la propagande. Les russes ont de très bonnes tortures très efficaces. Il y en a une qui est utilisée depuis l'ex-URSS et qui ne nécessitent presque aucun équipement ni experts.
... Cela dit, il y a des mineurs sur le forum, je m'abstiendrais donc d'en parler (d'un autre côté, j'en est entendu parler pour la première fois en Cour d'Histoire-Géographie au Collège ^^'). Peut être est-ce la raison pour laquelle tu ne montre pas les russes utilisant ce genre de méthodes.


Citation :
- Merci colonel ! lança-t-il tout haut en se redressant d'un coup.
- Pensez à remercier le capitaine Maksim Zelin, c'est lui qui a beaucoup insisté.
Merci mon colonel. ;)
Le "mon" en question n'est pas le possessif, il signifie en fait "monsieur". C'est pourquoi les supérieurs ne l'utilisent pas en s'adressant à des gradés plus bas dans la hiérarchie militaire, et raison pour laquelle on ne dit pas "mon" lorsqu'on s'adresse à un officier ou sous-officier de genre féminin.


Citation :
Si le gouvernement chinois persévère dans son silence, il faudra s'attendre à de lourdes conséquences, a déclaré le premier ministre, interrogé sur les récentes découvertes des services de renseignement. De lourds soupçons sur une implication dans les récents attentats pèsent sur la Chine, principalement suite aux découvertes effectuées dans les opérations antiterroristes. Notre voisin n'a répondu a aucune des demandes d'explication du gouvernement, mais continue de mener une guerre violente contre la Corée du Sud et le Japon. Tous les détails sont sur notre site internet.
La politique extérieure habituelle des gouvernements chinois, quoi. Quoique, en général ils évitaient plutôt la guerre avec les Japonais sauf quand ils étaient attaqués.


Citation :
Ce dernier la prit délicatement, la tourna doucement dans les airs en passant sa main sur le métal brillant. Malgré le combat qu'elle avait subi, l'épée ne portait pas la moindre griffure, pas la moindre imperfection.
Le terme correct n'est pas griffure mais éraflure. J'ai quelque connaissances en métallurgie et en forge plus particulièrement. ;)



Citation :
Un lourd bruit de pas résonnait dans les environs. Orlov, en tenue d'assaut et encagoulé, avançait d'un pas ferme à travers un long couloir faiblement éclairé. A côté de lui défilaient de lourdes portes grises, numérotées, ne laissant pas voir ce qui se trouvait de l'autre côté. Il comptait dans sa tête, tout en continuant d'avancer : 83, 84, 85, …
Il s'arrêta net. Le numéro 86. Il entrouvrit une petite fenêtre et regarda à l'intérieur. Elle était là, assise à même le sol. En costume rayé blanc et noir, elle gardait les yeux fermés, comme si elle méditait. Orlov referma l'ouverture, et s'arrêta quelques instants. Il fixa le vide pendant de longues secondes. Il se redressa d'un coup, sortit une petite pièce métallique de sa poche et l'inséra dans la serrure. La porte s'ouvrit dans un terrifiant grincement. Le Russe s'avança dans l'entrée, maintenant grande ouverte.
Elle n'eut pas la moindre réaction. Totalement immobile, les paupières figées, elle ne semblait pas prêter la moindre attention au nouveau venu. Le Spetsnaz porta alors la main à sa ceinture, et dégaina lentement l'épée qu'il avait gardé. Il l'approcha d'un mur, et la fit glisser contre le béton, laissant doucement siffler la lame. A ce bruit, elle entrouvrit enfin les yeux. Elle se leva tranquillement, sans quitter du regard les deux yeux gris de la cagoule. Elle resta droite, figée, attendant simplement ce qui allait se passer. Mais, devant l'absence de réaction du nouveau venu, elle osa briser le silence :
Je me doutais qu'il ferait ça, c'est bien pensé. Le côté romantique du combattant, sans doute. Quoique j'aurais été assez fou pour la défier en un match retour (dès le moment où il aurait été décidé de la capturer, j'aurais ramassé les deux épées).

Elle était tout de même un peu faible, pour quelqu'un qui se tient dans les sommets du monde du Kung Fu. Par ce que les gens ne savent pas, c'est que les arts martiaux sont vraiment très puissants, et le Kung Fu en particulier est quelque chose de terrifiant. Le fait est que contrairement à la plupart des autres arts martiaux ou techniques de combat, le Kung Fu ne transmet pas tout. Par conséquent, les rares "grands-maîtres" qui arrivent à en émerger sont des individus particulièrement puissant et dangereux.

_________________
 


Les Primarques devaient être des exemples frappant d'hommes guéris de la souillure de la corruption. L'énergie du Warp non corrompue coulerait en eux comme elle coulait par l'Empereur lui-même, les fortifiant et leur conférant des pouvoirs comme en possédaient les anciens chamans (...) Employant ses pouvoirs psychiques, l'Empereur les localisa petit à petit et retrouva chacune de ces créations originales qui furent réunis avec les chapitres Space Marines créés à partir de leurs empreintes génétiques. Ils ne semblaient pas avoir été touchés par le Chaos (...) [Mais] En fait, leur apparence physique était décevante, nombre de Primarque furent souillés par leur contact précoce avec le Chaos.

- Realms of Chaos : The Lost and the Damned, page 174 et suivantes, extrait.

Russ avec de l'ADN canin, les Primarques crées avec l'aide des dieux du Chaos... la saga de l'Hérésie d'Horus de la BL est écrite par des hérétiques... ♪

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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Ven 4 Nov 2011 - 19:06

OMG, un commentaire über-détaillé. J'hallucine. Je n'y croyais plus.

Commençons par un grand "Merci :-) " et répondons aux différents points.



Citation :
Vile propagandiste, va :rire:

Oui, je le reconnais : j'ai voulu faire des Russes gentils, d'où que chaque action des Spetsnaz va aller dans ce sens là.

Pourquoi ? Parce que j'aime bien les Russes ( :noel: ), et parce que j'en ai marre de ces oeuvres héritées de la Guerre froide qui placent les Russes dans le rôle du méchant ultime qui veut détruire le monde, et les Américains comme étant les gentils super-héros qui sauvent le monde. Alors de temps à autres, je contraste :noel:

Dans le cas du "N'oubliez pas on doit sauver les otages", l'auteur de cette phrase est le capitaine Maksim. Je ne l'avais pas dit à ce passage là, parce que je n'avais pas encore présenté le personnage.
'videmment, à partir de là, on comprend mieux. Maksim n'est pas un soldat, c'est un guerrier.

Pour le coup de la torture, plus bas, c'est pareil : je ne voulais pas montrer de l'inhumain.
Mais il y a aussi une autre raison, c'est que je pense ce qu'affirme l'interrogateur.
(Note : peut-être la torture aurait-elle été nécessaire plus tard, si aucune information n'avait été obtenue)



Citation :
Inspiration Cultiste de Parque ? La preuve que les lames sont encore utilisables sur un champ de bataille !

Non, je ne me suis pas inspiré des cultistes de Parque. Mais je ne saurais pas dire à quoi j'ai pensé en inventant le personnage de Cao Lei.

Sinon, c'est pas vraiment une preuve : on est dans un monde de fiction engendré par la folie d'un jeune, tout est permis. Si elle avait attaqué au fusil d'assaut, la moitié de l'escouade y serait passée.



Citation :
Attention, il est dit un peu plus haut qu'il s'agit d'une paire de sabres

Oui, je n'ai pas fait la distinction entre sabre et épée. Cherchant des synonymes, j'ai pris "épée" comme terme générique.

Tu as dit qu'il y avait de la recherche, de la documentation derrière ce texte. C'est clair, j'ai passé pas mal de temps à me renseigner sur les armes, les tactiques, les Spetsnaz, et à imaginer le monde de fiction dont cette nouvelle est la première pierre.
Par contre, je ne me suis en aucun cas renseigné sur les arts martiaux chinois, que dalle :noel:


Citation :
Les Spetnaz ont étés trop chanceux d'être complètement épargnés par l'assaut à l'épée

Oui, clairement.
Ca, c'est le passage qui m'a fait réfléchir. Comment allais-je le tourner, qu'allait-il se passer durant le combat ? J'ai envisagé toutes les issues possibles :fou:
... mais je me suis dit que j'allais ajouter de la "pitié" : elle allait être épargnée plutôt que froidement abattue. C'est un choix qui correspond bien plus à l'image que je veux donner de mes Spetsnaz.
Spoiler:
 
Puisqu'elle allait être épargnée, il fallait justifier cette pitié. Si son attaque avait été dévastatrice, les Spetsnaz n'auraient pas eu ce sentiment. L'escarmouche allait donc faire plus de peur que de mal.



Citation :
Quoique j'aurais été assez fou pour la défier en un match retour

J'y ai pensé What a Face



Citation :
Elle était tout de même un peu faible, pour quelqu'un qui se tient dans les sommets du monde du Kung Fu

Rien n'atteste de sa position. On sait qu'elle a mené un rôle important pour le gourvenement, et qu'elle s'est montrée plus douée que les professeurs qui lui ont été assignés. Mais de là à dire qu'elle se tient dans les sommets ... :o))

Cela dit, là-aussi je ne me suis que peu renseigné




Encore merci pour le commentaire :-)

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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Sam 5 Nov 2011 - 7:33

De rien. Je connais aussi ce sentiment. Mais comme je l'ai dis, je me suis décidé à lire la Nouvelle et à la commentée plus par respect de l'auteur que par intérêt réel. Mais c'était au début. Après coup, je me dis que j'aurais dut commencer à lire dès le début de la parution, car elle est vraiment bien. ;)


Sans aller jusqu'à des Russes méchant comme on en voit dans les films, avec des Américains super sympa qui refilent des clopes et du buble-gum à tire-larigot, ni jusqu'aux films et séries où les Russes et les Ricains marchent main dans la main pour éviter la Fin du Monde, je faisais plutôt allusion à l'attitude générale que les Russes ont envers le terrorisme. "On ne négocie pas avec les terroristes". Tu as bien vu la façon dont l'ex-Président Poutine avait mâté les prises d'otages... Bon, sa façon de traiter les prisonniers et otages n'est pas pire que celle des ninja (exécution par défaut des prisonniers, surtout si se sont aussi des ninja, sauf si le contrat précise qu'il faut les libérer) mais comparé à un marine américain qui dit - et qui y croit - "on abandonne personne", c'est loin d'être idéal.


Par contre, tu aurais dut te renseigner davantage sur le Kung Fu. Ne serait-ce qu'à travers des films d'action, en observant la technique des acteurs. Pour te donner une idée :

http://www.youtube.com/watch?v=6zY9WRLABSI


Bien, si tu décide d'en faire des lames de type épées (jian) ou sabre (dao) peut conditionner pas mal la façon dont elle va combattre. Déjà, les techniques de Dao se prêtent plus à des attaques violentes que le Jian, qui lui va vers des mouvements très subtils et favorisant l'estoc à la taille. De plus, la lame du Jian est souvent plus souple que celle d'un Katana ou d'un Dao, et sans être pour autant faite en carton, les Jian sont plus fragiles que ces lames-ci (à peu près autant qu'une rapière quoi). Cela dit, le style de combat est souple, rythmé et élégant, un peu comme de la danse. C'est une épée à deux très tranchante et aiguisée, souple, légère et équilibrée. On la considérait en Chine comme "Noble parmi les Armes". En outre, sa musculature fine la prête davantage à l'épée qu'au sabre chinois, qui demande plus de puissance physique. Et d'ailleurs, bien que le Dao chinois et le Katana japonais utilise le même idéogramme (et parfois le même acier, vu que les japonais ont souvent exportés du Tamahagane vers la Chine, ou importés du fer, du bronze ou de l'acier, selon les époques), le Dao est largement inférieur au Katana.

Si elle venait à utiliser un seul Jian, ça nuirait à la scène du duel. Alors je te propose l'alternative suivante : un style originale, personnel. Simple : si elle est considérée comme une artiste martiale prodige, Cao Lei peut avoir décider d'utiliser deux Jian au lieu d'un seul (notamment si elle est ambidextre). Alors elle a combinée les techniques de deux sabres avec celle du Jian. Elle peut en outre avoir décider d'en utiliser deux car la seconde lame appartenait à un de ses proches qui étaient décédé (et donc, dans cette hypothèse, une seule des lames a été forgée spécialement pour elle), que se soit son père, celui de ses maîtres dont elle était le plus proche ou un ou une ami(e) rival(e) à l'entraînement... Il faut savoir que les anciens styles d'arts martiaux ont des pratiques jugées barbares par les sociétés modernes, afin de préserver la pureté originelle du style, d'assurer que son héritier et les futurs générations d'élèves n'aient pas un niveau plus bas que leurs prédécesseurs.

Par exemple, une pratique secrète typique serait de faire combattre à mort deux disciples rivaux au titre d'héritier. Ou encore, d'organiser un combat "truqué" entre le maître et son héritier (le maître décidant d'organiser le combat lorsqu'il sait que son élève l'a dépassé et est prêt à lui succéder). Si après un tel combat elle décidait de récupérer l'arme de cette personne qui lui était précieuse, l'évolution de sa technique, même vers un double-jian, serait logique, si on prend en compte son talent (et donc aussi son esprit d'initiative, la démarcation originale qui se produit souvent chez les génies).

Alors, à quoi ça va servir de savoir ça ? Par exemple, tu peux étayer la scène du duel avec une ou deux tactiques ou bottes secrètes. Genre, j'ai dis qu'un jian est souple. Quand une attaque a Jian est parée, son élasticité fait qu'il part un peu en vrille, la pointe de la lame oscille plus ou moins violemment de gauche à droite pendant un court instant. Sans endommager la lame, il est possible lorsqu'elle est parée suffisamment près du corps de son adversaire, de frapper celui-ci avec le plat de la lame, en profitant de son oscillation. Un coup direct sur la tête au moment ou la lame est parée, peut expliquer la façon dont Orlov est assommé à la fin du duel. Par exemple.

Tu peux aussi décider que Lei préfère éviter de massacrer les Spetnaz et essaient plutôt de les mettre hors de combat (rendre inutilisables leurs fusils, les assommer avec la partie non-tranchante de son épée ou couper une partie non-vitale...), pour des raisons purement psychologiques (ou typiquement féminines, et donc incompréhensibles pour quiconque n'est pas Sigmund Freud... et puisqu'il est mort, tu n'as plus à te soucier de cohérence ! lol).



En ce qui concerne la Torture... La méthode que j'ai évoquée n'a pas ce défaut. Elle est vicieuse et ingénieuse, et pourtant elle ne nécessite guère de connaissances anatomiques ou autre. Seulement du temps (une semaine max), un peu de matériel et de personnel, rien que des amateurs ne puissent se procurer. C'est pourquoi, tout compte fait, je vais éviter d'en parler... ^^'

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- Realms of Chaos : The Lost and the Damned, page 174 et suivantes, extrait.

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MessageSujet: Re: Spetsnaz GRU   Sam 5 Nov 2011 - 8:56

Ouais d'accord, merci pour toutes ces précisions.


J'avais déjà l'idée de faire de Cao Lei un personnage à part, original (preuve étant qu'elle attaque à l'épée et qu'elle fait partie d'un projet dont elle ignore tout). Mais là, tu me donnes de très chouettes idées pour son background :)

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